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Bela Lugosi

Bela Lugosi

Biographie



Bela Lugosi's dead
White on white translucent black capes
Back on the rack
Bela Lugosi's dead
The bats have left the bell tower
The victims have been bled
Red velvet lines the black box
Bela Lugosi's dead
Undead undead undead
The virginal brides file past his tomb
Strewn with time's dead flowers
Bereft in deathly bloom
Alone in a darkened room
The count
Bela Logosi's dead
Undead undead undead

Bela Lugosi's dead (Bauhaus)




Remis sur le devant de la scène par la magnifique interprétation de Martin Landau dans le « Ed Wood » de Tim Burton, le personnage de Bela Lugosi représente l'image même de l'acteur définitivement enfermé dans le genre fantastique. Star adulée, « Master of the Menace » dans les années 30, Lugosi, torturé par ses propres démons, va lentement se laisser glisser vers des films de plus en plus minables, de plus en plus fauchés, jusqu'à figurer en fin de carrière dans les ringardises d'Ed Wood.

My dear Professor Strowski, twenty years ago I was banned from my homeland… (La Fiancée du Monstre)

Bela Ferenc Blazko est né en 1882 dans la ville de Lugos, paisible ville de l'empire d'Autriche Hongrie, (aujourd'hui Lugoj en Roumanie) dans une famille de la bourgeoisie hongroise (son père travaille dans les milieux bancaires). Bien que d'un milieu assez aisé, il se heurte à l'autorité rigide de son père et fugue à douze ans. Il traîne quelques temps et travaille comme ouvrier dans des mines ou pour des compagnies de chemin de fer avant d'être orienté par sa sœur vers le théâtre. Il y trouve immédiatement son bonheur et étudie les arts dramatiques à Budapest. C'est là qu'il choisit le pseudonyme aristocratique de Lugossy (littéralement : de Lugos), bientôt simplifié en Lugosi, et acquiert assez rapidement une petite notoriété comme jeune premier charmeur. Il incarne entre autre Roméo dans le drame de Shakespeare.



Lorsque éclate la Première Guerre Mondiale, Bela s'engage dans l'armée austro-hongroise. Blessé à trois reprises et décoré, il est exempté en 1916 et se tourne vers le cinéma. Pour ce dernier, moins honorable que les planches, il utilise le pseudonyme d'Aristid Olt et interprète des rôles aussi variés que Shakespeare ou Jésus Christ. Il s'engage aussi dans l'action syndicale, rejoignant avec quelques amis un groupe de défense d'acteurs proche des communistes.



Après la guerre, il connaît quelques problèmes dans la nouvelle république indépendante de Hongrie née du traité de Versailles. On le trouve un peu trop à gauche et son appartenance syndicale lui vaut la méfiance du nouveau pouvoir. Il part en 1919 pour Berlin où il tourne 11 films. C'est ainsi qu'il apparaît comme majordome dans une version de « Docteur Jekyll et Mr Hyde » réalisée par Murnau, hélas aujourd'hui perdue. Puis comme beaucoup d'acteurs européens, il quitte le vieux continent pour tenter sa chance aux Etats-Unis en 1921. Paradoxalement, alors qu'il ne parle pas anglais, ce n'est pas au cinéma muet qu'il connaît le succès mais au théâtre. Il rejoint tout d'abord une troupe de langue hongroise qui tourne aux Etats-Unis, puis après quelques années de vaches maigres où, parallèlement à la scène, il fait de la quasi figuration au cinéma, il obtient enfin le rôle de sa vie : Dracula.

I'm Count… Dracula (Dracula)

Il triomphe ainsi à Broadway en 1927 dans « Dracula », une adaptation théâtrale de Bram Stoker dont il apprend les répliques phonétiquement. Sa prestance, son air mystérieux et son accent slave font des ravages auprès des spectateurs (on raconte qu'un critique d'un grand journal new-yorkais se serait évanoui lors de la première) et surtout des spectatrices. Bela est un séducteur qui compte de nombreuses conquêtes (il se mariera et divorcera trois fois, ce qui contribuera largement à sa future ruine financière).



