Accueil > Personnalités > Lloyd Kaufman

Lloyd Kaufman

Lloyd Kaufman

Biographie

Découvrez notre interview vidéo inédite de Lloyd Kaufman sur Nanarland TV !






Acteur, réalisateur et producteur américain, Lloyd Kaufman est indissociable de Troma, la société de production et de distribution qu’il créa dans les années 70 avec son partenaire en crimes cinématographiques Michael Herz. Une oasis créative forte de 35 années d’existence, ce qui en fait, selon les dires de Kaufman en personne, « la plus vieille compagnie indépendante à avoir survécu sans hit au box-office ». Une firme qui se targue légitimement de ne jamais avoir renié son esprit franc-tireur, et encore moins les libertés conférées par un mode de fonctionnement en grande partie autogéré. Troma souffre de plus en plus de l’hégémonie écrasante imposée par les majors hollywoodiennes, mais la société bénéficie d’atouts que ses gigantesques rivaux n’auront jamais : un créateur / réalisateur littéralement investi par son activité, quitte à faire absolument n’importe quoi pour financer et vendre ses films ; une histoire riche en productions libertaires et radicales qui aura inspiré des auteurs aussi essentiels que Peter Jackson, Quentin Tarantino, Gaspar Noé, Alex De La Iglesia ou Takashi Miike ; et surtout, des légions de fans à travers le monde, prêts à tout pour que ses activités cinématographiques perdurent le plus longtemps possible.



Né à New York le 30 décembre 1945, Stanley Lloyd Kaufman est initialement passionné par les spectacles musicaux de Broadway, et n'attrape le virus cinéphile que pendant ses années d’études à la prestigieuse université de Yale. Ses deux camarades de chambrée le convertissent aux plaisirs des salles obscures, et dès lors, Kaufman s’abreuve d'œuvres dont l’influence se fera sentir (de façon diffuse) dans sa filmographie : les films de Preston Sturges, John Ford, Kenji Mizoguchi, Charlie Chaplin le bercent, mais c’est le « To be or not to be » d’Ernst Lubitsch qui le pousse à franchir le pas. Il dévore également Les Cahiers du Cinéma, et reste marqué par cette image d’une Nouvelle Vague affranchie de toutes contraintes de style, de production et de réalisation.



Durant un séjour en Afrique, au Tchad, il filme la mise à mort d’un cochon. La post-production de ce coup d’essai distinguera très nettement l’approche de son réalisateur du travail d’un Jean Eustache : Kaufman monte le tout et obtient ainsi son premier film, 15 minutes d'hystérie gore et décomplexée. Les réactions horrifiées de son infortuné public-test (des membres de sa famille pour l'essentiel) confirment le futur metteur en scène dans ses intentions, et une partie du style Troma était née (les expériences libidineuses de "Uncle Lloydie" dans les années suivantes s’occuperont de compléter le cahier des charges). Deux opportunités s’ouvrent à Lloyd Kaufman dans l’ultime année de son cursus universitaire : travailler sur une production prestigieuse avec Barbara Streisand, ou intégrer les rangs d’un Cannon Group pas encore sous la férule des inénarrables Menahem Golan et Yoram Globus. Au sortir d’un trip de LSD, il prend la décision de rejoindre le Cannon Group.



Il y rencontre le producteur / réalisateur John G. Avildsen, qui le fait travailler sur des films comme « Joe », « La Fièvre du Samedi Soir » ou « Rocky ». Autant d’expériences que Kaufman envisage comme des études de cinéma sur le tas. Auparavant, il aura réalisé dès 1969 son premier long-métrage, « The Girl who returned », une comédie satirique et sexy se déroulant dans un univers où les hommes et les femmes vivent en communautés séparées et ne se retrouvent qu’une fois par an pour des Olympiades. De cet opus tourné à la Bolex et sans le son pour seulement 2000$, Lloyd Kaufman tire deux enseignements essentiels : une actrice à la poitrine généreuse sur l’affiche attire les foules, et une fois qu’ils ont payé, les spectateurs ne se plaindront pas, quelle que soit la qualité du film.



