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Interview de Jimmy Williams



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Jimmy Williams a commencé sa carrière d'acteur comme figurant sur quelques productions de premier plan ("Blue Collar" de Paul Schrader, "Raging Bull" de Martin Scorsese ou "Osterman Weekend" de Sam Peckinpah). Par la suite, il tient des rôles à peine plus consistants, et uniquement dans de pures bisseries (le lamentable "Ricky 1", parodie de Rocky épinglée par James « AVGN » Rolfe, "Surgikill" du frappadingue Andy Milligan, "Samurai Cop", et pas moins de sept films de Fred Olen Ray). Finalement, il doit attendre de passer lui-même à la réalisation pour obtenir son premier "grand" rôle.

Pour commencer, parlez-nous un peu de vous…


Jimmy Williams : « Je suis né à West Orange, New Jersey, il y a trèèès longtemps. A vrai dire, ça fait maintenant plus de 60 ans que je travaille dans le show business, c’est vous dire mon âge ! »


Jimmy « jamais sans mon débardeur » Williams, en fâcheuse posture dans "Samurai Cop" (1991).


On nous a dit que vous faisiez partie de la communauté des culturistes de Venice Beach en Californie, est-ce que c’est exact ?


Jimmy Williams : « Oui et non. En fait je faisais du culturisme mais chez moi, dans la région de New York et du New Jersey, donc en dehors de Muscle Beach. J’ai remporté le titre de Mr New Jersey, je crois que c’était en 1972, je me suis classé 3ème de ma catégorie pour le titre de Mr America, 3ème de ma catégorie pour le titre de Mr North America, et plein de petits titres, Mr Fontaine de Jouvence, Mr Orange Valley, des trucs dans le genre. Mais pour vous dire les choses franchement, je ne faisais pas ça pour avoir de gros muscles, ces concours c’était surtout un moyen de gagner un peu d’argent pour ne pas crever de faim. »


Jimmy Williams dans "Cybernator" (1991), un sous-Terminator effroyablement indigent distribué par Troma.


Apparemment vous avez commencé à travailler comme photographe avant d’intégrer le milieu du cinéma, vous pouvez nous raconter ?


Jimmy Williams : « J’ai commencé tout en bas de l’échelle, comme apprenti photographe pour le magazine "Muscle & Fitness" de Joe Weider [Nanarland : une figure très connue du bodybuilding, qui a notamment créé le concours de Mr. Olympia, l’International Federation of BodyBuilders, lancé de nombreux magazines et écrit tout un tas de bouquins sur le culturisme].


Joe Weider, qu’Arnold Schwarzenegger considérait comme son mentor.


Peu à peu j’ai fait mon trou comme "physique photographer" - qui consiste à photographier les culturistes prenant la pose - et pu ainsi travailler avec tous les gens qui comptent dans le milieu du bodybuilding et de l’haltérophilie à New York : Joe Weider donc, mais aussi Bob Hoffman de "York Barbell" [Nanarland : éditeur de magazines comme "Muscular Development" ou "Strength and Health"], le canadien Robert Kennedy [Nanarland : qui a notamment fondé "MuscleMag International" et écrit des douzaines d’ouvrages], pour "Iron Man Magazine" etc. Je prenais des photos et j’écrivais des articles. Ca m’a permis de rencontrer tout un tas de gens. Je connaissais Ed Fury, je connaissais très bien Steve Reeves, Gordon Mitchell que j’admirais beaucoup… »

…Richard Harrison ?


Jimmy Williams : « Tiens, c’est marrant que vous me parliez de Richard, vous savez qu’on a tourné dans un film ensemble ? C’est Fred Olen Ray qui l’a réalisé…[Nanarland : il s'agit de "Terminal Force", sorti en 1989] »



Parlez-nous un peu de "Dans les griffes du dragon d'or"…


Jimmy Williams : « Faire ce film a pris trois ans et coûté 330 000$. La raison pour laquelle ça a pris autant de temps, c’est qu’on tournait sur pellicule, ce qui était très coûteux. Pour vous donner une idée, un pied de longueur de pellicule 35mm [Nanarland : environ 30 cm de bobine] coûtait à l’époque 50 cents, et ensuite il fallait encore 50 cents pour le faire développer au labo, soit un dollar le pied en tout. Un pied de longueur de pellicule, ça représente 0.66 secondes de film. Autrement dit, quand on filmait 10 minutes de rushes, ça représentait 1000 pieds de pellicule et coûtait 1000$. Donc à chaque fois qu’on avait un peu d’argent on achetait quelques boîtes de pellicule, on allait tourner… et ensuite il fallait attendre de réunir à nouveau assez d’argent pour pouvoir continuer. Aujourd’hui c’est facile, tout le monde tourne en numérique, il n’y a plus ce genre de problèmes… »



Jimmy, producteur exécutif et acteur dans "Jurassic City", un mockbuster qui braconne sur les terres de "Jurassic World".


