Nous
avons évoqué Gordon Mitchell, disparu récemment,
qui était lui aussi culturiste avant de devenir une
grande vedette du péplum et aux côtés
duquel vous vous êtes retrouvé dans près
d’une dizaine de films par la suite. Quelles étaient
vos relations ? Vous voyiez vous en dehors des tournages ?
Dans une interview qu’il nous avait très gentiment
accordé à Noël dernier, le regretté
acteur – toujours plein de projets, artistiques et autres
– nous répétait que l’essentiel
de sa philosophie se résumait au leitmotiv «
keep yourself busy ». Vous qui avez émis le souhait
de mettre un terme à votre carrière cinématographique
avant de vous lancer dans la politique, vous reconnaissez-vous
dans ce mode de vie ?
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Gordon Mitchell était une grande figure
et un être bon.
C'était quelqu’un d’ extraordinaire.
Mes fils ont grandi en l’adorant, particulièrement
le plus jeune, Sebastian.
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Quand j’ai commencé
à produire, réaliser et écrire, j’ai
toujours essayé de faire appel à lui. Gordon avait
un coeur pur.
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| "Gordon Mitchell était une grande
figure et un être bon..." |
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Vous
êtes crédité comme co-réalisateur
avec Renzo Genta en 1972 pour le western Due Fratelli (Jesse
and Lester, Two Brothers in a Place Called Trinity). Etait-ce
un vieux désir ou juste une opportunité ? D’autant
que vous ne recommencerez que 14 ans plus tard avec Three
Men On Fire, un projet qui semble plus personnel puisque cette
fois vous vous impliquez également dans l’écriture.
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous ne vous êtes
finalement pas lancé plus avant dans la réalisation
? |
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En fait, c’est moi qui ai écrit
presque tout le scénario de Jesse and Lester. Mais ça
n’a pas marché avec Mr Genta, alors après trois
jours je l’ai remplacé à la réalisation.
J’aime réaliser et je l’ai souvent fait, mais
la plupart du temps je n’ai pas signé de mon nom parce
que je considérais que ça dépréciait
le film. J’aime aussi écrire, et plusieurs des scénarii
que j’ai écrits ont été portés
à l’écran.
En revanche je n’aime pas produire. |
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| "J’aime réaliser et je l’ai
souvent fait, mais la plupart du temps je n’ai pas signé
de mon nom... |
...parce que je considérais
que ça dépréciait le film" |
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J’aime plus écrire et réaliser que jouer, et
je pense que j’ai plus de talent dans ces domaines. En ce
moment même, je suis tout juste en train de terminer un script
dont le rôle principal est tenu par un Russe. Je ne suis pas
impliqué dans les dernières étapes de la production.
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Bien
que vous n’apparaissiez pas dans le film, vous êtes
aussi crédité comme scénariste pour Scalps
de Bruno Mattei, un réalisateur à la carrière
étrange. Pouvez-vous nous expliquer en deux mots comment
vous vous êtes retrouvé dans ce projet ? |
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A l’origine, j’ai écrit le
scénario pour ma propre société de production,
mais j’ai ensuite décidé que ça n’était
pas le bon moment pour en faire un film. Plus tard, un autre studio
me l’a racheté.Je n’ai pas vu le film qui
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en a été tiré mais je crois
comprendre qu’ils n’ont pas utilisé grand-chose
de ce que j’ai écrit…
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Après
le déclin du genre qui vous a fait connaître,
vous êtes resté en Europe et y avez poursuivi
votre carrière dans le spaghetti-western. Sur le site
www.imbd.com, on prétend que c’est vous qui auriez
recommandé Clint Eastwood à Sergio Leone pour
Pour Une Poignée de Dollars (Per un Pugno di Dollari,
1964)… est-ce vrai ?? |
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Je venais juste de terminer le tournage d’un
western pour les producteurs Pappi et Colombo quand ils m’en
ont offert un autre. Je ne tenais vraiment pas à refaire
un western, dans la mesure où ils semblaient si différents
de ceux réalisés en Amérique. J’ai continué
à refuser, mais Sergio Leone insistait pour que je tienne
le premier rôle.
Les producteurs m’ont dit que ce ne serait pas un bon film,
et comme j’avais d’autres offres j’étais
contre...Leone m’a alors |
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suivi, il est venu sur le plateau où
je travaillais et m’a observé de loin. Finalement,
les producteurs ont à nouveau demandé à me
voir et, après leur avoir répété que
je ne jouerai pas dans leur film, ils m’ont lu les noms
de trois acteurs de Hollywood qu’on leur avait envoyés.
Comme ils ne les connaissaient pas, ils m’ont demandé
si je pouvais leur en recommander un. Je les connaissais tous
les trois. Mon choix s’est porté sur Clint, simplement
parce qu’il savait monter à cheval.
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Il y
avait tant d’acteurs américains qui ne savaient pas
bien monter à cheval... C’est comme ça que ça
s’est passé.
"Mon choix s’est
porté sur Clint, simplement parce qu’il savait
monter à cheval." |
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