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Interview de Crag Jensen et Marc Jackson (page 4)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Crag Jensen et Marc Jackson (page 4)


Nous avons ouï dire que « Rock Aliens » était le dernier des trois films censés lancer la carrière d'actrice de Pia Zadora, les deux autres étant « Butterfly » (1980) et « Lonely Lady » (1982). Tout deux avaient été des bides, bien que Pia ait remporté un Golden Globe de la meilleure débutante (et que son premier film ait été en fait « Le Père Noël contre les Martiens », 1964). Le prix remporté par Pia a été gâché par des rumeurs selon lesquelles son mari multimillionnaire lui avait en fait acheté son Golden Globe. Toutes les chansons de Pia dans le film figurent sur son album « Let's dance tonight » (1985). Vous étiez-vous rendus compte que le film n'était qu'un gigantesque clip promotionnel à la gloire de Pia Zadora ?


Pia Zadora et Jermaine Jackson

Crag Jensen : Bien sûr, mais j'y ai déjà fait allusion.

Marc Jackson : Même naïfs comme nous l'étions, nous nous rendions bien sûr compte que le film était financé par son mari dans cet unique but. Mais pour ma part je ne me demandais pas vraiment si ça allait marcher ou non. Bien sûr, nous espérions tous que, par miracle, le film allait réussir dans son objectif mais franchement, nous étions surtout intéressés par le fait d'en profiter au maximum.

Le webmestre du site Bad Movie Planet a publié une lettre exaspérée de Marc (lire la lettre) qui réagissait à la critique du film en expliquant que si le film était mauvais, ça ne voulait pas automatiquement dire que les musiciens l'étaient aussi. Ce film a-t-il eu des effets négatifs sur votre image et votre carrière ?


Crag Jensen

Marc Jackson : Pas le moins du monde, car personne ne connaît le film aux USA, ni d'ailleurs en Europe (sauf si vous m'apportez la preuve du contraire). Franchement, je n'ai jamais reçu aucun écho de ce job. Et tant de temps a passé que les rares personnes à qui j'en parle trouvent ça désopilant, et moi aussi.

Quant à mon échange avec cette personne, si c'était moi qui avait écrit une critique du film et si j'avais parlé d'un autre groupe dont la prestation aurait été équivalente à la nôtre, je pense que j'aurais été aussi méchant que lui. Mais bon, on ne peut pas me reprocher d'avoir un peu réagi, n'est-ce pas ?

Avec le recul, quel regard portez-vous sur cette expérience ? Est-ce la nostalgie qui vous a amenés à refaire une nouvelle version d'une chanson écrite par Rhema en 1982 (et celle-ci en particulier, « Living for today ») ?


« Une photo de moi prise sur le vif à l'aéroport »

Crag Jensen : C'était peut-être de la nostalgie, je ne sais plus trop ce qui m'a poussé à faire cette nouvelle version. Ca peut être sympa de revenir sur le passé, tant qu'on n'est pas englué dans la nostalgie. J'ai aussi bien aimé le message du CD Sa-Shu-Ah. Je le trouve assez adapté. « Right now, not then, right now, this is when... » Nous n'avons que le présent. Toute l'éternité est contenue dans le présent. Il faut vivre dans l'instant, apprécier la beauté et la puissance de chaque seconde de notre existence - car il n'y a rien d'autre.

Quant à mon regard sur cette expérience, je pense avoir déjà dit que c'était une expérience importante pour moi. Et quant à la question posée dans la chanson « Où seront-nous au XXIème siècle ? » : nous serons, ou plutôt nous sommes, dans le grand Instant. Nous luttons pour survivre, pour exister dans une Amérique qui n'est pas celle dont nous avions rêvé (ou cauchemardé). La plupart des membres du groupe sont maintenant en couple, nous nous occupons de nos enfants et nous nous occupons de nos parents alors que le bout de la route approche pour eux.

Et pourtant, par certains aspects, je suis exactement là où j'avais rêvé d'être - dans une baraque en rondins à la campagne, à écrire et enregistrer de la musique. Et demain j'irai en Caroline du Nord pour chanter et jouer du piano pendant trois semaines. Je crois me souvenir d'avoir vaguement rêvé d'un semblable avenir pour moi il y a une vingtaine d'années. Et, bizarrement, je travaille toujours avec Marc.

