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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Mondo ou Mondo-movie :


Terme désignant une sous-catégorie de films d'exploitation, les "mondos" étant plus précisément des documentaires d’exploitation. Il s'agit par définition de montages d'images d'actualités ou d'archives réunies par un thème commun, généralement racoleur, proposant aux spectateurs d’assouvir leur voyeurisme en matière d’exotisme, de bizarreries, de sexe et de violence.



L’oeuvre fondatrice du genre fut « Mondo Cane » (expression idiomatique italienne signifiant littéralement "monde chien" et voulant dire à peu près "putain de monde"), réalisé en 1962 par Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, avec le concours de Paolo Cavara. A l’époque, ce documentaire sensationnaliste est jugé pour le moins choquant (Pauline Kael, journaliste au New Yorker, écrivit à propos des deux cinéastes qu’ils étaient "les réalisateurs les plus déviants et les plus irresponsables ayant jamais vécu") mais remporte un gros succès en salles et dans les drive-in américains, ouvrant immanquablement la voie à une kyrielle de succédanés.



Jacopetti et Prosperi persévèreront un temps dans le genre, livrant dans la foulée un « Mondo Cane 2 » (1963), monté en partie à partir de rushes non utilisés du premier, et le dénudé « Women of the World » (La Donna nel Mondo, 1963), puis ce sera le très controversé « Adieu Afrique » (Africa addio) en 1966. Filmé en Afrique en pleine période de décolonisation, alors que les luttes de pouvoirs font rage après le départ des Occidentaux, on soupçonnera un temps Jacopetti et Prosperi d'avoir encouragé par leur présence quelques-unes des exécutions montrées dans le métrage. Eux assurent qu'ils ont eux-mêmes failli y passer. La polémique fera rage, et assurera à elle seule la promo du film, qui connaîtra un succès énorme en Italie. En France en revanche, « Africa addio » sera purement et simplement interdit par le gouvernement de De Gaulle pour des raisons politiques évidentes, alors qu'au Royaume-Uni le film sort dans une version tronquée, avec un texte profondément remanié pour altérer son propos, et une campagne promo paradoxalement ultra-tapageuse (« Farewell Africa », la traduction littérale du titre original initialement prévue, devient finalement « Africa, Blood and Guts » !).



Malgré les reproches qu'on a pu leur faire, il convient ici de souligner que le travail des auteurs de « Mondo Cane » et « Africa addio » - dont la conception leur aura pris près de trois ans par film - est d'une qualité infiniment supérieure à la plupart des œuvres que leur succès a pu engendrer, avec des images qui n'oublient pas d'être belles en plus d'être spectaculaires, un rythme incroyablement alerte pour l'époque et un ton qui flirte plus volontiers avec l'ironie grinçante qu'avec le racolage bas de plafond. Si Franco Prosperi fut étudiant en biologie puis naturaliste avant d'être cinéaste (on lui doit quelques films de genre plutôt médiocres comme « Les Bêtes féroces attaquent »), Gualtiero Jacopetti est lui un vrai journaliste, qui a débuté dans la presse écrite avant de devenir documentariste, faisant ses premières armes sur des films déjà mondo dans l'esprit comme « World by Night » (Il Mondo di Notte, de Luigi Vanzi, 1959). « Mondo Cane » sera d'ailleurs conçu en partie en réaction à la vague du néoréalisme, dont c'est l'âge d'or en Italie et que Jacopetti, plus journaliste qu'artiste, considère d'un oeil sceptique comme de vagues "fictions documentaires". Lui souhaite filmer la réalité sans artifices, pour provoquer. Les bases du mondo sont jetées.


Franco Prosperi (à gauche) et Gualtiero Jacopetti (à droite).


Malheureusement, la collaboration entre Jacopetti et Prosperi fera long feu. En 1971, ils peaufinent leur réputation de provocateurs avec « Goodbye Uncle Tom » alias « Les Négriers » (Addio zio Tom), film tourné à Haïti sous les auspices du dictateur François Duvalier, alias Papa Doc, et qui reconstitue, officiellement pour mieux les dénoncer, les méthodes les plus barbares de l'esclavage aux Amériques, puis adaptent l'œuvre de Voltaire en 1975 avec « Mondo Candido ». Deux films qui s'éloignent du genre qui les a fait connaître puisqu'on entre dans le domaine de la reconstitution historique, voire de la fiction. Des différends, essentiellement d'ordre pécuniaire semble t-il, auront finalement raison de leur fructueuse collaboration. Qu'importe : en créant un genre à part entière, leur descendance, même illégitime ou contrefaite, sera nombreuse, et leur postérité assurée.



