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Cette rubrique répertorie quelques lectures susceptibles d'approfondir ou d'élargir les connaissances de tout un chacun quant au sujet qui nous est cher. L'intérêt pour le cinéma de genre, voire carrément le « mauvais » cinéma, semble en effet être partagé par beaucoup de cinéphiles. Il n'y a qu'à voir le nombre d'ouvrages - parfois badins, parfois extrêmement approfondis - consacrés au cinéma et à son "côté obscur". Que ces livres traitent du cinéma bis et de la série B en général, ou qu'ils partagent l'approche distanciée qui nous est chère, ils prouvent en tout cas que l'on peut être à la fois nanardeur et écrivain distingué.
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Lloyd Kaufman & James Gunn : "All I Need to Know About Filmmaking I Learned from The Toxic Avenger"
(Berkely Boulevard / Createspace : 13,5$)

Sorti en 1998 dans un tirage très vite épuisé, puis réédité en 2011, ce bouquin écrit par le patron de la firme Troma (à l'initiative et avec le concours de son poulain d'alors, le scénariste-réalisateur James Gunn) mérite l'intérêt de tout cinéphage qui se respecte. En apparence, il s'agit d'un ouvrage éducatif destiné aux apprentis cinéastes qui voudraient se lancer dans le métier. Dans les faits, c'est bien plus que ça.
Lloyd Kaufman retrace son parcours, le parcours de Troma, détaille ses méthodes de production atypiques, revient sur les tournages des films emblématiques de la firme, analyse l'évolution des canaux de distribution, s'interroge sur l'état du cinéma indépendant, bref se raconte et nous raconte l'expérience d'une vie de cinéaste, le tout fortement assaisonné de cet humour absolument unique qui le caractérise. Le livre est ainsi à la fois une autobiographie et un guide pédagogique, un ouvrage tout autant informatif qu'humoristique, enrichi de nombreuses anecdotes (saviez-vous que Toxic Avenger n'aurait sans doute jamais vu le jour sans Sylvester Stallone et son personnage de Rocky Balboa ? Et pourquoi il est primordial de filmer les scènes de sexe au tout début du tournage ?). Bref un bouquin qui part dans tous les sens en s'autorisant toutes les digressions possibles et imaginables, y compris celles qui semblent complètement hors-sujet. Loin de nuire au plaisir de la lecture, ce côté fourre-tout permet justement à cet ouvrage de se laisser picorer chapitre par chapitre, en évitant soigneusement les pièges de l'autobiographie linéaire et du manuel rébarbatif et lénifiant.

"All I Need to Know…" est un livre attachant, car il reflète bien la personnalité énergique de son auteur. On y retrouve bien sûr toutes les prises de position pour lesquelles Lloyd Kaufman est connu, avec des critiques très véhémentes contre Hollywood et sa dictature du formatage, ses stars interchangeables, ses blockbusters sans âme produits à coups de millions de dollars, la notion hyper-galvaudée de "cinéma indépendant" que propose le Sundance Festival, le monopole de quelques grands studios sur toute la chaîne de production et de distribution de films etc. Mais la personnalité de l'auteur se révèle aussi dans ses doutes, ses aspirations à demi-avouées, certains épanchements pleins de sensibilité, son écriture erratique qui semble refléter une hyper-activité, ses sautes d'humeur ponctuelles laissant deviner un metteur en scène tyrannique voire paranoïaque sur les tournages, et plus que tout un refus quasi-permanent de se prendre au sérieux. L'auto-dérision est sans doute l'une des choses les plus saines au monde, et Lloyd Kaufman en fait la démonstration permanente à travers un humour très particulier, nourri à la fois d'ironie subtile et de blagues de potache. Un mélange déstabilisant entre l'humour juif new-yorkais le plus fin, le slapstick pouet-pouet, le tragi-comique, le trash bien craspec, l'humour noir et la fascination d'un enfant de 5 ans pour tout ce qui est scabreux (pipi-caca-prout, vomi etc.). En somme, tout ce qui fait la spécificité des productions Troma.
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Laurent Aknin : "Cinéma bis : 50 ans de cinéma de quartier"
(Editions Nouveau Monde : 32 €)

Passionné par le cinéma populaire, Laurent Aknin livre un très beau panorama du cinéma d'exploitation à travers 250 personnalités emblématiques qui permettent de traverser les genres, les époques et les continents. Il aime vraisemblablement cet univers et porte le même respect aux figures les plus révérées de ce cinéma (Argento, Bava, Romero, qui, le temps aidant, on transgressé le monde du bis pour être considérés comme des réalisateurs de première importance) qu’aux seconds, voire troisièmes ou quatrièmes couteaux que nous aimons à Nanarland et qui eux tiennent plus du gros nanar qui tache.
Les textes sont agréables à lire, informatifs avant tout, mais pas austères pour autant. Bien que sérieux et documenté, on est loin d’un ouvrage à portée universitaire, et l’auteur s’efforce de rester au cœur du sujet. Chaque biographie d’acteur est agrémentée d’une photo. Pour les réalisateurs et producteurs on doit se contenter des affiches des films dans lesquels ils ont pu être impliqués (on imagine le titanesque travail d’iconographie que cela aurait représenté, de trouver les photos de ces hommes de l’ombre).
Principal bémol, cet ouvrage se doit d’être abordé pour ce qu’il est : un survol forcément parcellaire et elliptique de l’univers du bis. En choisissant de ratisser large, Laurent Aknin se contraint aussi à ne pas rentrer dans le détail : les biographies sont courtes, ce qui peut parfois s’avérer frustrant pour le lecteur intéressé. Résumer la carrière de Richard Harrison (pour rester dans notre champs de compétence) sur une page et demie nécessite malheureusement de s’en tenir au strict essentiel.
On conseille donc dans hésitation "Cinéma bis, 50 ans de cinéma de quartier" : l’esprit est bon, l’objet est beau et bien écrit… Pour les novices, il constitue une parfaite mise en bouche pour prendre connaissance de ce vaste univers, et pour les autres un « who's who » de très bonne facture.
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Christophe Greuet : "Coupez !"
(Editions Carnot : 18 €)

