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MSG-3 The Warrior Lion Heart


MSG-3 The Warrior Lion Heart

Titre original : MSG-3 The Warrior Lion Heart

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Gurmeet Ram Rahim Singh, Honeypreet Insan

Année : 2016

Nationalité : Inde

Durée : 1h59

Genre : Gourou libre

Acteurs principaux :Gurmeet Ram Rahim Singh

Hermanniwy
NOTE
4/ 5

Tout d'abord un disclaimer, utile quand on parle de la série MSG, dont deux opus sont chroniqués en ces lieux.

Si les films MSG sont bien de furieux nanars, la plus grande prudence est de mise quand il s'agit de parler de leur metteur en scène, Gurmeet Ram Rahim Singh. Ex-gourou de la secte Dera Sacha Sauda, Gurmeet est un personnage éminemment sulfureux et peu sympathique, et c'est peu de le dire.


You rascal you !

A l'heure ou nous publiions la chronique de MSG-2, il avait fait appel du jugement de son procès pour viol(s), le condamnant à 20 ans de prison. La sentence a été confirmée, et un autre procès pour avoir commandité l'assassinat d'un journaliste enquêtant sur les abus commis par les dirigeants de son organisation lui vaut également de purger actuellement une peine de prison à vie. L'instruction est encore en cours pour des assassinats, castrations forcées et autres désagréabletés.

Toute collaboration avec l'industrie du cinéma en Inde lui a été interdite.  

Le 5ème film MSG, "Online Gurukul " sur le thème de la cybercriminalité et dans lequel il devait jouer 6 rôles, a donc été annulé.

J'en ai distinctement entendu un dans le fond crier "Libération conditionnelle juste le temps de le finir !". C'est très mal.

Pour la peine, vous devrez regarder une campagne anti-tabac de la secte avant le film. C'est bien fait pour vous.

Bon. Pour ceux qui prennent la série des Messenger en cours, elle repose sur quatre postulats principaux :

- le personnage principal est le gourou Gurmeet Ram Rahim Singh Ji Insan "de la vraie vie", pour aller plus vite vous pouvez l'appeler "Le Messie", "Le héros absolu", "Votre Majesté" ou "Papa-Dieu". Ce sont donc des films a portée hagiographique visant à glorifier le gourou et les actions de sa secte.

Bac + 9 t'es docteur. C'est cool. Mais t'es pas encore Saint Docteur.

-  Gurmeet "dans le film" est tragiquement affecté par l'état du monde et face à un problème, il ne va avoir d'autre solution que d'utiliser un mix savant de sagesse paternelle, de regards compatissants, de chansons messianiques et de coups de latte dans la gueule.

La non-violence ? C'est la porte à côté.

- Gurmeet "dans la vraie vie" est à la fois personnage principal, metteur en scène, scénariste, compositeur et interprète unique des séquences chantées, directeur du casting... et toujours très fier du nombre de rôles qu'il arrive à cumuler sur un tournage, qui ne descend jamais en dessous de 20 mentions au générique. Nous postulons qu'en fait il disait surtout aux autres quoi faire depuis son nuage et laissait les vrais pros faire le boulot, pour s'arroger les titres après.

Le film Kaamelott avance bien, merci ! 

- l'humilité et le bon goût sont formellement interdits dans un film MSG. Que l'on parle costumes, décors, dialogues, chansons, si t'es subtil tu rentres pas.

Ce pieu a l'air totalement inconfortable en fait.

Le premier film revenait sur les activités philanthropiques de la secte, et voyait Gurmeet mettre fin à tout jamais au fléau de la drogue en Inde, tout en flanquant une raclée à un sosie de Vin Diesel et en empêchant un drame lié à la trahison d'une de ses filles adoptives grâce à une montgolfière et une moto volante.

Le second portait sur la civilisation à coups de pieds au cul de deux tribus de sauvages en pagne, et la pratique de l'épaulé-jeté d'éléphants. Représentant le véritable peuple autochtone des Adivasis de manière parfaitement insultante, le métrage en arriva à être banni des salles indiennes.

Le quatrième film (MSG Lionheart 2, donc) voit MSG annihiler le Pakistan avec sa fille, leur mettant la misère à tel point qu'on se demande si à la fin l'ONU ne va pas rayer le nom du pays d'un geste théâtral sur ses cartes pour le remplacer par "Here be dragons". Il est pro-Narendra Modi [Note de Nanarland : membre du parti nationaliste hindou BJP et Premier ministre depuis 2014], sans doute une tentative ratée du gourou de faire copain-copain avec le pouvoir en Inde pour sauver ses petites fesses assassines.