Au début des années 30, la compagnie Universal revisite les œuvres de la littérature gothique. Le succès de son « Dr Jekyll et Mr Hyde » lui donne l'idée de s'attaquer à Dracula. Elle envisage Lon Chaney Sr, qui vient de triompher en Mr Hyde, dans le rôle du prince des ténèbres. Hélas celui-ci décède peu avant le début du tournage. En désespoir de cause, les producteurs se tournent vers Lugosi qui incarne le vampire sur scène. Celui-ci accepte de reproduire son rôle de théâtre devant la caméra de Tod Browning.

Le succès est immédiatement au rendez-vous : le jeu théâtral et le regard glaçant de Lugosi frappent les esprits. Pourtant, il faut bien l'avouer, Dracula est loin d'être le meilleur Tod Browning. La réalisation lente et empesée n'a pas la grâce ou la puissance du futur « Freaks », malgré de belles compositions d'acteurs. Il est à noter que le film a été tourné en deux versions : en effet, comme c'était souvent l'usage à une époque où le doublage n'était pas encore la norme, pendant qu'on faisait le Dracula « officiel », une version en espagnol avec d'autres acteurs, dirigée par Georges Medford et Enrique Tovar Avalos, fut shootée dans les mêmes décors. Elle est unanimement reconnue d'un point de vue de la mise en scène comme bien meilleure que celle de Browning (ce qui semble se confirmer au vu des extraits disponibles sur les bonus du DVD de « Dracula » !).




« Dracula » ayant été un triomphe, la Universal envisage immédiatement d'embrayer sur « Frankenstein » avec Lugosi dans le rôle du monstre. Mais celui-ci, après avoir réalisé un essai préparatoire, décline l'offre. Trop de maquillage, pas assez de texte et surtout la volonté de ne pas s'enfermer dans le registre de l'épouvante. On ne lui propose pourtant que des rôles fantastiques.

Dans « Double Assassinat dans la rue Morgue » (« Murder in the rue Morgue ») tiré de Poe, il incarne le docteur Mirakle, une sorte de savant fou (son rôle fétiche quand il n'est pas vampire) assassinant ses victimes à l'aide d'un gorille (là aussi un animal qu'il côtoiera très souvent dans sa filmographie). Puis il est un planteur créole démoniaque dans « White Zombi », qui fait travailler dans ses champs de pauvres morts-vivants. Un plan tout particulier frappe l'imagination : Bela immobile, inquiétant, fixant sa proie, un simple trait de lumière illuminant son regard glacé et pénétrant. Lugosi est au sommet de son art. C'est son heure de gloire. Il incarne à plusieurs reprises le magicien Chandu, un de ses rares rôles de good guy luttant grâce à la magie blanche contre des sorciers maléfiques. Bela est décrit comme un grand professionnel formé au théâtre, connaissant son texte sur le bout des ongles mais qui, gêné par sa mauvaise connaissance de l'anglais, s'avère totalement déstabilisé par toute improvisation ou changement intempestif sur le tournage.



I never drink… wine… (Dracula)

Tout à son succès, Bela mène la grande vie. Il est amateur de femmes, fin gourmet en nourritures, vins ou tabacs, et grand collectionneur de timbres et de pipes. Il est assez prodigue avec sa communauté hongroise et s'investit dans la vie syndicale en participant à la création de la « Screen Actors Guild ». C'est aussi la période où il commence à toucher de plus en plus à la morphine (semble t-il au départ pour calmer les douleurs de ses blessures de guerre).



Aimant assez à jouer avec son personnage de prince des ténèbres, il n'hésite pas à se vêtir de sa cape pour les soirées mondaines. Les journalistes se piquent au jeu et brodent des histoires qui font la gloire du bonhomme. Il dormirait dans un cercueil, ne sortirait jamais de jour, boirait réellement du sang. D'autant que la Universal, consciente du potentiel publicitaire du personnage, n'hésite pas à en rajouter. Elle fait construire une maison spéciale où les journalistes peuvent rencontrer la star : des tentures noires, de grands chandeliers, des armes exotiques accrochées aux murs, des chauves-souris nichant au plafond, des serviteurs asiatiques muets et Lugosi, drapé dans sa cape, qui les reçoit dans une pièce où trône un cercueil. Un cadre promotionnel qui forge sa légende, mais contribue aussi à l'enfermer progressivement dans des rôles fantastiques desquels il n'aspire pourtant qu'à sortir. L'acteur et le personnage finissent par se confondre… D'autant que Lugosi lui-même a parfois du mal à séparer la fiction et la réalité, l'usage de la drogue n'étant pas sans conséquence…




