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Les Maîtres de l'Univers

  • Titre original : Masters of the Universe
  • Réalisateur : Gary Goddard
  • Année : 1987
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Par le pouvoir du nanar ancestral (Catégorie : Super-héros)
  • Durée : 1h46
  • Acteurs principaux : Dolph Lundgren, Courteney Cox, Billy Barty, Meg Foster, Frank Langella
  • Producteur : Menahem Golan
Note :
4
Alf
Alf

Chronique



Le succès de la ligne de jouets « Les Maîtres de l’Univers », c’est vraiment un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ! On les voyait partout !! (du moins, si l’on squattait les rayons appropriés dans les magasins). Et Musclor avec son armure spéciale, et les nouvelles créatures par collections entières (Hordak et sa horde, les homme-serpents…) : de quoi bouffer tout l’argent de poche indûment soutiré à vos parents ! Inutile de dire que pour des milliers (millions ?) de petits merdeux amateurs d’horreurs en plastique, la sortie du film (The Movie !) était un véritable événement.





Souvenirs, souvenirs.





Au final, « Les Maîtres de l’Univers, le film » se situe sous le signe d’un triple échec : celui de Cannon, le studio de production, et de son boss Menahem Golan, à se positionner comme une grande compagnie productrice de blockbusters hollywoodiens ; celui de la tentative de faire de Dolph Lundgren une star à part entière ; celui, enfin, de créer autour des poupées Mattel de la collection Maîtres de l’Univers un univers crédible susceptible de rivaliser avec celui « Star Wars » .



Overdose de kitsch pailleté digne du « Flash Gordon » version Dino De Laurentiis, l’unique film en tant que réalisateur de Gary Goddard se perd dans un délire trop niais et manichéen pour les adultes et trop peu cohérent pour les enfants, échouant au final à satisfaire le moindre de ses publics potentiels.



Un effort est quand même fait pour rappeler un peu l’univers original.



Musclor (Dolph Lundgren).



Cette vérole de Skeletor (Frank Langella).



Le Maître d’armes et Teela.


Le récit commence alors que la planète Eternia vient d’être conquise par le vil Skeletor et son armée de soldats en armure ressemblant bizarrement à des fusions entre Dark Vador et les troupes de l’Empire de « Star Wars ». Musclor, héros déchu d’Eternia, est contraint à la fuite en compagnie de ses amis Teela et le Maître d’armes : grâce à une clé cosmique du pouvoir galactique de machin-chose (mise au point par un ingénieur nain reprenant le rôle de sidekick comique tenu par Orko dans la série de dessins animés), nos héros franchissent un portail dimensionnel et atterrissent sur la Terre. Les sbires de Skeletor les poursuivent malheureusement à travers l’espace : sous l’œil interloqués de gentils teenagers ricains devenus les copains des héros, un combat titanesque s’engage entre ce gros bœuf de Musclor et les vilains pas beau, jusqu’à ce que Skeletor en personne se décide à attaquer la Terre avec ses troupes.







Comment ça, « c’est pas beau de copier ? ».


Musclor, c’est Dolph Lundgren, et le moins que l’on puisse dire est que celui qui piquait la vedette à Sylvester Stallone dans « Rocky IV » n’a pas vraiment fait le bon choix avec ce film censé le starifier de manière définitive. Sympathique et avenant, mais réduit à un rôle de héros primaire et balourd sans la moindre personnalité, le bon Dolph ne peut guère compter que sur sa belle gueule et ses pectoraux d’acier pour ne pas se faire totalement éclipser par les autres acteurs et/ou les effets spéciaux.







« Par le pouvoir du Nanar ancestral, je détiens la force toute-puissante ! »


Comme de juste, c’est Frank Langella qui se taille la part du lion et pique la vedette à Dolph Lundgren à force de cabotiner goulûment dans le rôle de Skeletor (même enfoui sous un impensable masque en caoutchouc, il est meilleur comédien que Dolph, ceci explique peut-être cela. On notera également la présence la toujours intrigante Meg Foster (« Invasion Los Angeles »), qui joue le rôle d’Evil-Lyn (en VF, Malicia) la compagne de Skeletor, ses superbes yeux bleus étant ici recouverts de lentilles de contact bleu électrique lui donnant l’allure d’une extraterrestre shootée. Pas grand-chose de convaincant à se mettre sous la dent questions méchants, le reste des personnages étant réduits à leur statut de sbires grand-guignolesques.





