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300 : la naissance d'un empire

(1ère publication de cette chronique : 2021)
300 : la naissance d'un empire

Titre original :300: Rise of an Empire

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Noam Murro

Année : 2014

Nationalité : Etats-Unis

Durée : 1h42

Genre : 300 connards sur la ligne de départ

Acteurs principaux :Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Rodrigo Santoro

Barracuda
NOTE
3/ 5

 

 

Cette chronique, c’est une chronique un peu lâche.

Elle va parler de 300 : la naissance d'un empire, suite sortie 7 ans après du 300 de Zack Snyder mais en réalité si nous, chroniqueurs de Nanarland, étions encore jeunes et fougueux, encore un peu punks, c’est à ce dernier qu’on s’attaquerait tant sa suite ne fait finalement que répéter et amplifier les scories de l’original. Un nanar, c’est parfois juste un film normal avec la patine du temps et le temps n’a pas été tendre avec 300. Ses défenseurs rappellent souvent que c’est une adaptation fidèle de Frank Miller. Le temps n’a pas été tendre non plus avec Frank Miller. Seulement les fans de Zack Snyder sont nombreux, très actifs sur les réseaux sociaux et prompts à se mobiliser pour défendre leur idole.

"Release the Snyder Cut !"

Autant clasher la Kiss Army en chroniquant Kiss contre les fantômes, c’était marrant quand on était jeunes, autant aujourd'hui on est trop vieux pour ces conneries. Alors va pour chroniquer 300 : la naissance d'un empire, c’est moins risqué : battez-vous seul contre tous les fans de Noam Murro et vous avez encore l’avantage du nombre.

"Venez, on vous attend !"

Sur le papier, 300 : la naissance d'un empire est le prototype de la suite parfaite, celle qui reprend les thèmes de l’original tout en les approfondissant et qui explore de nouvelles facettes des personnages. Et c’est pour ça que le film se casse la gueule de façon aussi majestueuse.

300 en rajoutait des caisses dans le virilisme macho à deux balles avec son cast de culturistes tout droit sortis de chez Body Shop pour leur épilation hebdomadaire ? 300 : la naissance d'un empire en a retenu l’essentiel : tout le monde est torse-poil en permanence. Là où c’est encore plus ridicule, c’est que si l’essentiel de l’action dans 300 se déroule sur quelques jours, 300 : la naissance d'un empire nous raconte toute la deuxième guerre médique, c’est à dire en gros dix ans de conflit pendant lesquels tous les protagonistes grecs se battent torse-poil, mangent torse-poil, passent l’aspirateur torse-poil et chient torse-poil. Au passage on constate que le titre ne veut rien dire puisque le film raconte l'histoire d'une coalition de cités-états mettant une raclée à un empire, et pas de la "naissance d'un empire".


Faire la guerre, ça donne chaud !

300 filait la métaphore épaisse et rance sur les fiers guerriers spartiates libres, protégeant l’Ouest contre les hordes de basanés fanatiques sans visages, dont l’identité individuelle est dissoute dans la soumission à un pouvoir divin absolu ? Dans 300 : la naissance d'un empire, les Perses envoient à l’attaque des kamikazes avec des ceintures d’explosifs. Les mecs se jettent sur les bateaux avec des sacs à dos remplis de “feu grégeois”.


Le Larousse illustré à la définition de "subtilité"

300 offrait une esthétique unique et originale par l’usage judicieux de décors numériques et de travail sur les couleurs ? Comme son prédécesseur, 300 : la naissance d'un empire a été tourné intégralement en intérieur sur fond vert mais en plus il est sorti en mauvaise 3D (vous savez, la 3D moche, celle ajoutée après le tournage) et concentre son action sur des batailles navales où toute l’image est en CGI et pas seulement le décor. La scène finale, grand moment de n’importe quoi, voit le général Thémistocle en pleine bataille navale enfourcher son cheval et charger la flotte perse dans une bouillie de pixels dégueulasse, totalement indigne d’une production de ce budget en plus d’être hautement débile dans son concept.



La Méditerranée (durant la fameuse saison des cyclones).