Il existe également une comédie potache très éprouvante à base de villageois illettrés, de nains et d'une quantité désagréable de caca. Nous la déconseillons sans avis médical préalable.

Penchons nous donc ici sur le troisième film, qui a le double avantage d'être un film d'héroïc fantasy, un genre qui fait des nanars distrayants (même si, pour des raisons d'unité avec les 3 autres films de la saga, nous allons le ranger dans la catégorie "action fantastique") et d'aligner les créatures magiques en effets spéciaux.

Et les décors définitifs, mais si ça pour vous c'est le plus beau décor du monde, pour Gurmeet c'est l'entrée de service.

Le film s'ouvre sur une scène déjà magnifique. Un commando observe depuis une crête rocheuse une forteresse numérique bourrée de méchants. Parmi les militaires se trouvent Gurmeet, qui pose comme un mystérieux badass, et sa fille, munie d'un flingue doré de camouflage et d'un tailleur-pantalon brodé de camouflage.

"Père, je crois que ce sont des Pakistanais numériques !"

Soit dit en passant, les viseurs en plastique opaque d'un seul tenant c'est moyen pratique.

Alors que les commandos se demandent comment avancer et ce qu'on attend d'eux, Gurmeet se retire discrètement en jouant mal... et un instant plus tard, fonce seul vers la forteresse sur un cheval blanc, armé d'une lance et d'une épée.

D'une épée qui fait aussi bazooka, parce que après tout pourquoi pas. 

Comme des imbéciles, les méchants se gaussent et ouvrent la porte de la forteresse. Gurmeet "Leroooy Jenkiiiiins" Singh leur roule dessus avant de sortir des flammes, car la forteresse a inopinément pris feu tellement elle était enthousiaste. Debout au milieu des cadavres, Gurmeet jette son épée qui se transforme en stylo, puis sa lance qui se transforme en lunettes de soleil qu'il chausse d'un geste auguste.

C'est pas cette feignasse de Raël qui ferait ça.

Non parce que le mandarom machin là, ça pour faire des statues rigolotes ils sont forts, mais pour aller faire exploser des forteresses y'a plus personne.

Ca va, vous tenez toujours le rythme pour cette SEPTIÈME MINUTE DE FILM ?

Avant que vous n'ayez pu dire "c'était quoi ça ?", la scène suivante vous kidnappe vers le repaire des "vrais" méchants de cet épisode. Il s'agit d'aliens en carton et diodes lumineuses qui parlent avec des voix de robots et surjouent comme des malades.

Nous regarderons TRON et nous ferons régner le disco sur votre moooonde !

Leur leader et son jeu tout en retenue.

Visiblement, Gurmeet les reconnaît car il est Lion Heart, guerrier légendaire immortel indien qui les a mis en échec il y a 300 ans. Ca explique des tas de trucs. Ca n'en explique pas d'autres.

Zuul et Vinz Clortho, une reconversion difficile.

Sur ce, il sort de son palais multicolore et part au travail à la cool, vêtu de son plus beau top orange à coeurs en simili cuir. Il prend une petite mallette rouge (avec également un coeur parce qu'il est tout amour), la jette en l'air, et il en sort un truc entre la moto, la tondeuse à gazon et l'Airbus A320 sur laquelle il s'accorde quelques petits 360 sur la roue avant, pour la chauffer un peu et arriver pile à l'heure en traversant le village des Schtroumpfs. Il est en effet convoq...attend... respectueusement invité à illuminer de son auguste présence la réunion des gentils.

Ca a plus de gueule que RER B/changement Gare du Nord/bus 45, on est d'accord.

Et c'est plus riant que Lesquin-Wattrelos à 7h45 un mardi 24 novembre dans la Mazda avec le siège enfant, on est d'accord aussi.

Arrivé, il s'assoit tranquillement alors que tous les présents se lèvent pour une standing ovation spontanée, comme tous les matins, et le félicitent pour avoir défoncé la forteresse de tout à l'heure. Transformant sa mallette chérie en ordinateur, il s'installe pour prendre connaissance de sa nouvelle mission : il faut aller à nouveau taper les aliens d'il y a 300 ans ! "Mais quels aliens d'il y a 300 ans, cher maître ?" lui demande le conseil des gentils. "Ah oui, mes gueux, vous n'étiez pas là il y a 300 ans. Laissez-moi donc vous expliquer, ca fera un film en flashback !" répond Gurmeet.