"...Ces films que George Clooney, Nicole Kidman, Jean Reno, Kim Basinger... aimeraient oublier". Ecrit par un vieux routard du marché du film de Cannes, également chroniqueur cinéma au quotidien Midi Libre, cet ouvrage au prix très abordable dévoile les coulisses des projets foireux de nos ami(e)s les vedettes de cinématographe.
Un livre plutôt orienté "cinéma de grande consommation" et assez vite lu, mais dans lequel on trouve des articles sur quelques belles foirades, comme les adaptations de comics catastrophiques du début des années 80 par exemple.
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Alain Paucard : "Défense de la série B"
(Editions L'Âge d'Homme : 12 €)

Un petit essai dont l'auteur, cinéphile distingué, ne craint pas de clamer haut et fort son amour pour les films méprisés par l'intelligentsia, ainsi que pour le cinéma populaire en général.
"Les séries B, les "nanars", régénèrent les mythes, leur donnent l'apparence contemporaine nécessaire à la stimulation des âmes", écrit Alain Paucard. Signe de bon goût, il cite même "L'Île aux femmes nues" et "Le Congrès des belles-mères". On prendra avec humour sa tendance à éreinter bien des films classiques, démarche s'inscrivant dans une logique de polémiste rigolard.
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Marco Bosseno & Yannick Dehee : "Dictionnaire du cinéma populaire français : des origines à nos jours"
(Editions Nouveau Monde : 50 €)

Un gros ouvrage sympathique qui permet de retrouver des bios de pointures nationales (telles que Max Pecas, Richard Balducci, Philippe Clair ou Jean Rollin) et nous remet en tête plein de visages de seconds et troisièmes couteaux du cinoche français (les Mario David, Daniel Ceccaldi ou Jess Hahn), même si on aurait aimé trouver davantage de photos des visages que l'on reconnaît dans tous ces films et dont on n'arrive pas forcément à identifier le nom.
Malgré tout, il est gênant de s'arrêter sur autant de coquilles et d'erreurs factuelles curieuses pour un ouvrage de ce standing (et de ce prix !) : en "acteurs étrangers" on signale Gert Frobe dans "Golgfinger", Howard Vernon crédité comme acteur anglais (il est Suisse), l'assertion que le cinéma français n'utilisait pas d'acteurs allemands pour camper des officiers nazis (ah bon ! et Hardy Kruger dans un Taxi pour Tobrouk, il jouait quoi ?) ou encore sur la page "Charlots" on trouve "Gérard Rinali" pour "Rinaldi". Cependant, devant un bouquin qui cite Nanarland dans l'article fanzine parmi les sites de passionnés qui prennent la relève des zines mythiques des 70's (qui ont donné Mad Movies et l'Ecran Fantastique !), on ne peut que s'incliner...

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Marco Giusti : "Dizionario dei film italiani stracult"
(Sperling & Kupfer Editori : 31 €)

Rigoureusement intraduisible, ce livre est réservé à ceux qui possèdent une très bonne connaissance de la langue et de la culture italiennes.
L'auteur, puits de science sur le cinéma et la culture populaire de son pays (il a dû quasiment tout voir depuis les années 1960), y trace sur près de 900 pages, dans une série de notules plus ou moins longues classées par ordre alphabétique, presque tous les films italiens "cultes" : séries B et Z, sexy-comédies, polars, western-spaghettis, films classiques biscornus (les erreurs de parcours dans les filmographies de Visconti, Antonioni ou Scola sont épinglées avec plus ou moins de mauvaise foi), et même pornos hard. Une mine d'informations. Deux petits regrets : l'auteur zappe en grande partie la période du péplum, et il tend souvent à raconter la fin des films. Ces réserves n'enlèvent rien au caractère unique de l'ouvrage.
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François Kahn : "Encyclopédie du cinéma ringard"
(Editions Grancher : 19 €)

Ne vous fiez pas à sa couverture hideuse, cet ouvrage à la fois drôle et bien documenté se penche sur ce que le cinéma a de plus authentiquement ringard à offrir. Avec un humour ravageur et une mauvaise foi parfaitement revendiquée, François Kahn nous offre un livre à la fois érudit et grand public.
Classés par thèmes alphabétiques (Ados, Bessonade -- nous on préfère dire "Bessonerie", la rime est plus riche ! -- Bidasse, Disco, Christophe Lambert etc...), ce livre explore toutes les facettes du cinéma raté.



