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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Péplum :

Mot latin (du grec ancien peplon), signifiant "tunique". Film situé dans l'antiquité gréco-romaine ou biblique, au récit aventureux ou historique, et empruntant ou non des éléments à la mythologie antique. Le péplum est, historiquement, une création du cinéma italien (voir : Italie) qui inaugure le genre en 1914 avec la superproduction "Cabiria", réalisé par Giovanni Pastrone avec la caution littéraire de l'écrivain Gabriele d'Annunzio (qui rédigea les intertitres). Le film introduisait le personnage d'un sympathique géant noir nommé Maciste, qui plut tant au public qu'il revint dans de nombreux films, voyageant d'une époque à une autre et devenant blanc au passage. Le genre fut aussitôt adopté par Hollywood et donna lieu à d'importantes productions du cinéma muet comme "Ben Hur".



Le péplum déclina ensuite quelque peu dans les années 1940 (si l'on excepte des oeuvres comme "Scipion l'africain", film italien de propagande commandé par Mussolini) pour connaître ensuite un regain de faveur avec des superproductions américaines, parmi lesquelles un remake de "Ben Hur" avec Charlton Heston, "Samson et Dalila" de Cecil B. De Mille, etc. Les italiens ne devaient pas laisser les américains profiter seuls de leur patrimoine puisqu'ils relancèrent à leur tour la mode avec des films comme "Les Travaux d'Hercule", avec le Mr Univers Steve Reeves, "Ulysse" avec Kirk Douglas, "La Révolte des Gladiateurs" de Vittorio Cottafavi et autres "Sous le signe de Rome".




Le péplum devait ensuite connaître, à partir du milieu des années 1960, un nouveau déclin : la faute en incomba à l'échec de grands films comme "La Chute de l'Empire Romain", mais aussi à la multiplication de péplums à petit budget réalisés en Italie et reprenant éternellement les mêmes poncifs : héros surhumains interchangeables (Maciste, Samson, Ursus...) incarnés par des culturistes huilés, scénarii croulant sous les poncifs, ainsi qu'un abus de craignos monsters et de figurants nanars. Victime de ses propres clichés, le péplum devait disparaître, supplanté en Italie par le western-spaghetti et ce malgré quelques tentatives originales pour le ressusciter, comme les deux "Hercule", tournés dans les années 1980 par Luigi Cozzi, avec Lou Ferrigno.


Lou Ferrigno et son coup de poing cosmique dans "Les Aventures d'Hercule"

Avec les années 2000, le péplum a connu une nouvelle mode, lancée par de super-productions américaines de prestige : "Gladiator", "Troie", "Alexandre", etc. L'Italie n'est hélas plus en mesure de suivre la mode, en dehors de certaines productions télévisées.



Il convient de différencier le péplum de l'heroic-fantasy qui se distingue par une emploi d'autres contextes mythologiques ou fantastiques, généralement nordiques ou anglo-saxons, mais pas uniquement. "La Revanche de Samson" ne saurait ainsi être considéré comme un péplum car le personnage principal, héros typiquement indonésien, n'est qu'un démarquage du Samson biblique.

La confusion demeure cependant pour un film comme "Maciste en enfer", dont l'action se déroule en Ecosse au début du Moyen-Âge, bien que Maciste continue de se balader en slip. Il est vrai que le personnage de Maciste a rapidement été baladé n'importe où et à toutes les époques.
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