On a beau commencer à vouloir se dire rôdé, on n’en revient toujours pas du succès.Toute l’année le forum avait bruissé du souvenir des précédentes nuits excentriques. Alors au fur et à mesure que l’on s’approchait de la date du troisième rendez-vous, décalée d’un mois pour cause de festival de Gerardmer et de naissance dans l’équipe rédactionnelle de Nanarland, on sentait monter l’excitation et l’impatience chez nos forumeurs. Quand est-ce que vous lâchez les réservations ! J’ai retenu mon billet preums quatre mois à l’avance il me faut une place ! Je viens déguisé en femme si je ne suis pas sur la liste... (il se reconnaîtra)…

Lorsque arriva le temps des réservations, les places s’envolèrent aussi vite que Captain Barbel dans le ciel de Manille. Mise en ligne le 16 février au matin, les 100 tickets Nanarland étaient déjà tous fourgués à 17 heures, prenant de cours Labroche débordé sous les mails de confirmation à renvoyer en urgence. Et déjà un certain nombre de nos fidèles forumeurs étaient restés sur le carreau. Mais ce furent les réservations sur le site même de la Cinémathèque qui commencèrent à provoquer un vent de panique sur nos pages. Ca marche pas ! Les confirmations plantent ! Y a trop de connexions ! Le site de paiement n’est pas sécurisé ! C’est déjà plein ! Trahison ! Ignominie ! Complot ! Non pire ! Succès monstre : la cinémathèque avait liquidé pratiquement 250 places en 20 minutes

La queue qui n'en finissait plus

Et déjà les malheureux recalés de s’organiser pour prendre d’assaut le jour même de la séance, dès midi, les 50 places encore vendues jusqu’au tout dernier moment au guichet. C’est ainsi que naquit la légende des réservistes. Des purs, des durs, des grognards, des braves à trois poils du nanar qui, saucisson d’une main, bière de l’autre feront le siège de la cinémathèque pendant toute l’après-midi fatidique…

Et pourtant pendant ce temps, au cœur des Alpes, le drame commençait à se nouer. En effet la team grenobloise, tout à son succès de l’année précédente n’avait, alors que fin février commençait à pointer le bout du nez, pas fait grand-chose pour ses cuts… L’année d'avant, le travail de sélection et de collecte des extraits avait été faite très en amont et nous avait permis d’éviter les couacs et les sueurs froides de la première édition. Parisiens, Corses ou Isérois, nous avions prévus de nous y prendre encore à l’avance mais pris par des obligations tant professionnelles que familiales nous avions reporté les séances de brainstorming pour construire nos montages.

Le résultat fut qu’il fallut précipiter la manœuvre : c'est Labroche qui a fait le montage en catastrophe (même si ça ne se voit pas sur le résultat final) en pondant au passage un générique en a laissé plus d'un sur le cul. Et ce malgré sa toute récente paternité. Ce type est un surhomme. Dommage que Tante Pony n'ai pu être là. Mais bon, bébé Paul n'a peut-être pas encore l'âge de voir "Les petits slips se déchaînent"

Et que dire du bonus réalisé à partir d’un entretien exclusif réalisé avec l’épatant Richard Harrison. Que j’ai envié Labroche, Nikita et John Nada qui se sont envolés pour Rome pour interviewer le bonhomme… John Nada justement, moine soldat du site qui a conçu avec un soin maniaque ce documentaire. Ce type a vu plus d'une quarantaine de films du monsieur pour aboutir à ce chef d'œuvre et je peux vous dire que le mercredi précédent la soirée, ayant servi de public test pour le pré montage, notre Nada était une boule d'angoisse et de perfectionnisme qui se faisait de nœuds au cerveau pour arriver à la quintessence de son truc. Bravo dude, c'était nickel tu peux t'accorder un peu de repos maintenant ( et Delphine pouvait enfin envisager de récupérer la télé pour voir enfin un bon film).

Après de nombreuses soirées et quasi nuits blanches de travail, le résultat fut enfin terminé de haute lutte. L’avant-veille de la soirée fatidique Labroche nous envoya le message suivant : Il est 4h du mat, je viens de ramener Nada chez lui et le contenu audiovisuel de la 3ème nuit excentrique est bouclé…

Le soir tant attendu est enfin là. Nous nous retrouvons dans un petit resto à proximité de la Cinémathèque avec les autres modos du forum pour discuter des dernières nouvelles de chacun, de nos meilleures trouvailles ou de la cravate hideuse de Nikita. Jean-François Rauger (qui curieusement semble cette année avoir emprunté une chemise à Nikita) passe nous donner les dernières consignes avant que Labroche et John Nada n’aillent vérifier auprès du projectionniste que les cuts passent sans problème.

Si c'est pas la classe un public pareil !

Wallflowers et moi commençons à réviser le quizz qui nous échoit cette année en l’absence de Drexl. Nous ne savons pas encore que nous formerons plus tard la révélation comique de l’année (après Omar et Fred) avec nos titres de kung fu remplis de calembours, et nos karaokés foireux (la revanche de sans le son) où on a honteusement fait gagner Kobal par copinage sans le savoir ! En tout cas un grand merci à Bach film et à Akton pour ses bandes annonces originales en cadeau !

La foule commence à s’amasser autour de la cinémathèque. Bon Dieu qu’ils sont nombreux ! A quelques encablures, Michel Polnareff qui joue à Bercy doit sûrement croire que les gens sont venus pour lui. Ah ah pauvre naïf ! Nul ne peut lutter contre le pouvoir de la Nuit Excentrique, même sans Cointreau (et oui, finalement ils nous ont manqué nos petits cocktails ce soir là). Ça rit, ça discute sec, ça s’échange DVD, saucisson et pots de Marmite . Quelques allumés arrivent nantis de moustaches voir de tronçonneuses en carton. Lantak commence à tourner un peu partout avec sa caméra pour trouver une place afin de filmer un compte rendu de la soirée où le concept d’ellipse sera à jamais banni.

le premier projet de DVD à partir des images tournées dans la soirée. Et bien croyez le ou non, Lantak n'en a pas voulu.