Les articles sont bien écrits, hilarants et de bon goût (un type qui casse consciencieusement Besson, Sophie Marceau et les critiques/cinéastes de la Nouvelle Vague ne peut être quelqu'un de mauvais), tout en étant parfaitement documentés et au final assez complets. Il semble ne manquer que les ninjas et le cinéma cheap des Philippines (domaines obscurs sur les rivages desquels François Kahn n'a peut être pas encore osé s'aventurer !) mais l'auteur se risque par ailleurs dans des niches encore inexplorées comme celle des films pour enfant avec des animaux gentils ou celui des mélos pleurnichards.
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Michel Malausséna : "Et pourquoi pas Hollywood ?"
(Editions Jean-Claude Gawsevitch : 19.90 €)

Après 20 ans de bons et loyaux services dans le monde impitoyable de la télévision, le producteur Michel Malausséna s'était fait connaître, il y a deux ans, avec un livre impitoyable, « les Animatueurs », où il dézinguait joyeusement les stars du petit écran avec lesquelles il avait travaillé, de Collaro à Ardisson, en passant par Mireille Dumas. Dans son nouvel ouvrage intitulé "Et pourquoi pas Hollywood ?", il revient sur sa jeunesse aventureuse dans les années 70, lorsqu'il quitte Nice pour se lancer à l'aveuglette dans le monde du cinéma. Sans diplôme ni contacts, mais prêt à tout pour essayer de percer dans ce milieu qui le fascine, il va grenouiller dans l'univers des productions de seconde zone, des films X aux séries Z en passant par le tournage de quelques concerts punk homériques avant de finir par décrocher l'opportunité de travailler pour la télé.
Parmi ces jobs à la petite semaine, Malaussena devient notamment, par le biais d'une petite annonce, le monteur attitré de la mythique firme Eurociné (rebaptisée Cinémundo dans le livre). Cela nous vaut une description impayable de cette société familiale qui depuis ses bureaux miteux stratégiquement situés sur les Champs-Elysées multiplie les combines hallucinantes pour tourner au moindre coût des films revendus dans le monde entier. Monteur donc, mais aussi rapidement homme à tout faire, il participe aux tournages de quelques unes des plus mémorables productions de la firme. Du "Lac des morts-vivants" dont il narre les avanies par le menu et notamment comment, par pingrerie, ces bras cassés ont réussi à mettre le feu à un vieux moulin classé monument historique avec leurs effets spéciaux bricolés, à "Terreur Cannibale", où l'on découvre, entre autres, que les Lesoeur ont profité d'une co-production espagnole ("Mondo Cannibale" de Jesus Franco) pour tourner en cachette et à leur compte un deuxième film sur les mêmes lieux et avec quasiment le même casting.
On voyage aussi dans l'univers des films porno des années Giscard, lorsqu'il devient assistant de Claude Bernard-Aubert alias Burt Tranbaree, l'un des maîtres du genre. Un travail qui consiste notamment à se balader dans Paris, de lieux de tournage en lieux de tournage, avec une valise bourrée de godemichés... Une trajectoire pour le moins éclectique où l'on croise aussi des flics et des anciens de l'OAS, Eddie Barclay ou encore les Sex Pistols. Une plongée passionnante dans l'univers du bis français des glorieuses seventies, servie par un vrai ton, ironique et pas toujours très tendre avec ses anciens patrons.
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Suzanne Donahue & Mikael Sovijärvi : "Gods In Polyester"
(Succubus Press : 35 € environ)

Il est des projets auxquels Nanarland est forcé d’adhérer. Quand on nous a contacté pour chroniquer ce livre, le concept en lui-même nous emballait : un ouvrage tout entier dédié aux stars de la série B, une tribune invitant nos vedettes favorites à revenir sur leur carrière et leurs souvenirs de tournages.
L'objet est massif, beau et luxueux : 460 pages entièrement consacrées au cinéma que nous aimons, c'est beau. Le principe de Gods in Polyester est aussi simple qu'efficace : le livre couvre une période comprise entre 1970 et 1981 et y consacre un chapitre par année. Chaque chapitre est structuré de la même manière. La page de titre nous remet en tête quelques évènements clefs de l'année évoquée (ainsi en 1972, alors que George W.Bush était arrêté pour conduite en état d'ivresse, le « fils de Sam » commettait son premier meurtre… Pas vraiment un grand cru. Heureusement, dans le même temps, Sly jouait dans Rocky et posait les bases d'un genre nouveau : l'épopée sportive. De quoi rétablir l'équilibre entre le Yin et le Yang).
Chaque chapitre nous offre les témoignages d'acteurs et de réalisateurs, qui évoquent longuement les séries B auxquelles ils ont pu participer. Les commentaires sont sympa, amers, ou aigris. C'est d'ailleurs ce qui fait tout le sel de ce livre. Tous les types de films y sont abordés, depuis les classiques du cinéma d'exploitation à la Ilsa, jusqu'aux gros nanars cultes qui tachent dans le genre de « Spider, l'Horrible Invasion » alias « L'Invasion des araignées géantes ». Il est d'ailleurs essentiel de souligner la place offerte à ces héros de l'underground, ce qui dans le même temps nous donne une idée du respect que les auteurs portent à leur sujet. Ainsi, le témoignage de Bill Rebane à propos de « L'Invasion des araignées géantes » s'étale sur pas moins de 13 pages (on y apprend d'ailleurs que le film a été fait pour 300 000 $ et a rapporté 20 millions). Les points de vues exprimés sont souvent sincères et, quand on devine qu'ils ne le sont pas tout à fait, n'en sont que plus charmants !
La lecture de l'ouvrage nous apprend ainsi un nombre assez stupéfiant d'anecdotes, et à travers elles le fonctionnement de toute l'industrie parallèle qui nous intéresse. Ainsi, Richard Harrison explique comment il a pu se retrouver dans un film érotique malgré lui, ou bien Mel Novak révèle que Karim Abdul Jabar ne joue pas toutes ses scènes dans « Le Jeu de la Mort ». En étant attentif, ce sont même quelques scoops qui nous sont révélés : George "Buck" Flower dévoile par exemple que Don et Davis Friedman seraient en train de plancher sur un projet intitulé « La Fille d'Ilsa », une suite à la fameuse trilogie. Gods in Polyester apparaît donc comme l'un des meilleurs livres jamais édités sur le cinéma underground, d'abord parce que c'est un merveilleux objet et surtout parce que son contenu s'est révélé au-delà de nos espérances. L'ouvrage, qui n'existe qu'en langue anglaise, est disponible par correspondance sur le site www.headpress.com au prix de 35 € environ.
La page myspace de Gods in Polyester
L'interview des auteurs de Gods in Polyester réalisée par Nanarland
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Suzanne Donahue et Mikael Sovijärvi : "Gods In Spandex"
(Succubus Press : 18 € environ)

