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Les Guerriers du Bronx 2

  • Titre original : Fuga dal Bronx
  • Titres alternatifs : Bronx Warriors 2, Escape 2000, Escape from the Bronx
  • Réalisateur : Enzo G. Castellari
  • Année : 1983
  • Pays : Italie
  • Genre : Le Bronx, la brute et les truands (Catégorie : Post apocalyptique)
  • Durée : 1h29
  • Acteurs principaux : Mark Gregory, Henry Silva, Timothy Brent (Giancarlo Prete), Ennio Girolami, Massimo Vanni, Antonio Sabato, Valeria D'Obici, Moana Pozzi, Romano Puppo
Note :
3
John Nada
John Nada

Chronique



1982 : Enzo G. Castellari est à la recherche d’un héros pour son prochain film, Les Guerriers du Bronx. Il recrute un jeune inconnu dans la salle de muscu de son quartier, Marco Di Gregorio, qu’il rebaptise promptement Mark Gregory pour l’exportation, et l’envoie s’ébaudir au milieu de figurants grimaçants dans des terrains vagues new-yorkais censés figurer le Bronx du futur. L’effet est saisissant : avec une expressivité que ne lui envierait pas une huître mazoutée, Marco se révèle aussi crédible en meneur d’hommes charismatique qu’un caniche rose en chien d’attaque et suffit à nanardiser tout le projet.



Et soudain… le doute.



Une édition DVD allemande, avec un visuel qui copie-colle celui de la jaquette de 2072 les Mercenaires du Futur (ci-dessous).



En 1983, Castellari remet le couvert pour un second opus, logiquement titré Les Guerriers du Bronx 2 chez nous (Fuga dal Bronx en VO, plagiat intégral du titre italien de New York 1997, qui traduit fidèlement Escape from New York par Fuga da New York). Prétexte fallacieux à une débauche d’action dans le plus pur style « bisserie ritale », le scénario demeure grosso modo le même : dans un futur proche où la société est plus que jamais sous le joug de multinationales sans scrupules, l’une d’elles souhaite faire table rase du vaste dépotoir qu’est devenu le Bronx pour y reconstruire du tout nouveau tout beau. Pour ce faire, elle charge l’impitoyable Wangler (Henry Silva dans un énième rôle de salaud) et ses exterminateurs d’éradiquer la vermine qui hante encore les lieux, à savoir des miséreux qui n’ont d’autre endroit où aller et quelques loubards punkoïdes. C’est la curée : la faune bigarrée du Bronx se fait lâchement massacrer par le Grand Capital et un nazillon sadique. Révolté, le spectateur ne peut que serrer ses petits poings rageurs dans l’attente d’un héros authentique. Celui-ci surgit alors à moto, incarné par un Mark Gregory moins expressif que jamais, crinière d’étalon au vent et buste ceint dans un débardeur à tête de mort du plus bel effet. Trash est de retour. Le public de nanardeurs applaudit à tout rompre.



Alors qu’il s’apprête à uriner sur sa motocyclette (un obscur rituel propre aux tribus du Bronx)…



…Marco est surpris par un voyeur en hélico !



Aussitôt il dégaine son outil…



…et fait feu sur le pervers…



…qui s’avèrera finalement n’être qu’un vil mannequin en mousse…



…quittant ce monde perclus de préjugés sur une belle pirouette digne des grands esprits.



Henry Silva tente un sourire débonnaire. Encore quelques progrès à faire…


Une fois n’est pas coutume, Castellari tourne vraiment dans des quartiers délabrés de New York pour un budget qui n’en demeure pas moins minime et un résultat qui culmine assez haut sur l’échelle du grotesque, avec, de temps à autre, quelques pics particulièrement réjouissants. Le film se résume peu ou prou à un long combat urbain, avec ses jeux de cache-cache entre deux immeubles en ruine et une usine désaffectée, ses roulés-boulés dans les gravats et ses figurants locaux qui grimacent beaucoup pour jouer les durs. Les exterminateurs, vêtus de seyantes combinaisons argentées certes guère discrètes mais tellement élégantes, trottinent comme ils peuvent en essayant de ne pas s’étaler malgré la buée qui recouvre la visière de leurs casques. Les fourgons dont ils s’extirpent à tâtons ressemblent furieusement à des camionnettes de marchands de glace travesties à la va-vite au canon à peinture, signe que les recycleurs fous ont encore frappé un grand coup.







I want to believe (Henry Silva, 55 ans, exterminateur de pauvres).



