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Breakdance Party

  • Titre original : Delivery Boys
  • Titres alternatifs : Garçons de Course
  • Réalisateur : Ken Handler
  • Année : 1984
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Coolos ! (Catégorie : Musical)
  • Durée : 1h31
  • Acteurs principaux : Mario Van Peebles, Charlie “Rock” Jimenez, Joss Marcano, Nelson Vasquez
Note :
2
John Nada
John Nada

Chronique



Pour celles et ceux qui se demanderaient où cet éditeur français est allé pêcher un titre alternatif pareil :



Paye ton opportunisme !!!


Ouah les copains j’viens d’voir un film complètement COOLOS !! Oui oui, complètement COOLOS !! Comment ça, tu comprends pas ce que ça veut dire « COOLOS » ?!? Mais enfin t’es complètement ringu’, tous les vrais jeunes y savent c’que ça veut dire « COOLOS », ça veut dire « super cool », quoi ! Tu dis ? Aujourd’hui il vaut mieux dire que c’est « trop bon » ou que c’est « d’la balle » ? Ah bon… Mince, ça m’apprendra aussi à mater que des teenage movies 80’s pendant une semaine. Tant pis, le nerd qui est en moi me supplie de ne pas grandir parce qu’il pressent bien que les années 90 seront hostiles, sans parler de la fin du monde qui aura lieu à l’aube de l’an 2000, si si. Mais en attendant que le chômage et le sida nous tombent sur la gueule, on peut continuer à s’éclater en toute insouciance parce que la vie dans les années 80 c’est COOLOS !





No Sleep Till Brooklyn





Wouaaah ! Trop coolos comme ambiance, les mecs !!


Oui bon, rassurez-vous je ne suis pas vraiment schizophrène, non, tout ça c’était juste pour vous resituer le contexte dans le cortex, un contexte très coolos donc puisque nous sommes en 1984 et que la Cannon du flamboyant duo Golan & Globus est en pleine exploitation du phénomène rap / breakdance, un truc qui marche fort auprès des jeunes (House Rap, Breaking Street 1 et Breaking Street 2 : Electric Boogaloo). Très coolos au niveau du tiroir-caisse, tout ça. Favorablement impressionnée par le flair du tandem israélite, la concurrence se dit qu’il serait peut-être temps de s’y mettre. D’où Breakdance Party. En s’attelant au scribouillage du scénario mais aussi des chansons (paroles & musique), le réalisateur Ken Handler s’est logiquement inspiré du processus artistique des executives de la Cannon, c’est-à-dire en choisissant de ménager ses neurones au maximum histoire de pouvoir en profiter pleinement pour les activités vraiment importantes (compter ses sous, tout ça). Du coup, pour coller au mieux à l’esprit du projet, je ménagerai aussi les miens en vous reproduisant texto le résumé de la jaquette, et ce par pur professionnalisme ne vous y trompez pas :



« Depuis qu'tu danses plus tu déconnes, frère »



Un micro-haut qui aurait de quoi rendre jaloux Bruce Baron !


« De nos jours le métier de coursier n’est pas de tout repos. Et pour nos trois héros les mésaventures commencent lorsqu’ils décident de s’inscrire à un concours de danse. En effet un mystérieux homme oblige leur patron à les envoyer faire des livraisons dangereuses dans des endroits louches, pour les empêcher de gagner le concours. ENFIN PRET POUR LE CONCOURS IL DOIT GAGNER A TOUT PRIX. » [ah mais… je croyais qu’ils étaient trois, il faudrait savoir !]



Attention, scène de tension hyperréaliste :

Delivery Boy 1 : « Regardez-les, EUX ils jouent pas pour des PRUNES, vous savez ! »

Delivery Boy 2 : « Tu parles, une bande de charlots à la mords-moi-le-noeud... »

Le breaker incriminé s'avance, lui jette son couvre-chef (un vilain chapeau à la Joey Jeremia dans Les Années Collège) – « Tiens, mords ça en attendant, et ouvre tes yeux ! » – puis s'en va crânement effectuer quelques figures de breakdance. Y a pas à dire, la violence dans les ghettos fait froid dans le dos...


Première réjouissance, on retrouve dans le rôle du « mystérieux homme » l’immarcescible Mario Van Peebles à l’inoxydable sourire éburnéen (ah non, zut ! quelle pédanterie boursouflée de suffisance… pardon j’ai honte, excusez-moi, il fallait bien entendu lire « le toujours très coolos Mario Van Peebles au sourire non moins coolos », ceux qui suivent auront rectifié d’eux-mêmes), confiné dans la peau d’un aigrefin notoire dénommé Spider. Un rôle de méchant pas beau assez ingrat. Deuxième réjouissance, ben euh… il faudra la chercher ailleurs puisque côté interprétation, le reste du casting se résume à une ribambelle de p'tits jeunes au charisme de gnous empaillés qu’on imagine recrutés sur le tas dans une MJC de Brooklyn.



