Accueil > Chroniques > Nanars à main armée > Crimes et délits > Cobra

Cobra

Note :
4
Jawad
Jawad

Chronique



Le jeu vidéo sur cassette pour ZX Spectrum ! Toute une époque.




Bon, je dois avouer que je porte une tendresse toute particulière au « Cobra » de George Pan Cosmatos, qui à mes yeux cristallise à peu près tout ce qui se faisait de pire en matière de blockbuster griffé années 80. Adapté du roman « Fair Game » de Paula Gosling, le scénario signé Sly himself n'en retient qu'une vague trame et démontre que la 87ème minute d'un long-métrage n'est jamais trop tardive pour faire plus débile que les 86 précédentes. Dans le désordre, rappelons qu'il s'agit d'une production Mehamen Golan / Yoram Globus, patrons de la mythique Cannon Group Inc. (responsable de mémorables Chuck Norrisseries dont les furieux « Invasion USA » et « Delta Force », « Les Maîtres de l'Univers », et même d'un Godard jamais vu, une adaptation du « Roi Lear »), que Stallone et Nielsen s'aimaient bien à l'époque, que le film passe chaque année à la télé et qu'il serait dommage de se priver d'une séance de rattrapage pour ceux qui traînent. Le film arrive en 1986 avec l'objectif de faire encore mieux que « Rambo II : la mission », comprenez plus de morts. Pari réussi puisqu’en l’espace d’1 heure 30, le personnage de Cobra remplit plusieurs morgues à lui seul. Malheureusement le film fut l'un des plus gros échecs commerciaux de la carrière de Sly, et ça vous voyez c'est injuste. Injuste car tout avait pourtant été mis en oeuvre pour retenir l'attention du public-cible.







Un monument à la gloire de Sly : est-il besoin d'en rajouter...




Sly, alias Marion Cobretti, ne se nourrit que de pizzas surgelées et doit protéger la plantureuse Brigitte Nielsen. Celle-ci mesurant 1m 95 sans les chaussures, soit une bonne tête de plus que Sly, le spectateur met un bon quart d'heure à comprendre qui protège qui. Oui mais ce serait vite oublier que Marion est LA FORCE DE LA LOI comme le rappelle sobrement cette affiche sur fond rouge sur laquelle Stallone, protégé par ses lunettes yeux de mouches, prend la pause, allumette en coin de bouche (un mec sain) et uzi prêt à l'emploi (puisqu'il est sain je vous dis).





Un sacré corps à garder...




Cobretti est l'homme que tout le monde craint, ses collègues les premiers, qui ne l'appellent que lorsqu'une situation semble inextricable. Là où il passe, la paperasse trépasse. La séquence d'ouverture nous invite à une prise d'otage saignante dans un supermarché, lieu d'interaction entre "Cobra", notre valeureux justicier, et ce dégoûtant sadique qui a déjà massacré quarante douze innocents.





Ne vous y fiez pas, sous cette apparence virile se cache en fait un grand sensible.




Morceaux choisis (en VF) : « Je suis un héros du Monde Nouveau », ce à quoi Stallone répond « je ne traite pas avec les caractériels, je les supprime ». « Je vais tout faire exploser » rétorque alors le bonhomme suant, mal rasé, mal habillé et à l’accent Latinos (le méchant). « Vas-y, j'irai faire mes courses ailleurs ». Dès lors le film sombre dans une sorte de quatrième dimension dialoguée qui ne peut s'apprécier qu'à la cinquième vision.





Exclusif, Stallone sait lire !




En milieu de film, un clip intégré (les bonus avant l'heure) vient ponctuer la cavale des méchants (des néo-nazis dans le livre original, à l'écran une sorte de secte dont la motivation première est de faire le mal, soit). A l'époque du Top 50, le chanteur iroquois Jean Beauvoir braille "Feel the Heat" dans la plus pure veine des chanteurs du groupe Europe. Un travail d'esthète absolu.





Toute l'esthétique des 80's




Violence complaisante, mise en boîte à l'arrache, idéologie bronsonnienne : pas une faute de bon goût ne manque à la liste des ingrédients qui font de « Cobra », un film en dehors de toute captation rationnelle. Du plaisir pur... L'affiche était là pour rassurer le citoyen : « Le Crime est un poison. Voici l'antidote. » Ouf, on est sauvés alors.





Le méchant n'est autre (encore une fois) que cette pure trogne de Brian Thompson (j'adore cet acteur).






Jawad
Jawad

Cobra
PUB

Les notes des membres

Moyenne : 2.96
avatar de Jawad Jawad : 4
avatar de John Nada John Nada : 3
avatar de LeRôdeur LeRôdeur : B.F.
avatar de Mayonne Mayonne : 3
avatar de MrKlaus MrKlaus : 3
avatar de Peter Wonkley Peter Wonkley : 4
avatar de Rico Rico : 3
avatar de Wallflowers Wallflowers : 0.75

Cote de rareté

Ce film est aussi une belle histoire d'amour (avec des flingues, ce qui est toujours plus romantique). En effet Sly et Brigitte formaient à l'époque un couple qui faisait la joie des paparazzis. Il se séparèrent hélas juste après le tournage.







Les amateurs de comédies romantiques pourront donc retrouver cette douce bluette dans un DVD "Warner" qui, malheureusement, se contente simplement d'afficher un vaste choix de langues pour tout bonus. On pourra préférer le zone 1 (comportant les mêmes langues dont le français en dolby) qui, pour moins cher même avec les frais de port, nous offre un making of d'époque et un commentaire audio du réalisateur.
Cote de rareté : 1/Courant Consulter le barème de notation