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Max Thayer

Max Thayer

Biographie

Lire la superbe interview exclusive accordée par Max à Nanarland



C'est à Detroit, cité industrielle du Michigan, aux Etats-Unis, que voit le jour notre héros, crédité Michael Thayer au générique de la vrai vie, un certain 18 Juin 1946.



Jeune homme très physique, Michael pratique de nombreux sports et, à l'âge de 19 ans, s'engage dans l'armée de terre pour une durée de trois ans. A son retour de l'armée, se disant que le métier d'acteur pourrait être une façon sympathique de gagner sa vie et sans jamais avoir pris un cours d'Art Dramatique, il prend son baluchon et s'en va s'installer à Hollywood, comme des milliers de prétendants acteurs un peu naïfs l'ont fait avant lui.



C'est en intégrant une troupe amateur de théâtre de rue que celui qu'on n'appelle pas encore Max va apprendre le métier. Cela l'amènera sur d'autres planches à travers les Etats-Unis, notamment pour une expérience marquante en compagnie du Liquid Theater du metteur en scène Clive Barnes, une pièce d'avant-garde furieusement seventies tendance "Adam et Eve découvrent la sexualité au pays des babas-cool", créée au Musée Guggenheim de New York, temple de la branchitude post-moderne.


Un copain de Max pratiquant le théâtre liquide.


Quelques années plus tard, en 1975, Michael Thayer fait sa première apparition au cinéma et par la même occasion, signe une entrée remarquée dans le monde du nanar. Le film n'est autre que Ilsa, Gardienne du harem, l'un des trois volets de la saga sadico-pouêt-pouêt qui fit la gloire souterraine de l'actrice Dyanne Thorne.



Logiquement, Max poursuit l'aventure de la série B hollywoodienne dans trois autres films : Planet of the dinosaurs est la énième variation du Monde perdu, réalisé en stop motion et en 1978 par un certain James K. Shea, qui n'aura plus l'occasion de briller par la suite comme réalisateur.



Max dans "Planet of the Dinosaurs".


Puis c'est Hot Ice de A. C. Stephen - le metteur en scène attitré des derniers exploits d'Ed Wood dans la sexploitation - qui offre le rôle de co-vedette à Michael, lequel en profite pour changer de prénom : Max Thayer is born.

Enfin, Max met à profit ses qualités de motard pour cachetonner dans Do it in the dirt, une production destinée une fois de plus aux drive-in et autres cinoches de quartier. Hélas, ce film de moto-cross mettant en vedette le moustachu d'occasion Frank Sinatra Jr, ne sortira jamais des cartons et ne sera projeté nulle part.



C'est au début des années 80 que Max Thayer tourne son premier film en vedette, parvenant à s'extraire plus ou moins de l'univers des nanars : il est choisi par Eliott Hong, le futur réalisateur de Appelez-moi Bruce ?, pour le film Les Chiens de chasse (The Retrievers), un film d'action et d'espionnage assez brutal dans lequel notre héros interprète le héros, un agent du FBI floué par ses supérieurs corrompus et qui finit par se venger en explosant des têtes. Disponible en version française, ce film apparaît aujourd'hui bien vieilli, voire ennuyeux, desservi qu'il est par une réalisation médiocre à peine digne d'un navet philippin.




Max Thayer dans "Les Chiens de chasse".


Les Philippines, justement… C'est en ce doux archipel du sud-est asiatique que la carrière de Max Thayer va exploser telle le bonhomme en mousse.

Il en avait bien besoin car, juste auparavant, notre homme avait été réduit à jouer les comparses comiques dans 2 films porno hard avec Traci Lords (rassurez-vous, il s'agissait de rôles habillés destinés à faire avancer l'intrigue). Max nous a déclaré "A l'époque, le porno était tourné avec de vraies équipes et des scénarios pour essayer d'être plus vendeur auprès des couples. Une amie à moi produisait le film et m'a proposé de tenir un rôle (...) C'était payé en cash et j'avais l'opportunité de rencontrer Traci Lords. Qu'auriez-vous fait à ma place ?" Après le quart-monde de Hollywood, le cinéma du Tiers-monde lui tendait les bras...



Max en 1984 dans "Irresistible sirène" aka "Splash X" ("Sensual mermaid" aka "Talk Dirty to Me, Part III").




