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Andy Sidaris

Andy Sidaris

Biographie

Bullets, Babes and Bombs…

« Que feriez vous si Warner Bros vous donnait 30 millions de dollars pour faire un film et l’opportunité de travailler avec Robert De Niro ?
- Je refilerais 28 millions à des œuvres de charité, puis je ferais le film pour un million et garderais le dernier million. Alors, dites leur d’aller se faire foutre… »




Prince du film d’action sexy à petit budget, roi du film d’espionnage en bikini, Andy Sidaris nous a quitté le 7 mars 2007 emporté par un cancer de la gorge à l’âge de 76 ans. C’est une personnalité particulièrement attachante qui s’en va, car derrière son image d’érotomane rigolard et de mogul de vidéo-club se cache un homme chaleureux, ayant bâti avec son épouse Arlene une florissante entreprise familiale et filmant les exploits explosifs d’une fidèle petite troupe de playmates n’ayant jamais froid au décolleté.



Né en 1931 à Chicago mais élevé en Louisiane, le jeune Andrew grandit dans une famille d’origine grecque travaillant dans le milieu sportif. Ayant trouvé du travail à la télévision, il commence comme beaucoup par être scénariste, notamment d’émissions pour enfants, puis c’est tout naturellement qu’il se tourne vers les reportages sportifs dès qu’il peut passer derrière la camera. Il se fait vite remarquer pour la qualité de son travail dans la course automobile (notamment dans son premier documentaire, « The Racing Scene » où il filme les compétitions de l'intérieur du véhicule) et le football américain. Il est devenu incontournable dans le milieu des retransmissions sportives à tel point qu’il obtient un Emmy Award en 69 pour sa couverture des J.O. de Mexico. Et déjà son penchant naturel pour le beau sexe prend le dessus puisqu’il reste pour la plupart des téléspectateurs américains l’inventeur du « Honey Shot », inserts rapides sur de jolies spectatrices ou sur des pom pom girls, histoire de rendre le match plus attrayant encore…



Son talent pour filmer les événements sportifs lui vaut d’être contacté par Robert Altman en 1970 pour s’occuper du match de football américain de « M.A.S.H. ». Andrew, qui n’a pas la langue dans sa poche dans ses interviews, garde un mauvais souvenir de ce tournage car son rôle aurait largement dépassé le simple cadre de conseiller technique. Si on en croit ses dires, outre les scènes sportives, Andy s’est amplement occupé de la préparation des lieux de tournages et de la mise en place de nombreuses scènes pour se voir au final éjecté du générique par Altman lui-même qui aurait voulu garder tout le crédit du film pour lui seul.

Tout en continuant à œuvrer activement pour ABC dans le domaine sportif, il aborde dans les années 70 la réalisation d’épisodes de séries dont Kojak, avant en 1973 d’envisager de se lancer dans le grand bain et d’entamer une carrière cinéma. Son premier projet, « Stacey », sonne comme une vaste répétition générale de ce que seront tous ses films. Une blonde détective, sexy et déterminée, mène l’enquête dans une sombre affaire d’héritage. Le film est cofinancé par Roger Corman qui n’investit qu’un maigre budget (37 500 $, soit la moitié du coût du film) sur l’affaire et laisse Andy s’occuper de tout. Pour jouer le premier rôle, il lui faut une fille athlétique et jolie qui n’a pas peur des scènes érotiques. Il a alors l’idée de contacter les anciennes miss des pages centrales de Play Boy et engage la californienne Anne Randall, miss mai 1967. Le film n’est pas très bon et ne rencontre guère son public. Andy retourne donc à la télévision où il travaille sous les ordres d’une productrice, Arlene, qu’il épouse et qui va devenir son fidèle soutien dans sa future carrière de réalisateur.


L'affiche originale...

Et une affiche italienne des plus curieuses...


En 79, Sidaris se lance dans son second film, « Seven » qui sort confidentiellement au cinéma. Là encore de l’action sexy, tournée à Hawaï. Si le film ne rencontre pas son public, il permet au moins à Andy de se rôder et de savoir ce qu’il veut. Il monte avec son épouse sa société de production « Malibu Film » et commence à mettre au point son système de tournage, tout en bouclant les fins de mois en continuant à bosser pour la télé.



Mais c’est le marché de la vidéo qui va faire sa fortune. En effet, il est prêt pour l’explosion de la série B pour vidéo club et a tout compris à ce que veut le public (qui a toujours raison quand il aligne les dollars), c'est-à-dire un spectacle émoustillant et divertissant qui ne se fout pas trop de sa fiole. Il recrute Sybil Danning (qui ne tourne en fait qu’un nombre très réduit de scènes) pour garnir l’affiche de « Malibu Express », mettant en vedette un détective goguenard qui ne peut pas faire trois pas sans tomber sur une nymphette dépoitraillée. Contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord, même si tout est franchement invraisemblable, Andy ne se moque pas du spectateur comme tant d’autre Z-makers : ses films sont simplement bigger than life, jouant à fond la carte de la cool attitude (faut que j’arrête avec les anglicismes à la mode moi !). Qui n’a pas rêvé en rentrant d’une dure journée de labeur de trouver deux superbes inconnues en train de prendre leur douche dans sa salle de bain ? Et ben dans le monde d’Andy ça se passe comme ça…



