Accueil > Glossaire > W > Western spaghetti (ou Spaghetti western ou Spagh')

Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Western spaghetti (ou Spaghetti western ou Spagh') :





Mode cinématographique née dans les années 1960 en Italie. Visant les marchés internationaux, les cinéastes italiens commencent au début de la décennie à produire des westerns, généralement tournés dans les paysages espagnols. Ils ne sont pas les premiers en Europe, les Allemands s'y étant déjà esssayés peu auparavant. Les réalisateurs et comédiens se cachent derrière des pseudonymes anglo-saxons afin d'américaniser le produit, l'inclusion d'un ou de plusieurs vrais acteurs américains devant achever de tromper le chaland. C'est Sergio Leone qui va donner au genre ses lettres de noblesse en tournant "Pour une poignée de dollars", avec un obscur jeune premier américain nommé Clint Eastwood. Le film est un triomphe inattendu et consacre le style de Sergio Leone, qui sera repris et décliné par nombre de ses collègues : musique opératique (souvent signée Ennio Morricone), emphase de la mise en scène, couleurs flamboyantes et cynisme des scénarii.


Le western spaghetti triomphe sur les marchés, allant jusqu'à influencer le style du western américain finissant. Les italiens tournent une quantité industrielle de films de ce genre, faisant la fortune de nombreux producteurs et accessoirement d'Almeria, localité espagnole où sont tournés d'innombrables westerns. Le genre lance ou relance la carrière de nombreux acteurs, américains ou européens : les américains Lee Van Cleef et Eli Wallach, les italiens Giuliano Gemma, Terence Hill (Mario Girotti), Bud Spencer (Carlo Pedersoli) et Franco Nero, l'allemand Klaus Kinski, l'autrichien William Berger, le cubain Tomas Milian... Des metteurs en scène de talent s'y illustrent comme Sergio Sollima, Sergio Corbucci, Enzo G. Castellari ou Anthony M. Dawson (Antonio Margheriti).

Mais la mode va décliner au début des années 1970, victime du peu d'imagination de nombreux tâcherons qui sortent des westerns bâclés et misérables, plagiant ad nauseam le style de Sergio Leone. La mode des westerns comiques, lancée par "On l'appelle Trinita" avec Terence Hill et Bud Spencer, relance commercialement le genre mais lui porte également un coup de grâce artistique. Au milieu de la décennie 70, le western spaghetti est mort, malgré de nombreuses tentatives pour le ressusciter. Enzo G. Castellari réalise en 1976 une sorte de condensé ultime du western spaghetti, avec le très opératique "Kéoma", mais son film sera le dernier succès du genre, malgré des tentatives ultérieures.


"Scalp" ou 'Scalps", réalisé en 1987 (soit bien après la mort du genre) par Bruno Mattei.


En Italie, les westerns spaghetti sont également appelés "Macaroni western".

Voir également : Western paella.
Le glossaire