Coupe de feu aux mèches couleur aluminium, bretelles, chemises fluo : non, Max ne joue pas un lycéen de la série Parker Lewis mais Fast Eddie, organisateur de fêtes un peu spéciales dans "Perfect Fit" (1985).


Son arrivée dans le cinéma philippin se fait en deux temps. Il est d'abord recruté par Hubert Frank, l'un des papes de la co-production érotique des années 80 (Patricia, un voyage pour l'amour, Melody in love) pour être le photographe de playmates du film The Dolls, tourné en la charmante compagnie de la star locale Tetchie Abgayani, déjà vue naguère avec Richard Harrison dans Opération Cambodge.



Puis, Max est l'écrasante vedette de Laser force, l'arme absolue (Deadringer) de Teddy Page où il n'hésite pas à tenir un double rôle, celui d'un homme traqué et de son sosie, mettant hors-circuit un nombre impressionnant de vilains, bondissant de Mitsubishi en hélicoptères avant de finir sur le toit d'une cabane armé d'un bazooka futuriste pour atomiser Nick Nicholson à coups de pétards mouillés.




Max Thayer dans "Laser force".


Max Thayer poursuit avec le guilleret Commando Massacre (No dead heroes) de Danilo Cabreira, une bien sombre tragédie où, une nouvelle fois, il s'agit avant toute chose de faire sauter du figurant philippin à qui mieux mieux et d'agresser Mike Monty avec un pion de jeu d'échec.




Max Thayer dans "Commando Massacre".


Mais davantage que ses emplois de massacreurs dans les actioners philippins, c'est surtout son rôle dans Karate tiger 2 (aka Raging thunder aka La Panthère du kickboxing) qui va inscrire Max Thayer dans la mémoire collective. Dans cette fausse suite d'un des hits de Jean-Claude Van Damme (qui préféra tourner Bloodsport avec Bruce Stallion, quelle clairvoyance ce Jean-Claude !), il campe un baroudeur déconneur des plus sympathiques et donne la pleine mesure de son talent, passant de la comédie à l'action avec une égale facilité en éclipsant presque ses partenaires du jour, Cynthia Rothrock, Loren Avedon et Matthias Hues.






Max Thayer dans "Karate Tiger 2".


Entre deux escapades en Asie, Max Thayer figurera également dans quelques productions hollywoodiennes, dont le populaire Aigle de fer de Sydney J. Furie, l'un des gros succès en vidéo de la Cannon dans lequel il interprète un militaire, ou le film pour enfants A Night at the Magic Castle, dans lequel il interprète un magicien nommé Max the Bartender... On le voit aussi dans quelques séries TV en tant que guest-star, comme les pileux Simon et Simon, l'impitoyable Dallas ou, plus récemment, SWAT.




Max Thayer dans "Aigle de fer".


Max retourne une dernière fois aux Philippines pour tourner Commando Phantom, également connu sous le titre de Phantom soldiers ou Escape to nowhere (il doit probablement son retitrage au fait que Commando phantom est également le titre du Commando de Mark Lester avec Schwarzie dans les pays germanophones). Signé une nouvelle fois - mais sous un pseudonyme - par Teddy Page, le film voit Max mettre la pâtée à un commando d'ectoplasmes pour libérer son frère resté prisonnier dans l'enfer du Viêt-nam (original, n'est-ce pas ?).




Au cours des années 90, Max Thayer signe son retour dans un Hollywood déboussolé par la grève des scénaristes, et sa carrière d'acteur marque nettement le pas. Il doit se contenter de quelques intermittences dans des blockbusters ou de seconds rôles dans des direct to video et autres petits films indépendants (Dominion, Sworn to justice, Marigold, American gun).


Max Thayer dans "Martial Law 2 : Undercover a.k.a. Karate Cop".






Max Thayer dans "Dominion".


Max Thayer dans "Marigold".


Max Thayer dans "The Barber, l'homme qui n'était pas là".


Max Thayer dans "SWAT" (une seule réplique "Five, six minutes").


Max toujours sur la brêche, garde un oeil sur Hannibal Lecter (malgré la pénombre) dans "Dragon Rouge".