Après Gods in Polyester, les auteurs Suzanne Donahue et Mikael Sovijärvi remettent le couvert avec Gods in Spandex. Alors que le premier ouvrage retraçait les plus ou moins grandes heures du cinéma d'exploitation des années 70, cette suite s'attelle logiquement à raconter la décennie suivante : les années 80.
Comme dans Gods in Polyester, le principe de narration du livre est assez original : on remonte le temps via des témoignages d'acteurs ou de réalisateurs qui racontent leurs souvenirs, en général assez fournis en anecdotes à propos d'un film donné. On retrouve donc au fil des pages de cet ouvrage des noms qui nous sont chers, tels ceux de Richard Harrison (très présent dans le livre), de Mel Novak, mais aussi une foultitude de seconds couteaux du cinéma bis tels qu'on les aime. Concernant les films abordés, ce sont aussi bien d'imputrescibles classiques de Nanarland (et ça fait sacrément plaisir, parce que mine de rien c'est pas tous les jours qu'on peut lire un témoignage de 3 pages sur le tournage de Robowar !) que d'incunables et obscures raretés, nous offrant quelques pistes pour de futurs visionnages. Un bel objet, moins luxueux dans la forme que le précédent opus, mais tout aussi fourni dans le contenu. Le livre, édité en langue anglaise uniquement, est disponible par correspondance sur le site www.headpress.com au prix de 18 € environ.

Les auteurs nous ont offert en exclusivité un extrait de leur livre, que nous avons publié dans l'onglet bonus de la chronique de Ultime Mission. Il s'agit du témoignage de Richard Harrison.

La page myspace de Gods in Spandex

L'interview des auteurs de Gods in Spandex réalisée par Nanarland
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Roger Corman et Jim Jerome : "How I Made a Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime"
(Da Capo Press : 17$)

Parée d'un titre sympathiquement ronflant, cette autobiographie de Roger Corman, le plus grand producteur indépendant des Etats-Unis, nous raconte avec une foultitude d'anecdotes savoureuses la carrière industrieuse d'un géant du cinéma bis.
Des premiers films tournés pour quelques milliers de dollars à la production et la distribution de dizaines de films via ses sociétés New World Pictures et Concorde-New Horizons, c'est l'expérience professionnelle de toute une vie, et la mémoire d'un pan entier de l'industrie du cinéma d'exploitation, qui sont ici proposées au lecteur. Cet autoportrait lucide d'un cinéaste businessman, partagé entre ses ambitions artistiques et financières, est judicieusement agrémenté de commentaires apportés par certains de ses collaborateurs d'hier et d'aujourd'hui, parmi lesquels Martin Scorsese, Jack Nicholson ou Francis Ford Coppola pour ne citer que les plus connus. Des interventions essentiellement anecdotiques, mais qui évitent l'écueil de la dithyrambe et de la dévotion propre aux outils promotionnels. Les illustrations sont rares et en noir et blanc mais rien d'anormal à cela puisqu'il s'agit d'un livre de poche, et non d'un gros ouvrage luxueux : on le trouve ainsi, en langue anglaise uniquement, à un prix très raisonnable.
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Régis Sajou : "Ils sont velus, ils sont tous là !"
(Dreamland Editeur : tirage épuisé)

