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Dans les griffes du dragon d'or

  • Titre original : Shadow of the Dragon
  • Titres alternatifs : L'ombre du dragon
  • Réalisateur : Jimmy Williams
  • Année : 1992
  • Pays : Etats-Unis / Canada
  • Genre : Buddy movie en surpoids (Catégorie : Crimes et délits)
  • Durée : 1h32
  • Acteurs principaux : Robert Z'Dar, Gerald Okamura, Jimmy Williams, William Smith, Sandy Palm, Daniel Kong, Ewing Miles Brown, Donna Cherry, Trudy Adams, Tommy Bull, Bill Mills
Note :
3
John Nada
John Nada

Chronique



Aaaah, Dans les griffes du dragon d'or... un titre dont la poésie chante à l'oreille du spectateur la promesse d'1h30 d'exotisme opiacé aux confins de l'Orient éternel, d'aventures périlleuses et de mystères insondables comme le sourire du Bouddha.



Visitez Chinatown de nuit et partez à la découverte des mystères de l'Orient.


Aux Etats-Unis, la deuxième moitié des années 80 a vu naître une petite vague de films centrés sur les agissements des triades chinoises ou des yakuzas japonais, sévissant généralement à New York ou Los Angeles. Dans le haut du panier, ce furent des films comme L'Année du dragon (Michael Cimino, 1985) ou Black Rain (Ridley Scott, 1989). En milieu de gamme, on trouve des titres comme le sympathique et azimuté Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter, 1986) ou Kinjite, sujets tabous (John Lee Thompson, 1989), dans lequel Charles Bronson balançait au méchant des répliques aussi classes et subtiles que "Si tu m'fais des embrouilles, j'te pète les rotules et tu pourras plus t'faire prendre en levrette" (tu nous manques Charlie !). En bas de l'échelle, on trouve tout un tas de bisseries routinières, comme Armés pour répondre (Fred Olen Ray, 1986) et son casting très connoté, ou Les Maîtres de la mort (1988, Doo-yong Lee & Scott Thomas) avec Sam Jones et Linda Blair. Et au fond de la poubelle, en raclant bien les croûtes moisies collées à la paroi, il y a de purs nanars comme le fabuleux Samurai Cop (Amir Shervan, 1989) ou le Shadow of the Dragon qui nous intéresse ici, rebaptisé Dans les Griffes du Dragon d'Or en VF, sans doute pour créer la confusion avec Dans les Griffes du Dragon Rouge (un film avec Dolph Lundgren et Brandon Lee, sorti un an plus tôt et qui surfe lui aussi sur cette petite vague de mafieux orientaux).



La jaquette française de chez FIP, qui copie-colle sans aucune justification la tête de Jorge Rivero !



L'acteur mexicain Jorge Rivero dans "Fist Fighter", qui n'a évidemment rien à voir avec la choucroute.


Pour ce qui est de l'histoire, on évolue donc ici sur un terrain d'autant plus connu qu'il a déjà été défriché, tondu et ratissé un grand nombre de fois. Ici, deux flics bedonnants de Los Angeles traînent leur charisme défaillant au cours d'une enquête dans les milieux du crime martial. Dans leur ligne de mire, le trafic de drogue d'une entreprise d'import-export dirigée par un mystérieux ninja qui se fait appeler "Le dragon du Mékong". Nos héros découvriront que leur ennemi et eux partagent un passé commun lourd de terribles secrets, du temps où ils combattaient dans la même unité, là-bas, au Viêt-nam…



