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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Italie :

République située au sud de l'Europe. Population : 57 millions d'habitants environ. Religion dominante : catholicisme. Pays industrialisé, au développement inégal selon les régions. Le principal pays du nanar en Europe au cours du XXème siècle, la Turquie étant hors concours et son appartenance à l'Europe contestée.

L'Italie bénéficie assez rapidement d'une industrie du cinéma vivace et se distingue en produisant des films ambitieux comme "Cabiria" (1914), première super-production de type "péplum", où apparaît le personnage de Maciste. Le régime de Benito Mussolini encourage largement le développement du cinéma italien et lance la construction à Rome d'importants studios nommés "Cinecittà", auxquels s'adjoindront au fil des années d'autres centres de production.

Après-guerre, l'industrie du cinéma italien relève rapidement la tête et s'affirme comme l'une des plus vivaces d'Europe, commercialement et artistiquement. Les infrastructures de Cinecittà et des autres studios, de beaux paysages et une main-d'oeuvre locale qualifiée et peu chère attirent les tournages de nombreux films étrangers et les co-productions se multiplient, favorisant l'exportation des films italiens.


Visant l'international, le cinéma italien reprend à son compte, à partir des années 50, les grandes modes du cinéma de divertissement. Les Américains ayant ressuscité le péplum, les Italiens se lancent dans la confection de nombreux films du même genre, qui triomphent sur les marchés internationaux. L'Italie attire d'emblée, pour garantir le cachet de ses films et en favoriser l'exportation, des acteurs étrangers, notamment américains : de véritables stars, comme Kirk Douglas dans "Ulysse" ou des célébrités comme le culturiste Steve Reeves dans "Les Travaux d'Hercule". Des acteurs américains comme Richard Harrison ou Gordon Mitchell feront l'essentiel de leur carrière en Italie, où ils serviront au moins un temps de caution "hollywoodienne" pour l'export. L'Italie commence à développer fortement sa tendance à "américaniser le produit".
Les Italiens se distinguent par la rapidité de leurs tournages, mais aussi par leur capacité à épuiser les modes en inondant les marchés de films tournés avec des budgets de plus en plus réduits avec les années. Ce syndrome d'engorgement finit par tuer le péplum au milieu des années 1960 et se vérifiera avec les modes suivantes.
L'Italie connaît alors un véritable grouillement de sociétés de production et de distribution, grandes, moyennes et petites. Les tournages des films de prestige côtoient ceux des films bis (souvent originaux) et ceux de véritables sous-produits.





Après le péplum, les Italiens vont aller plus loin dans l'imitation en lançant la mode du western-spaghetti et finiront par imiter presque servilement les modes commerciales dominantes du cinéma, principalement issues du cinéma américain. L'américanisation des produits atteint son point d'orgue avec le western-spaghetti, où le pseudonyme devient une règle d'or.

L'Italie produit quantité de films de genre, de qualité très variable : polars, thrillers, comédies, films d'horreur, dont beaucoup ont une identité et un style spécifiquement italiens mais dont certains font figure de pâles copies des oeuvres anglo-saxonnes, tournées avec des acteurs has-been et des budgets serrés.






Les budgets américains connaissant à partir des années 1970 une croissance exponentielle et les effets spéciaux se développant, les films italiens connaissent de plus en plus de difficultés à proposer une alternative sérieuse. Les modes du film "post-apocalyptique" et du film d'horreur gore permettront aux Italiens de réaliser de beaux succès commerciaux, mais la fin est proche. Dans les années 80, le cinéma populaire italien propose des films de plus en plus étranges, souvent très médiocres et compensant leur manque de budget par une fantaisie confinant à l'auto-parodie. Les tournages à l'économie finissent par tuer la qualité et épuiser la patience du public.




Le développement de la vidéo et surtout des télévisions privées en Italie, ainsi que l'évolution des goûts du public et du marché international du cinéma, finissent par tuer en partie l'industrie du cinéma italien, dont une grande partie des professionnels se tournent vers la télévision, toujours très active. Dans les années 1990-2000, l'Italie continue de produire de nombreux films, mais à une échelle très réduite comparativement aux décennies passées, malgré quelque bons succès populaires et internationaux.




Voir également : Giallo, Sexy comédie, Decamerotico.
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