L'épopée des singes au cinéma. Dans le même esprit que leur opus sur les super héros, ce livre est consacré à nos cousins simiesques, vrais ou faux, qui se sont illustrés sur les écrans.
Depuis King Kong, une étrange perversité semble pousser certains réalisateurs inconscients à croire que si on met un singe dans un film (voire un type déguisé en singe), le succès est assuré. D'où pléthore de gorilles, chimpanzés et autres orangs-outangs qui viennent squatter les écrans. Dans le tas, quelques réussites mais aussi beaucoup de déchets. Ce livre écrit de façon très drôle, avec un sens aigu du calembour, explore bien sûr les réussites du genre, tels "La Planète des Singes" ou "Greystoke", mais aussi quelques beaux ratages comme "Le Colosse de Hong Kong", "Queen Kong" ou bien "Mookie".
D'une lecture plaisante pour le néophyte, c'est un ouvrage qui, bien que malheureusement épuisé comme toute la collection Cinépulp, se trouve encore parfois en solderie.
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Thierry Acot-Mirande & Alain Pozzuoli : "L'Enfer du cinéma 1 : Dictionnaire des films cultes et maudits"
(Editions Scali : 24 €)

Cet ouvrage se penche sur les films "maudits", dans toutes les acceptions de ce terme assez flou : films illustres mais au tournage tourmenté ("Apocalypse Now"), oeuvres obscures, films expérimentaux, censurés, honnis par la critique avant d'être réhabilités, mutilés au montage, perdus avant d'être ou non reconstitués, sont passés en revue dans une collection d'histoires parfois étonnantes. Un éclairage particulier est porté sur certaines oeuvres plus ou moins oubliées des années 1970.
On regrettera seulement certaines erreurs éditoriales qui eussent pu être évitées ("La Grande Illusion" affublée du résumé du scénario de.... "La Règle du jeu" !) et des raccourcis un peu faciles (les auteurs confondent les problèmes du tournage de "Poltergeist" avec ceux de sa suite), qui sont les bémols pouvant être apportés à ce livre instructif dont le prix est, hélas, légèrement trop élevé eut égard à son lectorat potentiel.
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Robert de Laroche : "L'Enfer du cinéma 2 : Dictionnaire du cinéma d'épouvante"
(Editions Scali : 26 €)

Voici quelques temps, Nanarland avait eu le plaisir de recueillir les confidences du journaliste Robert de Laroche, inoubliable victime débile dans le non moins mémorable "Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff" (interview lisible dans l'onglet bonus de la chronique). Il nous prouve avec cet ouvrage que l'enthousiasme de ses jeunes années pour le genre fantastique n'a pas été estompé par son expérience de "comédien".
Travail passionné d'un amateur éclairé, ce dictionnaire nous présente, dans des notules assez brèves, les biographies des acteurs et réalisateurs clés du genre, ainsi que des résumés de films importants. C'est copieux (568 pages), bien que les choix des notules et leur longueur soient soumis à la subjectivité de l'auteur (comme toujours dans ce genre d'ouvrages). Des oeuvres un peu oubliées des années 1960-70 se voient remises à l'honneur, de manière bienvenue. Un seul bémol à cet ouvrage sans prétention : son prix, qui ne rend peut-être pas ce livre imprimé gros toujours accessible à son public potentiel de fans non érudits.

Note : ce "Dictionnaire du cinéma d'épouvante" est publié, de manière compréhensible mais peut-être dispensable, comme le tome 2 de "L'Enfer du cinéma : Dictionnaires des films cultes et maudits", sorti chez le même éditeur. Il nous semble pertinent de signaler que ces deux ouvrages n'ont cependant pas grand-chose à voir, excepté leur nature de dictionnaire et leur intérêt pour un cinéma "non officiel".
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Thomas Bauduret : "La Vidéo en poche"
(Editions Florent-Massot : tirage épuisé)

Ecrit en 1998, ce bouquin est un magnifique témoignage sur l'ère jadis glorieuse des vidéo-club. L'auteur y recense et chronique 1000 films couvrant un vaste panel de genres, dans le but avoué d'orienter les choix de location du lecteur, en donnant un rapide descriptif de l'histoire et un avis aussi synthétique que pertinent.
Sur la masse des films abordés, on retrouve forcément bon nombre des perles évoquées sur ce site, ainsi que des réalisateurs qui nous sont chers, comme ceux qui oeuvraient dans le bis italien des années 70/80 ou même des tâcherons comme Godfrey Ho (que l'auteur dit ne pas trop aimer).
Car le parti pris du livre est de balayer tout le spectre de ce qui était proposé à la location à la fin des années 90 : classiques, chefs-d'oeuvre impérissables mais aussi obscurs films bis, zèderies et direct-to-video (la notion de "nanar" est même évoquée dès le prologue du livre). C'est là que l'ouvrage prend toute sa dimension, dans la mesure où l'auteur vidéovore, Thomas Bauduret, se révèle un cinéphile averti qui porte un regard juste sur tous les films qu'il aborde.
Sur la forme, on ne peut s'empêcher de penser à la lecture de cet ouvrage qu'il préfigure Internet, son contenu ayant par de nombreux aspects des airs de site sur support papier : choix des films très large, écriture synthétique, renvois multiples, éclectisme cinéphile... On en recommandera la lecture aussi bien aux néophytes qu'aux cinéphages endurcis : même si l'on connaît la plupart des films, il est toujours agréable de lire un avis autre ; quant aux films que l'on ne connaît pas, c'est toujours un plaisir d'avoir de nouvelles références.
Un livre qui donne également envie de pleurer tant il illustre l'appauvrissement hallucinant des vidéo-clubs actuels, qui ne proposent presque plus que des films récents ayant marché lors de leur exploitation en salles. Avec le recul, "La Vidéo en poche" constitue sans doute l'un des plus chouettes témoignages de ce qu'était l'âge d'or des vidéo-clubs.
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François Forestier : "Les 101 nanars / Le retour des 101 nanars"
(Editions Denoël : 18 € par volume)