Avant toute chose, il me faut d'emblée évoquer l'élément le plus marquant de ce film : ses héros. Nous sommes en 1992. Dans le cinéma populaire d'alors, en matière de charisme et de notoriété, on trouve en tête de classement des gros bras comme Schwarzenegger ou Stallone. Pas très loin derrière viennent les Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et Steven Seagal. Puis, un peu en contrebas, ce sont des figures comme, mettons, Don "the Dragon" Wilson, Joe Lara, Gary Daniels ou Michael Dudikoff. Beaucoup, beaucoup plus loin, on commence à apercevoir la moustache de Robert Ginty, les paupières lourdes de Chris Mitchum, les joues aérodynamiques de Max Thayer, perdues dans la masse grouillante et bigarrée de centaines de justiciers boîteux, sosies contrefaits, semi-culturistes pachydermiques et autres tatanneurs du dimanche, luttant pour leur survie dans l'univers impitoyable des direct-to-video. Jimmy Williams et Sandy Palm, les héros de "Dans les griffes du dragon d'or", se trouvent eux au-delà de cette foule, complètement hors de vue. Imaginez un marshmallow et un caramel mou passés au micro-ondes, donnez-leur le premier rôle dans un mauvais polar de 3ème zone et vous aurez une vague idée du résultat.



Tony Baker (Jimmy Williams) et Brian O'Malley (Sandy Palm). Des flics comme on n'en fait (heureusement) plus.



Nos héros en plein travail : deux gros boloss avec un steez pas très swagg (je précise ça à l'attention du petit Kevin de Maubeuge, alias "bogoss59", qui commençait à être un peu perdu avec "tou cé mot chelou que tu dis m'ssieur, tsé").


Les erreurs de casting, les héros pas crédibles, on connaît ça. Il suffit de penser à tous ces grands maîtres ninjas ténébreux joués par des touristes occidentaux ahuris dans les productions IFD. Là pourtant, on atteint un stade inédit. Le regard morne, le cheveu terne et la posture avachie, Jimmy & Sandy offrent une caricature grotesque de flics de choc, un duo de héros gélatineux, informes et mous, gras du bide, lourds du cul, avec des mentons qui pendouillent et des bras flasques de vieilles. Imaginez Piège de Cristal avec Paul Préboist et Maurice Risch à la place de Bruce Willis, mais au premier degré, sans élément de comédie ! Jimmy a la silhouette d’un phacochère bien nourri, râblé et courtaud, aussi sexy en débardeur bleu électrique qu'une barrique de gros rouge à la Saint-Jean. Pourtant, à côté de son coéquipier, la simple loi de la relativité lui donnerait presque une allure svelte, la foulée légère et le port altier. Parce que Sandy, lui, a carrément l'air effondré dans son vieux costume, les épaules tombantes, d’énormes valises sous ses yeux tristes, des bajoues de castor malade, et cette manie de tout le temps soupirer comme un vieux chien dépressif.



Jimmy Williams dans son fameux marcel bleu. Quel homme !



Sandy Palm semble lui préférer le rouge. On vous laisse juge.



Prends garde, crime ! Roquentin mène l'enquête !


S'ils avaient la vingtaine au Viêt-nam, ils devraient logiquement avoir la quarantaine, sauf qu'ils en paraissent facile 10 ou 20 de plus. Attention, qu'on ne nous reproche pas de faire du jeunisme ! Après tout il existait à l'époque des séries mettant en vedette des enquêteurs du troisième âge, mais tous avaient leurs atouts. Colombo avait son style, dans Arabesque Jessica Fletcher avait de l'esprit et Derrick avait, euh… un public. Mais Jimmy & Sandy eux n'ont absolument rien, aucun charme, aucune plus-value. Le plus pathétique, c'est cette tentative désespérée d'émuler les innombrables duos de flics qui ont peuplé les écrans des années 80. Eux arrivent bien après la bataille, et nous composent une sorte de parodie involontaire de Deux flics à Miami devant laquelle on ne peut que rire.



Papy & Pipô, la terreur du crime.