Le public commence à se presser dans la salle. Nous la voyons se remplir avec encore ce mélange de satisfaction et d’incrédulité. Ça a beau être la troisième fois, on a toujours du mal à y croire. Jean François Rauger s’approche discrètement de la scène, le noir se fait…

« Braaadock ! » La salle explose, le rituel commence ! Putain c’est bon !

Le programme

Extrait :

Braddock - Portés disparus 3

Présentation de la soirée par J.F. Rauger

Le maître de cérémonie nous présente la 3ème Nuit Excentrique

Extraits :

Dragon Force

N°1 des services secrets

Dracula Vampire sexuel

Montage Nanarland n°1

Labroche s'est encore déchiré sur les génériques des cuts...

Bandes-annonces :

Ninja Terminator

C’est dingue mais on y va

La griffe de Frankenstein

Black Emmanuelle

Justice de Flic

La Zézette plait aux marins

Je suis une vicieuse

L’Ambitieux

Extrait :

La terreur des zombies

L'Ile aux femmes nues de Henri Lepage France/1952/96'/35mm Avec Jane Sourza, Jean Tissier, Félix Oudart, Armand Bernard, Lili Bontemps, Alice Tissot et les naturistes de l'Ile du Levant.

Dans un petit village provençal, deux commerçants briguent la place de conseiller général. L'un d'eux veut compromettre son rival en lui présentant une chanteuse adepte du naturisme. « Un vaudeville féeriquement nul. » (Jean-Pierre Bouyxou) Copie restaurée par les Archives Françaises du Film et du Dépôt Légal du C.N.C.

Présentation

Documentaire sur Richard Harrison, par l'équipe de Nanarland

Extrait :

Lorna la lionne du désert

Slips en vadrouille

Montage Nanarland n°2

Extrait :

La bestia in calore

Bandes annonces :

'Kung-fu n'y va pas de main morte

Gappa, le descendant de Godzilla

Reste avec nous on se tire

Zoltan, le chien sanglant de Dracula

Une vierge pour Saint Tropez

Les Furieux

Roland, l'homme le plus sexy du monde

Extrait :



Tintorera

L'Homme puma L'uomo puma d'Alberto De Martino Italie/1980/90'/VF/35mm Avec Walter George Alton, Donald Pleasence, Sydne Rome, Guido Lollobrigida, Silavano Tranquilli.

''Un shaman indien donne à un jeune Américain un médaillon magique qui lui confère les pouvoirs du fantastique homme puma. Inédit en salles à Paris.''

Jeu-concours

Présentation

Extrait :



Cyborg

Montage Nanarland n°3

Bandes annonces :

Superflic se déchaîne

Les Dépravés

A nous les nénettes

Les Gardiennes du pénitencier

Le Bataillon en folie

Batman

Gretchen sans uniforme

Pages galantes et scandaleuses

Vengeance d'outre-tombe

Super Inframan

Extrait :



Kiss contre les fantômes

Les Rats de Manhattan (Rats / Notte di terrore) de Bruno Mattei France-Italie/1983/97'/VF/35mm Avec Ottaviano Dell'Acqua, Geretta Geretta, Massimo Vanni, Ann-Gisel Glass.

Cent ans après une guerre nucléaire, des survivants dans les ruines de New York sont attaqués par des rats féroces.

Présentation

Extrait :

Le monstre attaque

Le Justicier de New York

Montage Nanarland N°4

Bandes annonces :

Jeux de mains, Jeux de Chinois

La Toubib aux grandes manœuvres

L'Exécutrice

Le sexe qui chante

Les Guerriers de la jungle

Get Mean

L'Arbalète.

Extrait :

Yeti, le géant d'un autre monde

Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante The One Armed Boxer vs. the Flying Guillotine / Du bi quan wang dap o xue di zi de Wang Yu Hong Kong/1975/79'/VF/35mm Avec Wang Yu, Kam Kang, Lung Chung-erh, Liu Chia Yung.

Le sabreur manchot affronte un expert de la guillotine volante lors d'un tournoi d'arts martiaux.

Extrait :

La bestia in calore



Bandes annonces (classées X) :

Furies sexuelles

Elles font tout

Les petits slips se déchaînent

Remplissez-moi les trois trous'

Le temps bon Dieu, le temps ! A trop vouloir en faire nous avons explosé notre planning horaire. Ce n’est pas à 8 h mais 10 h ! Il faut dire que le programme était démesuré et que l’exiguïté du local à sandwich (merci aux courageux qui ont assuré le service toute la soirée !) a ralenti les entractes… De nombreux participants ont du quitter la salle alors que le dernier film ne faisait que commencer pour ne pas rater leur train. Autant dire que les survivants au petit matin sont harassés mais repus. En sortant de la salle nous nous vengeons sur les croissants offerts par la cinémathèque (enfin…ceux laissés par Lantak…). Quelle soirée ! On évoque Mademoiselle Pataflan, Dracula Vampire Sexuel et ses amis sans gêne ou Get Mean (he get barbecued !), les magouilles de Darsepoil, les hurlements d’Ann Gisel Glass et les coups vicieux de Wang Yu. Et déjà, alors qu’à moitié groggy nous nous séparons après une dernière photo souvenir, on commence à lancer des plans sur la comète quant au programme de la quatrième nuit…

C’est vrai quoi, ça passe super vite un an…