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Kaine le Mercenaire

  • Titre original : The Warrior and the Sorceress
  • Réalisateur : John C. Broderick
  • Année : 1984
  • Pays : Etats-Unis / Argentine
  • Genre : Le nichon, c'est bon, mangez-en ! (Catégorie : Heroic-fantasy)
  • Durée : 1h21
  • Acteurs principaux : David Carradine, Maria Socas, Luke Askew, William Marin, Anthony De Longis
Note :
2.25
Nikita
Nikita

Chronique

L’un des drames de l’héroïc-fantasy, qui pourrait expliquer son succès tardif sur les écrans, est probablement son absence de véritables films-locomotive. Au contraire de la science-fiction ou du western, le genre « sword and sorcery » aura en effet eu le malheur d’avoir des sous-produits avant même d’avoir des chefs-d’œuvre. Le succès sans lendemain d’un « Conan le barbare » fut en effet suivi par de très nombreuses séries B qui enterrèrent le genre avant même qu’il n’ait réellement éclos. L’héroïc-fantasy devait végéter, entre « Thor le guerrier » et « Les Barbarians », jusqu’au « Seigneur des anneaux » de Peter Jackson.







Parmi les parents pauvres qui devaient contribuer à décrédibiliser le genre, on pourra sans doute compter ce « Kaine le mercenaire », qui concentre une bonne partir des tares de la mauvaise fantasy. Scénario rebattu, héros stéréotypé, exploitation bas de gamme, ce film américano-argentin de John C. Broderick appartient à la même veine du fantastique au rabais que le fameux « Barbarian Queen », qui n’avait d’intérêt que la plastique de ses actrices, en élevant le plan nichon au rang des beaux-arts. Le réalisateur de « Barbarian… », Hector Olivera, est d’ailleurs le producteur de « Kaine… », qui perpétue la même réjouissante absence de bon goût.







L’affiche est d’ailleurs aussi mensongère que paradoxalement fidèle à l’esprit du film : « Kaine le mercenaire ! Un héros qui en a dans le slip ! Une héroïne avec quatre seins, pour deux fois plus de plans nichons ! » Sauf qu’à aucun moment David Carradine n’apparaît dans ce costume de plagiste médiéval et que, s’il y a bien une femme à quatre seins, elle ne fait qu’une apparition dans le film et n’en est nullement l’héroïne. Néanmoins, ce visuel résume assez bien le style d’une oeuvre qui réussit à coupler laideur, vulgarité et pauvreté dans une réjouissante synthèse de l’héroïc-fantasy sans imagination et sans moyens.







« The Warrior and the sorceress » suit les aventures d’un héros solitaire qui a la bonne idée d’avoir presque le même nom que le héros de la série « Kung Fu ». Ca tombe bien, c’est David Carradine qui joue le rôle. Notre Kaine, qui est un mercenaire (pour ceux qui n’auraient pas lu le titre), parcourt un monde désertique et sans lois, fréquenté par des guerriers sanguinaires et malpropres qui oppriment les pauvres en ricanant comme des gros lourds. Voilà un univers tout droit sorti d’un mauvais western spaghetti. Et ça tombe bien, encore une fois. Car le scénario repompe manifestement tous les clichés d’un scénario de western, à croire que les auteurs ont acheté un vieux script inutilisé à Cinecittà et se sont contentés de le transposer dans un univers d’héroïc-fantasy.



Kaine arrive donc dans un village dont deux seigneurs de la guerre, le sadique Zeg et l’adipeux Bal Caz, se disputent à la fois la domination et le puits, unique source d’eau. Zeg retient de plus en otage une jeune magicienne, Naja, qu’il souhaite obliger à lui forger une épée invincible.





Des décors en carton-pâte véritable !





Des éclairages réglés par le frère débile de Mario Bava !





Des costumes refusés sur « Les Nouveaux Barbares » !





Zeg, interprété par Luke Askew, comédien hippie à la curieuse carrière qui apparut dans « Easy Rider » et « Pat Garrett et Billy le Kid », mais aussi dans des westerns-spaghettis, et qui retrouva Carradine aux Philippines dans « Dune Warriors ».





Bal Caz et son conseiller-reptile.