Dans les Griffes du Dragon d'Or reproduit maladroitement tous les poncifs du mauvais polar. On arrête un homme de main ? Celui-ci est tué par son employeur avant d'avoir pu parler (quand le flic chargé de le surveiller explique qu'il s'était juste « absenté pour la pause café », Jimmy & Sandy lui disent que tant pis, c'est pas bien grave… on croit rêver !). Pas bien grave en effet puisqu'on trouve dans la poche de la victime un paquet d'allumettes avec l'adresse d'un bar… l'enquête avance ainsi de cliché en cliché. Quand nos deux flics font le coup de feu, comme ce sont des vétérans du Viêt-nam évidemment il y a de la casse, et leur supérieur (Robert Z'Dar) se fâche tout rouge dans la grande tradition du polar ricain des 80's : « Six hommes tués, un blessé et une voiture incendiée, pourquoi faut-il qu'à chaque fois que vous êtes ensemble vous déclenchiez la Troisième Guerre mondiale ?!? ».





Le Capitaine Washington (Robert Z'Dar, malheureusement sous-employé).


En apparence, Jimmy & Sandy sont donc des durs, mais en fait pour ce qui est des sentiments ils sont tout mous à l'intérieur (déjà qu'à l'extérieur…). Jimmy va ainsi se maquer avec Margie, qui est chanteuse dans le fameux bar du paquet d'allumettes, tandis que Sandy vit avec Ellen, une ex-prostituée qu'il a demandée en mariage dans sa cellule de prison (la classe Sandy !). Justification scénaristique à l'appui, nos flics de choc et de charme filent ainsi le parfait amour avec des filles deux fois plus jeunes qu'eux.



Margie McGee (Donna Cherry, qui fut Miss California 84).



Ellen O'Malley (Trudy Adams, vue dans les délicats "Gorgeous Ladies of Wrestling", "Powerful Women of Wrestling" ou encore "Space Girls in Beverly Hills").


Loin d'être anecdotique, la romance entre Tony & Margie nous vaut notamment un somptueux montage en musique. Une séquence désarmante de naïveté, où les deux tourtereaux se baladent en roucoulant d'amour, partagent une glace, rient à gorge déployée, font semblant de manger des fleurs, regardent passer les bateaux, tout ça dans un montage légèrement accéléré, avec un grain différent du reste du film, ce qui laisse penser que ces scènes ont été tournées avec une caméra 16mm tournant en 16 ou 18 images par seconde (traduction : du matos léger qui permet de filmer plus facilement au milieu d'une foule quand on n'a ni autorisation de tournage, ni budget pour payer des figurants). Ce montage rappelle irrésistiblement une séquence analogue dans The Toxic Avenger, avec en fond la musique "Is This Love ?", sauf qu'ici, encore une fois, il ne s'agit pas d'une parodie.







Au comble de la passion, ils mangèrent un paquet de biscuits et se saoulèrent en regardant passer les bateaux...


Dans les Griffes du Dragon d'Or offre aussi une version de l'Orient tout droit sortie d'un vieux roman de gare à deux sous, en mélangeant indifféremment des éléments japonais, vietnamiens ou chinois. On a ainsi un ninja pratiquant le kung-fu qui idolâtre une statue khmer que veulent récupérer des Vietnamiens, réunis tantôt dans un temple thaï, tantôt dans un local décoré d'estampes japonaises ! Qu'importe, pour le spectateur ricain de base, tout ça fera sens (des niaks qui s'habillent comme des niaks, se battent comme des niaks, et vont dans des temples de niaks prier des divinités de niaks).



Le dragon du Mékong.


Tandis que s’écoule, avec le débit d’un fleuve asiatique pendant la mousson, un prodigieux flot d’absurdités narratives, les personnages orientaux du film profèrent sereinement des paroles comme « Nombreux sont les yeux qui cherchent » ou « Le Bouddha peut resplendir à nouveau », brefs des trucs que si toi ou moi on les dit on aurait l'air complètement con, mais là, dans la bouche d'un type aux yeux bridés, ça semble tout de suite vachement profond. Le comble est atteint avec la scène où l'impayable Gerald Okamura fait office de détecteur de mensonge. Il prend les mains des héros dans les siennes, ferme les yeux, plisse le front et leur pose des questions d'une voix grave :

« - Avez-vous pris la pierre précieuse dans le temple ?