"Dans les griffes du dragon d'or" est sorti en VHS et en DVD en France, mais on ne trouve aucune trace d’une quelconque sortie en salles ou même en vidéo aux Etats-Unis. Comment cela se fait-il ?


Jimmy Williams : « Effectivement, "Dans les griffes du dragon d'or" n’est jamais sorti aux Etats-Unis, mais il s’est vendu à travers le monde. J’avais passé un accord avec un distributeur, qui a exploité le film pendant deux ans. La première année, le film a engrangé plus d’un million de dollars. Je n’ai jamais touché un centime de cet argent. C’est ce qu’on appelle de la "comptabilité créative". Chaque trimestre, ils m’envoyaient un compte-rendu de ce que le film avait rapporté au cours des trois derniers mois, mais là où ça devenait très créatif, c’est que quelque soit le montant des recettes, ils se débrouillaient toujours pour que le montant des dépenses (frais d’exploitation, taxes diverses etc.) soit légèrement plus élevé. C’était leur excuse pour ne jamais avoir à me payer, et ils ont continué à utiliser ce genre d’artifices comptables jusqu’à ce que je leur foute un procès au cul. Au final, ça m’a pris cinq ans pour récupérer les droits de mon propre film ! »


Jimmy et son éternel débardeur dans le très nanar "Road to Revenge - Get Even" (1993) de John De Hart & James Paradise.


Je n’ai pas non plus trouvé trace des autres films que vous avez réalisés, "Manosaurus" (1994) et "The Education of a Vampire" (2001), est-ce qu’ils sont sortis quelque part ?


Jimmy Williams : « En ce qui concerne "Manosaurus", on avait terminé le tournage et monté le film sur une copie de travail - comme ça se faisait quand on monte sur pellicule, pour ne pas abîmer les négatifs originaux. Mais au moment d’assembler la copie finale, on s’est rendus compte qu’il nous manquait pas mal de négatifs - environ un tiers du film - qui ont apparemment été perdus par le labo chargé du développement. Du coup, j’ai remisé "Manosaurus" sur une étagère et il n’est jamais sorti. [Nanarland : quand on monte un film tourné sur pellicule, on réalise une copie des rushes à partir des négatifs, et on monte le film à partir de ces rushes pour réaliser une copie de travail (workprint). Après plusieurs jours de montage, cette copie de travail est généralement très abîmée à force de la manipuler, couper, coller, faire défiler etc. Une fois le film monté sur la copie de travail, il faut ensuite couper et assembler les négatifs (negative cutting), en reproduisant à l’image près le montage réalisé sur la copie de travail, qui sert donc de modèle.] A l’époque, si on avait voulu nettoyer et restaurer le tiers du film pour lequel on ne disposait que de la copie de travail, il aurait fallu tout reprendre manuellement, image par image, dans Photoshop. Vous imaginez, devoir effacer les traces de colle, les rayures, les taches etc. image par image, avec 24 images par seconde ? C’était impensable. Aujourd’hui en revanche la technologie est bien meilleure, il existe des logiciels qui permettent d’automatiser en partie ce genre de travail, c’est quelque chose de viable. Il faudrait que j’en parle à Edward Sanchez, qui était mon partenaire dans la production de "Manosaurus", on pourrait assez facilement restaurer ce film.


Jimmy Williams et Edward Sanchez dans "Cybernator" (1991).


En exclu mondiale pour Nanarland : l'affiche de "Manosaur" alias "Manosaurus" ! Elle nous a été envoyée par Edward Sanchez, qui nous a malheureusement confirmé qu'avec le temps, même la copie de travail s'était détériorée au-delà du rattrapable et qu'il fallait considérer le film comme perdu à jamais. Il nous a fait suivre quelques photos de tournage avec Vernon Wells et William Smith qui laissaient pourtant espérer un merveilleux nanar dans le genre sous-Jurassic Park.