Peu amène sur les contraintes de production extravagantes de l’industrie cinématographique américaine, Lloyd Kaufman décide de fonder en 1974 la firme Troma avec Michael Herz, un camarade de Yale. Les deux larrons s’engouffrent dans une brèche inédite, le mélange imparable sexe / comédie slapstick. « Squeeze Play », « Waitress! », « Stuck on you! », « The First Turn-On!! », autant de titres cheap, graveleux, sottement jouissifs, où des pointures comme Kevin Costner ou Vincent d’Onofrio firent parfois leurs débuts, le plus souvent à leur grand dam. La recette est simple : un tout petit budget et un marketing aussi drôle qu’offensif. En 1980, Lloyd Kaufman coproduit « Nimitz, retour vers l’enfer » (The Final Countdown) ; en dépit d’une belle rencontre avec Kirk et Peter Douglas, l’expérience scellera la décision de Kaufman de ne plus jamais frayer avec l’organisation des studios hollywoodiens, dont il stigmatise le caractère fumiste avec violence.



Les années Reagan ne manquent pas de révolter notre homme outre mesure. Ces deux mandatures verront la fin des circuits de distribution réellement indépendants (les films Troma auront dès lors de plus en plus de mal à aboutir sur les écrans américains). Désormais marié, Lloyd Kaufman constate par ailleurs avec dégoût les excès irresponsables de la société de consommation : tandis que les principales compagnies alimentaires inondent les villes de leurs déchets non biodégradables, les plus riches se bourrent de vitamines et s’occupent de leur corps alors que la planète se meurt à petit feu.



Au cinéma, le créneau de la comédie est porteur mais Lloyd Kaufman, qui croit au mélange des genres, souhaite y adjoindre quelque chose de plus corsé. En réaction à la lecture d'un article proclamant la mort des films d'horreur, Lloyd a le déclic et sa carrière prend dès lors l’axe dont elle ne se détournera plus : la comédie sociale satirique bourrée ras-la-gueule d'effusions de sang, de sexe et de vomi, combinée à un emploi impératif du système D. Ainsi, de même que son précurseur Roger Corman inventait la comédie d'horreur avec des films comme « A Bucket of Blood » ou « La Petite Boutique des Horreurs », Lloyd Kaufman étrenne le genre crétin mais jouissif du "slapstick gore".



Ainsi naquit « The Toxic Avenger », parangon du genre et film totem de la firme Troma. Tourné en 1983/84, le film ne sort qu'en 1985, Lloyd Kaufman et Michael Herz peinant à distribuer les aventures du "1er super-héros du New Jersey" dont le gore grumeleux, la potacherie irrévérencieuse et le mauvais goût absolu déroutent. Les deux compères trouvent finalement une exploitante de Greenwich Village qui accepte de projeter le film. Les séances font salle comble, et de fil en aiguille, Toxie sera finalement diffusé dans 2000 salles au firmament de sa gloire. Une projection tapageuse au Marché du film cannois plus tard, la machine Troma gagne sa vitesse de croisière. Les productions se multiplient, le catalogue s’agrandit (il compte aujourd’hui près d’un millier de titres) et Lloyd Kaufman enchaîne les réalisations au prix de quelques désillusions instructives.



Sur le tournage de « Troma’s War », ses conditions de production spartiates rencontrent leurs premières limites humaines – James Gunn, réalisateur d’« Horribilis » ayant débuté chez Troma comme co-scénariste de « Tromeo et Juliet », parle du syndrome de la "Tromacitis" : la boucle éternelle de lamentations d’une personne exploitée, sous-payée, naviguant à vue dans le chaos… L’année suivante, les conditions de coproduction de « Toxic Avenger 2 et 3 » impliquaient la labellisation "R" de la censure américaine (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés), et la Motion Picture Association of America fut trop heureuse de couper les films à la serpe. Lloyd Kaufman jura (mais pas trop tard) qu’on ne l’y reprendrait plus.



Les années 90 soulignent avec cruauté les difficultés économiques de Troma pour le montage financier et la distribution de ses films. Mais la firme s’en sort peu ou prou grâce à son attrait précurseur pour deux innovations technologiques : l’Internet et le support DVD. La diffusion Tromesque touche enfin le plus grand nombre, les fans peuvent enfin se fédérer et apporter leur pierre à l’édifice en soutenant financièrement ou logistiquement ses projets. Certains d’entre eux vont jusqu’à traverser le monde pour venir apporter un coup de main à la dernière production maison, en acceptant les conditions d’un tournage Troma : ne pas être payé, dormir sur le plateau à même le sol, se nourrir exclusivement de sandwich au fromage et faire ses besoins dans un sac en papier.



