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Reb Brown

Reb Brown

Biographie



Reb Brown… (« Reb » est une abréviation assez rare de « Robert », son vrai prénom). Y a des gens qu'ont pas de chance : tu crois faire une grande carrière de star internationale et au final en vingt ans de cinéma tu n'as enquillé que des nanars. Mais contrairement à d'autres qui ont sciemment voué leur vie aux productions fauchées, le pauvre Reb Brown a toujours eu la vedette dans des productions en apparence prestigieuses et qui se sont soldées au final par des naufrages de première.



Ce Californien né en 1948 à Los Angeles a tâté du culturisme, de la boxe en amateur et du football américain avant de tenter sa chance au cinéma. Signe du destin, sa première apparition cinématographique se fait dans un petit film d'horreur fauché d'un vétéran de la série B américaine des années 50, Bernard Kowalski (« Attack of the Giant Leeches », « Night of the Blood Beast », bref une sacré carte de visite) : « Sssssss » alias en français « Sssnake » ou « Sssnake le Cobra ». Ce film, où Reb ne fait qu'une brève apparition, nous compte les navrantes aventures d'un brave laborantin (Dirk Benedict, Futé dans la série « l'Agence tout Risque ») transformé par son savant fou de patron en homme serpent. Manque de bol, il finira par se faire dévorer par une mangouste… Outre son titre parfaitement ridicule (et qui prouve au passage que les Robins de Bois avec leur film "RRRrrr" n'ont rien inventé), ce film est généralement considéré par les spécialistes comme une réjouissante ringardise.



Après ce flamboyant coup d'essai, Reb se consacre quelque temps à la télé. Il obtient notamment un petit rôle récurent de motard dans la première saison de « CHIPS ». On le verra aussi dans « Kolchak », « La Croisière s'amuse », « Happy Days » ou plus tard « 2 flics à Miami ». Il tourne aussi quelques rôles secondaires dans des productions totalement oubliables (et oubliées) comme « Big Wednesday » de John Milius (qui n'a pas encore tourné « Conan »), obscur film de surfeurs mettant en vedette deux autres futurs stakhanovistes de la série Z : Jan-Michael Vincent et Gary Busey.

En 1979, Reb croit enfin toucher le jackpot avec le rôle titre dans « Captain America », un pilote pour une série télé. Le résultat est hélas assez navrant. Engoncé dans sa combinaison bleue et rouge, brandissant un bouclier en plastique, Reb sauve peut-être l'Amérique d'un complot à la bombe à neutron mais pas le film du ridicule. Les photos témoignent de l'ampleur du désastre…




Il y a bien une deuxième tentative avec « Captain America II : Death to Soon », entraînant dans la cata un Christopher Lee alors au creux de la vague, en terroriste menaçant le monde avec un virus faisant vieillir les gens à grande vitesse. Pour la petite histoire, le film est signé Ivan Nagy, réalisateur qui connaîtra une gloire inattendue à la fin des années 90 quand on découvrira qu'il exerçait aussi l'activité de proxénète au côté d'Heidi Fleiss, dont l'agence très privée fournissait tout le gratin hollywoodien en filles dociles et expertes. Les deux téléfilms sont instantanément descendus en vol par la critique hilare.



Après cet échec cuisant, la carrière américaine de Reb semble au point mort. Il tente alors sa chance en Italie où son physique de culturiste blondinet et son jeu monolithique ne peuvent que lui ouvrir les portes de la gloire. Il est recruté par l'un des bisseux italiens les plus compétents, Antonio Margheriti alias Anthony Dawson, pour ce qui doit être un projet de prestige : l'adaptation d'un roman de SF avec un budget confortable, une ancienne James Bond girl (Corinne Clery d'« Histoire d'O » et de « Moonraker »), des lieux de tournage exotiques (la Turquie). En un mot « Yor » !



Le résultat est un des films les plus ridicules de l'histoire, Reb Brown ratant de peu le Razzie Award de la plus mauvaise révélation masculine de 83 (battu par Lou Ferrigno dans « Hercule », sacré concurrence il est vrai).


Tout le secret de sa coupe se trouve dans ce sèche-cheveux de l'espace !


Néanmoins, la carrière italienne de Reb est lancée et à l'aune du reste de la production transalpine des années 80, « Yor » n'est pas encore le plus honteux puisque Brown tombe ensuite entre les griffes de Bruno Mattei qui lui fait tourner coup sur coup deux perles comme lui seul en a le secret : « Strike Commando », décalcomanie piteuse de Rambo où l'inexpressivité et le regard absent de notre blondinet culturiste font merveille et surtout « Robowar » qui pille cette fois-ci « Predator » plan par plan. Evidement, là où Mattei passe, la cinéphilie trépasse et les deux films sont à hurler de rire.





Sa carrière italienne se terminera en 1991 par un film de guerre routinier de Paul D. Robinson (prononcez Ignazio Dolce), « Dernier vol pour l'enfer », où il croise des pointures comme Chuck Connors ou Mike Monty.




Entre temps, Reb est revenu en Amérique. S'il obtient bien quelques rôles secondaires dans des productions d'un certain standing, comme « Le Vol de l'Intruder » avec Danny Glover, par une étrange malédiction, dès qu'il est la vedette d'un film, celui-ci se métamorphose aussitôt en nanar d'anthologie.

