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American Warrior 3

  • Titre original : American Warrior 3
  • Titres alternatifs : American ninja 3 : Blood Hunt, American ninja 3 : la chasse sanglante, American Fighter III
  • Réalisateur : Cedric Sundstrom
  • Année : 1989
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : American nain jaune (Catégorie : Ninjas)
  • Durée : 1h29
  • Acteurs principaux : Steve James, David Bradley, Marjoe Gortner, Michele Chan
  • Producteur : Menahem Golan
Note :
0,75
Kobal
Kobal

Chronique



Un an après « Le Ninja Blanc »...

Coup de fil de la Cannon, intercepté par le nouveau satellite espion du clan des Ninjas Pure Force Brutale, l'autre ayant été anéanti par ces salauds de Ninjas de la Force Diamant :

"Allô, Sam Firstenberg à l'appareil, j'écoute..."

"Hé, Sammy, c'est Menahem Golan ! Comment tu vas, vieux ? Ecoute, j'ai une super idée de film avec des Ninjas sous les yeux, et j'ai..."

"Ce numéro est indisponible ; veuillez ne pas rappeler plus tard. Bip"

Fin de la communication.

La licence « American Warrior (ou Ninja) » devait commencer à lasser certains de ses participants, car on constate que deux des têtes d'affiche habituelles de ces productions Cannon ont sauté du train en marche : si le tandem infernal Golan-Globus est toujours aux commandes pécuniaires, Sam Firstenberg et Michael Dudikoff sont absents de ce troisième épisode. Eblouis par les lumières d'Hollywood, ceux-ci sont partis à la conquête de nouveaux territoires artistiques, en quête de reconnaissance professionnelle (en gros un téléfilm pour l'un, et une réalisation Aaron Norris pour l'autre : c'est effectivement très glorieux).

Il ne reste donc plus grand monde pour assurer la passation de la franchise à une nouvelle génération... Plus grand monde ? Ce serait négliger le grand, le talentueux, le formidable Steve James qui se retrouve seul, obligé de porter le film sur ses musculeuses épaules. Mais nous y reviendrons plus tard.



Hey !! Shalom y'all les gars !!


Alors qui sont donc les p'tits nouveaux ? Le réalisateur, successeur de Firstenberg, est désormais Cedric Sundstrom, un quasi-inconnu dont les antécédents se résument à pas grand chose : il a, entre autre, été assistant réalisateur sur le tournage de « Hurlements 4 ». Une véritable formation... Et comme il est impensable de laisser le rôle principal à un Afro-américain, aussi sympa et charismatique soit-il, il faut trouver à tout prix un héros blanc pour incarner les valeurs de l'Occident à travers le Ninjutsu. Le rôle incombe ainsi à David Bradley, parachuté là on ne sait comment car selon l’IMDB, sa participation au 7ème art se résume à l'époque à de la figuration dans un film tourné 18 ans plus tôt. Ce qui nous fait donc un débutant à la réalisation, un débutant dans le rôle principal. Alors moi j'dis, avec un tel coup de bluff, on pouvait s'attendre à tout, au meilleur comme au pire. Malheureusement, comme le veulent bien souvent les lois de l'entropie, c'est bel et bien le pire qui a gagné, par KO à la 3ème reprise. Ne nous voilons pas la face, cet épisode est de loin le moins intéressant de la série.

Penchons-nous un peu sur l'oeuvre.

Pas de chichi concernant le scénario, on fait ici dans le conventionnel. Au cours de sa jeunesse insouciante, Sean Davidson (David Bradley) est victime d'un important traumatisme infantile, à savoir la mort de son kickboxer de père, tué par de vils moustachus et cela sous ses yeux candides. Les conséquences sont terribles, car Sean connaît alors la lente et inexorable descente sur la pente glissante de la formation Ninja. Plusieurs années plus tard, il est devenu un sportif chevronné qui ne rate pas une occasion d'aller participer à des compétitions d'arts martiaux dans des îles paumées où tourner un film ne coûte pas bien cher.



Le traumatisme moustachu en question.


Sur place, il rencontre rapidement Curtis Jackson (Steve James) et Dexter (Evan Klisser, également vu dans « Space Mutiny »), deux inconnus qui deviennent instantanément ses meilleurs amis. Malheureusement, le tournoi n'est qu'un piège orchestré par Cobra (Marjoe Gortner, le fantabuleux interprète d'Akton dans « Starcrash » !) pour trouver un combattant balèze digne d'être exposé à son nouveau virus. En effet, ce perfide personnage compte bien révolutionner le monde du terrorisme en mettant au point dans son usine pétrochimique à ninjas une arme bactériologique que même un combattant d'élite ne pourra affronter (le scénariste a probablement dû arrêter ses études en 6ème). Et là, c'est le drame : des Ninjas enlèvent le vieux maître arthritique de Sean, tout juste bon à appeler à l'aide. Comme le dit si bien Steve James : "Ninja ? Ca recommence... Encore eux !!"



Les boyz sont toujours à l'aise, à la plage comme ailleurs...




Je suis désolé pour lui, mais force est de constater que David Bradley ne remplit pas sa part du marché. Bénéficiant d'une crédibilité zéro du début à la fin du film, il est ennuyeux au possible, aussi bien dans son jeu d'acteur que dans les séquences de combat. Avec sa tronche de faux beau gosse, il se débat mollement à chaque altercation, et met tellement de temps à se débarrasser de chaque adversaire que même les ninjas ennemis semblent peu convaincus par les coups qu'il leur porte. Et ce n'est pas tout : suprême honte, sur 1H30 de film, cette nouille n'enfile une tenue ninja syndicale que pendant 30 secondes, montre en main (c'est même pas la sienne en plus). Il est regrettable d'affirmer que David Bradley contribue en grande partie à l'échec de ce film.