Marc Jackson : Je n'ai pas écrit « 21st Century » et je pense avoir co-écrit « Living for Today », mais je ne m'en souviens pas. Quant à notre nouvelle version de cette dernière chanson, je pense que Crag m'accorde trop de crédit. Je l'ai chantonnée un soir chez lui et il l'a intégré à une version d'une de ses chansons.

Pour ce qui est de la nostalgie....

Ecrire ces réponses à vos questions un dimanche à minuit alors que ma copine dort m'a procuré plus de nostalgie que je n'en vais encore jamais éprouvé pour cette époque. Je ne me penche pas trop sur le passé. Je trouve assez fou que des gens s'intéressent encore à Rhema. Mais je respecte votre curiosité. Et ça ne me gêne pas d'en parler, parce que c'est si peu connu et si surréaliste d'en reparler après toutes ces années. On ne peut pas vraiment dire que Rhema soit « has-been » car il n'a jamais vraiment été. Ou alors seulement en Europe ? Nous n'avons même jamais joué là-bas. On ne nous a pas informés de la sortie du disque, ni de la sortie du film. On ne nous a envoyé de copie ni de l'un ni de l'autre. J'ai acheté ma copie du film sur ebay cette année, uniquement pour pouvoir le montrer à mes enfants.

Vous m'avez dit, Crag, que vous alliez sortir un nouveau CD. Pouvez-vous nous en parler ? Où peut-on se le procurer ?

Crag Jensen : J'ai commencé à retravailler « Living for today » il y a presque deux ans. Marc est venu un soir et a chanté sur le vif dans mon studio (je vivais alors à Phoenix, Arizona). Peu après, j'ai pris la route alors que je divorçais. Je déménagé mon studio d'enregistrement chez mes parents dans une petite ville de l'Etat de New York. Après quoi, j'ai remaké une autre chanson que j'avais écrite dans les années 1980, appelée « Me & Mindy ». Je l'ai fait pour mon amie (et maintenant fiancée) Kimbra.

En décembre, j'ai écrit et enregistré le titre principal, Sa-Shu-Ah, à la demande de Christopher S. Hyatt (le patron de New Falcon Publications). Il voulait un nouveau morceau pour un CD de méditation. C'est sans doute de là qu'est venue l'âme de l'album.

J'ai enregistré plusieurs autres morceaux chez mes parents avant d'acheter un domicile près de Jamestown (New York) avec Kimbra (à une soixantaine de kilomètres de chez mes parents). Ensuite je suis retourné dans mon studio et j'ai continué à travailler sur l'album en automne-hiver 2004. A l'exception de la participation de Marc au chant et à l'écriture de « Living for today » et quelques participations de ma nièce, ma fille et mon fils, des Dr Hyatt, Francis Israel Regardie et S. Jason Black, c'est moi qui ai chanté et joué tout ce que l'on entend sur l'album. Une partie de la chanson « Psychopath's Lullaby » ressemblait pas mal à la chanson de Marc dans « Rock Aliens », « Get out and dance », donc je l'ai crédité pour ce morceau.

L'album s'appelle Sa-Shu-Ah, ce qui désigne ce qui se trouve au plus profond de vous, et qui vous aide à devenir vous-mêmes. C'est la partie de vous qui veut courir avec le vent, libérer l'animal sauvage qui dort en vous, le feu qui brûle au fond de votre âme. C'est le catalyseur de tous les changements importants qui peuvent s'opérer en vous. Ce qui vous libère du poids du passé et fait ressurgir votre vraie personnalité sacrée et divine. C'est l'être magique au fond de vous, qui vous permet d'être créatif, de canaliser cette créativité pour obtenir quelque chose de tangible et de profond. Cet album compte parmi ce que j'ai pu faire de mieux - d'autant que je trouve que certaines chansons fonctionnent bien. C'est-à-dire que le disque est aussi sympa à écouter que sérieux, profond ou quel que soit l'adjectif que vous voudrez employer.

Pour obtenir une copie, allez sur www.newfalcon.com ou écrivez-moi directement à crag66@aol.com et je m'assurerai que vous en aurez un exemplaire.


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