A
l’origine, vous faites partie de cette génération
d’acteurs américains qui s’est fait un
nom au début des années 60 dans les séries
B produites en Italie, notamment dans le péplum, à
l’instar des Steve Reeves, Gordon Scott, Ed Fury, Mark
Forrest, Reg Park et surtout Gordon Mitchell. Le climat qui
pouvait régner entre vous et les autres acteurs américains
de la Cinecitta tenait-il plutôt d’une solidarité
complice ou d’une farouche rivalité ? Sauriez-vous
expliquer pourquoi la carrière de Gordon Mitchell et
la vôtre sont les seules à avoir survécu
au déclin du genre ?
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| Avant
d’aller en Europe, j’étais sous contrat avec
deux studios différents : en fait, j’étais toujours
sous contrat avec American Int. quand j’ai accepté
un contrat avec Italo Zingarelli en Italie.
Ca faisait déjà six ans que je gagnais ma vie comme
acteur, et je n’étais pas culturiste, juste quelqu’un
qui travaillait son corps pour le maintenir en forme. Les gens que
vous mentionnez étaient choisis pour leur physique.
La plupart d’entre-eux
ne connaissait rien au métier d’acteur. |
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| "Moi, j’étais capable de jouer
dans de nombreux registres... |
| ... et ne me reposait pas uniquement sur mes
muscles." |
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Moi, j’étais capable de jouer dans de nombreux registres
et ne me reposait pas uniquement sur mes muscles.
A l’exception de Gordon Mitchell, presque tous mes amis étaient
Européens. Je préfère la culture européenne,
et même aujourd’hui la plupart de mes amis sont originaires
d’Europe.
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Concernant
vos débuts à l'écran, nous avons entendu
dire que vous étiez passé du monde du body-building
à celui du cinéma car votre beau-père
dirigeait la firme américaine AIP. Vous auriez été
engagé comme cela, destiné semble-t-il à
ne devenir rien de plus qu’un « acteur de rechange
» à Hollywood. Puis, engagé en Italie
pour The Invicible Gladiator (Il Gladiatore Invincibile, 1963)
vous auriez préféré rester en Europe.
Est-ce parce que l’industrie du cinéma en Italie
vous proposait de meilleurs rôles et une meilleure perspective
de carrière que le Hollywood de l’époque
? |
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Je
n’avais jamais été considéré
comme un Mr Muscle à Hollywood. J’avais un accord
avec AIP mais j’ai choisi d’aller en Europe à
la place quand on m’a offert le contrat.
J’avais très envie d’aller en Europe, et particulièrement
en Italie. Je savais que je n’avais pas les moyens, ni même
l’envie, de devenir un grand acteur mais je sentais que
j’avais ce qu’il fallait pour faire carrière.
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Ce
qui était sûr à l’époque, c’est
qu’il se tournait plus de films en Italie qu’à
Hollywood.
| "Je
savais que je n’avais pas les moyens, ni même l’envie,
de devenir un grand acteur mais je sentais que j’avais
ce qu’il fallait pour faire carrière.
" |
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Quels
étaient l’ambiance et le rythme de travail à
la Cinecitta ? On entend souvent dire que sur les plateaux
se tournaient plusieurs films à la fois, que les films
étaient produits de manière « industrielle
». Vous est-il arrivé de tourner plusieurs métrages
en même temps ? |
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Quand vous avez un premier rôle, on exige
que vous soyez toujours présent sur le plateau, ou disponible
à tout moment. Gordon Mitchell, de son côté,
jouait souvent un petit rôle avant d’aller sur un autre
film. |
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Sur le plateau je restais le plus souvent seul.
Mon passe-temps favori est la lecture, donc c’est ce que
je faisais quand on n’avait pas besoin de moi devant la
caméra.
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