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Piège à Hong Kong

  • Titre original : Knock off
  • Réalisateur : Tsui Hark
  • Année : 1999
  • Pays : Etats-Unis / Hong Kong
  • Genre : Piège à Kongs (Catégorie : au-delà du nanar)
  • Durée : 1h31
  • Acteurs principaux : Jean-Claude Van Damme, Rob Schneider, Lela Rochon, Paul Sorvino, Michael Wong
Note :
3
Drexl
Drexl

Chronique



Précisons-le tout de suite, le réalisateur de « Piège à Hong Kong », Tsui Hark, est un pur génie. Ce film en est la démonstration la moins évidente et pourtant : Hark a réussi le tour de force de réaliser un nanar volontaire sans que personne ne s’en rende compte avant la sortie de la chose ! Petite explication : à l’aube de la rétrocession de HK à la Chine en 1997, c’est le branle-bas de combat dans la très prolifique industrie ciné de l’archipel. Ses plus célèbres représentants quittent le pays, tenter leur chance aux USA. Tsui Hark profite du mouvement pour se faire la main sur quelques prod’ hollywoodiennes, tournant en rond dans l’industrie chinoise. A son arrivée, les studios lui proposent le bizutage obligatoire de tout réalisateur hongkongais souhaitant bosser à LA : tourner un film avec l’inénarrable Jean-Claude Van Damme. Tsui Hark accepte du bout des doigts, et la suite lui donne raison.



Jean-Claude chantonne de la pop cantonaise dans sa voiture.




Jean Claude fait sa star.


Au plus haut de sa forme, le karatéka belge rend le tournage de « Double Team » insupportable, saoulant Tsui Hark de ses conseils "avisés" (car l’ami Jean-Claude venait de tourner « Le Grand Tournoi », son Lawrence d’Arabie à lui). Resté on ne peut plus amer de l’expérience, les studios lui ayant retiré in fine le contrôle du film, Tsui Hark renie « Double Team » (on le comprend) et accepte plus vicieusement que la première fois de réitérer l’expérience d’un tournage avec Van Damme. Avec « Piège à Hong Kong », Tsui Hark saisit l’occasion de se venger de l’acteur déchu en l’humiliant dès que l’opportunité se présente, tout en profitant des dollars américains pour expérimenter comme un malade sur ses scènes d’action. Le résultat est, convenons-en, assez hallucinant.



Le film débute sur un plan de l’ami Jean-Claude, au volant de sa décapotable, chantant à tue-tête et avec une conviction presque effrayante un tube cantonnais. L’intrigue se fait jour : JCVD est un vendeur de jean’s de contrefaçon, qui comprend plus ou moins vite qu’il est entouré dans son business d’agents doubles traquant des terroristes qui mettent des bombes miniaturisées dans les boutons de braguette de jean’s de contrefaçon, justement.

Carnaval de seconds rôles sympathiques (ce qui exclue Rob Schneider) :



Paul Sorvino, méchant manipulateur, qui a l'air de beaucoup s'amuser dans le film.



Lela Rochon, qui s'investit à fond dans son rôle de d'espionne / femme fatale.



Michael Wong en flic de choc court beaucoup dans le film mais semble peu concerné par les pitreries de Jean-Claude.


Une intrigue qui donne lieu à quelques moments de franc n’importe quoi : souvent persuadé que son jean’s va exploser (symbole d’une hypertrophie de virilité ?), JCVD passe un bon quart du film en caleçon ; dans sa soif de vérité, JCVD alpague des hommes de main en leur demandant le plus sérieusement du monde « alors, toi aussi tu vends des jean’s ?! ».



Un mystérieux explosif aux flammes vertes qui permet à Tsui Hark de beaucoup s'amuser avec son décor...


A noter enfin une scène au pouvoir hypnotique certain, complètement injustifiée au niveau narratif, dans laquelle JCVD se retrouve en pleine course de pousse-pousse (tirant le sidekick comique le plus immonde du cinéma américain, j’ai nommé Rob Schneider) : alors qu’il traverse à la volée un marché chinois, son acolyte se saisit d’une anguille au vol avec laquelle il fouette le cul de JC pour le faire aller plus vite.





L'amicale des commerçants de Kowloon est heureuse de vous présenter sa traditionnelle course de pousse-pousse avec nain.




Pauvre Jean-Claude... le chemin de croix ne fait que commencer...


Dans « Piège à Hong Kong », JCVD fait peine à voir : yeux bouffis, mine hagarde, air carrément absent lors de certaines scènes... on a visiblement à faire avec un homme qui ne se rend plus trop compte de ce qu’il fait. La vengeance de Tsui Hark est si cruelle que l’infortuné Jean-Claude suscite à la fin du film une pitié empathique.





En pleine période cocaïnomane, Jean-Claude affiche une mine de déterré qui fait vraiment pitié à voir. Ce film aura-t-il fait office de thérapie ?


Le point positif du film étant le côté carrément décomplexé des scènes d’action, parfois trop (on trouve dans « Piège à Hong Kong » le premier insert 3D vu de l’intérieur d’une chaussure de l’histoire du cinéma), sur lesquelles on sent pointer la future déferlante visuelle « Time & Tide », premier film de Tsui Hark lors de son retour à Hong Kong.





Drexl
Drexl

Piège à Hong Kong
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avatar de Drexl Drexl : 3
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Cote de rareté

Vous trouverez ce film en édition DVD de chez "Gaumont Tristar Home Cinéma" dans toutes vos bonnes crèmeries. Outre un vaste choix de langue est annoncé un making of qui, s'il n'est pas trop langue de bois, doit sûrement être passionnant.

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