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Interview de Richard Harrison (page 2)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Richard Harrison (page 2)


Nous avons évoqué Gordon Mitchell, disparu récemment, qui était lui aussi culturiste avant de devenir une grande vedette du péplum et aux côtés duquel vous vous êtes retrouvé dans près d'une dizaine de films par la suite. Quelles étaient vos relations ? Vous voyiez vous en dehors des tournages ? Dans une interview qu'il nous avait très gentiment accordé à Noël dernier, le regretté acteur - toujours plein de projets, artistiques et autres - nous répétait que l'essentiel de sa philosophie se résumait au leitmotiv "keep yourself busy". Vous qui avez émis le souhait de mettre un terme à votre carrière cinématographique avant de vous lancer dans la politique, vous reconnaissez-vous dans ce mode de vie ?

Gordon Mitchell était une grande figure et un être bon.
C'était quelqu'un d'extraordinaire.
Mes fils ont grandi en l'adorant, particulièrement le plus jeune, Sebastian. Quand j'ai commencé à produire, réaliser et écrire, j'ai toujours essayé de faire appel à lui. Gordon avait un coeur pur.


"Gordon Mitchell était une grande figure et un être bon..."

Vous êtes crédité comme co-réalisateur avec Renzo Genta en 1972 pour le western Due Fratelli (Jesse and Lester, Two Brothers in a Place Called Trinity). Etait-ce un vieux désir ou juste une opportunité ? D'autant que vous ne recommencerez que 14 ans plus tard avec Three Men On Fire, un projet qui semble plus personnel puisque cette fois vous vous impliquez également dans l'écriture. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous ne vous êtes finalement pas lancé plus avant dans la réalisation ?

En fait, c'est moi qui ai écrit presque tout le scénario de Jesse and Lester. Mais ça n'a pas marché avec Mr Genta, alors après trois jours je l'ai remplacé à la réalisation. J'aime réaliser et je l'ai souvent fait, mais la plupart du temps je n'ai pas signé de mon nom parce que je considérais que ça dépréciait le film. J'aime aussi écrire, et plusieurs des scénarii que j'ai écrits ont été portés à l'écran.
En revanche je n'aime pas produire. J'aime plus écrire et réaliser que jouer, et je pense que j'ai plus de talent dans ces domaines. En ce moment même, je suis tout juste en train de terminer un script dont le rôle principal est tenu par un Russe. Je ne suis pas impliqué dans les dernières étapes de la production.


"J'aime réaliser et je l'ai souvent fait, mais la plupart du temps je n'ai pas signé de mon nom...
...parce que je considérais que ça dépréciait le film"

Bien que vous n'apparaissiez pas dans le film, vous êtes aussi crédité comme scénariste pour Scalps de Bruno Mattei, un réalisateur à la carrière étrange. Pouvez-vous nous expliquer en deux mots comment vous vous êtes retrouvé dans ce projet ?

A l'origine, j'ai écrit le scénario pour ma propre société de production, mais j'ai ensuite décidé que ça n'était pas le bon moment pour en faire un film. Plus tard, un autre studio me l'a racheté.Je n'ai pas vu le film qui en a été tiré mais je crois comprendre qu'ils n'ont pas utilisé grand-chose de ce que j'ai écrit...

Après le déclin du genre qui vous a fait connaître, vous êtes resté en Europe et y avez poursuivi votre carrière dans le spaghetti-western. Sur le site www.imbd.com, on prétend que c'est vous qui auriez recommandé Clint Eastwood à Sergio Leone pour Pour Une Poignée de Dollars (Per un Pugno di Dollari, 1964)... est-ce vrai ?

Je venais juste de terminer le tournage d'un western pour les producteurs Pappi et Colombo quand ils m'en ont offert un autre. Je ne tenais vraiment pas à refaire un western, dans la mesure où ils semblaient si différents de ceux réalisés en Amérique. J'ai continué à refuser, mais Sergio Leone insistait pour que je tienne le premier rôle.
Les producteurs m'ont dit que ce ne serait pas un bon film, et comme j'avais d'autres offres j'étais contre...Leone m'a alors suivi, il est venu sur le plateau où je travaillais et m'a observé de loin. Finalement, les producteurs ont à nouveau demandé à me voir et, après leur avoir répété que je ne jouerai pas dans leur film, ils m'ont lu les noms de trois acteurs de Hollywood qu'on leur avait envoyés. Comme ils ne les connaissaient pas, ils m'ont demandé si je pouvais leur en recommander un. Je les connaissais tous les trois. Mon choix s'est porté sur Clint, simplement parce qu'il savait monter à cheval.
Il y avait tant d'acteurs américains qui ne savaient pas bien monter à cheval... C'est comme ça que ça s'est passé.


"Mon choix s'est porté sur Clint, simplement parce qu'il savait monter à cheval."

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