Jouant pleinement de l’effet de connivence, Andy aligne à partir de 85 une série de films vaguement liés les uns aux autres, mettant en vedette un petit contingent de starlettes très dévêtues qui, flingues en main, jouent les agents de choc dans des décors de rêve (souvent Hawaï) face à de viles organisations du crime. « Piège Mortel à Hawaï », « Picasso Trigger », « Savage Beach »… Les films s’enchaînent joyeusement et présentent leur contingent de playmates à gros seins qui n’oublient jamais d’aller prendre une douche avant chaque scène d’action, de balaises en T-shirts moulants, d’explosions de cabanons et de chouettes décors exotiques. Ces films, souvent calqués sur le même schéma, mettent au prise les agents de l’organisation L.E.T.H.A.L. (Legion to Ensure Total Harmony and Law) à des criminels sans scrupules, dans des intrigues à la James Bond où l’on croise ninjas, femmes fatales et super espions bodybuildés.




Les méthodes du clan Sidaris sont particulièrement rodées : si le plan créatif, scénario et réalisation, est du ressort exclusif d’Andy, c’est Arlene qui s’occupe de l’aspect financier et administratif tout en organisant comme une mère poule la vie sur le plateau. Drew Christian, le fils, pilote la deuxième équipe et s’occupe des scènes aériennes. Ce dernier passera derrière la caméra pour réaliser 2 films du même tonneau, « Opération Panthère Noire » et « Dallas Connection » qui ne déparent absolument pas dans la production « Malibu Film » et où on sent la patte de papa Andy derrière chaque tombé de soutif. Attendrissant.


Arlene et Andy, les Bonnie and Clyde du plan nichon...


Il dispose aussi de petites équipes de techniciens dévoués au Texas et surtout en Louisiane qui lui préparent gadgets, armements et explosifs. Tous s’accordent à reconnaître que tourner chez Sidaris est gage de conditions plus qu’honorables dans le milieu de la série B. Les salaires sont bons, l’ambiance est familiale et décontractée, les actrices sont mises en valeur. La fidélité des Dona Speir, Hope Marie Carlton ou Roberta Vasquez à leur mentor en est bien la preuve. Julie Strain, grande habituée du film sexy reconnaît sans détour que les tournages avec Sidaris comptent parmi ses meilleurs souvenirs.



Andy ne le cache pas, ses actrices sont recrutées dans les pages centrales de Playboy ou Penthouse (avec une nette préférence pour celles qui ont une grosse poitrine), car elles ne doivent pas être effrayées par la nudité et de plus ne pas manquer d’être athlétiques car elles feront au maximum leurs propres scènes d’action. Les compétences d’Andy dans le domaine des retransmissions sportives lui permettent de tirer le maximum des faibles budgets dont il dispose. Ca explose, ça tire, ça se bat et on a rarement le temps de s’ennuyer (ni de trop réfléchir non plus).


Des films qui se vendent dans le monde entier.


Quelques figures de la série B. viennent garnir l’affiche de leur nom connu. Ainsi Pat Morita, le mentor des « Karaté Kid » dans « Connection Hawaï » ou l’ex motard de CHIPS Erik Estrada dans le même film ou dans « Guns ». Plus malin encore, il recrute Geoffrey Moore, fils de Roger Moore, pour jouer les espions sous le pseudo de R.J. Moore dans « Hard Hunted » et « Fit to Kill ». On pourra aussi croiser des visages connus comme l’ami Gerald Okamura ou un Danny Trejo pas encore célèbre.



Au milieu des années 90, le marché de la vidéo fléchit et l’activité de « Malibu Film » ralentit. « Return to Savage Beach » son dernier film en 96 met trois ans à se monter là où les autres sortaient à un rythme annuel. Cela marque la fin d’une époque, même si ces films continuent à tourner en vidéo et sur les chaînes câblées. Le passage au DVD permet à Andy de ressortir son catalogue sur son propre label et d’envisager de nouveaux projets d’autant que la popularité de son cinéma très particulier lui vaut la fidélité d’une poignée de fans sur le net et dans les fanzines spécialisés... Il s’offre même le rôle du producteur Dick Bigdickian dans la série de son collègue Jim Wynorski « The Bare Wench Project », parodie égrillarde de Blair Witch qui compte quand même 3 épisodes au compteur.


Un projet qui n'a semble t-il jamais abouti : le comic book "Spy Chicks" mettant en image les exploits des "L.E.T.H.A.L. Ladies". Inconcevable ? Après tout les "Danger Girls", gros succès du comic book ricain avaient tout piqué à Sidaris.


Hélas on diagnostique à Andy un cancer de la gorge contre lequel il va se battre plusieurs années et qui va l’empêcher de reprendre la caméra pour son dernier projet « Battle Zone Hawaï » (dans lequel on devait retrouver le serpent géant de « Piège Mortel à Hawaï » avait-il promis). Il est emporté par la maladie le 7 mars 2007.

