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Interview de Luigi Cozzi (page 5)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Luigi Cozzi (page 5)


Enzo G. Castellari a dit "J'avais commencé à tourner le film, puis ça s'est interrompu faute de budget, puis ils ont appelé Luigi Cozzi pour finir le film, sans m'en parler..."


Enzo G. Castellari

Non... Enfin, oui... c'était différent... A l'époque, j'avais tourné Les Aventures d'Hercule et Sinbad a été retardé. Puis ils se sont mis à faire de gros films et ils n'ont pas fait Sinbad. J'ai travaillé ailleurs et puis ils ont repris le projet sans moi pour en faire une mini-série de 6 heures pour la télé.

Ils ont appelé Castellari pour ce projet. Castellari a pris mon scénario - qui était prévu pour un film d'1h30 - et s'en est servi comme base pour écrire la série. Mon scénario était plein d'effets spéciaux, et lui les a enlevés pour mettre des scènes de bagarre à la place, il en a fait une sorte de film de kung fu.

Sa marque de fabrique...

Oui, à la place des effets spéciaux... Alors, ils ont tout tourné et monté. Mais quand ils l'ont fini, ça n'a pas plu à la Cannon, qui a décrété qu'ils ne pouvaient pas montrer un truc comme ça à leurs clients qui avaient payé d'avance. Et ils l'ont mis au placard.

Ce n'était pas un problème d'argent qui a fait s'arrêter le tournage ?

Non, le film était fini ! Il y avait 6 heures de tournées, ils l'ont mis au placard et il y est resté deux ou trois ans. Puis j'ai revu les gars de Cannon et ils m'ont dit "Mais tu nous avait écrit Sinbad, non ? On l'a en magasin, tu pourrais y jeter un oeil, pour nous le raccourcir et en faire un film d'1h30 ?"


"Puis j'ai revu les gars de Cannon et ils m'ont dit "Mais tu nous avait écrit Sinbad, non ?"

Vous avez tourné des scènes en plus ?

Oui, et j'ai fait de mon mieux pour isoler les scènes à couper, et revenir à mon ancien scénario. J'ai intégré des effets visuels, car la Cannon n'aimait pas tous ces combats... J'ai réduit le montage à 1h30 et tourné quelques scènes avec Daria Nicolodi en narratrice pour lier le tout. En fait j'ai fait un travail de remontage. Mais le film était fini et c'était tout ce qui comptait... Le résultat fut affreux, d'ailleurs...

Nous aimerions parler de Nosferatu à Venise... Vous avez tourné une partie de ce film, non ?

Non, non...

Nous avons lu qu'il y aurait eu quatre ou cinq réalisateurs.

Plus que ça, même ! Le film a eu une très longue histoire. Le premier réalisateur était Maurizio Lucidi, qui a tourné des scènes d'ambiance, sans Klaus Kinski, au carnaval de Venise. Puis il y a eu Pasquale Squittieri, qui a écrit un nouveau scénario, mais n'a pas tourné. Le tournage n'a pas commencé. Puis on a engagé Mario Caiano, qui a réécrit l'histoire. Et a tourné deux jours.

Dès le premier jour, ils se sont engueulés avec Kinski. Enfin, plus exactement, Kinski s'est engueulé car Caiano était un très brave homme. Mais il a fait très peu sur le film...

Moi j'avais suivi le projet avec Caiano, j'étais censé superviser les effets spéciaux. Quand Caiano a quitté le film suite à son clash avec Kinski, c'est le producteur, Augusto Caminito, qui a pris la mise en scène en main...


"Dès le premier jour, ils se sont engueulés avec Kinski. Enfin, plus exactement, Kinski s'est engueulé..."

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