L'appellation "mondo" sera en effet déclinée à travers un grand nombre de titres, essentiellement en Italie puis aux Etats-Unis. Citons en vrac, pour le plaisir des oreilles, « Mondo Nudo », « Mondo Topless », « Mondo Erotico, « Mondo Erotica », « Mondo Sex », « Mondo Strip », « Mondo Magic », « Mondo Balordo », « Mondo Bizarro », « Mondo Grottesco », « Mondo Freudo », « Mondo Mod », « Mondo Sadismo », « Mondo Infame », « Mondo Oscenità », « Mondo Inferno » ou encore « Mondo Hollywood » (cette liste est loin d'être exhaustive), ainsi qu'une reprise de la franchise d'origine par Stelvio Massi (sous le pseudonyme de Max Steele) avec « Mondo Cane 3 » (Mondo Cane Oggi, 1987) et « Mondo Cane 4 » (Mondo Cane 2000 l'Incredibile, co-réalisé avec Gabriele Crisanti, 1988). Un « Mondo Cane 5 » (Mondo Cane teil V, de Uwe Schier & Gian Carlo Rossi, 1993) verra même le jour en Allemagne chez l'éditeur vidéo Hurricane Pictures. Il s'agirait en fait du remontage de deux autres films du genre, « The Last Savage » et « Shocking Africa » des frères Angelo et Alfredo Castiglioni, dont nous reparlerons un peu plus loin.



Le cahier des charges de la mondoploitation est simple : du sexe, de la violence, de l'insolite et du dépaysement. Un lieu au monde semble réunir tous ces éléments : les Etats-Unis d'Amérique, pays de toutes les libertés et de tous les excès, qui fascine autant qu'il écœure. Verront ainsi le jour « L'Amérique Insolite » (du précurseur François Reichenbach, et co-écrit par Chris Marker, 1960), « Les Nuits d'Amérique » (America di notte, de Carlos Alberto de Souza Barros & Giuseppe Maria Scotese, 1961), « So This Is God's Country? » (America paese di Dio, de Luigi Vanzi, 1966), « America un giorno » (de Sergio Martino, 1970) et « L'Amérique à nu » (America così nuda, così violenta, de Sergio Martino, 1970), « Oh ! America » (de Michel Parbot, 1975), « L'Amérique en Folie » (This is America, de Romano Vanderbes, 1976), « L'Amérique Interdite » (This Is America Part 2, de Romano Vanderbes, 1977), « The Killing of America » (de Sheldon Renan & Leonard Schrader, 1982) et « L'Amérique Interdite II » (America Exposed, Romano Vanderbes, 1990). Côté sexe reviennent le plus souvent les orgies rituelles de sectes de hippies drogués, les strip-teaseuses, la prostitution et les opérations de chirurgie esthétique pour transsexuels, tandis que du côté de la violence, on a droit le plus souvent aux tueurs en série, fanatiques des armes à feu et autres encagoulés du Ku Klux Klan. Du matériau de premier choix pour la mondoploitation !




Mention spéciale au crétin qui a traduit littéralement "rednecks" par "cous rouges"...


Autre continent souvent choisi pour satisfaire les bas instincts des spectateurs en mal de voyeurisme tordu : l'Afrique. Ce coup-ci nous seront servis les couplets prévisibles sur la beauté brute et sauvage de paysages qui ont vu naître les premiers hommes, une nature aussi belle que dangereuse : les animaux s'y dévorent les uns les autres et le plus sanguinaire de tous est l'homme lui-même, l'homme blanc avec ses safaris où il abat à bout portant des éléphants sans défense (enfin, façon de parler) et l'homme noir avec ses rituels bizarres et cette habitude exotique mais tellement incongrue de se promener tout nu.




Dans « Les Derniers Cris de la Savane » (Ultime grida dalla savana : la grande caccia, d'Antonio Climati et Mario Morra, 1974), on apprend que les hommes de la tribu Kuru pratiquent un singulier rituel de fertilité. Chaque année, avant la grande période de chasse, ils creusent un trou dans le sol à l'aide de leur lance, y introduisent leur phallus et entreprennent d'ensemencer la terre, afin qu'elle enfante de nouveaux animaux et donc du gibier. Toute la magie de la mondoploitation...