Ainsi « Hurlement II », suite du succès de Joe Dante qui doit être tourné avec Christopher Lee et Sybil Danning. Un beau projet au départ, avec un gros budget et un tournage en Europe. Manque de chance, suite à des mésententes, le projet est revendu à des producteurs margoulins qui embauchent un réalisateur inexpérimenté et tout fou dans sa tête (Philippe Mora, un français qui fera une grande carrière dans le direct-to-video bas de gamme), rognent sur tous les postes du budget (la même transformation en loup-garou réutilisée trois fois) et remontent le film pour le centrer presque exclusivement sur les nichons à Sybil. Le résultat, sous-titré « Stirba the werewolf bitch », se paiera quand même le luxe d'être hué au festival d'Avoriaz !



On pourrait croire que Reb ne pourrait pas tomber plus bas… et bien si puisqu'il se retrouve embarqué sur un nouveau projet de dingue : « Space Mutiny » du chorégraphe fou David Winters qui se met en tête de nous livrer son « Star Wars » à lui avec un vaisseau spatial reconstitué dans une usine désaffectée et des stock-shots de la série « Galactica ». Le film reste encore classé parmi les 50 plus mauvais films de l'histoire sur IMDB et est avec « Yor » celui qui propulse l'ami Reb au firmament des acteurs nanars aux Etats-Unis. Seul point positif, il a le plaisir de jouer avec sa femme rencontrée dix ans plus tôt sur un plateau télé, Cisse Cameron.


Reb et Cisse


En 1989, l'impensable se produit : il est associé à Lou Ferrigno pour les besoin du film « Cage » ! Un peu décevant par rapport au choc de titans promis par cette association, le film se révèle hilarant dès que nos deux Monsieur Muscle se mêlent de jouer la comédie. La scène où les deux hommes pleurent de concert la mort d'une amie se doit de rester dans les annales de l'Actor's Studio. Ce film de gladiateurs modernes obtient suffisamment de succès pour qu'une suite soit tournée cinq après.



Avec les années 90, la carrière de Reb s'étiole. Il tourne bien quelques direct-to-video comme « Street Hunter », le philippin « The Firing Line » avec Shannon Tweed ou encore dans un épisode d'« Hercule » mais le cœur n'y est plus. Reb entame une reconversion en tant semble t-il que sheriff adjoint de Los Angeles.



Mais l'appel du cinéma est le plus fort, il fait une apparition avec Cisse dans un film inconnu chez nous, « The Deli » en 1997 et surtout s'associe avec d'autres has been dans un projet de studio au Nevada : Sierra (qui semble ne jamais avoir abouti à grand-chose, la dernière update de leur site web datant de 1998).

http://www.commercemarketplace.com/shops/sierra



Puis un autre projet à Palm Spring : « Ameridream », qui semble davantage briller par l'intro ridicule de son site Internet et par les bisbilles judiciaires entre ses associés (un procès en août 2003) que par la qualité de ses projets (projet d'ailleurs éteint depuis 2004, le site étant mort et enterré). Celui-ci semble s'être transformé en une autre compagnie reprenant des projets similaires (dont des studios de tournage en plein désert), "Sunn Classic Pictures Inc" avec qui il tente de monter des films dont un réjouissant métrage pour enfants : « Pinocchio in the Hood ».

http://sunnclassicpicturesinc.com

Sans vouloir jeter la pierre au pauvre Reb, il semblerait qu'il ait aussi peu de chance en affaires que dans ses films. Mais qu'importe, pour nous tu seras Yor et c'est pour ça qu'on t'aime…


Reb, entouré de Samson Burke et de Cisse Cameron lors d'une convention de fans.


Rico
Rico

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Filmographie



1997 - The Deli

1994 - Cage 2, l'arène de la mort (The Cage II: The Arena of Death)

1991 - The Firing Line

1991 - Dernier vol pour l'enfer (L'ultimo volo all inferno)



1990 - Le Vol de l'Intruder (Flight of the Intruder)

1990 - Street Hunter

1989 - Cage (The Cage)



1988 - L'Enfer après l'enfer (Distant Thunder)

1988 - Robowar (Robo da Guerra)

1988 - Space Mutiny / La guerre du futur

1988 - Phantom Soldiers (White Ghost)

1987 - Freedom Force (Mercenary Fighters)

1987 - Strike Commando

1986 - Death of a Soldier

1985 - Hurlements II (Howling II /Stirba the Werewolf Bitch)

1984 - Hard Knox

1983 - Retour vers l'enfer (Uncommon Valor)

1982 - Yor, le chasseur du futur (Il Mondo di Yor)

1982 - L'épée sauvage (The Sword and the Sorcerer)

1981 - Goldie and the Boxer Go to Hollywood

1980 - Le Meilleur des mondes (Brave New World)

1979 - Captain America (Captain America II : Death to Soon)



1979 - Captain America (non sorti en France)

1979 - Fast Break

1979 - Hardcore

1978 - Graffiti Party (Big Wednesday / Summer of Innocence)

1976 - Six personnages en quête d'auteur (Six Characters in Search of an Author, pièce de théâtre filmée pour la télé)

1975 - Strange New World

1975 - Let's switch

1974 - Tremblement de Terre (Earthquake, scène avec Reb coupée dans la version cinéma mais visible dans la version télé)

1974 - The Law

1973 - The Girl most likely to...

1973 - Sssnake le Cobra (SSSSSSSS / Ssssnake)


Et tout un tas d'apparitions dans des séries télé (Kolchak, Kojak, CHIPS, Happy Days, La croisière s'amuse, L'île fantastique, 2 flics à Miami, Hercule etc.)