Cynique comme un Clint Eastwood période Sergio Leone, notre héros va évidemment manœuvrer pour dresser les deux camps l’un contre l’autre et libérer les villageois du joug des deux affreux, tout en s’emparant de l’or d’une main en pelotant l’héroïne de l’autre. Le scénario, très classique, n’est pas plus mauvais qu’un autre et aurait pu donner un film de genre sympathique.







Mais c’était compter sans John C. Broderick. Nettement plus prolifique comme producteur que comme réalisateur, notre homme fait preuve ici d’un manque de sens visuel assez remarquable, guère aidé par des décors en mousse et des costumes laids au possible. Les effets spéciaux remportent notamment le pompon, avec des créatures animées particulièrement peu vivantes. Mention spéciale à la marionnette qui figure le conseiller reptilien de Bal Caz, sorte de réplique en live du serpent dans le dessin animé « Robin des bois » version Disney : une véritable chaussette, qui ne ferait même pas illusion dans un spectacle de kermesse !









Des monstres en plastique premier choix !





Carradine est une star, et il faut le traiter comme tel sur les tournages.




David Carradine, l’air pas très concerné, assure cependant sans faillir son numéro de héros sans peur sinon sans reproche. On ne peut pas en dire autant de tous ses partenaires, qui sombrent souvent dans le ridicule, la faute en incombant généralement à des personnages caricaturaux et à des maquillages vraiment moches. On ne saurait cependant trop recommander la vision du film en VF tant le doublage renforce la nanardise de l’ensemble : le personnage de Bal Caz, seigneur vil et poltron, se voit ainsi affublé d’une voix de castrat particulièrement grotesque.





Le marchand d’esclaves, troisième grand méchant du film.




Mais le vrai point fort du film, c’est évidemment l’abondance de ses plans nichons. « Barbarian Queen » était déjà une sorte de film-somme, prenant tous les prétextes imaginables pour déshabiller ses actrices. Sommé de dépasser ce record, le réalisateur a alors accouché d’une idée géniale : pourquoi ne pas créer un costume qui rendrait le plan nichon inévitable ? C’est simple, mais il fallait y penser : Maria Socas, l’interprète de la sorcière Naja, portera un habit qui lui laissera en permanence les seins à l’air ! Un grand bravo au concepteur de cette idée : à quoi tiennent les grandes réussites artistiques !





Festival Maria Socas.




On en oublierait presque la danseuse à quatre seins, autre clou du film, d’autant qu’une de ses paires de loches ne bouge pas de la même manière que l’autre (un individu mal intentionné me chuchote que c’est parce qu’une des paires est fausse, mais je le traite par le mépris).





Cecilia North, dans le (seul) rôle de sa vie.







Sans être un must absolu, « Kaine le mercenaire » est un agréable nanar cheap à l’ancienne, plombé par une esthétique misérable, incapable de transcender la pauvreté budgétaire. Le scénario, plutôt basique, est celui d’une série B routinière, mais l’abondance de mauvais goût, la médiocrité du doublage français et surtout l’exhibition bétaillère des interprètes féminines (de toutes les interprètes montrables) font basculer le film dans les limbes nanardesques. A voir comme une expression d’un cinéma bis agréablement ringard, pas si caduc que ça en comparaison de certaines nazeries plus récentes comme « Vampire Assassin » ou « House of the Dead » mais qui croule sous le poids des ans par rapport à la trilogie de Peter Jackson. Un vrai petit nanar des familles bien sympathique, à regarder entre amis !





David pique un roupillon en attendant qu’un bon réalisateur l’appelle.






Nikita
Nikita

Kaine le Mercenaire
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Les notes des membres

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Cote de rareté

Le film bénéficie comme la plupart des productions Corman d'un DVD américain chez "New Concorde Home Entertainment" (la marque maison) avec quelques filmos et une bande-annonce. Il semble hélas épuisé pour le moment. On pourra se rabattre sur le zone 2 disponible en Angleterre chez "Prism Leisure Entertainment" qui semble lui dépourvu du moindre bonus.



En France, pas de sortie DVD en vue. Nous devrons encore nous contenter de la seule sortie vidéo connue, aux éditions "Vestron Vidéo".



Cote de rareté: 3/Rare Consulter le barème de notation