VAL KILMER
Val Edward Kilmer est né le 31 décembre 1959 à Los Angeles. Sa vocation d'acteur est précoce, et il suit des cours dès son adolescence, encourageant au passage son ami Kevin Spacey à faire de même. Il débute sur les planches et continuera d'ailleurs sa carrière théâtrale en parallèle à son travail pour le cinéma. En 1984, il tient le rôle principal de la parodie de film d'espionnage « Top Secret » réalisée par la fameuse équipe des ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker), déjà responsable de « Y-a-t-il un pilote dans l'avion? ». Val s'y démontre bon comédien, malgré un physique trop parfait et un peu mou, et chante également plusieurs chansons dans le film. On le voit ensuite tenir des rôles de jeune premier dans les années 80 : il donne notamment la réplique à Tom Cruise dans « Top Gun ». « Willow » est pour lui une occasion d'accéder au vrai vedettariat en tenant un rôle de héros dans un blockbuster. Trois ans plus tard, il prouve ses qualités de comédien en interprétant le rôle de Jim Morrison dans «The Doors » d'Oliver Stone, qui le rend célèbre.
Désormais star, Val Kilmer va cependant avoir du mal à trouver des rôles à sa hauteur, paradoxalement handicapé par un physique avantageux mais assez fade. Ses films suivants ne remportent, au mieux, qu'un succès relatif. En 1995, il se montre excellent dans « Heat », mais on n'y remarque que le duel entre Robert De Niro et Al Pacino. Succédant à Michael Keaton en justicier masqué dans « Batman forever », il semble avoir enfin décroché son tiquet pour la gloire. Mais un autre écueil se dresse sur sa route : son caractère. Excessivement tâtillon et, dit-on, capricieux, Val se fait un nombre incalculable d'ennemis sur les tournages. Le réalisateur de « Batman Forever », Joel Schumacher, ira jusqu'à le traiter de psychopathe.
Le tournage de « L'île du Docteur Moreau » achève de détruire la réputation de Val Kilmer, dont les relations apocalyptiques avec le réalisateur Richard Stanley conduisent au remplacement de ce dernier par John Frankenheimer et créent sur le plateau un tel chaos que le film sera, à l'arrivée, un monument de n'importe quoi comme nous les aimons ici. « Le Saint », film où Val Kilmer est vedette à part entière, ne remportera pas le succès escompté.
Malgré un talent incontestable (il est revenu en force en 2002 et 2003 avec « Salton sea » et « Wonderland »), Val Kilmer offre un bon exemple de comédien dont la réputation a fini par obscurcir les capacités professionnelles, faisant de lui un objet de curiosité kitsch et nanarde. Sa malchance proverbiale dans le choix de ses projets aura au moins eu le mérite de fournir au monde du nanar quelques sympathiques aberrations. De là à souhaiter à nos amis les acteurs de faire dérailler leurs carrières, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas !
Nikita