Giancarlo Prete alias Timothy Brent, un fidèle de Castellari (La Mort au Large, Les Nouveaux Barbares)


Perdu au milieu de toute cette agitation, Trash / Mark Gregory crapahute comme un ahuri, lâchant de temps à autre quelques savoureux apophtegmes d’une voix rocailleuse de dur revenu de tout (le doubleur est familier : c’est Alain Dorval, qui prête notamment sa voix à Stallone !) qui colle mal au visage angélique de l’acteur (Mark Gregory n’a alors que 18 ans).









*** The Star ***


Les balles ne cessent de fuser et les corps de s’écrouler, par douzaines, dans des ralentis penckinpiesques. Comme le soulignait Rico, le ralenti est une constante dans l’œuvre de Castellari, qui l’utilise à l’envi pour bien souligner l’intensité dramatique de l’action. Autre marque de fabrique du réalisateur : les explosions de mannequins en mousse. Ainsi, quand les deux effets sont conjugués (explosion de mannequin en mousse au ralenti), on a du Castellari pur jus.





Danse avec les figurants.









MEURS SALE CAMIONNETTE DE MARCHAND DE GLACES TRAVESTIE !!!


Dans l’interview exclusive du maestro dont s’enorgueillit Nanarland, celui-ci joue la carte de la dépréciation : « Je n’ai pas grand-chose à dire sur Les Guerriers du Bronx 2. C’est un film qui ne m’est pas personnel, et qui a été tourné uniquement pour profiter du succès du premier. Je ne l’avais pas revu depuis sa sortie : ce n’est qu’en revoyant le film vingt ans après, à la projection de la Cinémathèque Française, que j’ai fini par en comprendre l’histoire ! Sincèrement, ce film ne me plaît pas. En plus, Mark Gregory avait plein de problèmes familiaux, du coup il avait arrêté la musculation et, même physiquement, il ne collait plus au rôle ! »











Marco vient de perdre sa môman, rôtie par un lance-flammes avec des exterminateurs au bout. Grand moment d’intensité dramatique (alors moi maintenant je dis VENGEEEAAAAANNCE !!!!!).



Maintenant qu'il est orphelin, Marco va être pris en charge par la DAS.









Et pourtant, Les Guerriers du Bronx 2 surpasse sans mal le premier, essentiellement parce qu’il est beaucoup plus rythmé. Certes, il n’offre rien de bien original mais au moins on n’a pas le temps de s’ennuyer. En faisant preuve d’un peu d’indulgence – c’est-à-dire s’il parvient à tempérer son cynisme railleur – le spectateur pourra même trouver quelques côtés bien noirs au film, une violence à la fois « récréative » (tout pour l’action) et sans pitié, toute une coloration pessimiste absente du premier volet. La majorité impénitente des nanardeurs n’aura cependant aucun scrupule à se gausser bruyamment devant cette valeur sûre.













Ayé, tout le monde il est mort ? Bon ben allez, un cassoulet et au lit.


Dans une interview accordée au magazine Impact, Castellari avait évoqué le projet de tourner un troisième volet des aventures de Trash, intitulé "Il Ritorno del Guerrieri del Bronx". Un projet qui n'aura malheureusement jamais vu le jour.



Addendum de Nikita :



Elle, c'est Moana Pozzi, une blonde en plumes d'autruche qui joue la copine du chef des rebelles... et qui devint par la suite la reine du porno en Italie. Elle est décédée prématurément en 1994. Pour les Italiens, c'est une sorte de mélange entre Brigitte Lahaie et James Dean !



Dans l'interview, Castellari l'évoque en ces termes :

« Moana Pozzi avait une liaison cachée avec l'un de mes amis. Comme je tournais à l'étranger, il m'a demandé de lui donner du travail sur ce film, afin de pouvoir passer du temps avec elle sur le tournage. C'était lui qui payait tout, y compris son salaire à elle ! Moana était une jeune femme de bonne famille, intelligente et cultivée, et j'ai été très surpris qu'elle donne dans le cinéma porno. »



John Nada
John Nada

Les Guerriers du Bronx 2

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Comme son aîné, ce film a bénéficié d'une ressortie DVD chez "Fravidis" en édition simple ou en coffret pseudo collector. Ne vous laissez pas leurrer par l'éditeur, vous n'y trouverez qu'une copie potable (au format 16/9 mais en letterbox), une V.F. et une maigre filmo d'Henry Silva pour tout bonus. C'est chiche mais bon, c'est quand même l'essentiel...

Il existe aussi un Blu-ray chez "Blue Underground" (visuel en en-tête de chronique) uniquement en anglais sous-titré français mais avec un commentaire audio et un entretien avec Castellari et l'avis surement très avisé d'un certain Lance Manley, autoproclamé plus grand fan mondial du film... Mouais, ils connaissent pas notre John Nada eux...





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