David Bradley, le zombie du Ninjutsu



Son pote Dexter est un véritable fantôme scénaristique : il ne comprend rien, il ne sert à rien, il essaie en vain de faire le mariole, il se bat de temps à autres comme un paillasson et au final, il meurt de façon totalement gratuite, histoire de motiver un peu David Bradley pour le combat final.

Cedric Sundtrom anime cet ensemble comme il le peut et tente désespérément de réutiliser les ficelles des précédents opus (les ninjas multicolores, les armes Ninjutsu, l'arrêt d'une flèche en vol pour la renvoyer...) mais sans succès car cette fois, la mayonnaise ne prend pas et laisse place à une gélatine huileuse qui sème le désarroi. L'emploi des armes ninjas est peu attrayant, les combats arrivent comme un shuriken dans la soupe, bref un tel manque de dynamisme est indigne de cette série.



Pour Noël, Cobra a dû recevoir la boîte du Petit Chimiste avec celle du Petit Electronicien.



On retrouve toujours les même clients de ce genre de commerce.


Vous l'aurez compris, le seul acteur qui sauve ce film du navet absolu digne du four crématoire, c'est le grandiose STEVE JAMES. Chaque scène où il apparaît apporte une fraîcheur incomparable, une bouffée d'air frais salvatrice. Il n'a pas abandonné cet air de farouche combattant noir qui n'hésite pas à crier et à se déformer le visage à chaque frappe (un hommage viril à Bruce Le ?), tout en conservant une attitude résolument coolos. D'ailleurs c'est le seul qui assure dans les bastons, en véritable professionnel (il brise des nuques à mains nues). Ses répliques chocs toujours prêtes à partir agrémentent régulièrement le film, nous gratifiant en prime de quelques blagues références aux deux premiers opus. Fidèle à son personnage, il manie aussi bien les armes blanches que les armes à feu, et rafle définitivement la mise lors de son entretien avec la police locale, qui reste à mon goût la meilleure scène du film.





James, you're the best !


Avec sa moustache et son sourire étincelant digne d'une pub pour Banania, Steve James réchauffe le coeur de tout bon nan'hardeur en manque d'amour. Car oui, Steve James distribue de l'amour dans ses films, enrichissant chacun de ses rôles avec son charisme indéboulonnable, transcendant le stéréotype du Black marrant qui a du succès avec les p'tites pépées pour se livrer entièrement à la caméra. Oui, je l’avoue humblement, je suis fan de Steve.



On remarquera que l'adjointe-action de Cobra est une kunoichi (ninjette dans le langage vulgaire) prénommée Chan Lee... Hmm, ça me rappelle un jeu, mais y'avait pourtant pas de ninja dedans, non ?



Vive la parité dans le Ninjutsu !



Cobra se fait moucher par David Bradley.


A noter une scène très longue et extrêmement barbante où nos héros s'entraînent à atterrir en ULM sur une camionnette en mouvement dans le désert. On se dit que ça fait sûrement partie de leur plan pour envahir la base des méchants, mais non, par manque de temps, de moyens ou plus prosaïquement de mémoire, nulle autre utilisation de l'ULM ne sera faite dans la suite du film.



Une seule question : pourquoi cette scène ?


En résumé, je le répète, ce 3ème épisode fait un peu figure de navet de la franchise « American Ninja ». Il ne mérite son 0.75 que grâce à la prestation de Steve James. D'ailleurs, celui-ci quittera la série (à mon plus grand regret, il va sans dire) au terme de cet opus, conscient de la médiocrité du film, ou peut-être bien lassé de jouer les seconds couteaux. Il est à réserver à ceux qui comme moi veulent pouvoir dire « oui, j'ai vu les 5 American Ninja » ou à ceux qui comme moi veulent pouvoir dire « oui, j'ai vu tous les Steve James » (comment ça, je suis le seul ?).

Bonus : Jeux ninjas





Combien de Ninjas se cachent sur cette image ?



Y'a du rab' de Steve James, j'vous l'laisse ?



On remarque que Steve James a suffisamment la niaque pour bouffer son bandeau.


Réponses aux jeux Ninja :

1) D (mais c'est vrai que le B, le ninja sub-aquatique démasqué qui gonfle les joues était tentant).

2) 5 (et oui, malgré le titre, David Bradley n'est pas un ninja)







Kobal
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American Warrior 3
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Les notes des membres

Moyenne : 1.75
avatar de Kobal Kobal : 0,75
avatar de MrKlaus MrKlaus : 2.5
avatar de Peter Wonkley Peter Wonkley : 2

Cote de rareté

"Prism" a beau se cacher derrière des noms comme "Global Pictures" ou "Quadra Vision", varier légèrement les titres ("American Warrior III" ou "American Fighter III") et afficher des spécifications ronflantes (Digital Edition), cet éditeur n'en reste pas moins un tâcheron des bacs DVD à 1 €... Mais ne soyons pas trop aigris, malgré le recadrage au 4/3, la qualité d'image est correcte pour une fois (et les jaquettes sont presque jolies).





Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation