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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Quickie :

Désigne, dans le jargon cinématographique anglo-saxon, certains types de film à petit budget, tournés très rapidement. Le terme est né dès les années 1930 : en Grande-Bretagne, une loi de 1927 (le "Cinematograph Films Act of 1927", qui ne fut abrogé qu'en 1960) imposait la projection dans les salles d'un quota de films britanniques afin de lutter contre l'invasion du cinéma américain. D'où l'apparition d'une grande quantité de films anglais à petit budget, et souvent de mauvaise qualité, financés par les distributeurs américains et tournés à la hâte pour remplir les quotas légaux et être généralement projetés... en première partie des films américains qui attiraient réellement les spectateurs. Ces films furent affublés du terme très péjoratif de "quota quickies". L'avantage de ce système de production fut cependant de former aux métiers du cinéma un très grand nombre de techniciens anglais qui, lorsque la seconde guerre mondiale rendit l'importation de films américains plus compliquée, se révélèrent prêts à fournir des films en masse pour satisfaire la demande du public, redonnant un coup de fouet au cinéma britannique.

Le concept de quickie, assez voisin de la notion de Série B, peut désormais s'appliquer à tout type de film fauché, vite et parfois mal fait. Roger Corman se fixa pour défi de battre le record du "Quickie" en tournant la première version de "La Petite Boutique des Horreurs" en 48 heures. Ce genre de film peut également être monté pour profiter des infrastructures ou du matériel (décor, costumes...) d'un autre long-métrage : ainsi, le même Roger Corman, ayant un week-end de libre et histoire de faire deux films pour le prix d'à peine un et demi, profita des décors de son film "Le Corbeau" pour tourner à toute vitesse le sympathique "The Terror", avec deux des comédiens du film précédent, la vedette Boris Karloff, qui était encore disponible pour quelques jours, et le jeune premier Jack Nicholson. Il est à noter que certains films estampillés "art et essai" peuvent être tournés dans des conditions similaires : Jean-Luc Godard tourna "Made in USA" parallèlement à "Deux ou trois choses que je sais d'elle", à la demande du producteur Georges de Beauregard qui avait besoin dans l'urgence d'un film supplémentaire; le terme "quickie" désigne cependant généralement des films orientés cinéma bis.



On peut citer l'exemple de la société philippine Kinavesa, qui se spécialisa un temps dans la production de "quickies" destinés à leurs collègues de la Cannon. Pour justifier le prix de leurs grosses productions auprès des distributeurs, la Cannon les vendait sous forme d'un packaging incluant les droits de distribution de séries B rapidement torchées aux Philippines par les sous-traitants de chez Kinavesa : si tu paies le prix fort pour le dernier gros film avec Sylvester Stallone ou Charles Bronson, tu as en prime pour pas un rond des films d'action de prestige avec Richard Harrison et Bruce Baron ! Elle est pas belle, la vie ?

Voir également : Direct-to-video, Film d'exploitation.
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