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Bikesploitation :




Ou "Bikersploitation". Vague de films mettant en scène, de manière souvent excessive et complaisante, les exploits ou les exactions de voyous à moto (généralement des Hell's Angels) comme on en voit parcourir les villes et les campagnes des Etats-Unis. Mode plus ou moins initiée par "L'Equipée sauvage" (The Wild One, 1953) avec Marlon Brando et lancée véritablement par "Les Anges de l'enfer" (The Wild Angels, 1966) de Roger Corman, avec Peter Fonda. En 1969, on retrouvera Fonda à l’affiche de cet autre film séminal qu’est "Easy Rider" de Dennis Hopper, qu’on peut voir comme un mix de l'idéologie "born to be wild / hell on wheels" et des "free riders". Destruction gratuite de biens publics et privés, bagarres, viols, consommation abusive de bière et drogues en tout genre, grosses motos pétaradantes : dans les films de bikers les plus primaires, tout est là pour le plus grand plaisir de l'homme de bon goût.





On aurait tort cependant d’amalgamer hâtivement le genre avec le film d'autodéfense. Les films de bikers sont en effet plus ambivalents : c'est aussi l'exaltation d'un mode de vie libre et volontairement marginal. Le manichéisme est souvent moins marqué que dans les films de bandes de méchants délinquants urbains à pied qui embêtent les gentils et honnêtes citoyens. Le double inversé du biker est le plouc sédentaire et réactionnaire (donc moins "gentil" que la victime habituelle des films d’autodéfense et d'ailleurs souvent décrit comme un redneck crétin dans les films de bikesplotation) car le biker, même méchant, c'est aussi l'homme des grands espaces, un "modern day cowboy" avec un absolu, un être métaphysique : il a de vrais morceaux de mythe américain à l'intérieur de lui. Même dans un film aussi nullissime que "Hellriders", on voit de longues chevauchées poussiéreuses à travers le désert de bikers fiers et ombrageux qui roulent vers leur destin, chose qu’on ne voit jamais en revanche chez le méchant urbain de base qui est simplement un "scum", un rebut social à éliminer, nettement plus univoque.








A partir des années 80, le genre a muté en celui, très néo-western, du héros solitaire, parcourant de vastes étendues sur sa monture métallique. Les tentatives de modernisation seront nombreuses, s’efforçant de retranscrire l’imagerie du justicier à moto dans des univers SF-postnuke-cyberpunk, pour un résultat rarement convaincant (citons "Time Rider", "Cyclone", "Le Chevalier du Monde Perdu", "Tonnerre mécanique" ou même "Mega Force"...).





Nota : au Japon, les films de motards se sont traduits par la période "Sukeban" (gangs d'adolescentes à moto), puis celle des "bosozoku-eiga" (films de bikers purs et durs), dont le point d'orgue reste la série de films "Bakuhatsu!". [source : http://eigagogo.free.fr]