Avant même que le « Africa addio » de Jacopetti et Prosperi ne casse la baraque en 1966, on recensait déjà des titres comme « Africa sexy » (de Roberto Bianchi Montero, 1963), « Kwaheri: Vanishing Africa » (de Thor L. Brooks et Byron Chudnow, 1964) aux Etats-Unis et « Les Esclaves existent toujours » (Le Schiave Esistono Ancora, de Maleno Malenotti, Roberto Malenotti et Folco Quilici, 1964) en Italie. Après « Africa addio », puis l'opportuniste « Mal d'Africa » (de Stanislao Nievoon, 1967) réalisé dans la foulée par le chargé de production de « Africa addio », on distingue essentiellement deux séries de films. La première est une trilogie produite par Prosperi et réalisée par Antonio Climati (en association avec Mario Morra), qui était directeur photo sur les films mondo de Prosperi et Jacopetti. Cette trilogie est composée de « Les Derniers Cris de la Savane » (titre cinéma) alias « Deathshow » (titre vidéo) alias « Savage Man, Savage Beast » (Ultime grida dalla savana : la grande caccia, 1974), « This Violent World » (Savanna violenta, 1976) et « Sweet and Savage » (Dolce e selvaggio, 1983). A noter qu'un nombre substantiel de séquences présentées comme "prises sur le vif" dans cette trilogie sont en fait des préparations soigneusement mises en scène en ayant recours à des effets spéciaux, et que si le côté "savane" est bien mis en avant, les séquences sont en fait tournées un peu partout dans le monde, permettant sans doute à Prosperi d'assouvir sa passion première de naturaliste.


Un joli catalogue d'atrocités narré avec professionnalisme par Georges de Caunes (père d'Antoine et grand-père d'Emma).


L'autre grande série de films mondos sur l'Afrique est l'oeuvre de deux frères, Angelo et Alfredo Castiglioni, qui réalisèrent cinq films sur les comportements les plus insolites et les plus brutaux pratiqués sur le continent noir : « Secret Africa » (Africa Segreta, 1969), « Africa Uncensored » (Africa Ama, 1971), « Mondo Magic » (Magia Nuda, 1975), « The Last Savage » (Addio Ultimo Uomo, 1978) et « Shocking Africa » (Africa Dolce e Selvaggia, 1982).



Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'évoquer, l'utilisation d'images fabriquées de toutes pièces est fréquente dans le genre mondo. A ce titre, les oeuvres de l'Américain Lee Frost (« Mondo Bizarro » et « Mondo Freudo ») offrent d'intenses moments de n'importe quoi, comme une séquence soi-disant filmée en caméra cachée dans la cabine d'essayage d'un magasin de lingerie féminine (dont la clientèle semble exclusivement constituée de jeunes et plantureuses créatures, qui essayent des soutiens-gorge avec une lascivité d'effeuilleuses de strip-bars) ou l'hilarante séquence, censée être prise sur le vif au péril du cameraman, où des Occidentales bon teint sont vendues comme esclaves sexuelles à de riches marchands arabes, joués par trois pelés et deux tondus qui glandouillent la tête recouverte d'un torchon au fond d'une carrière de sable. La preuve, s'il fallait l'apporter, que la mondoploitation peut aussi combler l'amateur de ringardises !



Bien entendu, comme on est dans la veine du film d'exploitation, ces produits exploitent souvent de façon cynique l'intérêt commercial de ce qu'ils prétendent dénoncer. En effet, une des caractéristiques du "mondo" consiste à montrer l'horreur et la débauche de la façon la plus crue, la plus complaisante possible, et de rattraper le coup avec une voix-off qui déplore, qui condamne, qui dit en substance "ce qu'on vous montre est choquant, oui, mais il ne faut pas détourner les yeux car ceci n'est après tout que la dure réalité du monde dans lequel nous vivons, nous on filme pour l'édification des masses, parce que le public doit savoir, pour éviter que de telles horreurs se reproduisent un jour". Le ton se veut pédagogique, façon journalisme d'investigation : une pirouette narrative censée servir de caution morale, histoire d'éviter les accusations pour apologie du crime et de la débauche, mais qui au final ne dupe sans doute pas grand monde.



Pour satisfaire le public-cible de ce genre de produits, toujours plus exigeant, la mondoploitation des années 1960-70 va progressivement évoluer vers quelque chose de plus en plus radical, dans le domaine des bizarreries sexuelles bien entendu, mais surtout dans celui de la violence. On parle alors plus volontiers de shockumentaries (contraction de "shocking documentaries"), ou chocumentaires en français. Dans cette veine, l'opus le plus célèbre reste « Face à la mort » (Faces of Death, de John Alan Schwartz, 1978), un montage cynique d'authentiques images d'archives (crashs d'avion et autres accidents aussi spectaculaires que meurtriers...), de séquences filmées pour l'occasion (séance d'autopsie dans une morgue, animaux menés à l'abattoir...) et d'autres présentées comme réelles mais en fait parfaitement bidonnées (exécution d'un condamné sur la chaise électrique, dégustation de cervelle de singe dans un restaurant...).