- Euh… non.

- Mmmh… ces hommes sont bons, ils disent la vérité !
»





Gerald Okamura, habitué à ce genre de rôles.


Côté casting, la présence dans une telle galère d'une figure aussi culte et populaire que William Smith relève de la prise d'otage. L'acteur interprète ici le méchant Eric Brunner, alias "Le dragon du Mékong", mais sa performance fait peine à voir tant l'homme n'est plus que l'ombre clopinante de ce qu'il fut autrefois. William Smith, mon petit Kevin, c'est un type qui a eu une putain de carrière, et aussi une putain de vie. Né en 1933, il grandit dans un ranch du Missouri, que sa famille devra abandonner suite au dust bowl (les grandes sécheresses qui ruinèrent le Middle West, coeur agricole des Etats-Unis). A 18 ans, il combat en Corée dans les rangs de l'US Air Force. Le fait qu'il parle couramment 5 langues (Anglais, Français, Allemand, Russe et Serbo-croate) l'amène à mener des missions secrètes pour la NSA et survoler l'URSS. Sportif accompli, il pratique le football américain à un niveau semi professionnel, la musculation et le culturisme, le kung-fu, la boxe (palmarès de 31 victoires pour 1 défaite au niveau amateur), il est champion de bras de fer, champion de fouet, fréquente assidûment les compétitions de ski et de motocross. Il a enseigné le russe à l'université de Californie, travaillé comme pompier, cascadeur, prof de gym, maître nageur sur la Côte d'Azur, et a tenu en tout près de 300 rôles au cinéma et à la télé.



William Smith : The Man.


Dans les années 70 il joue très souvent des rôles de dur à cuire, de cowboy farouche, de méchant de Blaxploitation (5 films), de biker avide de castagne (notamment dans Les Machines du Diable, où son gang de deux roues et lui sont envoyés par l'Armée affronter les Viet-congs !), et joue aussi les premiers rôles dans des films d'horreur et de SF comme Bébé vampire ou Invasion of the Bee Girls. Dans les années 80, il se bastonne avec Clint Eastwood dans une des scènes de bagarre les plus longues et les plus cultes du cinéma (Ça va cogner), se fait embaucher par des pointures comme Coppola (Rusty James) ou John Milius, qui lui fait jouer un Soviétique dans L'Aube rouge, et le père d'Arnold Schwarzenegger dans Conan le barbare. Et puis peu à peu, l'âge venant, il rejoint la triste cohorte de ces has been à l'aura déclinante, et se compromet dans une ribambelle de nanars aux titres ronflants comme Cybernator, Hell Comes to Frogtown, Legend of the Roller Blade Seven, Manosaurus, The Erotic Rites of Countess Dracula ou Zombiegeddon. Dans Dans les griffes du dragon d'or, William Smith semble avoir déjà fait le deuil de son amour-propre et livre une interprétation empâtée par l'alcool (lire nos interviews plus bas), traversant ses scènes comme un navire sans gouvernail, et c'est quand même bien triste. Lui qui incarnait autrefois la force brute et virile, à travers d'innombrables rôles de machos bagarreurs au physique de mâle alpha, offre désormais le triste spectacle d'un vieil homme hagard, sans vigueur et sans substance. Fait pas bon vieillir…



Le méchant Eric Brunner (William Smith) soliloque avec une statue en balsa. Notez que si son visage est horriblement brûlé, sa moustache, elle, est toujours en place !


Outre Robert Z'Dar, Gerald Okamura, le fantôme titubant de William Smith et nos deux saucisses ventripotentes de héros, Dans les Griffes du Dragon d'Or fait aussi figure d'écrin molletonné pour toute une galerie de tronches 24 carats. Sbires au regard flou, hommes de main patibulaires, voyous grimaçants… c'est un véritable festival de gueules comme on n'en voit que dans ce genre de productions. Je ne sais pas où le directeur de casting est allé recruter tout ce beau monde mais je lui tire mon chapeau.