Il enchaîne avec « The Black Cat », où il croise Boris Karloff. Les deux têtes d'affiche se détestaient-elles autant que le film de Burton semble le laisser penser ? Il semble que ce soit un peu exagéré, les deux hommes se partageant tout de même la vedette à huit reprises dans leur carrière. La production joue à fond sur l'image « horror star » des deux comédiens, organisant notamment un grand casting de chats noirs, présidé par les deux vedettes. Ils enchaînent sur une autre adaptation de Poe, « The Raven », puis « Le Fils de Frankenstein » et plus tard dans « Les Récupérateurs de Cadavres ». Il est à noter que la carrière de Karloff connaîtra la même pente descendante que Lugosi après la guerre, terminant dans d'épouvantables nanars dans les années 60 (à la différence près que Karloff n'a jamais cessé de travailler, ne se droguait pas et n'a donc jamais vraiment tiré le diable par la queue).




Il tourne aussi en Angleterre, notamment dans « The Mystery of the Marie Celeste », pour une compagnie qui vient de se former : La Hammer ! Un pittoresque rôle de marin alcoolique, la compagnie étant encore loin de sa relecture du fantastique qui fera sa gloire. Après un nouveau rôle de vampire dans « The Mark of the Vampire » (même si la fin apporte un peu de surprise par son twist que nous nous garderons bien de révéler), Bela peine à se débarrasser de cette image d'acteur fantastique qui lui colle à la peau. Son seul vrai rôle « sérieux » est un second rôle dans « Ninotchka » de Lubitsch avec Greta Garbo. Malgré cela, l'image de Bela reste immanquablement associée à l'horreur, l'acteur ne recevant que des propositions de rôles de suceurs de sang, de génies du mal ou de savants fous. Aussi, à défaut de grands films, il accepte de figurer dans des productions plus médiocres, essentiellement pour financer son train de vie et ses divorces.



Beware… Beware… (Glen ou Glenda)

Ces films souvent bâclés finissent par nuire à son image, d'autant qu'il n'y est pas très bon, se contentant souvent de reprendre ses airs mystérieux ou hallucinés. Il se déguise en Chinois cruel ou en scientifique mégalomane pour des serials faisandés comme « Shadows of Chinatown » ou « S.O.S Coastguards ». Parmi ces rôles souvent médiocres, on peut retenir celui d'Igor, l'assistant démoniaque de Frankenstein dans « Le Fils de Frankenstein », l'un de ses derniers grands rôles où il fait encore une excellente composition.




La période de la guerre marque véritablement le début des difficultés. Il participe au soutien moral des troupes mais peine à trouver des rôles au cinéma. Marqué par le fantastique, il éprouve des difficultés à trouver un rôle à sa mesure alors que le genre commence à s'étioler. Il continue pourtant à tourner beaucoup, et de plus en plus n'importe quoi, notamment dans le registre de la parodie...



Son image s'étant ringardisée, il a de plus en plus de mal à travailler pour les grands studios. Lui qui était en tête d'affiche dix ans plus tôt en vient à accepter un rôle très secondaire de gitan dans le « Loup Garou » avec Lon Chaney Jr, une des dernières productions fantastiques gothiques de la Universal. Pressé par ses besoins d'argent, il accepte ce qu'il avait refusé au temps de sa gloire et enfile le costume du monstre de Frankenstein pour un « Frankenstein Meets the Wolf Man » où il se castagne avec Lon Chaney Jr en loup-garou.


Contraint par des nécessités financières, Bela endosse le costume de la créature de Frankenstein et s'en va s'expliquer avec le loup-garou...