« Face à la mort » engendrera pas moins de cinq suites plus un best-of (« The Worst of Faces of Death », 1987, compilation des trois premiers opus de la série) et le documentaire « Faces of Death: Fact or Fiction? » (John Alan Schwartz, 1999). Un docu instructif et riche en anecdotes, dans lequel le réalisateur justifie par exemple le recours à certaines de ces reconstitutions et mises en scènes pour des motifs légaux (interdiction de filmer l'exécution d'un condamné aux Etats-Unis) mais aussi commerciaux. Ainsi, la scène où de faux touristes tuent un singe avant de déguster sa cervelle devait à l'origine être filmée pour de vrai dans un pays d'Asie, mais les distributeurs japonais qui avaient pré-acheté le film exigeaient qu'aucun Asiatique ne soit montré sous un jour défavorable. Pour ne pas se mettre à dos le marché nippon, grand consommateur de ce genre de produit en vidéo, le réalisateur John Alan Schwartz a donc truqué cette séquence, que la voix-off transpose du coup dans un restaurant d'un pays arabe, déco exotique et musique orientale à l'appui !


Pas la peine d'alerter la SPA, il s'agit en fait d'une fausse tête en caoutchouc garnie d'un morceau de choux-fleur, le tout recouvert de faux sang.


Comme « Mondo Cane » en son temps, le succès vidéo de « Face à la mort » va engendrer une flopée d'avatars, parmi lesquels on peut citer la série des « Death Scenes » (de Nick Bougas, auteur de trois films entre 1989 et 1993), la série des « Traces of Death » (de Damon Fox, auteur de cinq films entre 1993 et 2000) et celle des « Faces of Gore » (de Todd Tjersland, auteur de trois films entre 1999 et 2000 plus une compil' de la trilogie, finement intitulée « The Best of Faces of Gore »). Comme ce fut le cas pour le pseudo « Mondo Cane 5 » évoqué plus haut, ces ersatz torchés par des opportunistes à la petite semaine sont pour l'essentiel composés de séquences directement piquées à des films de la veine mondo ou à ceux de la série « Face à la mort »...



Si l'on excepte ces remontages frauduleux d'opus précédents et la mode des vidéos de bastons de rues façon « Bumfights », ou des émissions télé comme « Plein les yeux » et leurs modèles américains, on peut considérer que l'âge d'or des mondos et des chocumentaires aura peu ou prou perduré jusque vers la fin des années 1980.


Attention aux faux-amis : réalisé en 1966 par Jack Hill & John Lamb, "Mondo Keyhole" fait partie de ces oeuvres de fiction qui usurpaient le terme "mondo" pour appâter le chaland.


Nous l'avons vu, les Italiens furent les précurseurs, et de gros pourvoyeurs de mondos, tandis que les Américains furent très présents sur le marché des chocumentaires, exploités non plus en salles mais en vidéo. Nous pourrions aussi évoquer les productions venues du Japon (essentiellement l'oeuvre de Sadao Nakajima), celles d'Allemagne (avec les contributions de Rolf Olsen, parmi lesquelles « Journey Into The Beyond » et la série des « Shocking Asia ») ou encore de l'Australie (le culotté « Australia After Dark » de John D. Lamond). Pourtant, un fond de chauvinisme nous poussera ici à nous intéresser plus particulièrement aux productions françaises dans ce domaine.



Outre les mondos sur l'Amérique de François Reichenbach et Michel Parbot, évoqués plus haut, il nous faut en effet évoquer dans un premier temps cette série de trois films mondos consacrés à Paris, et initiée par le producteur Pierre Roustang. Le premier opus, c'est « Paris Secret » (1964, de Edouard Logereau), réalisé par un prof d'ID-HEC et sur lequel on retrouve comme premier assistant un jeune homme qui connaît bien les milieux undergrounds de la capitale : Jean-Louis Van Belle, futur réalisateur de l'inoubliable « Le Sadique aux dents rouges ». Au programme de ce premier film : l'hôtel des monstres, les adoratrices de la lune, le Nautilus dans la Seine, les Hindous congelés et autres étrangetés à la vision desquelles la France d'avant Mai 68 ne semblait pas préparée. Ce fut en tout cas l'avis du Ministre de l'Information d'alors, Alain Peyrefitte, qui ordonna des coupes.



