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Les Bannis de Gor

  • Titre original : Outlaw of Gor
  • Titres alternatifs : Gor II
  • Réalisateur : John 'Bud' Cardos
  • Année : 1989
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : On l'a dans le barbare (Catégorie : Heroic-fantasy)
  • Durée : 1h39
  • Acteurs principaux : Urbano Barberini, Jack Palance, Rebecca Ferratti, Donna Denton, Nigel Chipps, Russel Savadier
  • Producteur : Menahem Golan
Note :
3
Nikita
Nikita

Chronique





Il faut croire qu’en adaptant les romans de John Norman, les duettistes de la Cannon, Menahem Golan et Yoram Globus, pensaient tenir un bon filon. Ce n’est en effet pas un film que nos deux gros amis nous ont servi, mais deux, tournés manifestement dans la foulée à l’intention d’un public mondial haletant. Pour ceux qui n’auraient pas eu assez des aventures ringardes de Tarl Cabot, voici la suite tant attendue de « Gor », qui va réussir l’exploit, non seulement de compléter à la perfection ce diptyque de l’aventure fantastique naze, mais de surpasser très largement son prédécesseur sur le terrain de la nullité.







Il faut dire qu’en confiant les rênes de la mise en scène à John «Bud» Cardos, les deux compères n’ont pas pris de risques : réalisateur poussif de films bis ringards, l’ami Bud a en effet appris son métier en travaillant avec Al Adamson, immortel auteur de « Dracula contre Frankenstein », ce qui constituait une très bonne école pour tourner de mauvais films sympathiques. Bud ne va en effet pas nous décevoir et faire de ces « Bannis » un vrai nanar de compétition, là où « Gor » n’était que gentiment ringard.



Un an après son aventure, Tarl Cabot se morfond sur Terre, et ne rêve que de revenir sur la planète où l’attend sa bien-aimée Talena. C’est un heureux hasard, car voici que sa bague en toc se met à nouveau à palpiter : en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « cliché ! », Tarl se trouve renvoyé sur sa planète d’adoption.





Avec des copains pareils, comment voulez-vous qu’il garde le moral ?





Ha, la bague de Prisu se met à briller, c’est reparti pour un tour…





Flash !




Manque de pot, il se retrouve renvoyé en compagnie d’un collègue à lunettes, qui va constituer pendant la première partie du film le pire sidekick comique de tous les temps, à vous donner envie de lui passer les roupettes dans un mixer aux lames rouillées. Fort heureusement, il disparaît peu ou prou du film une fois l'action réellement démarrée, un sursaut de lucidité des auteurs les ayant sans doute conduits à réduire son temps de présence pour abréger les souffrances du public.







Notez la magnifique ferme à l’arrière-plan.





Messieurs, pour notre décor, j’attends les notes. Comment ça, zéro ?




Tarl retrouve Talena et son père le bon roi Marlenus, devenu souverain de la planète après l’élimination de l’affreux Sarm. Hélas, Marlenus n’a pas l’air d’être un roi particulièrement compétent, puisqu’il a eu la bonne idée d’épouser une gourgandine nommée Lara, qui respire luxure et perfidie à cent mètres, et de s’adjoindre les services comme conseiller du grand prêtre Xenos qui, non content d’être joué par Jack Palance, a une tête d’escroc marchand de réfrigérateurs défectueux, auquel on hésiterait à confier ses clés de voiture.









Ce que l’on avait deviné au bout de dix minutes de film ne manque pas, et les deux affreux, alertés par le retour de Tarl Cabot, éliminent le roi et donnent la chasse à notre héros, qui se retrouve pour sa part accusé du meurtre. Errant dans le désert en compagnie de son sidekick nain, Tarl doit affronter les sbires de Lara et Xenos, tandis que Talena, prisonnière des affreux, doit défendre sa vie au cours de sanglants combats de catch lesbien contre des camionneuses grimaçantes bardées de cuir.





La gentille.











Les méchantes. (Remarquez la profonde motivation des figurants à l'arrière-plan)




Là où « Gor » restait un peu sage, « Les Bannis de Gor » se montre purement délectable en n’évitant littéralement aucun piège disposé sur sa route. Figurants s’agitant de manière désordonnée en courant en rond pour simuler une bataille, seconds rôles risibles, costumes désopilants : la moindre image du film croule sous le poids d’un épais ridicule dont les acteurs, revêtus de tenues de carnaval toutes plus grotesques les unes que les autres, semblent les premiers accablés. L'acteur le plus convaincant est encore le sidekick nain qui, déjà présent dans le premier film, semble s'amuser davantage que Tarl Cabot et pique légèrement la vedette en ne semblant absolument pas se prendre au sérieux. Les accessoires même semblent frappés par la malédiction générale pesant sur le film : citons notamment la scène où Tarl frappe sur son genou une épée qui, loin de se briser, se plie comme le coupe-chou en plastique qu’elle est.









S’il n’y a pas grand chose à dire de l’interprétation d’Urbano Barberini, qui fait ce qu’il peut dans le rôle de Tarl Cabot, on décernera un grand prix du grotesque à Donna Denton, qui joue littéralement comme une savate son personnage de méchante reine, en n’omettant aucun cliché de la femme fatale de bazar. Quant à Jack Palance, il cabotine sans retenue en tentant de garder un peu de sa dignité malgré les tenues abracadabrantesques dont on l’affuble.











N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?




« Les Bannis de Gor » gagne une nouvelle dimension grâce à l’évidente ambition de ses auteurs, très certainement persuadés de tenir une poule aux œufs d’or et de proposer au public ébahi une superproduction rutilante : non content d’être totalement navrant, le film dégage une sorte de prétention rendant son ratage général d’autant plus hilarant. Un effort particulier semble avoir été fourni pour les décors, relativement soignés mais néanmoins surchargés, ce qui fait d'autant plus ressortir leur côté "carton-pâte" tout droit issu d'une opérette du Châtelet. Une musique pompeuse, parfaitement en décalage avec le spectacle misérable qui s'étale à l'écran, contribue à l'incrédulité rêveuse du spectateur devant une telle exhibition d'incompétence pur sucre.







Des figurants qui s’agitent en tous sens sans aucune logique pour faire croire à de vraies scènes d’action.





Des méchants tous droit sortis d'un dessin animé.




Nanar de bonne cuvée, le film se revoit avec plaisir pour admirer d’autant les grimaces de certains acteurs, avec une mention toute particulière pour les combats de femmes, où les adversaires de Talena, toutes droit sorties d'un vidéo-clip des années 1980, dépassent tous les records de ridicule en se battant sous les acclamations de figurants extrêmement peu motivés.









Comme une boîte aux merveilles recelant toujours davantage de surprises, « Les Bannis de Gor » nous offre à chaque scène une image grotesque, un détail désopilant, un dialogue consternant, un effet spécial baveux qui fait d’autant plus crouler l’édifice général que le quotient nanar s’élève d’un cran. Chaudement recommandé pour tous les amoureux du nanar eighties !





Nikita
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Les Bannis de Gor

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Quoi, un DVD pour un machin pareil ? Ha ha ha, vous voulez rire ! Si l’édition vidéo avait pour vocation de sortir n’importe quoi, ça se saurait ! Ha, on me signale que… Bon, ça viendra peut-être, mais en attendant, vous reprendrez bien une VHS d’occasion ?



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