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Interview de Richard Harrison (page 5)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Richard Harrison (page 5)


Qui était vraiment le réalisateur, Godfrey Ho ou Joseph Lai ? Ce dernier a en effet signé certains films...?

Tout ce que j'ai tourné a été réalisé par Godfrey Ho.

Vous dites que vous avez mis un terme à votre carrière d'acteur à cause de ces films. Jusqu'à quel point ont-ils vraiment porté préjudice à votre image ? Y a-t-il d'autres raisons qui vous ont poussé à cesser de jouer ?

A cause de cette expérience je me suis senti très sale. J'ai vraiment eu l'impression de m'être prostitué. Ces films m'ont tout le temps collé à la peau.J'ai vu un passage de l'und'eux une fois, ça parlait de sorcières. Je ne crois pas que j'y avais plus d'une ou deux scènes.


"A cause de cette expérience je me suis senti très sale...
...J'ai vraiment eu l'impression de m'être prostitué."

Ces films sont très durs à comprendre car, de façon évidente, ils sont montés n'importe comment avec de vieux films asiatiques. Les scènes que vous avez tournées ont été dispersées dans une dizaine de films en vidéo, chacun des films portant votre nom en gros sur la jaquette alors que vous étiez censé n'en avoir tourné qu'un. C'est un procédé très malhonnête et nous imaginons que vous n'avez pas dû apprécier qu'on se serve de votre nom pour vendre des produits d'aussi piètre qualité ! N'avez-vous pas été tenté de faire interdire ces produits ?

Quoi que je puisse faire, je ne pensais pas avoir la moindre chance d'empêcher la distribution de ces films. C'est à cause de ma confiance que tout cela est arrivé, et ceci ne rentre pas dans le cadre de la loi.
Je me sentais impuissant à Hong Kong, sans aucun recours.
C'est la raison pour laquelle j'ai perdu le goût du métier d'acteur. Je me suis vraiment senti souillé et manipulé. Encore une fois, je dirai que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même de m'être montré si confiant.

Le site Internet www.ultimateninja.com, à qui vous avez accordé une brève interview, propose un entretien fleuve avec Godfrey Ho [que nous vous faisons suivre]. Votre nom étant cité à deux ou trois reprises, et Mr Ho ne semblant pas toujours faire preuve de bonne foi (il leur a notamment affirmé, entre autres, qu'il n'avait "jamais monté plusieurs films ensemble" dans ses oeuvres), nous aimerions avoir votre avis sur les commentaires qui vous concernent, de près ou de loin. Par ailleurs, nous étudions actuellement la possibilité d'obtenir une interview d'Albert Garai, caméraman sur tous les films de Godfrey Ho dans lesquels vous étiez, d'une façon ou d'une autre, impliqué. Y a-t-il une question en particulier que vous aimeriez que nous lui posions ?

J'ai lu l'interview de Ho et l'ai trouvée ridicule. Il passait tout son temps dans la salle de montage. Il manquait vraiment de compétence comme réalisateur et je l'ai toujours considéré comme un gamin.
Sincèrement, je ne me souviens pas du nom du caméraman mais je l'aimais vraiment beaucoup, plus que n'importe qui d'autre sur ces films. Laissez-moi vous relater un incident qui m'a vraiment perturbé.
Dans le scénario il y avait une scène où ma femme ouvre le réfrigérateur et trouve notre chien mort à l'intérieur. Une scène facile à tourner sans faire aucun mal à l'animal : j'avais déjà tourné des scènes similaires en maintes occasions. Plusieurs jours auparavant ils avaient apporté un chiot sur le plateau, et je passais mon temps libre à jouer avec lui. Le caméraman est venu vers moi et m'a dit qu'il
y avait un lit à l'étage où je pourrai me reposer un peu, donc je suis monté et je m'y suis allongé. J'ai alors entendu le petit chien hurler et j'ai couru en bas.

Un des membres de l'équipe avait brisé le cou du chien et ils étaient en train d'en rire. Je suis un ami des bêtes et je n'ai jamais tué aucun animal de toute ma vie. Je savais que je n'étais pas dans mon pays et qu'il n'aurait pas été sage d'en faire toute une histoire, mais je leur ai dit qu'en Europe ou aux Etats-Unis ils seraient allés en prison pour ça. Sinon, pour vous raconter une anecdote plus légère, c'est également ce caméraman qui m'a appris à me servir d'un grattoir à langue, ce que je fais encore aujourd'hui.


"J'ai lu l'interview de Ho et l'ai trouvée ridicule."

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