Lloyd Kaufman honore cet engagement rarissime de ses supporters d’une maturité cinématographique de plus en plus affirmée. Depuis « Terror Firmer », ses films n’ont cessé de gagner en qualité, jusqu’à la réussite incontestable du ravageur « Poultrygeist ». Un opus revigorant et sans concession qui, s'il ravit le public des festivals où il est projeté, peine en revanche à convaincre les distributeurs, laissant craindre, comme le dit son auteur, que le chant du cygne de Lloyd Kaufman ne soit un film sur les poulets.



Le site officiel de Troma
Le site officiel de Lloyd Kaufman

Drexl
Drexl

retour vers les réalisateurs producteurs

Filmographie

En tant que réalisateur ou réalisateur-producteur (en gras les films à proprement parler) :

2008 - Splendor & Wisdom

2006 - Poultrygeist : Night of the Chicken Dead



2006 - Debbie Rochon Confidential: My Years in Tromaville Exposed!

2006 - The King of Cult: Lloyd Kaufman’s Video Diary / ‘Slither’-ing Through Hollywood

2005 - Make Your Own Damn Movie!

2004 - Tales from the Crapper

2003 - Parts of the Family

2002 - All the Love You Cannes!

2000 - Citizen Toxie : The Toxic Avenger IV



2000 - Troma's Edge TV (2 episodes)

1999 - Terror Firmer

1997 - The Tromaville Café

1996 - Tromeo and Juliet

1994 - Troma Theater

1993 - The Troma System

1991 - Sgt. Kabukiman N.Y.P.D.

1989 - The Toxic Avenger, Part III : The Last Temptation of Toxie



1989 - The Toxic Avenger, Part II

1988 - Troma’s War / 1000 Ways to Die

1986 - Atomic College (Class of Nuke’Em High)

1984 - The Toxic Avenger

1983 - The First Turn-On!!

1983 - Stuck on You!

1982 - Waitress! / Soup to Nuts



1980 - L'Ecole des Dragueuses / Les Pulpeuses / Campus en Folie (Squeeze Play)

1976 - The Divine Obsession

1974 - Sweet & Sour

1973 - Balash Ha’Amitz Shvartz, Ha / Big Gus, What’s the Fuss

1972 - The Newcomers / The Newcallers / Seven Delicious Wishes

1971 - The Battle of Love’s Return

1969 - The Girl Who Returned




En tant que producteur seulement :

2008 - Kickball: The Movie!

2007 - Dancing Into the Future

2006 - The Life of a Child Star: Bill Winckler on His Father Bobby Winckler

2005 - Slaughter Party

2005 - Virgin Beasts

2004 - Who Flung Poo?

2003 - Doggie Tails, Vol. 1: Lucky’s First Sleep-Over

2001 - The Making of ‘Terror Firmer’

2001 - Sidney Pink on ‘Pyro’ / Phantom of the Ferris Wheel



2000 - The Rowdy Girls

1999 - A Midsummer Night’s Dream

1999 - Touch Me in the Morning

1998 - Sucker: The Vampire

1997 - Sgt. Kabukiman Public Service Announcement

1997 - Hamster PSA

1997 - Hellinger

1995 - Blondes Have More Guns

1994 - House of the Rising



1994 - Atomic College 3 (Class of Nuke ‘Em High 3: The Good, the Bad and the Subhumanoid)

1991 - Atomic College 2 (Class of Nuke ‘Em High 2: Subhumanoid Meltdown)

1989 - Fortress of Amerikkka / The Mercenaries

1989 - Dialing for Dingbats

1986 - Combat Shock



1986 - Girls School Screamers

1985 - Igor and the Lunatics

1984 - The Dark Side of Midnight / The Creeper

1980 - Mother’s Day

1977 - Nimitz, retour vers l’enfer (The Final Countdown / U.S.S. Nimitz: Lost in the Pacific

1977 - Secret Dreams of Mona Q

1975 - The Divine Obsession

1974 - Douce Nuit, Sanglante Nuit (Silent Night, Bloody Night / Death House / Night of the Dark Full Moon)

1973 - Sugar Cookies / Love Me My Way