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Interview de Raven De La Croix

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Raven De La Croix


Raven De La Croix est une actrice américaine, héroïne du célébrissime "Megavixens (UP)" du cultissime Russ Meyer. Elle est également le futur premier rôle du prochain film de William Winckler. Elle a gentiment accepté de revenir sur sa carrière mouvementée, en acceptant une longue entrevue. Cependant, face au contenu (très) riche de ses réponses, nous avons préféré vous faire part de nos "morceaux choisis" dans la version française, et invitons tous les anglophiles fans de Raven à lire l'interview en version originale dans son intégralité.

Interview menée par LaBroche


Comment avez vous réagi quand William Winckler vous a apporté le script de Double D avenger ?

On m'a souvent demandé de m'impliquer dans tout un tas d'activités artistiques. "J'ai appris dans la vie qu'on ne pouvait pas prendre tous les bateaux qui passent ». J?ai aussi appris que l'intérêt personnel dans ce que vous entreprenez est bien plus important que la rémunération. En d'autres termes: "suivez vos rêves et faites ce qui vous excite avant toute chose!" J'ai donc tourné beaucoup, mais j'ai tout le temps privilégié ce qui me semblait fun et productif. Tant de choses bien et...si peu de temps! Des gens m'ont conseillé de ne pas m'engager sur le projet DD parce que s'était hasardeux, que la rentabilité n'était pas assurée et ainsi de suite. Mais je sentais bien le script, ainsi que Bill et Dezzi [le réalisateur et sa femme NDLR]. Je me suis donc finalement engagée. Cela prouve que j'ai eu raison de suivre mon instinct. La suite promet d'être encore plus marrante que DD ! J'ai maintenant deux rôles a jouer, on va bien s'amuser ! En fait, j'ai rencontré Bill, et le l'ai tout de suite bien aimé, c'est quelqu'un de bien, honnête et droit, amusant et gentil. Sa femme Dezzi et lui forment un heureux couple, nous avons eu la chance d'assister à leur mariage, c'était merveilleux et plein d'amour. Dezzi est elle même une merveilleuse "performer". Une célèbre chanteuse (aussi bien d'opéra que de n'importe quel style) dans son pays où n'importe où où l'on puisse entendre sa voix. Elle, comme Bill Winckler a multiplié ses savoir-faire pour mener à bien DD ! Donc, j'ai lu le script en même temps que je rencontrais l'équipe du film lors des premières répétitions. Les gens étaient gentils, et les personnages amusants. « Al Purplewood » était fabuleux, et « Pirate Jugs » était aussi drôle qu'excellent. TOUS les personnages étaient prêts, nous pouvions commencer.


"J'aime les comics, et ce film en était vraiment un pour moi ! Ainsi je devins le dr.De La Croix "

Vous semblez avoir pris beaucoup de plaisir à faire ce film, comment s'est passé le tournage ?


OUI ! Et je regrette de ne pas avoir été présente dès le départ, car Bill m'a trouvée après le reste du casting. Au départ, Bill avait écrit le rôle pour une sorte de "Groucho Marx gay", et finalement, il ne l'a pas changé pour moi. J'ai d'abord lutté avec le rôle avant d'entrer dans la peau du personnage, tant que bien que mal, tout en m'amusant follement!c'est sorti de manière un peu folle, et je me suis vraiment amusée à le faire. Les dialogues semblaient faire écho à Russ lui même quelques fois. Je trouvais que cela donnait un parallèle intéressant avec l'habitude qu'avait Russ d'immortaliser certaines choses dans le script et à l'intérieur de ses histoires. En effet, Russ était particulièrement gêné par ma spiritualité, quand d'autres personnes trouvent cela sensuel. Kitten était plus à son goût, étant donné qu'elle trouvait très amusant de laisser tomber sa poitrine dans son assiette de purée lors des diners familiaux pour thanksgiving, sans se soucier de qui était à table...


"Particulièrement quand Russ était en colère contre quelqu'un... Il se répandait en insultes dans les dialogues du film... Bien sûr j'ai eu ma part."

Quel est votre souvenir le plus mémorable de la période des films de Meyers ?
Est ce que tourner dans DD vous a rappelé cette période ?

j'ai été découverte dans un restaurant par Samantha Monsieur, qui travaillait comme chasseuse de tête pour les célèbres casting d'Eddie Foy pour la 20th Century Fox. A cette époque je travaillais au service promotion dirigé par Steve Topley pour LAX & Far Out Productions ~ la maison de disque de WAR; Jimmy Witherspoon; Ronnie Laws; Eloise Laws; Tanya Tucker; Lee Oscar; Lonny Jordan, Aalon, etc. Je n'avais jamais entendu parler de Russ Meyer, mais Steve gold et Jerry Goldstein de Far Out Production ADORAIENT ses films et me conseillèrent d'aller le voir, étant moi même assez fan de comics. Je suis donc allé le rencontrer à son bureau sur Hollywood Boulevard (à l'époque). Non pas que je sois exhibitionniste... En fait, je ne me rendais pas compte qu'il aurait pu me le demander, étant donné le genre de films qu'il allait me proposer ! Je n'ai d'ailleurs jamais vu aucun de ses autres films jusqu'à il y a trois ans. J'ai vu « Faster pussycat Kill, Kill » lors d'une remise de récompense avec entre autre Forrie Ackerman et William Shatner. Bref, quiconque connaît Russ Meyer trouverait pratiquement incroyable le fait qu'il n'ai pas exigé de "voir" avant de tourner ! Des ANNEES plus tard, il m'a dit qu'il ne l'avait pas exigé parce qu'après avoir auditionné plus de 400 femmes pour le rôle... il savait que j'étais un matériau pur pour le film, et il ne voulait pas tout gâcher en m'effrayant a force de chercher la perfection. Il décida donc de se fier à son instinct, et selon lui...il a eu raison. La mentalité de Russ englobe tous ses films de différentes manières : Les femmes sont, soit dangereuses, on ne peut pas leur faire confiance, elle abusent de vous et vous laissent morts ou vifs...Ou au contraire, les femmes sont brutalisées, des victimes abandonnées. « The Double D Avenger » n'a rien en commun avec la manière de travailler de Russ. Bill est beaucoup plus flexible et permet aux artistes d'être eux-même. Bill souligne le côté idiot de la mentalité américaine vis à vis du sexe et des femmes. Cela tient plus d'un Benny Hill à l'américaine que d'un folklore sanglant... Son travail s'apparente plus à une sorte de comics, les personnages par exemple, ne sont jamais éliminés dans des circonstances gores.


"J'ai plus tard réalisé combien il était extraordinaire que Russ n'ait PAS demandé à voir mon corps avant de tourner. "

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