On le voit encore jouer les infâmes saboteurs aux ordres des Japonais dans « Black Dragons » (qui portera longtemps l'éloquent titre de travail de « Yellow Menace »). Il continue à jouer les vampires ou les savants fous mais les budgets sont de plus en plus réduits, le fantastique étant petit à petit relégué des séries A aux séries B voire pire.



Home ? I have no home. Hunted ! Despised ! Living like an animal. The jungle is my home. (La Fiancée du Monstre)

Le pire, c'est « Poverty Row », le boulevard de la pauvreté, l'avenue des fauchés, l'arrière-cour des miracles du rêve hollywoodien : des compagnies de seconde zone comme Monogram ou Republic qui fournissent au kilomètre des serials et des séries B qui précédent le film principal dans les séances de cinéma. Des tournages express au rabais, avec des budgets qui dépassent rarement les 50 000 dollars, recyclant costumes et décors d'autres productions plus cossues et repêchant d'anciennes stars devenues has been. Pour pallier des budgets déficients, les scénars virent au franc n'importe quoi. Témoin ce « The Bat » où Bela élève une chauve-souris tueuse qui se repère à l'after shave de ses victimes (!) ou encore « The Ape Man » et sa suite (fort logiquement titrée « Return of The Ape Man ») où, s'injectant un sérum à base de moelle de gorille, il se métamorphose en homme singe grotesque.




Avec la fin de la guerre, il tourne de plus en plus dans le registre de la parodie, servant de faire-valoir à des comiques, notamment pour le tâcheron stakhanoviste William Beaudine (274 films au compteur quand même ! Surnommé « One Shot » car il ne faisait jamais plus d'une prise pour les scènes de ses films). Il garde encore une certaine prestance dans « Spooks Run Wild » où il affronte une bande de teenagers, « Les East Side Kids », dont la principale activité semble être de prendre l'air ahuri. Il retrouve les « East side kids » pour un « Ghost on the Loose » avec une débutante nommée Ava Gardner.



Les films s'espacent de plus en plus. Il affronte bien sûr les Laurel & Hardy du pauvre, Abbott et Costello dans un « Abbott et Costello Contre Frankenstein » qui ne peut humainement ne faire rire que les Américains (et encore, les moins regardants).




On le voit aussi dans « Zombi on Broadway » avec Wally Brown et Allan Carney, considérés même par les amateurs les plus indulgents comme des Abbott et Costello pas drôles ! Puis il file en Angleterre avec « Old Mother Riley Meets the Vampire » où, aidé d'un robot en fer blanc, il est censé faire peur à une solide granny irlandaise incarnée dans la réalité par un homme (Arthur Lucan, un comique qui fit quand même 16 films avec ce personnage de grand-mère casse-cou).




Le fond semble atteint avec l'hallucinant « Le Gorille de Brooklyn » alias « Bela Lugosi Meets a Brooklyn Gorilla » où il joue les savants fous face aux improbables Duke Mitchell et Sammy Petrillo, comiques de radio dont le seul talent est de parodier jusqu'à la photocopie le couple Dean Martin - Jerry Lewis. Si Duke Mitchell est conforme à ce qu'on attend d'un clone de Dean Martin (en gros jouer les bellâtres et pousser la chansonnette), c'est surtout Sammy Petrillo qui crève l'écran à force de voix de canard et de grimaces outrancières. A tel point que Jerry Lewis lui fera un procès pour plagiat qui tuera net sa carrière. Le film a la réputation d'être affligeant. Bela, sans son épais maquillage de vampire, y apparaît terriblement vieilli, mais semble encore s'amuser dans cette pochade où il incarne un savant fou vivant sur une île paradisiaque et transformant Sammy Petrillo en gorille.




Then I will show the world I can be its master. I will perfect my own race of people, a race of atomic supermen which will conquer the world ! Ah ah ah... (La Fiancée du Monstre)

En 1953, alors qu'il n'a plus aucun engagement, Bela rencontre un jeune réalisateur grenouillant dans les studios hollywoodiens : Ed Wood. Celui-ci cherche à monter un film sur la vie d'un transsexuel. D'abord méfiant face au côté scabreux du sujet, Bela accepte un rôle de narrateur pour 1000 dollars, sur les conseils d'une de ses ex-femmes. Heureusement, Ed Wood, sincère admirateur de la star, le met à l'aise en tournant ses scènes dans un environnement de savant fou gothique, les collant ensuite en surimpression sur le reste du film. Au final, « Glen ou Glenda » est cependant un nanar grotesque doublé d'un four complet, Lugosi cabotinant comme jamais.