Il ne reste plus à espérer que les rééditions DVD de ses films vont nous permettre de mieux découvrir l’œuvre d’un homme qui se définissait finalement comme un fervent défenseur de la femme, ainsi qu’il le disait dans l’interview du numéro 43 de la défunte revue « Impact » : « Dans la plupart des films d’action, les filles sont kidnappées, menacées, violées… On déteste ça. Si vous menacez une de nos filles avec un couteau, elle vous l’arrache et vous tue avec ! »



Un mot sur les « Sidaris-girls » qui ont fait les délices de ses films et n’ont pour la plupart tourné quasiment que pour lui :

Dona Speir : Miss mars 84, fidèle parmi les fidèles, qu’on voit dans quasiment tous les films du maître après avoir fait quelques fugaces apparitions dans des séries télé. Elle est souvent l’actrice qui symbolise le plus les films d’Andy, surtout qu'elle n'a quasiment rien fait d'autre après cela.



Roberta Vasquez : Miss novembre 84, a été officier de police à Los Angeles avant de poser pour Play Boy et d’entamer une carrière ciné sous l’égide des Sidaris. Sa connaissance des armes à feu lui a permis d’entraîner les autres filles. Elle quitte le métier après son mariage.



Julie Strain : Véritable légende du film d’action sexy, Penthouse Pet, de l’année 93, sa beauté et sa haute taille (1,85m) en ont fait une des stars du genre qui gère très habilement sa célébrité et son image. (Son site)



Hope Marie Carlton : Miss juillet 85, qui, en dehors des films de Sidaris, a fait de nombreuses apparitions à la télé ou dans des séries B. Son nom (un pseudo en fait, son vrai nom est Hope Marie Rizzitano) était prédestiné car après s'être mariée, elle quitte le milieu du cinéma et va a ouvrir un ranch-hôtel à Moab dans l'Utah (si on en croit leur site, ils cherchent des extras pour la saison).



Carolyn Liu : après avoir travaillé pour un cabinet d’avocat, elle se tourne vers Penthouse en 91 et surtout joue exclusivement pour Andy.



Cynthia Brimhall : Miss octobre 85, actrice bien sûr mais aussi chante régulièrement les thèmes aux accents bondiens des films de Sidaris. En dehors de cela elle fut potiche de charme pour "Le juste prix" américain !



Devin Devasquez : Miss Juin 85, a pas mal tourné dans la pub et dans des séries télé. C’est l’une des rares qui a continué sa carrière dans de nombreux rôles sexy après sa période Sidaris. (Son site)



Julie K. Smith : Penthouse Pet en février 93, très active dans la série B dénudée, on l’a souvent vu dévêtue pour David de Coteau ou Jim Wynorsky. (Son site)



Dans le N°144 de Mad Movies (Juillet/Août 2002, P. 13), Julie K. Smith déclarait : "Je ferais un film pour Andy où il veut, quand il veut ! J'adore travailler avec lui. Andy et Arlene sont les personnes les plus adorables que je connaisse. C'est sûr, ils ne font pas les films les plus intelligents du monde, mais au moins, ils en sont conscients. D'ailleurs, Andy m'amuse beaucoup à ce sujet. Sur un tournage, il vient régulièrement me voir, me prend à part, et me dit : "Julie, tu fais beaucoup trop d'efforts là. Je ne te demande pas de jouer la comédie. Laisse ça aux Julia Roberts et autres Nicole Kidman. Contente-toi d'enlever ton soutien-gorge correctement, bordel !". C'est tout Andy, ça. Il s'éclate à faire ses petits films dans son coin. C'est le Russ Meyer de notre époque !"

Ava Cadell : actrice d’origine hongroise dont le titre de gloire principal est d’avoir été « la fille dans le lit lors de la bagarre dans le motel de "Commando". ». Elle s’est depuis reconvertie comme sexologue… (Son site)



Rico
Rico

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Filmographie



2002 - The Bare Wench Project 3 : Nymphs of Mystery Mountain (acteur)

2001 - The Bare Wench Project 2 : Scared Topless (acteur)

2000 - The Bare Wench Project (acteur)

1998 - Return to Savage Beach

1996 - Day of the Warrior

1994 - Combat Mortel/ Dallas Connection (The Dallas connection) (producteur)

1993 - Opération Panthère Noire (Enemy Gold) (producteur)

1993 - Fit to Kill

1992 - Hard Hunted

1991 - Connection Hawaï/ Do or Die, jeu fatal (Do or Die / Girls, Games and Guns)



1990 - Guns

1989 - Piège pour amazones (Savage Beach)

1988 - Picasso Trigger

1987 - Piège mortel à Hawaï (Hard Ticket to Hawaï)

1985 - Malibu Express

1979 - Seven / Sevano’s Seven

1976 - Two-Minute Warning (cameo en tant qu’acteur)

1973 - Stacey/Stacey and her Gangbusters

1968 - The Racing Scene