A cet instant, le spectateur peut avoir un léger moment de faiblesse, un peu comme lors d'un déjeuner de famille à 15h30, quand votre estomac démissionne pile au moment où la maîtresse de maison crie "j'apporte le plat principal, qui vient m'aider à le porter ?" depuis la cuisine.

Son plus grand pouvoir : savoir sortir cette épée de son fourreau.

Nous passons donc aux choses sérieuses et à une épopée héroic fantasy extrêmement dorée, dans laquelle les deux badass chicks de soeurs de Gurmeet prennent la direction de l'armée d'un roi bon et juste. Il s'agit d'aller oblitérer un roi voisin qui a pris les femmes du royaume en otage. C'est d'autant plus justifié que visiblement, il y a en tout et pour tout une douzaine de femmes dans le royaume.

Une badass chick. Les chevaux sont des chevaux indiens marwaris (Equus Dadadevdasii) qui ont la charmante particularité d'avoir les oreilles dressées en croissant de lune, et parfois ça forme un petit coeur en creux et c'est adorable.

Hélas, le félon dispose d'éléphants en CGI. C'est un job pour Gurmeet Coeur de Lion ! Le temps d'un plan en contreplongée et d'un gros plan sur ses moustaches, et il éparpille l'armée depuis son char qui ressemble à un wagon de carrousel géant, avant de jeter les éléphants à mains nues, puis d'assommer l'éléphant du méchant roi d'un revers de la main et de délivrer tout le monde. Hop c'est plié.

*bruit de quilles de bowling*

De retour chez lui, Gurmeet s'occupe comme il peut, évite une ou deux famines, dispense sa sagesse, reçoit l'admiration de tous, mène sa vie ordinaire de Saint, fait des numéros chantés, et la vie se passe en joie, en bonheur et en dialogues hiératiques surjoués dans des décors magiques de surcharge. C'est l'occasion de retrouver l'absolu non-jeu et l'air extrêmement teubé de notre héros, qui débite son texte en dodelinant comme si le RAID venait de le réveiller à l'aube en lui hurlant ses lignes. Il met en effet à profit un geste de la culture indienne, consistant à osciller de la tête pour exprimer diverses émotions, un peu comme notre "oh la la" français. Malheureusement pour lui, ce geste n'a pas été conçu pour remplacer l'intégralité de la gamme d'émotions d'un humain normal et la plupart des gens continuent à considérer les expressions faciales comme importantes dans le jeu d'un acteur. Heureusement pour lui, la Dera Sacha Sauda n'a pas le même programme de séduction de célébrités que la Scientologie, et ses partenaires sont tout aussi à côté de leurs pompes. Par contre on ne leur demande pas de faire des cascades et des chorégraphies à l'épée, ce qui va s'avérer être un léger problème pour notre gourou au fil du métrage.

Tu veux aller chercher un verre d'eau à 4 plombes de la noye, faut prévenir le SAMU avant.

Le numéro chanté suivant est assez éprouvant, car Gurmeet chante et danse sa joie au milieu des paysans (qui ont évidemment attendu depuis 2800 ans qu'ils vienne faire semblant de bêcher et lancer des courses de dromadaires au milieu du bled pour savoir comment cultiver leurs champs). La tête de certains figurants (en particulier une jeune femme sur une balançoire) vous rappellera le vrai sens du mot "emprise sectaire". Rappelons que les foules présentes dans tous les films MSG, qu'ils soient engagés et rémunérés ou plus vraisemblablement """volontaires""" de la secte (plusieurs milliers de personnes, à de nombreuses reprises) attestent en filigrane de la puissance du mouvement dans la société indienne. Ca laisse un léger goût amer et une odeur de gâchis, qui achèvent de faire du visionnage un spectacle complet à destination de vos 5 sens.

Tiens, les bras de Gurmeet sont retouchés numériquement. Les connaisseurs savent que c'est parce qu'il a une pilosité sur les bras qui rappelle les poils pubiens d'un loup garou mouillé.

Ce siège me terrifie. Est-ce qu'il peut "battre" des ailes pour écraser les imprudents qui l'approchent ? S'envoler ?

Au grand dam de sa famille, Gurmeet doit cependant retourner sauver le monde. Le roi de l'Est complote des méchancetés, et Gurmeet a compris qu'il doit avoir un allié... surnaturel. Parce que sinon personne ne serait assez teubé pour attaquer tout seul le pays protégé par Gurmeet. Heh !