Wood et Lugosi sympathisent et s'associent. Le premier se sert d'un nom encore connu pour donner un peu de lustre à ses projets de films auprès d'éventuels investisseurs, le second, qui ne trouve plus de rôle, espère un come back qui ne vient plus. En dehors des films d'Eddy, qui passe plus de temps à batailler pour trouver des financements qu'à tourner effectivement, il ne réussira à décrocher qu'un petit rôle muet sur « The Black Sleep » où il retrouve le catcheur Tor Johnson, autre complice de Wood. Finalement, après avoir obtenu des fonds d'une boucherie industrielle, Wood peut enfin tourner un film à la mesure de sa star : « La Fiancée du Monstre ».


L'affiche espagnole de « The Black Sleep ».



Lugosi est comme de juste le docteur Vornoff, savant fou de son état, secondé par le monstrueux Lobo que campe Tor Johnson, qui cherche rien de moins qu'à créer une armée de surhommes atomiques. Le film, fauché et bourré de faux raccords, permet néanmoins à Lugosi de retrouver un peu de sa superbe, déclamant des tirades menaçantes tout en dardant son regard glaçant. Même si, là encore, le succès est loin d'être au rendez-vous, Bela y croit : sa carrière peut rebondir.



Epuisé par l'abus de drogues, il décide de se rendre dans une clinique de désintoxication. Ce n'est pas la première fois qu'il tente d'arrêter la morphine. Sauf que cette fois, il prévient la presse et tente de profiter de l'événement pour faire reparler de lui. L'annonce de l'hospitalisation pour désintox' de Lugosi fait effectivement son effet, pour la première fois une star acceptant de reconnaître officiellement ses problèmes de drogues face à la caméra. Les photos montrent un vieillard amaigri et épuisé dans son lit d'hôpital. Sa sortie de la clinique, mise en scène devant les caméras des journalistes, montre un Bela de nouveau en forme, remerciant chaleureusement médecins et infirmières avant d'annoncer qu'il est prêt à tourner. Il a notamment un projet avec un jeune réalisateur prometteur, Eddy Wood, « The Ghoul Goes West ».



Ed et Bela tournent quelques scénettes dans le pavillon de ce dernier. Bela sort de chez lui, cueille une rose, pleure abondamment lors d'un enterrement, erre dans la campagne en smoking et cape de vampire… Tout cela doit servir pour « The Ghoul Goes West » ou pour « The Tomb of the Vampire », les scénarios qui trottent dans la tête de Wood.

Mais épuisé par ses excès, Lugosi est terrassé chez lui d'une crise cardiaque le 16 août 1956, à l'âge de 73 ans. Pour son enterrement, il est paré de sa célèbre cape de Dracula. La légende veut que lors des obsèques, Peter Lorre ait chuchoté à Vincent Price : « Est-ce qu'on ne devrait pas lui enfoncer un pieu dans le coeur, au cas où... ? ».

Mais la mort ne peut arrêter le prince des ténèbres ! Wood, bien décidé à utiliser les bouts d'essai de son ami (moins de cinq minutes de film en tout !), les intègre à son « Plan 9 From Outer Space » rentré dans l'histoire. Pour compléter, il engage le chiropracteur de sa femme, pourtant plus jeune de trente ans et plus grand de vingt centimètres, mais qui a une vague ressemblance avec le modèle au niveau du front ! Pour camoufler la tromperie, Wood lui fait remonter sa cape devant les yeux pendant tout le film.



L'original et la copie.


