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Jim Kelly

Jim Kelly

Biographie



Dans les années 70, l'industrie ciné américaine, toujours avide de nouveaux débouchés, décide de s'emparer du mouvement revendicatif noir américain pour créer un nouveau marché. Le résultat reste aujourd'hui connu sous le nom de "Blaxploitation", un cinéma communautaire qui met en scène des héros blacks pour le public black. Si vous avez tous vos doigts, ses piliers peuvent se compter sur une main : Fred Williamson (qu'on ne présente plus sur Nanarland !), Pam Grier, Richard Roundtree, Jim Brown et... Jim Kelly.



Jim apparaît pour la première fois au ciné dans Melinda (1972). Alors qu'à la base il n'est embauché que pour "coacher" l'acteur principal en pratiques martiales (Jim a été champion du monde de karaté mais bon, les CDM de karaté au ciné, c'est pas ça qui manque !), son charisme a tôt fait de taper dans l'oeil du réalisateur, qui lui offre ainsi un petit rôle. Cette apparition impressionne Robert Clouse, qui lui confie un des rôles principaux dans Opération Dragon (1973) aux cotés de Bruce Lee (le vrai, car il partagera l'affiche de La Dimension de la Mort avec un certain... Myron Bruce Lee) !





Sa prestation de très haut niveau lui ouvre alors grand les portes vers un rôle "sur mesure" dans une prod' blax, dirigée par le même Robert CLouse : La Ceinture Noire (1974). Malheureusement ce rôle ne séduit pas vraiment le grand public, qui trouve Jim trop gentil ! Côté combats et violence, le film s'avère il est vrai assez bon enfant. A partir de là sa carrière dégringole, et il entre dès lors de plain-pied dans le monde du nanar...



Il les enchaîne : Les Démolisseurs a.k.a. Les 3 Justiciers (à ne pas confondre avec Les 4 Justiciers) (1974), Golden Needles (1974), La Chevauchée Infernale (1975), Black Samuraï (1976), Hot Potato (1976), Hong Kong Connection aka Black Belt Jones 2 (1978), La Dimension de la Mort (1978), Les 4 Justiciers (1982)... Et pourtant, malgré tout, aussi nul soit le film, Jim parvient toujours à conserver son charisme, sa classe, un peu comme une chanson des Beatles au milieu d'un album de la Star Academy.



Mais pourquoi me direz vous ? Qu'a-t-il donc de si spécial ? Un style, mesdames et messieurs, une prestance, des fringues à faire pâlir d'envie le plus fashion des danseurs de breakdance du début des 80s... et surtout une impressionnante coupe afro en toutes circonstances !



Jim Kelly à l'écran, c'est comme si tout le peuple noir américain avait demandé à Mohammed Ali de se mettre au karaté pour aller botter des culs avec nonchalance, souplesse et classe. Jim se déplace toujours avec la décontraction de celui qui sait qu'il peut étaler n'importe qui sans se décoiffer et surtout se battre avec plus de style que son adversaire direct ! Jim incarne le dynamisme esthétique, le panache primesautier.





Du coup l'acteur s'octroie quelques pas de danse en attendant l'ascenseur, un petit sprint sautillant pour aller décrocher le téléphone ou un petit sourire en coin quand il arrive et claque à ses supérieurs circonspects un "peut-être est-ce la couleur de ma peau qui vous pose problème".



Evidemment je pourrais encore vous vanter la classe de Jim sur des lignes et des lignes, mais ça ne remplacera jamais le visionnage d'un Opération Dragon ou d'un Black Samuraï. C'est pourquoi je vous renvoie aux images et photos et, surtout, à vos magnétos !



Et le nanar dans tout ça ? D’ou ça sort ? Ben oui, comme je l'ai dit Jim a eu un succès des plus éphémères. Du coup il s'est réfugié dans la série B, tout comme son compère Fredo Williamson. Ainsi dans La Dimension de la Mort il se retrouve opposé à Harold Sakata qui veut revendre à des méchants la machine à faire de la neige d'un savant (oui) et dans HK Connection, face à un méchant chinois qui a piqué un diamant.



Dans Les 4 justiciers alias Chuck (écrit, réalisé, produit, scénarisé et interprété par Fred Williamson !) il rencontre le susnommé Fred ainsi que les deux autres héros blax (Jim Brown et Richard Roundtree) pour régler je ne sais plus quelle sombre histoire sur fond de stock-shots de combats de boxe thaï... Plus un navet qu'un nanar, disons les choses comme elles sont.



Pour synthétiser, disons que Jim n'est pas vraiment un "acteur nanar", mais plutôt "un acteur à nanars". C'est un peu comme de voire une superprod' de Bollywood : vu d'Occident, ça a l'air nanar dans tous les sens mais si on prend la peine d'y regarder d'un peu plus près, en laissant de côté ses petits a priori goguenards, on se rend compte qu'en fait y a des trucs pas mal du tout. Avec sa dégaine inimitable, sa coupe afro XXL et ses fringues funky, Jim Kelly peut sembler nanar pour un Français d'aujourd'hui, mais à Harlem en 74, il avait tout du héros.




Et par dessus tout, Jim est authentiquement bon : il s'est retiré du cinéma* au début des 80's et exerce aujourd'hui diverses activités dans le monde du sport, accordant des interviews à quelques-uns de ses fans qui ne l'ont pas oublié et leur parle en sage du racisme dans le ciné, du niveau de karaté de Chuck Norris et de l'influence de Bruce Lee sur le cinéma d'action...

* cela dit, je viens de trouver sa fiche dans une agence de casting de seconde zone !


Jim Kelly avec Harry Knowles, le webmaster d'Ain't it Cool News.



JohnMatrix
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Filmographie

1994 - Stranglehold

1982 - Les 4 Justiciers / Chuck (One Down, Two To Go)

1978 - La Dimension de la Mort (Death Dimension / Black Eliminator)

1978 - Hong Kong Connection (E yu tou hei sha xing / Black Belt Jones 2 / The Tattoo Connection)

1976 - Hot Potato

1976 - Black Samuraï / Black Terminator / The Freeze Bomb

1975 - La Chevauchée Infernale (Take a Hard Ride)

1974 - Golden Needles

1974 - Les Démolisseurs / Les Trois Justiciers (Three the Hard Way)

1974 - La Ceinture Noire (Black Belt Jones)

1973 - Opération Dragon (Enter the Dragon)

1972 - Melinda