Les ralentis, là aussi marque de fabrique du premier 300, n’ont ici plus rien de la science du cadrage de Zack Snyder, et permettent surtout de s’attarder sur des effets spéciaux qui semblent bien moins réussis 7 ans plus tard que ceux du film original. Dans les bastons, à chaque impact le sang numérique hérité de 300 gicle sur la caméra comme autant d’éjaculations précoces, et pendant tout le reste de la scène on a l’impression de regarder à travers une fenêtre tartinée de vaseline rouge.


Les traces de doigts et le flash intempestif, les deux ennemis du photographe débutant.

Alors si, puisqu’on en parle, il y a une chose qui change par rapport à 300. Visiblement l’homo-érotisme moite de l’original ne s'est pas qualifié pour ce deuxième tour et Eva Green a été castée pour rassurer le public ado sur sa sexualité. L’intrigue met donc en avant le personnage d’Artémise Ière de Carie, une reine-guerrière grecque mais qui commande les armées du roi Xerxès et s’exprime exclusivement comme une opératrice de téléphone rose sado-maso. “Aujourd'hui nous allons soumettre les Grecs !” “Je connais chaque homme sur qui s'abat mon fouet!” “Tu te bats avec plus de vigueur que tu ne baises !” comptent ainsi parmi ses meilleures répliques. La scène de sexe entre elle et Thémistocle est l’une des plus drôles qui soient.

Et aussi “Je veux sentir la nuque de Thémistocle sous ma botte”, version antique du fameux “Je mets les pieds où je veux…”

"Ayez l'air naturel"

300 : la naissance d'un empire se déroule avant, pendant et après la bataille des Thermopyles mais Leonidas n'apparaît jamais, Gerard Butler étant déjà parti vers d’autres chefs-d’œuvre comme La chute de la Maison Blanche. La mort des 300 spartiates est tout juste commémorée d’un sobre “Léonidas a été trahi par un bossu !”.

Accompagné de "raconte partout ce qu'il s'est passé aux portes chaudes !" qui fait penser à un compte-rendu de soirée libertine.

Outre Eva Green, c’est Sullivan Stapleton qui est à la tête du casting dans le rôle du général athénien Thémistocle. Quelques personnages du premier 300 font aussi leur retour : Lena Headey revient jouer Gorgo, la reine de Sparte, le temps de trois scènes et Rodrigo Santoro rempile en Xerxès. Son personnage, à peine esquissé dans 300 en fan de piercing à la sexualité ambiguë, a droit ici à plus de développement et même quasiment à une origin story : désormais c’est un fan de piercing soumis à Eva Green. Les acteurs ne s’en tirent pas mal, le problème c’est ce qu’on leur fait jouer.


Xerxès le jour, Xerxès la nuit.

En 2008, une parodie de 300 était sortie, Meet the Spartans (connue en France sous le titre improbable de Spartatouille). C’est une comédie affligeante et poussive du modèle “on refait chaque scène à l’identique sauf qu’un des personnages pète à la fin”. Si vous cherchez un film qui reprend les tics de 300 et les caricature juste assez loin pour entrer triomphalement dans le ridicule, essayez plutôt 300 : la naissance d'un empire.


La fameuse scène de bataille navale à cheval, apogée nanarde du film.

- Barracuda -
Moyenne : 2.67 / 5
Barracuda
NOTE
3/ 5
Rico
NOTE
3/ 5
Hermanniwy
NOTE
2/ 5

Cote de rareté - 1/ Courant

Barème de notation

Le film est sorti dans tous les pays, sous tous les formats possibles, et se trouve facilement n'importe où, y compris sur Netflix. Si vous voulez un support physique le blu ray de chez "Warner" se la joue très perse, c'est à dire rutilant, luxueux et clinquant avec des versions 3D ou ultraviolet, des légions de bonus à base de making of, de zoom sur l'entraînement des acteurs ou de justifications pseudo historiques. Des versions collector avec statuettes de Themistocle en résine existent aussi au passage. Certains les proposent à plus de 300 € sur Ebay, nous ne garantissons pas l'investissement.

 

 

De même on trouve de nombreux coffrets groupant les 2 films, y compris avec un casque spartiate intégré ce qui est toujours super pratique à ranger.