Gurmeet, content d'avoir vaincu 19 personnes en littéralement un geste, enseigne l'art du tir à l'arc numérique dans le jardin. Espérons pour le premier rang que ceux du fond visent EXTREMEMENT juste, parce qu'ils tirent tous en même temps.

Après avoir enquêté, Gurmeet découvre les aliens. Ils lavent le cerveau des paysans et les rendent coupables des plus ridicules singeries, totalement impuissants et incapables de raisonner convenablement. On dirait les adeptes d'une sect... On dirait les victimes d'une arme extraterrestre. La terreur est totale quand Gurmeet est contraint de faire ce qu'il déteste le plus : jouer une émotion autre que la toute-puissance marmoréenne. Il marche en jouant comme un CM1 à qui le prof de théâtre a demandé de jouer la confusion, en prenant le temps de rajuster sa coiffe et ses manches. Le résultat ressemble à un nouveau générique de Cauchemar en Cuisine dans lequel un Philippe Etchebest stone, enroulé dans un rideau à pois moulant et pris de vilains maux de ventre, tenterait de marcher sur une corde raide dans une cuisine particulièrement désorganisée.

Des aliens tirent des lasers sur des catcheurs couverts de terre, la tension est tendue.

Oh c'est Lionheart ou c'est pas Lionheart ? Ben alors !

Reservoir Dogs c'est surcôté.

Hélas, de retour chez lui, il doit protéger les citoyens d'une soucoupe volante et l'impensable se produit : il sort perdant du combat. Moment historique, car c'est le seul combat de Gurmeet en cinq  films dans lequel il n'éparpille pas ses adversaires d'un cinglant 15 - 0.

On n'a pas inventé le cinéma couleur et les décors numériques pour pas s'en servir.

Perdre avec classe, est-ce vraiment perdre ?

Un vieux sage lui annonce la suite du scénario : il va lui falloir pénétrer dans la caverne maudite (celle avec une tête de hibou, impossible de la manquer) pour trouver des armes mystiques et retourner dévisser la tête aux aliens.

Le vieux sage est joué par la seule personne qui en sait autant que Gurmeet : lui-même.

Et là, c'est l'apothéosecalypse. Car les épreuves sont simples : des bestioles en CGI à maraver une par une. Et ma doué, quelle marave ! C'est un nirvana de contempler un gourou de 49 ans bien en chair réaliser de timides mouvements d'aérobic, à vitesse réduite, face à des craignos monsters totalement indignes. On compte successivement et sans transition aucune :

Un homme serpent, qui tient douze secondes. 

Un ogre hermaphrodite qui force Gurmeet à presque combattre. 

Un gorille et un machin mi-terre mi-cyborg qui lui arrachent un doute, en s'y mettant à deux. Je persiste et signe : ce monstre me semble avoir six doigts à la main droite.

Coup de génie : les batailles, en plus d'être parfaitement ratées, sont d'une lâcheté assez fendarde ! S'il faut écraser le cou d'un ennemi à terre ou taper direct dans les couilles, appelez Gurmeet.

Alors que notre gourou préféré remporte une épreuve bonus en étant trop vertueux pour céder à la tentation, des fées apparaissent et lui remettent une armure complètement folle, un arc rococo avec des flèches en or qui ont l'air plus faites pour une arme de siège, une masse d'armes de 47 kilos, une épée dorée d'1m70 et tant qu'on y est une hallebarde, un collier magique d'immortalité avec fonction lumière, 5 perles pour ses lieutenants, la boîte du jeu, un chèque de deux mille euros, une encyclopédie Larousse, le Saint Graal, l'anneau unique, le guide des vins du Languedoc 2015, un abonnement d'un an à Télé loisirs, et une Citroën Xsara.

Une superbe armure que vous ne reverrez plus.

Autant vous dire que notre héros peut à peine marcher en quittant la caverne, mais nom de tjeu ça en jette. Ca en jette mais il n'utilisera que très peu ces armes ou armures par la suite. Disons qu'il décide de le faire au mental.

Il est donc prêt à libérer la cour en transformant un alien en fumée puis quitter le palais de la Belle au bois dormant...

...faire une pause pour changer d'armure, latter des mecs qui ont le seul défaut de ne pas être hindous et d'être sur la même route...

...ouvrir la mer en deux...

...pour arriver dans la montagne au milieu des sapins (enfin des sapins en CGI copiés collés) et des ours blancs, qui comme on le sait, infestent l'Himalaya...

...puis grimper une montagne supplémentaire avec ses potos uniquement pour l'éclate, de tirer une flèche sur la forteresse en CGI des méchants...

