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Mauvaises Fréquentations


Mauvaises Fréquentations

Titre original : Mauvaises Fréquentations

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Jean-Pierre Ameris

Année : 1999

Nationalité : France

Durée : 1h38

Genre : Drame pubère

Acteurs principaux :Lou Doillon, Maud Forget, Maxime Mansion, Robinson Stevenin

Labroche
NOTE
1.5/ 5


Avec Mauvaises Fréquentations, nous nous attelons à un style de nanar bien particulier : le nanar sentimental, sorte de déclinaison sur grand écran des "Feux de l'Amour" et autres mièvreries.

C'est donc pendant une heure et demie que nous allons voguer de vague à l'âme en vague à l'âme, d'éclats de rire en crises de larmes, de gifles en baisers et vice et versa... Attention cependant, il faut avouer que le scénario de ce film est beaucoup moins niais que celui du sitcom moyen, et reconnaître que certaines âmes (très, très, mais alors très) sensibles pourront même être touchées par le sujet.


Pause tendresse. Ca va pas durer...



L'histoire est même presque originale et aurait pu être "émouvante" puisqu'elle traite de prostitution adolescente : une midinette de quinze ans va, par amour, se vendre pour son petit ami, et c'est sa descente aux enfers qui nous est contée. Pour que son amoureux puisse réaliser son rêve et partir en Jamaïque elle va s'engager à réunir l'argent en faisant quatre-cent fellations ! Mais comme c'est beaucoup, sa meilleure amie (rencontrée une semaine plus tôt) va l'aider et s'engager à la délester de la moitié, et comme son petit ami est vraiment sans pitié il va vouloir partir sans elle, mais comme elle est très très amoureuse elle ne va rien voir venir, jusqu'au bout (si j'ose dire).


"Alors comme ça t'es la fille de Guy Forget ? Non t'es pas la fille de quelqu'un de connu ? Ben alors, comment t'as réussi à faire du cinéma ?"



Là où le bât blesse c'est que le parti pris de la réalisation est à l'image de la niaiserie de l'affiche. Plutôt que de nous montrer la sordide torture mentale à laquelle sont exposés ces jeunes, toutes les caricatures de l'adolescence sont passées en revue. Le film aurait pu toucher, mettre mal à l'aise... au lieu de cela il fait rire ! Ces adolescents ne sont pas crédibles une demi-seconde et on a plus souvent l'impression de se trouver devant le pilote d'une série pour ados crétins qu'autre chose. Délectable !

Mention spéciale à Lou Doillon, la fille de Jacques Doillon et de Jane Birkin qui oscille entre compréhension passive et crises d'hystérie comme seules savent les jouer nos actrices nationales. Cette fille de dix-neuf ans censée être en seconde, donc avoir quinze ans (elle aurait tout de même redoublé quatre fois avant d'arriver au lycée), évolue parmi une nuée de minots et semble dans son élément.

FESTIVAL LOU DOILLON



Mais non, je suis pas trop vieille pour le rôle, d'ailleurs dans ma tête j'ai toujours quatre ans !






Comme quoi pas besoin d'avoir de talent pour percer au cinéma, le piston ça suffit.



On retiendra en particulier la scène où une prof lit sa dissertation-poème et qu'elle, torturée, à fleur de peau, quitte la salle de cours aux abois. Le film regorge de scénettes caricaturales qui desservent totalement sa crédibilité mais qui abreuvent allègrement la fontaine du nanar. Autre exemple : le méchant garçon dont l'innocente jeune fille est amoureuse lui dit : " Tu sais ce que je fais moi quand je suis énervé ? " Il l'emmène alors en haut d'une montagne avec vue sur la belle ville de Grenoble et se fend d'un cri pas viscéral du tout : " Je vous emmerde tous ! " (encore un habile moyen du réalisateur pour nous montrer combien ce jeune est "différent" et écorché vif !)… Et oui, ils sont comme ça les ados, du moins dans l'imaginaire de nos cinéastes un peu déconnectés.

Soulignons aussi que ce film est un must pour tout Grenoblois : il n'y a aucune cohérence géographique et c'est jouissif... mais seulement pour les Grenoblois ! (confidentiellement, le réalisateur étant Lyonnais, ça sent le règlement de compte rhône-alpin)


On appréciera le gars au second plan qui semble chercher à s'enfuir du film



En conclusion, ce film est la preuve que le terme nanar ne s'accoquine pas seulement avec les films d'horreur ou d'action. Les films à visée sentimentale s'y prêtent tout à fait, surtout quand ils s'embourbent dans une caricature aussi grossière qu'irrésistible. Dommage encore une fois quand on pense que le sujet évitait à la base la mièvrerie, tant mieux quand on pense qu'on va encore une fois pouvoir passer une bonne soirée vidéo !


Pour un film pareil, c'est minimum la réclusion à perpétuité.


- Labroche -
Moyenne : 1.50 / 5
Labroche
NOTE
1.5/ 5
Mayonne
NOTE
2/ 5
Drexl
NOTE
2/ 5
Rico
NOTE
0.5/ 5

Cote de rareté - 1/ Courant

Barème de notation
"Universal Picture" a sorti le DVD du film avec quelques bonus d'usage (interview, clip de la BO, photos). On peut ensuite le retrouver dans un coffret avec "Les Nuits Fauves" (dont on voit l'affiche sur un mur dans le film... ohhhh une jolie mise en abîme !).