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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Yes man :

Très loin de la définition de l'Auteur, cinéaste démiurge et omnipotent défendus par "Les Cahiers du Cinéma", existe une catégorie très particulière de réalisateurs attachés à un studio et tournant obligeamment ce qu'on leur dit de tourner sans jamais se poser de question.

Le yes man est un réalisateur de studio, qui illustre sans problèmes d'ego les projets de ses producteurs.

Tous les pays et toutes les époques ont connu leurs yes-man obéissants. Ils sont comparables aux "requins de studio", musiciens d'accompagnement excellents, mais souvent anonymes qui selon les besoins peuvent jouer derrière Johnny Hallyday un jour et Juliette Greco le lendemain.

Indispensable allié du producteur nanar, le yes man n'est pas forcement un mauvais réalisateur. Bien sûr il y a des tacherons sans aucun talent qui ne se posent pas de questions comme Pierre Chevalier chez Eurociné qui se contente de poser sa caméra et d'observer le compte tour de celle-ci jusqu'à obtenir le métrage désiré ou Aaron Norris, illustrant sans la moindre personalité les exploits de son frère Chuck.


Aaron Norris, à droite, esclave soumis de notre Texas Ranger préféré.


A contrario, il peut parfaitement être un futur grand faisant ses premières armes comme James Cameron s'épuisant à boucler le projet foireux "Piranha 2 : les tueurs volants" pour Ovidio De Assonitis. Roger Corman se vante souvent d'avoir permis à Martin Scorsese ou Brian de Palma de débuter en torchant quelques films d'horreur de commande bien fauchés. On peut espérer que Louis Leterrier, esclave réalisateur de toutes les dernières productions Besson, arrive un jour à obtenir sa liberté.


Les premières oeuvres de Ron Howard et Francis Ford Coppola sous la bannière Corman


D'autres ont su s'épanouir dans cette tache en apparence ingrate: Antonio Margheriti ou Enzo G. Castellari dans l'Italie des années 1960-80 ont finit par marquer leur films d'une empreinte qui dépasse souvent le simple travail de commande. Certains, comme Jean Rollin ou Jesus Franco, se servent de ces oeuvres de commandes pour vivoter le temps de monter leurs propres projets.


Jesus Franco, toujours prêt à tourner n'importe quoi pour n'importe qui...


Evidemment quand les studios se cassent la figure, la reconversion s'annonce difficile.

On aura une pensée emue pour certains vétérans comme Sam Firstenberg ou David Worth qui après 10 ans de bons et loyaux services à débiter du film de kickboxing ou de commando au kilométre, qui pour la Cannon, qui pour les Sarlui, ont connu les affres du chômage dans les années 90. Heureusement les bonnes âmes de chez Nu Image les ont sortis de la maison de retraite pour leur permettre de se payer une soupe chaude en tournant du "Shark Attack" ou du "American Heroes". Evidemment en terme de réalisation ils sont toujours aussi nuls, mais pour gérer un budget de misère en un minimum de temps de tournage, ce sont des pros et ça, sur le marché du direct-to-video, ça vous vaut tous les Spielberg du monde...


David Worth...

et Sam Firstenberg: une vie au service du mercenariat filmique


Voir également: Réalisateur nanar
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