De vraies gueules de cinoche zédard.




Un signe qui ne trompe pas : la présence de Conrad Brooks, une valeur sûre du nanar, déjà vu dans "Glen ou Glenda", "La Fiancée du Monstre", "La Nuit des Revenants", "Plan 9 From Outer Space" mais aussi dans "F.AR.T. the Movie".


Dire que Dans les Griffes du Dragon d'Or pue l'amateurisme et l'incompétence résonne comme un doux euphémisme. Scénario anémique, dialogues ringards, bagarres lymphatiques, péripéties molles du genou, cascades minables, fusillades cacochymes… Les mots manquent pour décrire la pauvreté de cette petite affaire, auprès de laquelle le pire téléfilm allemand semble un feu d'artifice d'inventivité et de savoir-faire. Dès les premières minutes du film, le ton est donné : on nous balance quelques stock-shots de la guerre du Viêt-nam, puis on enchaîne sur une poignée de soldats dépareillés qui avancent dans une forêt même pas tropicale. Certains portent un casque, d'autres une casquette, et l'un… un bonnet.



Ceci est un jeune et valeureux G.I. en mission au Viêt-nam.


Au début on est attentif au moindre détail, on scrute la misère de décors réduits à leur plus simple expression. Il y a cette paillasse censée figurer un des plus importants temples d'Asie, avec sa statuette en polystyrène et ses quelques breloques, il y a ce commissariat à moitié vide, cette boîte de nuit... bon Dieu, même l'entrepôt fait cheap ! On répertorie les faux-raccords, on analyse l'absence de logique d'un montage balourd, la mise en scène cotonneuse. Et puis passées les 20 premières minutes on ne fait même plus attention aux erreurs de continuité, à une règle des 180° constamment méprisée, aux regards caméra d'apprentis comédiens livrés à eux-mêmes, aux cadrages indignes des reportages d'un stagiaire de télé locale, à une photo dégueu shootée en Derrick-Color, et aux innombrables scories de ce polar martial exceptionnellement mauvais.



Ceci est un haut lieu du bouddhisme.



Ceci est un mannequin en mousse.



Ceci est un stock-shot.




Des effets spéciaux marqués du sceau de l'artisanat.




Plan 1 : un mouchard tente d'alerter la police.



Plan 2 : un sbire cabotin lui règle son compte à la dynamite.



Plan 3 : la cabine téléphonique se transforme en boîte en carton, et le mouchard en poupée grossière.


Evidemment, le scénario est bancal et très lacunaire, ou très lacuneux c'est comme vous voulez (je veux dire que c'est gavé de plot holes mon p'tit Kevin, du vrai travail de boloss). Le réal n'a visiblement aucune idée quant à la façon de conduire son récit et se repose, en ultime recours, sur ce bon vieil artifice de la voix off pour faire avancer le schmilblick. L'enquête doit avoir l'air longue et compliquée, alors on filme nos héros qui marchent interminablement dans différents quartiers, interrogent la faune des bas-fonds de Los Angeles (genre un type en jean avec une mulette qu'avait pas l'air net), on les voit plisser les yeux et se gratter le menton, au détour d'un dialogue on mentionne un indic à Chicago, puis un bar près de la frontière, à Tijuana (ça n'apporte pas grand chose mais Jimmy devait trouver que "bar à Tijuana" et "près de la frontière" ça sonnait bien dans une enquête, même si la séquence a vraisemblablement été tournée dans un quartier Latino de Los Angeles). Et puis, pour clore le montage de cette séquence, Jimmy déclare brusquement à Sandy : « Tu vas aller au dojo, j'ai entendu dire que les ninjas s'y entraînaient ».