Pour ce qui est de "The Education of a Vampire", c’est l’histoire d’un soldat russe qui, de retour chez lui après avoir combattu contre les armées de Napoléon, se fait mordre par un vampire. Il est immédiatement enterré par ses proches, et se réveille à Los Angeles en 2012. C’est alors que commence son éducation, la découverte et l’apprentissage de ce que c’est d’être un vampire, et ça ne lui plaît pas beaucoup. C’est une jolie petite histoire, le matériau est intemporel, dedans il y a Eric Lee, Vernon Wells et même Tommy Kirk, dont c’est d’ailleurs le dernier film. J’en possède les droits, le film est toujours à vendre d’ailleurs, mais il reste quelques petits problèmes à régler. On a notamment un personnage de gardien de musée dans le film, et pour tourner ses scènes on a eu la naïveté d’utiliser un uniforme de vigile sur les manches duquel on peut lire le nom d’une vraie entreprise de sécurité. On ne peut évidemment pas laisser ça tel quel, il faudrait effacer le nom en post-production. Et puis il y a aussi la bande-son qui mériterait d’être retravaillée, et d’autres petites imperfections ici et là dans le film.
»


Jimmy Williams et Melissa Moore dans "Samurai Cop" (1991).
« - Eh, la pureté ! Tu sais qu’on n’a rien à faire ? Si on tirait un coup !
- Jamais dans le boulot. »
[authentique dialogue du film !]


"Dans les griffes du dragon d'or", "Manosaurus" et "The Education of a Vampire" on été financés par Victor Chartrand [qui a donc financé trois films à perte !]. Qui est-il, et quels étaient vos rapports avec lui ?


Jimmy Williams : « Ces trois films ont été financés par lui mais aussi par moi, il n’a pas été le seul à y mettre de l’argent. C’était un sacré personnage. Il était docteur, tout le monde l’appelait « Docteur Chartrand », il en était très fier, mais ce n’était pas un médecin, c’était un scientifique titulaire d’un Doctorat. Il a travaillé sur toutes sortes de projets au cours de sa vie et déposé des tas de brevets, certains pour la NASA. Il a notamment travaillé sur le programme Apollo [Nanarland : le programme spatial de la NASA mené durant la période 1961-1975 qui a permis aux États-Unis d'envoyer pour la première fois des hommes sur la Lune], en développant des programmes informatiques qui interviennent lors de l’entrée dans l’atmosphère terrestre. En fait, à chaque fois que la navette spatiale revenait sur Terre, ça lui rapportait un max de blé car ils utilisaient un de ses brevets. Et pendant que l’argent coulait à flots sur son compte en banque, il profitait de la vie, s’entourait de jeunes femmes et s’adonnait au golf, sa grande passion. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai fait sa rencontre, sur le green, on a sympathisé et commencé à jouer au golf ensemble. Il habitait un chouette endroit à Burbank, et il avait aussi une belle baraque face au désert. Il est décédé en 2014, à l’âge de 88 ans. C’était un chic type. »


"Dans les griffes du dragon d'or" : un film (indirectement) financé par la NASA !


Votre ami Sandy Palm était co-producteur de "Dans les griffes du dragon d'or", et jouait également votre partenaire. Pourriez-vous nous parler de lui ?


Jimmy Williams : « Sandy était un type brillant. Vous connaissez la société Mensa ? C’est une organisation internationale dont le seul critère d'admissibilité est d'obtenir des résultats supérieurs à ceux de 98 % de la population aux tests d'intelligence. Vous devez avoir un QI d’au moins 180 pour intégrer Mensa. Et bien Sandy et moi étions membres de Mensa, c’est comme ça qu’on s’est rencontrés et qu’on est devenus de très bons amis. C’est quelqu’un qui travaillait dans le milieu du théâtre, et s’occupait notamment de produire des pièces : il organisait, coordonnait etc. Un jour je lui ai demandé si ça le botterait de faire la même chose au cinéma et il m’a dit oui, donc je l’ai fait travailler comme directeur de production / régisseur de plateau (Unit Production Manager), et il s’est révélé très compétent. Et comme il adorait jouer la comédie, je lui ai également donné quelques petits rôles. Ce n’était pas un très bon acteur, mais c’était vraiment un bon pote. Il est décédé il y a quelques années. Il souffrait d’insuffisances rénales et a dû être placé sous dialyse, jusqu’au point où même la dialyse n’a plus suffi… »



Est-ce que vous auriez quelques anecdotes de tournage amusantes à nous raconter ?