Je veux le "m", le "a", le "r", le "i", le "o"… MARIO ! ! !



Que dis-tu ? Ce film me vaudra une fiche sur Nanarland ??



Mouahahahaha !!!



Graines de star (ain't no place to go but higher… mwahahahaha)


L’opportunisme de l’entreprise apparaît double : cibler d’une part les apprentis breakers, de plus en plus nombreux, d’autre part les « delivery boys » du titre original, les jeunes des pays anglo-saxons exerçant généralement une foule de petits boulots pour financer leurs études et leurs sorties du week-end (question de culture, les Latins se laissent eux plus volontiers assister par leurs parents ou l’Etat !). Les breakers assureront la partie musicale du film, les garçons de course la partie comédie, en mélangeant les deux on obtient… ben oui, une « comédie musicale », voyez c’est pas bien compliqué l’industrie ciné.



Les 80’s, les bandeaux, les bottines argentées, les tours du World Trade Center, tout ça…



« Tu bouges comme un Blanc, faut avoir le feeling ! »



« Hé, vise un peu ça !! »



Un breaker-livreur s'est travesti (gag)


Une scène au moins mérite d’être élevée sur le pavois : le jour J du grand concours de breakdance, un membre des Delivery Boys (s’agissait-il de Sir Fresh ? de Scandal ? de Fast Action ? J'avoue ne plus m'en souvenir...) s’en va discuter le bout de gras avec le Créateur dans une église de quartier. S’en suit ce dialogue étourdissant : « Dieu, écoute j'ai à te parler... plus j'y pense et plus j'le dois (...) avec le breaking je me sens sur une autre planète... Quand je me sens mal, je danse et je danse ! Et je suis tout à fait libre, tu comprends ? C'est dans les tripes ! Ce soir, il faut qu'on gagne (...) fais-nous gagner juste une fois, j't'en prie... tu sais, mes potes et moi... on est cools ! »



L’un explique à Dieu que le breakdance c’est sa drogue et que ses potes et lui mériteraient de gagner parce qu’ils sont coolos…



…tandis qu’un autre enchaîne une série de saltos dans la travée centrale de l’église. Une séquence très « Dieu m’a donné la fooiiiiiii » (Ophélaï™), histoire sans doute de favoriser l’identification des Latinos et des Ritals qui, comme tout amateur de stéréotypes le sait, sont des gens très pieux.


Malheureusement, après un départ en fanfare, Breakdance Party se tasse et se dessèche comme une petite vieille au soleil et, par un pénible phénomène de mimétisme, il en va de même de l’enthousiasme du spectateur. Celui-ci s’expose à des risques de cyclothymie aiguë au-delà de la première demi-heure, conséquence d’un taux de nanardise vaguement sinusoïdal selon qu’on soit en mode « musical » ou en mode « comédie ». On assiste alors, forcément déçu, à une alternance de séquences pêchues mais de plus en plus rares (breakdance, look et ambiance furieusement années 80, répliques d’un autre âge lancées par des doubleurs complètement à côté de la plaque… coolos !) et d’autres mornes et ennuyeuses comme la pluie (livraisons de pizzas tièdes, humour de plomb, remplissage éhonté… définitivement pas coolos). Ca démarrait bien pourtant… Allez, un point pour Menahem et un pour Yoram, comme ça pas de jaloux chez les muses.



Ambiance guitare au coin du feu à la belle étoile



Oh la belle bleue !

[Notez que les membres de son posse ont l’air de s’en foutre royalement... (bon, c'est pas tout mais quand est-ce qu'on nous paye ?)]




The Brooklyn MJC All-Stars




John Nada
John Nada

Breakdance Party

Liens utiles

  • Le réalisateur Ken Handler est le fils de Ruth et Elliott Handler, qui avaient également une fille, Barbara. Le nom de leurs enfants est celui que le couple a donné à la célébrissime poupée qu'ils ont créée et commercialisée, Barbie, bientôt rejointe par son compagnon Ken. Informations et anecdotes à ce sujet sur cette page du site "Man Behind the Doll".

Ils l'ont dit


  • La métaphysique du breaker
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Les notes des membres

Moyenne : 2.58
avatar de John Nada John Nada : 2
avatar de Kobal Kobal : 2.75
avatar de Labroche Labroche : 3

Cote de rareté





Un DVD anglais zone 2 est sorti début 2005 chez "Avenue Entertainment". Une édition simple, avec VO uniquement, chapitrage et zéro bonus. Avantage : un prix modeste.



Pour la VF, il faudra mettre la main sur une des éditions VHS sorties chez nous, celle de Panorama Studios (en fait Initial) titrée Breakdance Party ou celles de New World Video ou de Lange titrées Garçons de Course (visuels ci-dessous).



Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation