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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Gosse énervant :

Syn. "Enfant star".

Shirley Temple.

Taux acceptable de pureté et de naïveté enfantine dans un métrage. La volonté première d'un réalisateur en intégrant un gosse énervant dans son casting est généralement d'émouvoir le public, de lui faire voir les réalités de son film par les yeux d'un enfant, considéré alors comme une source d'innocence, par oppostion à la vision des adultes, plus cruelle, plus cynique voire plus brutale. La présence de gosses énervants dans des productions filmiques semble trouver son origine dans le développement des enfants-stars aux Etats-Unis dans les années 30-40, et dont Shirley "Little Princess" Temple est l'avatar le plus connu. Singe savant chargé de chanter, danser et cabrioler pour amuser et émouvoir le public, le phénomène du Gosse énervant sera repris dans toutes les productions cinématographiques mondiales, tant le rapport entre pureté, innocence et enfance sont des concepts semblables dans toutes les cultures.

Stéphane Ferrara (à gauche) et l'ignoble Christophe Leroux dans "La Nuit du Risque".

Toutefois, c'est au Japon que ce concept sera transcendé, magnifié pour aboutir à l'archétype du bambin en culottes courtes, sidekick des héros, papillonnant autour d'eux, crispant le spectateur par ses mimiques exagérées, ses remarques à côté de la plaque et sa naïveté confinant vite à la bêtise. De nombreux Kaiju Eiga ou séries télévisées de type Sentaï (série présentant des types en collants multicolores affrontant des monstres en mousse dans des combats de karaté) exigent naturellement leur quota de Gosses énervants. Le plus souvent utilisés pour rappeler que les héros se battent aussi pour protéger ce genre d'innocents.

Cette petite ordure de Keishi dans "Gameka et les Trois Super Women".

Un gosse énervant rappeur (ce qui fait deux tares combinées) dans "House Rap".

Master Devadas, qui ne va pas tarder à se transformer en Hulk du pauvre dans "Athisayan".

Les productions américaines reprendront le concept dans les années 80, créant des vedettes enfantines dans l'univers des séries télé familiales (les sœurs Olsen) ou du cinéma (Macaulay Culkin). Hélas, l'innocence du Gosse énervant n'existe qu'à l'écran et la réalité hors des plateaux de tournage est plus sordide: l'enfant-star touche généralement son premier joint à 10 ans, sa première ligne de coke à 12 et risque de ne rester qu'un éternel enfant aux yeux du public, ne trouvant plus de rôles une fois la puberté arrivée, le conduisant inexorablement à la dépression (Shirley Temple), au refuge dans la drogue et la délinquance (Macaulay Culkin, Todd Bridges), voire au suicide (Jonathan Brandis, Dana Plato). Le destin de la plupart des acteurs de la série "Differents Strokes" ("Arnold et Willy" en VF) est représentatif de celui qui attend beaucoup d'enfants-stars une fois les projecteurs éteints.

Le défunt Jonathan Brandis aux côtés de Chuck Norris dans "Sidekicks".
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