Ces deux livres sont en fait le "best-of" des chroniques de François Forestier, un journaliste du "Nouvel Observateur". 202 nanars sont donc abordés dans ces ouvrages, sous forme de chroniques.
Deux ouvrages sympas mais un poil polémiques dans la sphère nanarophile... En effet, d'un côté Forestier oeuvre pour le nanar puisqu'il peut se vanter d'avoir popularisé cette appellation auprès du grand public. L'homme écrit bien, et ses chroniques sont vraiment marrantes. Seulement voilà, le problème est que, après réflexion, l'homme écrit "trop" bien : c'est après la lecture de sa notule du "Body" de Madonna que nous nous sommes rués sur le film. Et là, malheureusement, point de nanar ! Nous nous sommes retrouvés devant un gros navet chiant à mourir. C'est là que se trouve la limite de ces ouvrages : les chroniques sont bien plus marrantes que les films traités ne le sont à visionner. De par son écriture caustique et son style mordant, le diptyque des "202 nanars" pourrait s'avérer très chouette à lire, s'il ne relevait pas autant du jeu de massacre un tantinet gratuit.
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Laurent Aknin et Lucas Balbo : "Les Classiques du cinéma bis"
(Editions Nouveau Monde : 27 €)

Il récidivâmes ! Après « Cinéma Bis : 50 ans de cinéma de quartier » dont nous parlons plus haut sur cette page, voici que déboule le deuxième volume de l'exégèse que consacre aux films tout fous l'excellent Laurent Aknin, cette fois assisté dans ses aventures compilatoires d'un précieux homme de main en la personne de Lucas Balbo, anciennement rédacteur en fiches chez Monsieur Cinéma et lui aussi très calé en bisseries puisqu'il est déjà l'auteur de plusieurs ouvrages anglophones sur le sujet, dont un avec des femmes à poil.
Le premier pavé de Laurent Aknin s'intéressait aux figures du cinéma de genre au travers de quelques dizaines de portraits et, s'il dressait un panorama à peu près complet du cinoche de quartier, à peine souffrait-il peut-être d'une approche par trop généraliste, l'ouvrage s'adressant autant aux badauds un peu curieux qu'aux cinéphages impénitents. Ce défaut est désormais gommé par la parution du second volume, qui, couplé au premier, finit par constituer une vraie somme, sinon une vraie masse, propre à servir au héros à assommer un sbire.
Ici l'on rentre dans le vif du sujet avec les chroniques de pas moins de 500 films étalés chronologiquement sur une période de 52 ans. Les plus illustres y sont évidemment représentés (de « Frankenstein s'est échappé » à « Cannibal Holocaust » en passant par « La Nuit des morts-vivants ») de même que les différents objets de culte révérés dans les milieux autorisés (« Ilsa, la louve des SS », « Le Moulin des supplices », « Schizophrénia », etc.). Mais le livre, et c'est sa qualité, ne s'arrête toutefois pas à une anthologie compassée des films que l'on serait sommé d'apprécier sans réserve avant d'entrer dans le cénacle un peu snob des bisseux intégristes.
Tapant tout azimut, même dans les genres les moins valorisants pour le fan (les Maciste, les films de ninja, les comédies ringues, les sexy-boulards à la con…), Laurent Aknin ouvre également une large place à ces films de série, souvent sans qualité, froidement usinés par des tâcherons bien que, néanmoins, représentatifs d'un genre ou d'une époque. Mais davantage encore, et là c'est carrément bath', il fait la part belle aux plus gouleyants fleurons du nanar, lesquels seraient, selon l'auteur, « l'une des bases constituantes du cinéma bis, qui parviennent à pulvériser les règles du bon goût, de la rationalité, de la logique voire même parfois du langage cinématographique ». Bien envoyé !
De là à chroniquer La Pension des surdoués dans un livre s'intitulant les CLASSIQUES du cinéma bis, faut pas pousser pépère dans les cactus, il y a tout de même une marge !... que l'auteur s'est gaillardement empressée de franchir à la page 419, redéfinissant par là même la notion de « classicisme » !
Au final, voilà un bouquin à recommander chaudement, blindé d'informations sur des bizarreries obscures que l'on se languit déjà de découvrir, richement illustré de photos d'exploitation et d'affiches et qui vous mènera de l'île au filles perdues à Beyrouth (là où meurent les espions), en passant par Pigalle, carrefour des illusions où, derrière la porte verte vous vous livrerez au plaisir charnel du nouveau décameron 300 avant que de finir dans les griffes du maniaque, des dollars plein la gueule et victime d'hallucinations sadiques.
Mais au moins, vous ne prendrez plus les poulets pour des pigeons…
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Maurice Shone : "Les Super Héros"
(Dreamland Editeur : tirage épuisé)

Ce livre n'est pas réellement consacré aux nanars. Il a pour vocation, comme son nom l'indique, de traiter des adaptations de super héros au cinéma, depuis les premiers films en noir et blanc jusqu'à la version de "Spiderman" de Sam Raimi.