Peu importe : reprenant les idées les plus étranges et les plus folles qu'il avait proposées à Edouard Logereau, et que ce dernier avait préféré écarter, Jean-Louis Van Belle trouve un financeur belge et réalise un deuxième film, « Paris Interdit » (1969), série de portraits tous plus grotesques les uns que les autres censés nous dévoiler la face cachée de la capitale. Au menu cette fois-ci : un coiffeur pour macchabées, un fakir complètement barjo, un transformiste donnant des cours de strip-tease aux ménagères de HLM, des handicapés physiques s'adonnant aux joies de la danse classique (dont une qui croit être la réincarnation de Mistinguett), une secte dont les membres partousent tous les soirs en attendant la fin du monde (et comme elle ne vient pas... ils recommencent le lendemain !), un club d'adorateurs d'Hitler, lesquels vivent leur passion comme ils peuvent (ils en déguisent un en Juif pour lui cracher dessus ou se dessinent des moustaches d'Adolf avec du cirage) etc. Pour les besoins de ce dernier "portrait", Van Belle ira jusqu'à faire traverser Paris à ses techniciens vêtus d'un uniforme nazi ! On a même les prémisses du « Sadique aux dents rouges » avec la présence d'un vampire (joué par l'assistant d'Albert Simono dans le film susmentionné) lequel, pour se régénérer, va tous les jours à l'abattoir afin de collecter le sang des chevaux morts et le boire dans un grand bol le matin au petit dej'. Le passage le plus psychotronique demeure sans doute l'apparition d'un illuminé qui, désireux de se préparer à la Guerre Atomique, va se fabriquer un costume en papier WC et traverser le boulevard Pereire au volant de son solex atomique. Du très lourd donc, mais manque de bol pour Van Belle : son « Paris Interdit » sera interdit par la censure ! Un troisième mondo consacré à Paris verra le jour, « Paris Top Secret » (1969), dont la réalisation est attribuée à Pierre Roustang (producteur de « Paris Secret »). Narré par Philippe Bouvard (!), cet opus propose des séquences aux intitulés aussi poétiques que "Les épouses du diable", "La panthère amoureuse et le mannequin", "Des crocodiles dans une baignoire" ou encore "Une nuit noire Place Blanche". Tout un programme...



Sans doute poussé par l'essor du marché vidéo, le mondo à la française connaîtra un second souffle dans les années 80, produisant des titres comme « Des Morts » (de Jean-Paul Ferbus, Dominique Garny et Thierry Zéno, 1981), « Le Japon Insolite » (de François Reichenbach, 1983), l'inepte « Saint-Tropez interdit », qui a fait l'objet d'une chronique sur ce site (de José « Le Désirable et le sublime » Bénazéraf et Georges « Chômeurs en folie » Cachoux, 1985) et « Les Interdits du monde » (de Chantal Lasbats, 1986). A noter que ce dernier film, que nous n'avons pas vu, connut le douteux privilège de se voir interdit d'exploitation dans les salles françaises.





Pour ce qui est de l'Italie, et dans la mesure où nous avons déjà eu l'occasion de citer les noms de réalisateurs appréciés sur ce site comme Antonio Margheriti et Sergio Martino pour leur incursion dans le genre, nous prendrons le temps d'évoquer encore, parce que nous sommes tout de même sur Nanarland, les contributions d'authentiques tâcherons comme Bitto Albertini (auteur des inénarrables « Les 3 Supermen dans la jungle » et « Star Crash 2 »), à qui l'ont doit « Naked and Cruel » (Nudo e crudele, 1984) et « Naked and Cruel 2 » alias « Les Démons » (Nudo e crudele 2, 1985), et surtout Bruno Mattei, qui signe sous pseudonyme de chatoyantes perles de romantisme échevelé titrées « Mondo Erotica » alias « Sexy Night Report » (Le Notti Porno nel Mondo, 1977, co-réalisé avec Joe D'Amato), « Le Sexe Interdit » alias « Fantasmes africains » (Sexual Aberration, Sesso perverso, 1979 - film tourné au Panama malgré ce que le titre français laisse entendre) et l'inédit « Sesso perverso, mondo violento » (1980). « Mondo Erotica », collection de séquences grivoises censées avoir été tournées aux quatre coins du monde et vaguement reliées par une présentation de Laura Gemser (« Black Emanuelle »), fut d'ailleurs ridiculisé par la presse italienne quand on découvrit que la boîte de nuit "londonienne" figurant dans le film était en fait un établissement situé à Rome, ville où avaient été tournées une bonne partie des scènes.


Au programme de ce "Nu et cruel" :
"Un homme dévoré par un crocodile
Un violeur castré devant sa victime
Un changement de sexe sur un transsexuel
Des spaghettis de serpent venant d'être écorché
Des milliers de femmes vénèrent le phallus suprême"