Là encore, j'admets qu'il y a débat mais je postule que ce plan est fait en incrustant une vue de montagnes dans de la neige numérique, donnant l'impression que Gurmeet et sa fine équipe font 12 km de haut.

...voir ladite flèche creuser un souterrain sous la forteresse parce que ta-gueule-c'est-Gurmique...

...s'infiltrer et sortir dans son habit de lumière avec ses lieutenants...

Véritablement des habits de lumière, puisqu'il illumine la pièce en appuyant sur la pierre sur son front. Comme dit Asterix, "Ca doit être pratique pour lire dans le noir".

...constater que les méchants sont en pleine rave party...

...taper tout le monde...

...et recevoir avec magnanimité les excuses embarrassées des aliens, qui repartent illico presto dans leurs soucoupes.

L'ensemble des rois du monde le déclarent Protecteur de l'Humanité (il l'était déjà mais il est trop humble pour le leur faire remarquer), et c'est la fin du flash back.

Encore que, vous avez bien le temps pour une petite scène chantée ?

A la bonne franquette vous savez, contre-plongée, feux d'artifice, centaines de figurants en adoration, enfin très simple quoi.

Retour au présent, ou Gurmeet des temps modernes se montre décidé à reprendre les gants pour aller faire pleurer des aliens. Fin, et publicité pour la secte avant le rideau.

Que retenir de ce film ? Que ne pas retenir de ce film ! Tenter de faire passer par des mots le niveau d'hallucinante mégalomanie, de délire visuel, d'acting, de stupidité scénaristique de MSG 3 : The Warrior Lionheart est une gageure.

Mais ici on aime gajeurer.

Il y a dans cette chronique, allez, une quarantaine de captures d'écran ? A 24 images par seconde, sur 2 heures de film, vous manquez 863 960 autres images et aucune, absolument aucune ne cède le pas à sa voisine.

Chaque centimètre carré de pellicule est venu là avec batte de baseball et chaînes de vélo pour vous faire comprendre que vous n'êtes pas à la hauteur. Chaque ligne de dialogue a été écrite par des neurologues fous tentant de déclencher des anévrismes sur commande. Chaque choix esthétique ferait passer la villa de Liberace pour la cellule d'un moine trappiste visité par Marie Kondo. Chaque effet spécial a été scrupuleusement brindezingué trois fois jusqu'à brindezinguerie optimale par les plus grands ouvriers brindezingueurs équipés des derniers modèles de brindezingueuses électriques. Des roboticiens japonais mènent une guerre industrielle sans merci à des motion designers sud-coréens pour être les premiers à recréer l'inexpressivité satisfaite du gourou.  L'Inde vient d'annoncer un plan national d'enseignement de la psychologie clinique et de la psychiatrie médico-légale avec l'ouverture de 4 nouvelles universités juste pour espérer, dans 20 ans, avoir de premières indications sur le niveau d'aveuglement et de mégalomanie de son créateur.

Vous savez quoi ? Je vais maintenant, sous le contrôle non d'un huissier mais de mon confrère Barracuda cliquer totalement au hasard quatre fois sur ma barre de défilement VLC et sélectionner les quatre images qui s'afficheront. Je vous parie mon DVD de La Bête de la Caverne Hantée, remporté de haute lutte et au prix du ridicule en Nuit Excentrique, qu'elles seront hypnotiques. (Au passage, La Bête de la Caverne Hantée est un film de 1959 jouant avec les attentes et maniant un suspense implacable, car à la grande surprise du spectateur pendant 1h06 sur 1h12 de métrage on n'y trouve ni bête, ni caverne, et elle n'est pas hantée).

C

Q

F

D

Non, vraiment, la seule conclusion que l'on puisse donner à ce film tient en quelques mots : "Il. Reste. Un. Quatrième. MSG. A. Chroniquer."

- Hermanniwy -
Moyenne : 3.67 / 5
Hermanniwy
NOTE
4/ 5
Barracuda
NOTE
4/ 5
Kobal
NOTE
3/ 5

Cote de rareté - 4/ Exotique

Barème de notation

Le DVD est trouvable sur les plateformes de vente en ligne, en particulier indiennes en combo avec sa suite MSG-4 The Warrior Lion Heart 2. Néanmoins, avec les déboires judiciaires du gourou, la galette devient difficile à trouver et les crédits d'éditeurs plus nébuleux, même si officiellement toujours édité par "Sony" si on croit le dos de la jaquette. Des sous-titres anglais sont disponibles.