Après cette ultime pirouette, Lugosi sombre dans l'oubli avant d'être redécouvert par la télévision à la fin des années 60. C'est la programmation en boucle des vieux films de la Universal, la nuit, qui permet aux jeunes Américains de redécouvrir Bela et toutes les stars de l'horreur des années 30. La génération nouvelle de cinéastes fantastiques, de Spielberg à Burton, a grandi avec ces vieux films (on pourrait compter à l'infini les scènes nous montrant un héros regardant dans son lit « Frankenstein », « Dracula » ou « l'Invasion des Soucoupes Volantes ») et permet de remettre en lumière Karloff, Chaney ou Lugosi. Bela redevient une idole gothique, la chanson du groupe Bauhaus redonnant sa part d'ombre au prince des ténèbres…



Décidément non, on ne peut pas tuer un vampire, même par le ridicule…


Un monument à la mémoire de Bela Lugosi, à Budapest, capitale de sa Hongrie natale.


Rico
Rico

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Filmographie

1917
A Régiséggyüjtö
The Leopárd
Leoni Leo
Ezredes, Az

1918
Élet királya
Álarcosbál
Tavaszi vihar
Lili Nászdal
Küzdelem a létért
Casanova
99 (aka Kilencvenkilenc)

1920
Der Fluch der Menschheit
Frau im Delphin
Die Tage auf dem Meeresgrund
Der Januskopf
Lederstrumpf Teil: Der Wildtöter und Chingachgook
Lederstrumpf Teil: Der letzte der Mohikaner
Die Teufelsanbeter / The Devil Worshippers

1921
Johann Hopkins, der Dritte
Nat Pinkerton
Tanz auf dem Vulkan

1923
The Silent Command

1924
The Rejected Woman

1925
The Midnight Girl, The
The Daughters Who Pay

1926
Punchinello

1928
The Veiled Woman
Prisoners
How to Handle Women

1929
La 13ème chaise / The Thirteenth Chair

1930
Such Men Are Dangerous
Wild Company
Renegades
Viennese Nights

1930
Oh, for a Man

1931
Women of All Nations
Fifty Million Frenchmen
Dracula
Broadminded
The Black Camel

1932
Double assassinat dans la rue Morgue / Murders in the Rue Morgue
Chandu the Magician
Les Morts-Vivants / White Zombie
The Whispering Shadow
Night of Terror
L'Ile du Docteur Moreau/ Island of Lost Souls
Hollywood on Parade No. 8
International House
The Death Kiss
The Devil's in Love

1934
Gift of Gab
The Return of Chandu
Le Chat Noir / The Black Cat

1935
The Mystery of the Marie Celeste
The Mysterious Mr. Wong
The Best Man Wins
Chandu on the Magic Island
La Marque du Vampire / Mark of the Vampire
Murder by Television
Le Corbeau / The Raven

1936
Le Rayon Invisible/ The Invisible Ray
Postal Inspector
Shadow of Chinatown

1937
S.O.S. Coast Guard

1939
Le Gorille / The Gorilla
Ninotchka
Phantom Creeps, The (as Dr. Alex Zorka)
Son of Frankenstein (as Ygor)
Dark Eyes of London, The (as Dr. Feodor Orloff)

1940
The Devil Bat
Vendredi 13 / Black Friday
The Saint's Double Trouble
La Villa des Piqués / You'll Find Out

1941
Le Loup garou / The Wolf Man
Spooks Run Wild
Le Chat Noir / The Black Cat
The Invisible Ghost

1942
Le Monstre de Minuit / Night Monster
Le Corps disparu / The Corpse Vanishes
Le Spectre de Frankenstein / The Ghost of Frankenstein
Black Dragons
Bowery at Midnight

1943
Ghosts on the Loose
Frankenstein rencontre le Loup Garou / Frankenstein Meets the Wolf Man
The Ape Man

1944
One Body Too Many
Return of the Ape Man
The Return of the Vampire
Voodoo Man

1945
Les Récupérateurs de cadavres / The Body Snatcher
Genius at Work
Zombies on Broadway

1947
Scared to Death

1948
2 Nigauds contre Frankenstein / Abbott and Costello Meet Frankenstein

1951
Lock Up Your Daughters

1952
Le Gorille de Brooklyn / Bela Lugosi Meets a Brooklyn Gorilla
Mother Riley Meets the Vampire

1953
Glen ou Glenda / Glen or Glenda

1955
Bride of the Monster / La Fiancée du Monstre

1956
Les Monstres se révoltent / The Black Sleep

1959
Plan 9 from Outer Space