Le sujet est abordé de manière humoristique, sans toutefois négliger l'information. L'ouvrage est en effet abondemment illustré, et très bien légendé. On sent à la lecture que l'auteur aime son sujet et le maîtrise sans pour autant négliger un aspect critique. Le tout fourmille d'anecdotes rigolotes, et le néophyte du cinéma autant que de l'univers des super-héros n'est pas largué par des codes incompréhensibles dès la troisième page.
Ce qui nous a particulièrement interessé, c'est le fait que l'auteur n'ait pas renoncé à parler des adaptations plus ou moins hasardeuses, qui font notre bonheur de nanarophile.

Ainsi, "L'Homme Puma" est recensé (on lui aurait tout de même accordé plus d'importance), ainsi que moult adaptations douteuses. L'auteur décrit par exemple les "Captain America" version Reb Brown, ou bien évoque le légendaire "Homme Homard venu de Mars" dans lequel Tony Curtis a trouvé l'un de ses plus beaux rôles !



Etant donné le prix accessible de l'ouvrage, plus le fait que les éditeurs (Dreamland) semblent réellement autant aimer le cinéma que leurs auteurs, nous conseillons la lecture des "Super Héros", en rappelant toutefois que le nanar n'est pas la cause première du livre. Malheureusement épuisé depuis que l'éditeur a déposé le bilan, cet ouvrage peut encore se trouver en solderies.
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Olivier Bousquet & Arnaud Devillard : "Même pas mal"
(Flammarion : 12 €)

Tu vas regretter ça le restant de ta vie... c'est à dire deux secondes !

"Anthologie des répliques cultes de films d'action" : un concentré de "ils l'ont dit" qui fleure bon la testostérone. Un petit opuscule sympa et vite lu qui compile tout un tas de répliques sévèrement burnées.
Bon, ça ne va pas beaucoup plus loin qu'un recueil de citations viriles balancées flingue en main par Clint Eastwood, Bruce Willis, Steven Seagal ou Schwarzie au meilleur de leur forme. N'empêche qu'on y retrouve tout l'art de la punchline assassine qui a fait la gloire des actionners des années 80. Mais aussi tout un tas de phrases bien débiles directement issues de Torque, Portés Disparus ou Désigné pour Mourir. Les auteurs de cette compilation remarquent d'ailleurs fort à propos que la grosseur des testicules des protagonistes et l'envie de carrer des objets plus ou moins volumineux dans le fondement de son adversaire sont deux thèmes qui reviennent régulièrement dans ce genre de répliques...
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Luigi Cozzi : "Space Men (Il Cinema Italiano di Fantascienza)"
(Profondo Rosso : 32 €)

Quand Luigi Cozzi ne tourne pas des films, il en parle. Gardien du temple du cinéma populaire italien, gérant du magasin mythique "Profondo Rosso" à Rome, l'auteur de Starcrash a écrit ces vingt dernières années une série impressionnante de livres sur le cinéma de genre dans la péninsule.
Space Men aborde en près de 540 pages tous les aspects de la Science Fiction à l'italienne, depuis les précurseurs du muet jusqu'aux productions parodiques les plus actuelles. Une œuvre érudite qui ressuscite de nombreux films méconnu et nous fait découvrir pas mal d'œuvres ambitieuses et/ou fauchées, mais n'oublie pas au passage de dresser un panorama du bis que nous aimons tant et où Cozzi s'est lui même illustré (avec notamment les classements au box office qui montrent que ces séries B ont eu des carrières plus qu'honorables). Un travail érudit, garni de photos rares, à réserver aux spécialistes maîtrisant l'italien au côté de ses trois volumes sur l'horreur à l'italienne ou de ses monographies sur Ruggero Deodato, Tomas Milian ou Vincent Price.
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John Wilson : "The Official Razzie Movie Guide: Enjoying the Best of Hollywood's Worst"
(Warner Books : 10 $ environ)

A Hollywood, la cérémonie des Framboises d'Or récompense, un jour avant les Oscars, les pires ratages cinématographiques de l'année. Cette pochade dont la première édition a eu lieu dans le living room de son initiateur est devenue en 25 ans d'existence une véritable institution, puisqu'Halle Berry est venue chercher elle-même son prix de la plus mauvaise actrice de l’année 2005 pour son rôle dans l'inoubliable "Catwoman".

John Wilson, le créateur du concept, vient très logiquement de sortir un livre qui se veut plus ou moins le bilan de 25 années de Razzies et, surtout, le guide subjectif des 100 pires films de l'histoire. L'habitué de Nanarland (pour peu qu'il maîtrise bien l'anglais, car le livre est bourré de jeux de mots et de blagues typiquement américains) sera donc très vite en terrain de connaissance avec cette centaine de chroniques classées par grands thèmes, comme monstres géants, comédies musicales, films catastrophes mais aussi couples idiots, bonnes idées qui n'en sont finalement pas ou films qui auraient dû être sexy. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouvera avec plaisir d'inoubliables classiques chroniqués sur notre site tels, entre autres, "Xanadu", "Yor", "Sheena, reine de la jungle", "Battlefield Earth" ou "L'Ile du Docteur Moreau".