Jimmy Williams : « Oh mon Dieu, il y en a tellement ! On s’est vraiment bien marrés durant le tournage de ce film. Par exemple, on a tourné la séquence du Viêt-nam dans une petite ville du Grand Los Angeles qui s’appelle Corona, où on avait repéré un grand terrain de paintball. En temps normal, vous pouviez y voir des types en combinaison se courir après en se mitraillant avec des billes de peinture. Du coup, pour pouvoir tourner notre séquence, on a dû repeindre les troncs d’arbre en marron, afin de masquer toutes les taches de peinture jaunes et rouges.



Vous vous souvenez de la séquence au Viêt-nam de nuit ? Quand Sandy Palm et moi on est couchés au sol, et qu’on envoie William Smith chercher de l’aide ? Et bien l’endroit où nous tournions était en fait une ancienne zone marécageuse, un terrain insalubre qui était resté immergé sous des eaux croupies pendant des années, ce que nous ignorions. Sandy et moi on est restés allongés dans la boue plusieurs heures et au final on tous les deux choppé des parasites, qui nous ont valu un long traitement et à cause desquels je suis encore suivi médicalement aujourd’hui.
»

Parlez-nous un peu de William Smith…


Jimmy Williams : « Le pauvre, il en a vu des vertes et des pas mûres pendant le tournage de ce film. A la fin de la séquence de nuit au Viêt-nam, quand son personnage marche sur une mine, c’était comme une vraie bombe et il a valdingué pour de bon. Le pyrotechnicien avait planté dans le sol un tube en acier rempli d’explosif, avec juste l’orifice qui affleurait, de sorte que ça devait juste produire une espèce de flamme sortant du sol. Mais à force de piétiner la zone, l’équipe du film a dû marcher sur le tube et l’enfoncer sous la surface du sol, et faire tomber de la terre dedans au point de le boucher, si bien qu’au moment d’exploser, ça a vraiment pété comme une bombe et éjecté Bill Smith comme une marionnette.


William Smith, alias la virilité incarnée.


Il s’est aussi fait mordre deux fois par le serpent qu’il a dans le film, et la seconde fois il a dit au propriétaire du reptile : « Si cette bestiole me mord encore une fois, tu vas te retrouver avec un cadavre de serpent entre les mains ». Il était en colère, vraiment ! Mais c’était quelqu’un de merveilleux. Une fois qu’il s’était engagé sur un film, il était prêt à endurer n’importe quoi. Je l’ai vu enchaîner 18 heures de tournage d’affilée, subir les pires trucs, et il ne se plaignait jamais. Il était terriblement costaud, et jouait les gros durs à l’écran parce que c’est ce qu’on lui demandait de faire, mais dans la vraie vie c’était quelqu’un d’absolument adorable. Vous avez lu son livre ? Ses poèmes sont magnifiques, ça parle beaucoup de cowboys et de militaires, et les illustrations sont de lui également, c’est quelqu’un de plus sensible qu’on ne le croit ! Aujourd’hui il est pensionnaire du Motion Picture Home [Nanarland : une maison de retraite pour anciens acteurs et techniciens du cinéma et de la télévision], et avec ses amis on lui organise une fête d’anniversaire chaque année. »

Un mot sur Gerald Okamura ?


Jimmy Williams : « A mes yeux, Gerald Okamura est l’un des meilleurs chorégraphes de combats d’arts martiaux d’Hollywood. La plupart des vrais artistes martiaux ne savent pas faire des arts martiaux appliqués au cinéma, car il s’agit vraiment de deux choses différentes : le rythme, l’amplitude des mouvements etc. Mais Gerald, lui, est à la fois un bon artiste martial et un bon chorégraphe de combats. Et c’est un comédien très correct par dessus le marché. »

Et le regretté Robert Z’Dar ?