Mais le phénix renaît toujours de ses cendres...
Max Thayer, désormais quinquagénaire poivre et sel qui se rit du bug de l'an 2000, parvient à se relancer grâce à l'ouverture vers l'international de l'industrie du spectacle chinois. Fort de sa grande expérience dans le cinéma asiatique, il parvient à décrocher un rôle de co-vedette dans le film continental CEO (il y joue un PDG) et surtout, il est engagé par la télévision chinoise pour jouer les vilains scientifiques dans une série événementielle, War of genes, la première série TV chinoise tournée en dehors de la Chine. Gageons que la présence de notre globe-trotter préféré dans une émission suivie par un bon milliard de téléspectateurs permettra à Max de continuer encore longtemps à pratiquer ce métier d'acteur qu'il vit avec tant de passion.



Max Thayer dans CEO.


Bonus :

L'imparable roman-photo feat. Max Thayer, enfanté par Le Rôdeur.

Vous pouvez aussi admirer le grand Max en live dans la rubrique vidéo qui propose deux extraits tirés de Commando Massacre, ici et ici.

Pour les anglophones, here is a translation of this bio topic in English.

Mais on vous recommande avant tout de lire la superbe interview exclusive accordée par Max à Nanarland !




Après avoir été - outre ses activités d'acteur - soldat, charpentier, chauffeur de limousine et poseur de piscines, Max s'est également illustré dans le domaine de l'écriture : le Los Angeles Times a en effet publié deux essais de notre idole, "King Curtis' Echo", dans la rubrique littéraire de son édition du 21 août 2005, et "To Avoid the Look, Say You Manage a Pet Store", dans celle du 14 janvier 2007. Max nous a depuis fait parvenir une troisième nouvelle, "Look Homeless Angel". Félicitations, Max !


LeRôdeur
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retour vers les acteurs

Filmographie

1976 - Ilsa Gardienne du Harem / Ilsa la Chienne du Sheik (Ilsa, Harem Keeper of the Oil Sheiks), de Don Edmonds

1978 - Planet of Dinosaurs, de James K. Shea

1979 - Hot Ice, de A.C. Stephen

1981 - Les Chiens de Chasse (The Retrievers), de Elliott Hong

1982 - Skeezer (TV), de Peter H. Hunt

1984 - The Dolls (The Story of the Dolls), de Hubert Frank

1984 - Irresistible sirène / Splash X (Sensual mermaid / Talk Dirty to Me, Part III), de Ned Morehead

1985 - Perfect Fit (id.), de Kurk Nelson II

1985 - Laser Force, l'Arme Absolue (Deadringer), de Teddy Page

1986 - Aigle de Fer (Iron Eagle), de Sydney J. Furie

1987 - Commado Massacre (No Dead Heroes), de Danilo "Jun" Cabreira (crédité "J. C. Miller")

1987 - Commando Phantom (Phantom Soldiers), de Teddy Page (crédité "Irvin Johnson")

1988 - A Night at the Magic Castle, de Icek Tenenbaum

1989 - Karate Tiger 2 / La Panthère du Kickboxing (No Retreat, No Surrender II), de Corey Yuen

1992 - Martial Law 2 : Undercover / Karate Cop, de Kurt Anderson

1995 - Dominion (id.), de Michael Kehoe

1996 - Visions, de David L. Stanton

1996 - Sworn to Justice, de Paul Maslak

1999 - Marigold : Portrait of a hooker (c.m.), de Paul Bikel

2001 - The Barber, l'Homme qui n'était pas là (The Man who wasn't there), de Joel & Ethan Coen (non crédité)

2001 - Pearl Harbor (id.), de Michael Bay (non crédité)

2002 - Dragon Rouge (Red Dragon), de Brett Ratner (non crédité)

2002 - Dommage Collatéral (Collateral damage), de Andrew Davis (non crédité)

2002 - American Gun, d'Alan Jacobs

2002 - C.E.O., de Tian-Ming Wu

2003 - Terminator 3, de Jonathan Mostow (non crédité)

2003 - SWAT : Unité d'élite, de Clark Johnson

2004 - The war of gene (série TV)

2004 - A Killing in Choctaw, de Chike C. Nwoffiah

2006 - Max Thayer par Max Thayer (documentaire de Nanarland sur notre idole diffusé lors de la Nuit Excentrique n°2 à la Cinémathèque Française)

2007 - La Guerre selon Charlie Wilson (Charlie Wilson's War), de Mike Nichols

Apparitions dans des séries TV :

- Dallas
- Simon et Simon
- Benson