Comme le sous-titre du livre l'annonce, la cible préférée de John Wilson reste d'abord et avant tout les grands studios hollywoodiens… 6 films sur 100 seulement ne sont pas purement américains (et encore, hormis "Yor" et deux films britanniques, les trois autres sont au minimum des coproductions américaines) et les petites productions fauchées à la Ed Wood se comptent sur les doigts d'une main. En effet, le grand plaisir de Wilson est de rentrer dans le lard des productions les plus arrogantes, Tom Cruise, John Travolta ou Demi Moore en prenant largement pour leur grade.

Après tout, c'est le rôle des Razzie Awards. L'historique du palmarès ou la galerie de photos illustrant les moments forts des 25 ans de cérémonies s'emploient à remettre à leur place quelques ego de stars. Que ce soit un jouet à l'effigie de Travolta dans "Battlefield Earth" répondant aux journalistes, ou un Robert Conrad goguenard venant recevoir le prix pour la calamiteuse adaptation des "Mystères de l'Ouest" avec Will Smith, on a l'air de bien s'amuser aux Razzies !

Bref, un ouvrage amusant et grinçant, finalement très proche de Nanarland dans l'esprit. On peut le commander facilement en ligne en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis.
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Joe Pickett & Nick Prueher : "VHS: Absurd, Odd, and Ridiculous Relics from the Videotape Era"
(Running Press : 9 $ environ)

Notre passion immodérée pour les jaquettes vidéo improbables nous a amené à nous pencher sur cet ouvrage, réalisé par les auteurs du désormais mythique Found Footage Festival. Pour celles et ceux qui ne seraient pas familiers avec le concept du FFF, il s'agit d'une célébration de ce que l'édition VHS, en dehors des oeuvres de télé et de cinéma, a pu engendrer de plus kitsch, de plus singulier, de plus absurde, de plus pourrave, et globalement de plus drôle.
Films d'entreprise hallucinatoires ou carrément morbides, documentaires pédagogiques ringards contre la drogue et les enlèvements d'enfants, pour les éponges magiques, la masturbation et la drague sous hypnose (alias le viol), des vidéos personnelles de danse alimentaire, cours d'aérobic pour enfants, pour vieux, pour handicapés, pour femmes nues, pour voyous, sur trampoline, chaise ou ballon, bref, tout ce que l'on peut trouver de pire dans les poubelles de l'histoire de la vidéo.

Forcément, dans l'esprit on se sent proches de la démarche de Joe Pickett et Nick Prueher, le duo d'allumés qui est parvenu à mener à bien cet improbable concept de show itinérant. Comme nous, ils aiment les belles jaquettes d'antan, les illustrations difformes, les coupes de cheveux improbables, les moustaches fières, les plans nichons gratuits, la coolos attitude et ses avatars insensés, les autodidactes qui tentent de révolutionner leur domaine avec les moyens du bords...

Parallèlement au Found Footage Festival, nos deux prophètes ont ainsi édité cet ouvrage, dans lequel ils proposent une compilation des jaquettes les plus barrées qu'ils ont pu accumuler en 20 ans de fouilles ininterrompues, voire d'investigations aventureuses où il n'ont pas hésité à payer de leur personne (le sacerdoce a ainsi amené Joe à se faire embaucher auprès d'une entreprise pour leur voler leurs vidéos de formation). Le résultat est à la hauteur de cet investissement : 260 pages de pur bonheur déviant, soit autant de jaquettes vidéo repoussant très loin les limites du kitsch et de l'absurde involontaire. Classés en une vingtaine de catégories (Cats, Kick-Ass Covers, Graphic Design Atrocities, For the Ladies, Get up and Dance, etc.), ces visuels hauts en couleurs sont agrémentés de brefs commentaires souvent hilarants. Un délice à savourer avec modération, uniquement pour faire durer le plaisir.
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Jean-Pierre Putters : "Ze Craignos Monsters (3 volumes)"
(Editions Vent d'Ouest : 38 € par volume)

Collection qui compte trois volumes, "Ze Craignos Monsters" est le fruit d'un recensement qu'avait commencé Jean-Pierre Putters dans Mad Movies. Le but du jeu était à l'époque de lister les monstres les plus ridicules que le cinéma ait jamais engendré. Preuves photographiques à l'appui, la rubrique expliquait succinctement l'origine de monstres aussi peu crédibles que ringards. "Ze craignos monster" est en quelque sorte le développement de ce concept.
Ces ouvrages constituent une véritable mine d'or pour tout bon fan de nanar. Le premier volume propose un nombre incalculable de fiches, classées par ordre alphabétique, qui racontent brièvement la carrière des plus illustres réalisateurs de films de série B à Z. Plus thématiques, les deux volumes suivants abordent les grands genres du cinéma fantastique.

Traité avec humour et l'affection respectueuse de l'authentique passionné, pointu et richement illustré, c'est donc une collection qui présente un réel intérêt et que nous ne saurions trop conseiller à quiconque souhaite se plonger dans l'histoire du cinéma bis. Le seul reproche que l'on pourrait adresser aux "Craignos Monsters" tient à leur prix de vente, mais cela est sans doute imputable au fait que les ouvrages sont beaux et volumineux. La belle ouvrage, ça se paie.
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