Skeletor, dictateur nanar de l’espace.





Les quatre guerriers d’élite de Skeletor... (si si)





Meg Foster et ses yeux revolver.




Gwildor, l'indispensable (mouais) élément comique du film...



Ouéééé, Courteney !


Côté gentils, les amateurs de « Friends » apprécieront tout de même la présence d'une toute jeune Courteney Cox, alors connue pour la série « Superminds », toute mimi et pas encore transformée en working girl squelettique. Si elle se montre plutôt attachante, elle n’est cependant pas encore de taille à conférer une quelconque crédibilité à cette superproduction à la dérive. « Les Maîtres de l’univers », qu’il s’agisse des versions en BD ou en dessin animé, n’ont jamais bénéficié d’un monde très cohérent, les différentes versions se contredisant joyeusement sur les personnages et leur place dans leur univers de fiction. Ce film leur porte néanmoins le coup de grâce, en ignorant en grande partie certains des personnages les plus familiers du public : pas d’Orko, pas de tigre de combat, aucune mention de la double identité d’Adam/Musclor. On espérait un space-opéra sur Eternia, et à la place on a une escarmouche dans les rues d’un bled américain. Ô rage, Musclor ne prononce pas la célèbre formule « Par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens la force toute-puissante ! » mais, en VF du moins, un très banal « J’ai le pouvoir ! » (on ne nous précise d’ailleurs pas de quel pouvoir il s’agit). Sans ampleur ni audace, le film oscille selon l’humeur entre le film pour enfants gentillet et le nanar kitsch à la naïveté plus ou moins assumée.



Comble du comble, c’est l’acteur jouant le flic terrien (à gauche) qui pique la vedette en se révélant le personnage le plus attachant.



Skeletor en tenue d’apparat.


« Les Maîtres de l’Univers » se voulait le « Star Wars » de la Cannon, il n’est au final qu’un gros pudding trop compact, croulant avec une ostentation de nouveau riche sous un budget pharaonique en oubliant bizarrement d’appointer un scénariste. La production avait pourtant vu les choses en grand : Jean Giraud/Moebius débauché pour concevoir le design du film, des décors grandioses, un générique copié bien comme il faut sur celui de « Superman » version 1978, des emprunts plus ou moins avoués à « Star Wars » et aux comics de Jack Kirby, tout ça pour habiller une pauvre ligne de jouets qui n’en demandait pas tant ; rien n’y fait, la sauce ne prend pas et la substance même de l’« œuvre » originale est trop mince pour supporter pareil traitement.









Preuve qu’il ne suffit pas de balancer au hasard des tonnes de fric sur l’écran pour créer une mythologie convaincante, « Les Maîtres de l’Univers » s’avère au final gentiment risible, un cran au-dessous de « Flash Gordon » pour ce qui est de la S-F kitsch, mais suffisamment ridicule pour constituer une curiosité gourmande. Si l'on est très indulgent, le film peut se voir au premier degré, mais il est conseillé de ne pas laisser tourner son cerveau plus fort que le mode "huit ans d'âge mental". Attention, le public le plus sentimental et le plus nostalgique des années 1980 risque fort de verser une larme sur l’occasion gâchée que constitua ce film pour Dolph Lundgren ! A réserver aux nanardeurs méchants, qui aiment bien piétiner les vieux jouets qu’ils retrouvent dans leurs armoires !



Alf
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Les Maîtres de l'Univers

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  • Pour avoir plus d'infos sur le film et sa genèse, on recommande la lecture de cet article sur le pertinent et ultra-recommandable www.forgottensilver.net.
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Cote de rareté





Malgré sa réputation de plantage kitsch, le film a bénéficié d'un DVD "Warner" avec V.O. et V.F. et quelques maigres bonus, tel une bande-annonce. Curieusement, des forumers nous ont signalé que son prix avait considérablement flambé sur les sites de vente en ligne, dépassant même les 60 euros sur Amazon. Le nanar valeur spéculative ? attention à l'éclatement de la bulle ! Bon tout ça ne nous dit pas quand doit sortir le nouveau film live qu’on nous promet depuis belle lurette (il avait même été question que John Woo s’y attelle !).



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