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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Razzie Awards :

Nom communément utilisé pour désigner les Golden Raspberry Awards. Il s'agit d'une parodie américaine des cérémonies de récompenses cinématographiques, créée en 1980 et destinée à distinguer les pires professionnels du 7ème art. En somme, pour faire simple, les Razzie Awards sont les anti-Oscars, ou disons les Oscars de la honte. Ainsi, chaque année sont "récompensés" les pires réalisateurs, pires acteurs, pires actrices, pires scénarios, mais aussi les pires couples d'acteurs et, bien sûr, les pires films.


Un trophée des Golden Raspberry Awards (littéralement : Framboises d'Or).


Les Razzie Awards étant avant tout une cérémonie humoristique, le jury se permet certaines nominations farfelues. Par exemple, l'actrice Barbra Streisand a été nominée au Razzie du pire acteur pour son rôle de travesti dans le film Yentl. Autre exemple, Jean-Claude Van Damme et Dennis Rodman ont été nominés au Razzie du pire couple à l'écran pour Double Team. Plus élégant, Pamela Anderson et ses prothèses mammaires ont été nominées au Razzie du pire couple pour Barb Wire.



Sont nominés aux Razzie Awards des navets (ou du moins, des films considérés comme tels), mais aussi des nanars. Parmi les films chroniqués sur ce site ayant eu l'honneur douteux de se voir attribuer un ou plusieurs Razzie(s), citons :

- Can't stop the Music (pire film, pire scénario)
- Xanadu (pire réalisateur)
- Hercule (pire second rôle féminin pour Sybil Danning et pire révélation pour Lou Ferrigno)
- Rocky IV (pire révélation et pire second rôle féminin pour Brigitte Nielsen, pire réalisateur et pire acteur pour Sylvester Stallone, et pire bande originale ; mais c'est Rambo II, toujours avec Stallone, qui a remporté la même année les Razzie du pire film et du pire scénario)
- Les Dents de la mer 4 : la Revanche (pires effets spéciaux)
- Mac et Moi (pire révélation pour… Ronald McDonald et pire réalisateur pour Stewart Raffill)
- Rambo III (pire acteur pour Sylvester Stallone)
- Cool as Ice (pire révélation pour Vanilla Ice)
- Barb Wire (pire révélation pour Pamela Anderson)
- Double Team (pire couple à l'écran pour Jean-Claude Van Damme et Dennis Rodman, ce dernier se voyant également attribuer les Razzie du pire second rôle masculin et de la pire révélation)
- Spice World (les cinq Spice Girls ont reçu collectivement le Razzie de la pire actrice)
- Battlefield Earth (a reçu en 2001 les Razzies du pire film, pire acteur pour John Travolta, pire second rôle masculin, pire second rôle féminin, pire réalisateur, pire scénario, sans oublier le Razzie du pire couple à l'écran, attribué à « John Travolta et toute autre personne à l'écran avec lui ». En 2005, le film a reçu une récompense spéciale, celle du pire film dramatique des 25 dernières années.)
- Crossroads (pire chanson originale et pire actrice pour Britney Spears)
- Catwoman (pire film, pire réalisateur, pire actrice pour Halle Berry et pire scénario. A noter, fait rare, que Halle Berry est venue en personne chercher sa récompense, tout comme John Rodgers, l'un des scénaristes du film.)

Arnold Schwarzenegger a reçu en 2005 une récompense spéciale, celle du pire perdant des 25 dernières années. Sylvester Stallone a quant à lui reçu en 1990 le Razzie du pire acteur de la décennie 1980, et en 2000 le Razzie du pire acteur du siècle. L'actrice Linda Blair et le cinéaste Uwe Boll ont tous deux été distingués pour l'ensemble de leur carrière (Worst Career Achievement Award), la première en tant que « Razzie scream queen », le second en tant que « Germany's answer to Ed Wood ».



Désormais une véritable institution aux Etats-Unis, les « Golden Rasperry Awards » s'acharnent généralement sur les pires blockbusters hollywoodiens, plutôt que d'aller dénicher d'obscures productions fauchées ou objectivement plus catastrophiques. Une façon pour le milieu journalistique branchouille de régler ses comptes, en faisant preuve d'un humour certes délectable mais aussi de pas mal de mauvaise foi. L'honnêteté exige ainsi de mentionner quelques bizarreries parmi les nominations. Ainsi, en 1984, Amy Irving a été nominée au Razzie du pire second rôle féminin pour Yentl, mais elle a aussi été nominée à l'Oscar pour le même film. De même, un cinéaste de la trempe de Brian De Palma a été nominé au Razzie du pire réalisateur pour… Scarface, alors que ce film n'est pas réputé comme étant l'un de ses titres les plus honteux, loin s'en faut. Ce qui a au moins le mérite de nous rappeler la subjectivité de la notion de « mauvais film » et, par extension, de la notion de « nanar ».



En France, l'équivalent des Razzies sont les Bidets d'or (disparus en 1997), les Gérard et les Brutus (ainsi appelés par opposition aux Césars).

Le site de Razzie Awards : www.razzies.com
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