Plus personne aujourd'hui n'aurait l'idée de financer ce genre de produits, qui à l'époque avaient pourtant les moyens de se payer des tournages sur pellicule aux quatre coins du monde étalés sur plusieurs mois. La mondialisation aura mis à mal la notion d'exotisme et pour ce qui est du sexe et de la violence, l'Internet abrite une quantité illimitée de vidéos porno ou macabres avec de vrais morts dedans... Pour tenter de consoler les fans et convaincre les réfractaires, on pourra songer à l'influence qu'aura eu le genre sur le cinéma de fiction, en évoquant des oeuvres telles que l'iconoclaste « Mondo Trasho » de John Waters (1969) ou ceux de ses films que Ruggero Deodato considère non pas comme des films d'horreur mais des films d'aventure réalistes, à savoir « Le Dernier Monde Cannibale » (Ultimo mondo cannibale, 1977) et surtout le cultissime « Cannibal Holocaust » (1980), qui joue de façon aussi habile que dérangeante sur l'exploitation de la violence (comme dans les films mondo, Deodato a recours aux procédés qu'il dénonce, en faisant tuer des animaux pour de vrai). Dans l'interview qu'il a accordée à Nanarland, le réalisateur déclarait : "Je me suis dans une certaine mesure inspiré de Gualtiero Jacopetti, qui avait fait les documentaires-choc de la série « Mondo Cane ». Mais j'avais voulu aller au-delà de sa démarche en obtenant les mêmes effets à partir d'un vrai film, avec un scénario et des acteurs, mais qui montrerait la vérité dans toute sa violence, de manière ultra-réaliste." Nous nous permettrons ainsi de conclure de façon un peu cavalière que, dans le domaine du cinéma de fiction, la mondoploitation aura quelque part servi de trait d'union entre le néo-réalisme et l'ultra-réalisme.





En 2003, David Gregory a réalisé l'excellent documentaire « The Godfathers of Mondo », consacré à Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, à l'occasion de la ressortie de leurs films en version intégrale chez l'éditeur DVD Blue Underground. Un docu évidemment rigoureusement indispensable à tout fan du genre...


"You May LOVE It! You May HATE It! But You'll Not FORGET It!"





Pour terminer ce dossier, voici un petit référencement - sans doute très loin d'être exhaustif - de films de mondos et de chocumentaires, qui pourra être complété par "the Internet Mondo Movie Database" (ImMDB).

1959 - World by Night (Il Mondo di Notte) de Luigi Vanzi
1960 - L'Amérique Insolite, de François Reichenbach
1961 - World by Night No. 2 (Il mondo di notte numero 2) de Gianni Proia
1961 - Tropico di notte, de Renzo Russo
1961 - Les Nuits d'Amérique (America di notte), de Carlos Alberto de Souza Barros & Giuseppe Maria Scotese
1962 - Mondo Cane, de Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Paolo Cavara
1962 - Women by Night (La donna di notte) de Mino Loy
1962 - Sexy Girl / Mondo Sexuality (Mondo sexy di notte) de Mino Loy
1962 - Universo di notte, de Alessandro Jacovini
1962 - Sexy al neon, de Ettore Fecchi
1962 - The Sweet Nights (Le dolci notti) de Vinicio Marinucci



1962 - Mondo caldo di notte, de Renzo Russo
1962 - Nuits chaudes d'Orient / Orient by Night (Notti calde d'Oriente) de Roberto Bianchi Montero
1962 - Mondo Erotico, de Filippo Walter Ratti (sous le pseudo de Peter Rush)
1962 - Mondo Infame, de Roberto Bianchi Montero
1963 - Mondo Cane 2, de Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Paolo Cavara
1963 - This Shocking World / Ecco (Il mondo di notte numero 3) de Gianni Proia
1963 - La femme dans le monde / Women of the World (La Donna nel Mondo) de Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Paolo Cavara
1963 - 90 notti in giro per il mondo, de Mino Loy
1963 - Furia du désir (Sexy magico), de Mino Loy et Luigi Scattini
1963 - Sexy proibitissimo, de Marcello Martinelli et Mino Loy
1963 - Mondo Nudo, de Francesco De Feo
1963 - Naked Nights (Notti nude) de Ettore Fecchi
1963 - Sexy al neon bis, de Ettore Fecchi
1963 - I piaceri del mondo, de Vinicio Marinucci
1963 - Sexy, de Renzo Russo
1963 - Universo proibito, de Roberto Bianchi Montero
1963 - Sexy nudo, de Roberto Bianchi Montero
1963 - Sexy nel mondo, de Roberto Bianchi Montero
1963 - Sexy follie, de Roberto Bianchi Montero
1963 - Africa sexy, de Roberto Bianchi Montero