Le fameux dojo où, paraît-il, des ninjas s'entraîneraient…


A ce stade-là, vous vous serez sans doute posé, comme nous l'avons fait, cette question légitime et élémentaire : pourquoi ? La réponse est toute simple. Dans les Griffes du Dragon d'Or a été conçu par et pour Jimmy Williams, l'interprète de Tony Baker. Jimmy Williams est présent à tous les postes : réalisation, production, interprétation, montage, direction artistique, prises de vue, cascades... y a même son petit-fils qui traîne sur le plateau : mémé Josephine ne pouvait pas le garder car elle produisait et scénarisait le film avec pépé. Et son coéquipier, le flaccide Sandy Palm ? Et bien il est co-producteur du film. Tout s'explique.



Le jeune Robert Shaun Williams dans le rôle du petit garçon égaré. Pas d'inquiétude, pépé Jimmy est juste à côté.



C'est moi qui réalise alors c'est moi qui décide que je s'rai un super flic casse-cou et sexy qu'aurait fait le VIETNAM ! Et toi Sandy, si tu mets des ronds on dira qu't'es mon coéquipier qu'aurait lui aussi fait le VIETNAM, et ensemble on s'rait trop forts ! Et même qu'on vivrait avec des p'tites pépées blondes et bien roulées ! Allez Sandy, lâche des ronds, fais pas ton radin… Allez-euh Sandy, comme ça on peut jouer à la bagarre contre les Chinetoques !


Pour étayer cette hypothèse d'un film entièrement conçu comme un piédestal à la gloire de Jimmy Williams et de son copain Sandy Palm, votre serviteur s'est retroussé les manches et, grâce à la magie d'Internet et des réseaux sociaux, a contacté monsieur Williams en personne, ainsi que deux figures de ce somptueux nanar qui ont activement participé à sa conception. Pour celles et ceux qui ont déjà vu ce film (j'en connais au moins… quatre), la lecture de ces entretiens est indispensable. Pour le lecteur lambda et pressé, qui picore le web avec jamais moins de dix onglets ouverts dans son navigateur, ce sera peut-être un peu long et fastidieux (clairement too much pour les neurones du p'tit Kevin, qui de toutes façons a déjà dû décrocher). Mais pour tous ceux qui se sont déjà demandés un jour, en parcourant les pages de ce site, comment il était possible de faire des films aussi mauvais, ces témoignages riches en photos de tournage et en anecdotes cocasses offrent un éclairage absolument édifiant.

# Lire d'abord notre entretien avec Thomas Bull (acteur, réalisateur de seconde équipe et chorégraphe des combats sur le film).

# Lire ensuite notre entretien avec Bill Mills (acteur, producteur délégué, cascadeur, accessoiriste, doubleur, bruiteur, dont les propos sont à notre avis les plus intéressants et les plus fiables).

# Lire enfin notre entretien avec Jimmy Williams (réalisateur, producteur, interprète principal, monteur, directeur artistique, chef opérateur, cascadeur…).

Nous avons également échangé quelques mails avec Donna Cherry (la jolie interprète de la copine du héros) mais celle-ci n’avait pas grand chose d’intéressant à raconter…

Bonne lecture !



John Nada
John Nada

Dans les griffes du dragon d'or
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Les notes des membres

Moyenne : 2.88
avatar de Drexl Drexl : 2
avatar de John Nada John Nada : 3
avatar de Kobal Kobal : 3.5
avatar de Rico Rico : 3

Cote de rareté

Dans les Griffes du Dragon d'Or est disponible en DVD français chez l'éditeur "FIP" (First International Production). Une galette basique, sans bonus, qui est disponible pour une bouchée de pain sur les sites de vente en ligne. Le visuel est identique à l'édition VHS, déjà distribuée par FIP et éditée par Partner & Partner. Une autre édition VHS semble être sortie sous le titre "L'Ombre du dragon".







Un visuel promo d’époque, ou alors une VHS à l’origine non identifiée.
Cote de rareté : 1/Courant Consulter le barème de notation