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Interview de Richard Harrison (page 6)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Richard Harrison (page 6)


Vous avez également tourné aux Philippines des polars et des films de guerre assez violents, tels Eliminator (Hunter's Crossing, 1983) ou Ultime Mission a.k.a. Opération Cambodge (Intrusion Cambodia, 1987) dans lesquels on retrouve fréquemment les mêmes acteurs occidentaux comme Ron Kristoff, Mike Monty, Max Thayer, Mike Cohen ou Jim Gaines. Sont-ce des films que vous appréciez ? Avez-vous gardé des contacts avec le réalisateur Teddy Page et les autres acteurs... ?

Ces films n'étaient pas très bons, mais j'aime vraiment Ron Kristoff et je ne comprendrai jamais pourquoi il n'est jamais sorti du cinéma philippin.
Mike Monty a passé quelque temps en Italie où il est resté avec Gordon Mitchell. J'avais de la peine pour Teddy Page ; le producteur ne le traitait pas dignement.


"J'avais de la peine pour Teddy Page"

Le film Amok (idem, 1982) se pose un peu comme une rupture dans votre carrière. Il s'agit d'une superproduction africaine où vous tenez le rôle d'un journaliste anti-raciste, un individu avec une dimension humaine plus élaborée que le reste des personnages de votre filmographie. Amok est resté un film unique dans l'histoire du cinéma dans la mesure où l'Afrique produit très rarement des films de cette importance. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?

Le producteur-réalisateur était un vrai gentleman. Il travaillait avec passion. C'était une expérience très chouette.

Chez nous en France, où il semble que vous ayez commencé à être connu grâce à Persée l'Invincible (Perseo l'Invincibile, 1963), vous avez également tourné dans des co-productions comme La Guerre du Pétrole (dans lequel votre personnage meurt sous la Tour Eiffel !) ou encore L'Explosion de Marc Simenon. Quel souvenir gardez-vous de la France ? A l'époque, vous étiez impliqué avec Eurociné dans ce qui se présentait comme le "recyclage" d'un de vos films italiens, La Guerre du Pétrole (Strategia per una Missione di Morte, 1978) qui est devenu "Lorna, la lionne du désert" avec des scènes additionnelles. Etiez-vous coproducteur avec Eurociné ?

La Guerre du Pétrole n'était pas un bon film. Je n'étais pas impliqué dans la production. Marc Simenon est une personne charmante, tout comme son épouse. Je regrette que le film que j'ai fait avec lui n'ait pas été meilleur... Je suis un amoureux de la France. Je considère les Français comme les gens les mieux instruits du monde. Je ne garde que des souvenirs merveilleux du pays et des gens.


"Je suis un amoureux de la France. Je considère les Français comme les gens les mieux instruits du monde"

En 1988, vous avez tourné dans l'étonnant "Opération Las Vegas" du réalisateur français Norbert Moutier, alias N. G. Mount, connu par chez nous pour être à la fois libraire, éditeur d'ouvrages très riches sur le cinéma de genre (dont un sur vous justement) et vidéophile passionné réalisant ses propres films à très faible budget. Comment êtes-vous arrivé sur un tel projet ?

C'est une bonne question. Je l'ai rencontré et il m'a dit qu'il voulait faire un film, et m'a demandé de jouer dedans. J'ai accepté, sans penser un seul instant qu'il le ferait vraiment, mais une fois ma parole donnée je ne pouvais pas revenir en arrière. C'était quelqu'un de très sympa, mais qui ne connaissait pas grand chose au business du cinéma.


"C'était quelqu'un de très sympa...
...mais qui ne connaissait pas grand chose au business du cinéma."

Aux dernières nouvelles, nous croyons savoir que vous vous apprêtez à réaliser un film qui s'appelle Jerks. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet personnel ? Avez-vous d'autres projets pour l'avenir ?

Il s'agit de deux choses différentes. Jerks est un film dans lequel je me suis fait piéger à cause de mon épouse ! Elle a promis au réalisateur qu'il pourrait utiliser notre maison de Palm Springs et que je serai dans le film sans même m'en parler avant. Je n'arrivais pas à croire qu'elle ait pu me faire ça. Je n'ai pas été payé, ni pour mon rôle ni pour ma maison. Nous l'avons fait pour rendre service.
Par contre, je travaille effectivement sur un projet bien à moi et s'il se concrétise, ce sera l'occasion ou jamais de montrer ce que je vaux. Cependant, vu le genre de films qu'on fait aujourd'hui, je ne serai guère surpris s'il ne devait jamais être réalisé...


"je travaille effectivement sur un projet bien à moi et s'il se concrétise, ce sera l'occasion ou jamais de montrer ce que je vaux"

Bon... voilà, c'est la fin de cette interview - enfin ! - donc, pour conclure, encore une fois ici, au nom de toute l'équipe de Nanarland, et pour toutes celles et tout ceux qui, nous en sommes sûrs, seront très heureux de trouver cette interview sur notre site, je tiens à vous remercier, en toute sincérité bien qu'un peu solennellement, d'avoir été si ouvert d'esprit et si amical Mr Harrison.
En vous souhaitant plein de bonnes choses à vous et à ceux que vous aimez !

J'ai essayé de donner des réponses honnêtes.
Amitiés les meilleures,


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