Les douleurs lombaires, un mal du siècle…


1963 - Superspettacoli nel mondo, de Roberto Bianchi Montero & José María Nunes
1963 - Questo mondo proibito, de Fabrizio Gabella
1963 - Sexy haute tension (Sexy ad alta tensione) de Pasquale-Vincenzo et Oscar De Fina
1963 - Women... Oh, Women! (Onna onna onna monogatari) de Tetsuji Takechi
1964 - Primitive Love (L'amore primitivo), de Luigi Scattini
1964 - Malamondo (I malamondo), de Paolo Cavara
1964 - Mille e una donna, de Mino Loy
1964 - Mondo Balordo, de Roberto Bianchi Montero
1964 - Paris Secret, d'Edouard Logereau
1964 - Kwaheri: Vanishing Africa, de Thor L. Brooks et Byron Chudnow
1964 - Les Esclaves existent toujours / Slave Trade in the World Today / There Are Still Slaves in the World (Le Schiave Esistono Ancora) de Maleno Malenotti, Roberto Malenotti et Folco Quilici
1964 - Mondo Inferno (Il Pelo nel Mondo), d'Antonio Margheriti et Marco Vicario
1965 - Wild Wild World, de Bob Sokoler
1966 - Adieu Afrique / Africa, Blood and Guts (Africa addio) de Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi
1966 - So This Is God's Country? (America paese di Dio) de Luigi Vanzi
1966 - Mondo Bizarro, de Bob Cresse et Lee Frost



1966 - Mondo Freudo, de Lee Frost
1966 - Mondo Topless, de Russ Meyer
1966 - Mondo Oscenità, de Joseph P. Mawra
1967 - Mondo Mod, de Bethel Buckalew
1967 - Mondo Sadismo / Spots in the Sun (Sadismo) de ?
1967 - Mondo Hollywood, de Robert Carl Cohen
1967 - Mal d'Africa, de Stanislao Nievo
1968 - Sex Italian Style / Excuse Me, Do You Like Sex? (Scusi, lei conosce il sesso?) de Vittorio De Sisti
1968 - Like It Is / Psychedelic Fever / The Enormous Midnight, de William Rotsler
1969 - Mondo Sex (Mille peccati... nessuna virtù), de Sergio Martino
1969 - Realities Around the World (Realtà romanzesca) de Gianni Proia
1969 - Secret Africa (Africa Segreta) d'Angelo et Alfredo Castiglioni
1969 - Paris Interdit, de Jean-Louis Van Belle
1969 - Paris Top Secret, de Pierre Roustang
1969 - Mondo Grottesco (Nippon '69 sekkusu ryoki chitai) de Sadao Nakajima
1969 - L'Angleterre nue / Naked England (Inghilterra Nuda) de Vittorio De Sisti



1969 - Suède, enfer et paradis / Sweden: Heaven and Hell (Svezia, inferno e paradiso) de Luigi Scattini
1970 - White Angel... Black Angel / Witchcraft '70 / The Occult Experience / The Satanists (Angeli bianchi... angeli neri) de Luigi Scattini
1970 - America un giorno, de Sergio Martino
1970 - L'Amérique à Nu (America così nuda, così violenta) de Sergio Martino
1971 - Ce monde si merveilleux et si dégueulasse (Questo sporco mondo meraviglioso), de Mino Loy et Luigi Scattini
1971 - Twisted Sex (Sex document - Sei tosaku no sekai) de Sadao Nakajima
1971 - Africa Uncensored (Africa Ama) d'Angelo et Alfredo Castiglioni
1973 - Revelations of a Psychiatrist in a World of Perverse Sex (Rivelazioni di uno psichiatra sul mondo perverso del sesso) de Renato Polselli
1973 - Journey to Japan / The Pornstar Travels Around Japan Poruno no shojo: Nippon sex ryoko) de Sadao Nakajima
1973 - Sex Document: Princess of Porn (Sekkusu dokyumento: Poruno no shojo) de Sadao Nakajima
1974 - Sex Advice (Sesso in confessionale) de Vittorio De Sisti
1974 - Australia After Dark, de John D. Lamond
1974 - Les Derniers Cris de la Savane / Deathshow / Savage Man, Savage Beast (Ultime grida dalla savana : la grande caccia) de Antonio Climati et Mario Morra



1975 - Mondo Magic (Magia Nuda) d'Angelo et Alfredo Castiglioni
1975 - Oh ! America, de Michel Parbot
1976 - This Violent World (Savanna violenta) de Antonio Climati et Mario Morra
1976 - Mondo di notte oggi, de Gianni Proia
1976 - Shocking Asia (Shocking Asia - Sünde, Sex und Sukiyaki) de Rolf Olsen
1976 - L'Amérique en Folie / Jabberwalk (This is America) de Romano Vanderbes
1977 - L'Amérique Interdite (This Is America Part 2) de Romano Vanderbes
1977 - Journey Into the Beyond (Reise ins Jenseits - Die Welt des Übernatürlichen) de Rolf Olsen
1977 - Gizmo, de Howard Smith
1977 - Mondo Erotica / Sexy Night Report (Le Notti Porno nel Mondo) de Bruno Mattei et Joe D'Amato



