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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Meubler :

Ou comment faire un film de 90 minutes à partir d'un scénario d'une page.

Différentes techniques de meublages existent:

- Faire philosopher les protagonistes avant la grande baston finale.

- Envoyer le plus possible de sbires, quitte à ce qu'au final le héros décime une population équivalente à celle de l'agglomération parisienne (voir : Bodycount).

- Dire aux acteurs: Bon, les cocos, j'ai 15 minutes à rajouter alors allez-y, faites ce que vous voulez, de toutes façons, c'est pas grave, vous êtes géniaux : technique favorite de certains réalisateurs français comme Philippe Clair.

- Demander au dialoguiste de donner des trucs à dire aux comédiens. Au choix : leur faire échanger des blagues vaseuses ("Lorna la Lionne du Désert"), leur faire dire des insanités à la chaîne ("Ultime Mission"), ou leur faire dire et commenter ce qui s'est passé et ce qui va se passer, sans craindre de leur faire répéter trois fois la même chose pour que le spectateur comprenne bien. ("La Revanche"). Encore mieux : utiliser la même méthode, mais dans des scènes de téléphone ("R.O.T.O.R.").


"La Revanche" : 20 minutes d'action, 1 h 10 de meublage.


- Engager, dans des rôles du genre chef de la police ou patron de la CIA, des acteurs has-been que l'on fait parler pour ne rien dire dans des bureaux. Double avantage : les scènes peuvent se tourner en trois jours à la suite (les acteur seront donc moins payés) et l'on bénéficie de têtes vaguement connues au casting.

- Rajouter une scène musicale sans rapport direct avec l'action. Variante : filmer une scène de fête. Technique idéale si on dispose de figurants bénévoles et motivés; le film "The Creeping Terror" exhibe ainsi une fête de village manifestement tournée avec les gens du cru, ce qui permet de remplir trois minutes trente de métrage sans se fouler et avec un peu de musique vaguement entraînante pour faire patienter le spectateur. A ceci près que trois minutes trente de vide, fût-il musical, c'est très long.


Dansons le jerk avec "The Creeping Terror".

- Rajouter une ou plusieurs scènes de cul (la technique la plus courante). Pour les plus pudibonds, opter pour les scènes de strip-tease (se combine avec la technique dite de "la scène musicale" évoquée plus haut).

- Ou éventuellement, greffer les scènes d'un autre film, même si ça ne fait que la dixième fois que le procédé est utilisé et que cela risque de se voir un peu. (Technique brevetée par Godfrey Ho. Voir : 2 en 1.)
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