Jimmy Williams : « Bobby Z’Dar était un brave type. Les deux dernières années de sa vie ont été éprouvantes, il en a beaucoup bavé. Il avait pris énormément de poids, à la fin son visage était tellement enflé que c’en était grotesque. Mais il avait toujours envie de travailler. Même si son agenda était plein, tu lui disais « Eh Bobby, t’as encore de la place pour un film ? », et il débarquait illico, prêt à tourner. C’était un bon comédien, avant de faire "Dans les griffes du dragon d'or" on s’était déjà côtoyés sur deux films dans lesquels on avait des scènes en commun. »


Jimmy, qui affectionne décidément les débardeurs, se fait dessouder dans "Killing American Style" en surjouant comme un cochon.


Exact, vous avez joué ensemble dans "Samurai Cop" et "Killing American Style", tous deux réalisés par Amir Shervan. Est-ce que vous pourriez nous parler un peu de ce dernier justement ?


Jimmy Williams : « Je connaissais très bien Amir, il était tout le temps fourré chez moi ! Je l’ai aidé à produire tous ses films américains, sauf "Gypsy" dans lequel je n’étais pas du tout impliqué. Mais ses autres films, "Hollywood Cop", "Young Rebels", "Killing American Style" [Nanarland : dans lequel apparaît aussi Sandy Palms] et "Samurai Cop", je les ai en quelque sorte produits avec lui. "Samurai Cop" était une vraie catastrophe, et maintenant ils font "Samurai Cop 2", vous vous rendez compte ? J’ai même un rôle dedans.


Jimmy, filmé sur fond vert dans le tout pourri "Samurai Cop 2: Deadly Vengeance" (2015).


Malheureusement, ça leur a pris un temps infini pour arriver à réunir l’argent nécessaire au tournage, et Bobby Z’Dar est mort juste avant de pouvoir tourner ses scènes : il devait tourner dans les prochains jours et au lieu de ça il y a une cérémonie prévue demain en sa mémoire [Nanarland : cette interview a été réalisée au début du mois d’avril 2015, soit quelques jours à peine après le décès de Robert Z'Dar]. »


Une photo prise le 31 mai 2013 au Nuart Theatre de Los Angeles, à l'occasion de la projection du fantabuleux "Samurai Cop" d'Amir Shervan, en présence de membres de l'équipe. De gauche à droite : le directeur photo Peter Palian, Jimmy Williams, Douglas Dunning (le responsable acquisitions de Cinema Epoch, qui distribue le film), Gerald Okamura et Mark Frazer (Source photo : viewerdiscretionadvised.net).


Qu’est-ce que vous faites à présent ?


Jimmy Williams : « Je travaille toujours pour le cinéma et la télévision. Ma compagne Tereza Nelson et moi, on dirige une entreprise qui propose toutes sortes d’accessoires et de costumes, notamment de la police et de l’armée. Tereza travaille depuis longtemps pour le cinéma et la télévision, elle a débuté sa carrière en Russie et en Arménie, elle a été maquilleuse sur plus de 200 films à travers le monde et remporté quelques trophées. On a notamment fourni des costumes pour "Red Tails" [Nanarland : film de 2012 co-produit par George Lucas sur les pilotes noirs américains durant la Deuxième Guerre mondiale], la série télé "30 Rock", et d’autres séries pour NBC et Universal. Récemment, on a fourni 40 uniformes de la police de Hong Kong pour l’épisode pilote de la série "Rush Hour", basée sur la franchise ciné du même nom. Ici à Los Angeles on travaille pas mal avec la télé, principalement pour History Channel et Discovery Channel. Nos uniformes sont authentiques, on ne fait pas de costumes, même quand il s’agit de la Deuxième Guerre mondiale, on a un gros distributeur auprès duquel on s’approvisionne, on a des uniformes et des armes (démilitarisées) des armées du monde entier. Ca nous rapporte assez pour vivre, et malgré mon âge ça me laisse encore assez de temps et d’énergie pour travailler comme producteur exécutif ou assistant de production sur un ou deux films par an, dans lesquels je me débrouille généralement pour tenir un petit rôle. »



Dans le peu délicat "Poolboy: Drowning Out the Fury" (2011), dans lequel Danny "Machete" Trejo affronte Kevin "Kull" Sorbo, Jimmy occupe le poste de producteur exécutif et joue un grand-père lubrique qui reluque sa petite fille en pleine action (euh… gag ??).