1978 - The Last Savage (Addio Ultimo Uomo) d'Angelo et Alfredo Castiglioni
1978 - Face à la mort (Faces of Death) de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)
1979 - Le Sexe Interdit / Fantasmes africains / Libidomania - All Modifications of the World (Sexual aberration - sesso perverso) de Bruno Mattei
1979 - Ekstase - Der Prozeß gegen die Satansmädchen / Ekstase - Horrortrip der Satans-Sekte, de Rolf Olsen
1980 - Sesso perverso, mondo violento, de Bruno Mattei
1980 - Mondo Strip, de Anthony Kramreither
1981 - Des Morts, de Jean-Paul Ferbus, Dominique Garny et Thierry Zéno
1981 - Face à la mort II (Faces of Death II) de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)
1982 - Shocking Africa (Africa Dolce e Selvaggia) d'Angelo et Alfredo Castiglioni



1982 - The Killing of America, de Sheldon Renan & Leonard Schrader
1983 - Sweet and Savage (Dolce e selvaggio) de Antonio Climati et Mario Morra
1983 - Le Japon Insolite, de François Reichenbach
1984 - Naked and Cruel (Nudo e crudele) de Bitto Albertini
1985 - Naked and Cruel 2 / Les Démons (Nudo e crudele 2) de Bitto Albertini
1985 - Shocking Asia II: The Last Taboos (Shocking Asia II - Die letzten Tabus) de Rolf Olsen
1985 - Face à la mort III (Faces of Death III) de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)
1985 - Saint-Tropez interdit, de José Bénazéraf et Georges Cachoux
1986 - Les Interdits du monde, de Chantal Lasbats
1987 - The Worst of Faces of Death, de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)
1987 - Mondo Cane 3 (Mondo Cane Oggi) de Stelvio Massi (sous le pseudo de Max Steele)
1988 - Mondo Cane 4 (Mondo Cane 2000 l'Incredibile) de Stelvio Massi (sous le pseudo de Max Steele) et Gabriele Crisanti
1989 - Death Scenes I, de Nick Bougas
1990 - L'Amérique Interdite II (America Exposed) de Romano Vanderbes
1990 - Face à la mort IV (Faces of Death IV) de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)



1991 - Mondo Montreal, de Vincent Ciambrone
1992 - Death Scenes II, de Nick Bougas
1993 - Death Scenes III, de Nick Bougas
1993 - Mondo Cane 5 (Mondo Cane teil V) de Uwe Schier et Gian Carlo Rossi
1993 - Traces of Death, de Damon Fox
1994 - Traces of Death II, de Damon Fox
1995 - Traces of Death III, de Damon Fox
1995 - Face à la mort V (Faces of Death V) de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)
1995 - Shocking Asia III: After Dark, de C.C. Kwong et Takafumi Nagamine
1995 - The Many Faces of Death / The Many Taboos of Death, Part 1 à 8
1996 - Face à la mort VI (Faces of Death VI) de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)
1996 - Traces of Death IV: Resurrected, de Damon Fox



1996 - When Animals Attack!, de Mike Mathis
1996 - When Animals Attack 2, de Mike Mathis
1997 - When Animals Attack 3, de Mike Mathis
1997 - When Animals Attack 4, de Mike Mathis
1997 - Snuff Video: Volume Red / Shock-X-treme, Vol.1 - Snuff Video, de Dr.Gordon Vein
1997 - Hong Kong Night Guide (Hao qing ye sheng huo)
1998 - The Amazing Shocking Asia / Shocking Asia 4 / Banned From Asia, de Dr.Gordon Vein
1998 - Shocking Behavior Caught on Tape: Part 1, de Steven Bortko et Mike Fleiss
1998 - Shocking Behavior Caught on Tape: Part 2, de Steven Bortko et Mike Fleiss
1998 - World's Most Shocking Moments: Caught on Tape 1, de Brad Lachman
1999 - World's Most Shocking Moments: Caught on Tape 2, de Brad Lachman
1999 - World's Most Shocking Moments: Caught on Tape 3, de Garry Bormet
1999 - World's Scariest Explosions: Caught on Tape, de Garry Bormet
1999 - Faces of Death: Fact or Fiction?, de John Alan Schwartz (sous le pseudo de Conan le Cilaire)



1999 - Faces of Gore, de Todd Tjersland
2000 - Faces of Gore II, de Todd Tjersland
2000 - Faces of Gore III, de Todd Tjersland
2000 - Best of Faces of Gore, de Todd Tjersland
2000 - Traces of Death: Back in Action, de Damon Fox
2003 - 101 Most Shocking Moments in Entertainment, de John Salcido
2004 - Death - The Final Journey 1
2004 - Death - The Final Journey 2
2004 - Death - The Final Journey 3
2007 - You Gotta See This - Too Sick For TV
? - Asian Drivers, No Survivors

Le glossaire