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Black Mask 2

(1ère publication de cette chronique : 2004)
Black Mask 2

Titre original :Black Mask 2: City of Masks

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Tsui Hark

Année : 2001

Nationalité : Hong Kong

Durée : 1h41

Genre : Le frelon noir contre les catcheurs mutants

Acteurs principaux :Andy On Chi-Kit, Blacky Ko Sau-Leung, Terence Yin Chi-Wai

Drexl
NOTE
3.5/ 5


Black Mask premier du nom était la première réalisation de Daniel Lee, un film de super-héros starring Jet Li filmé à la Seven et regorgeant de combats dantesques entre sa star, lookée à la Bruce Lee dans le mythique Frelon Vert, et toute une horde de super-vilains quasi indestructibles. C'est également l'un des derniers gros succès de la Film Workshop, le studio HK créé par Tsui Hark, génie prosélyte ouvrant dans tous les domaines avec une boulimie insatiable. Voyant dans la réalisation d'une suite un argument financier et artistique (Hark voue une passion pour le comics américain et ses figures de proue) imparable, il met deux scénaristes frenchies sur le coup, Julien Carbon et Laurent Courthiaud, anciens journalistes à HK Magazine et Mad Movies reconvertis dans la bonne cause.

Non ce n'est pas Hurlement 2 promis !


Laissant momentanément de côté le projet pour se consacrer à Legend of Zu, la suite de Zu les guerriers de la montagne magique, Hark se réattelle à Black Mask 2 lorsque la firme Columbia consent à mettre des billes dans l'histoire. Le cinéaste y voit l'occasion de booster les effets visuels, de faire un film complètement délirant et décomplexé, sans repenser à ses aventures malheureuses avec le système hollywoodien qui l'auront vu signer deux choses filmiques improbables avec Jean-Claude " 1 + 1= 1 " Van Damme [NDLR : Double Team et Piège à Hong Kong].

Les pontes de la Columbia, au fait de la réputation de Tsui Hark, reprennent en mains le scénario et le confie à deux yes-men maison chargés d'aseptiser la folie narratrice de Carbon et Courthiaud dictée par Tsui Hark. Ce dernier, à l'ultime phase de la production, quelques jours à peine avant le premier tour de manivelle, décide qu'il n'en a rien à foutre, rappelle ses deux français pour qu'ils réécrivent le script US au jour le jour, pour lui réinjecter la folie initialement prévue.


Andy Oh, cherchant désespérément le niveau de charisme de Jet Li, qu'il ne trouvera jamais.


Le film fait intégralement fi du premier opus (exit Jet Li, enter le jeune Andy Oh), reprenant juste à son compte le look et les pouvoirs du héros, qui affronte ici Zeus, intelligence supérieure cherchant à dominer le monde en injectant un sérum mutant à des catcheurs.


Le méchant Zeus, au look un peu chargé, joué par Scott Adkins (oui oui).


Ces derniers (parmi lesquels Tyler Mane alias Dents de Sabre dans X-Men et Traci Lords dans le rôle de la Femme Caméléon !) se transforment sous l'effet en gros craignos monsters, 70 % latex 30 % effets digitaux, ne pouvant s'empêcher de tout casser et de beugler de vagues borborygmes face caméra dès que l'occasion se présente. Les choses se précipitent lorsque notre Black Mask est à son tour victime des effets du sérum.


Une belle galerie de mutants ringards.


Dans le civil, ces mutants sont catcheurs, alors vous pensez bien que les maquillages ridicules ça les connaît...


Traci Lords alias Cameleon.


La maîtrise filmique de Tsui Hark est toujours là, et en ce sens Black Mask 2 n'est pas réellement la catastrophe annoncée comme purement irregardable. C'est un film outrageusement bis, à un point où ça devient troublant, preuve s'il en était besoin qu'il ne faut pas faire chier Tsui Hark. En réaction aux pressions US (la moitié du casting est américain, idem pour le financement), le cinéaste fou signe un pur délire strictement invendable sinon au x-ième degré, faisant s'affronter son héros et de gros streums tout dégueus, aussi bien faits que les Tortues Ninja dans les films du même nom. On pense également au gros film bis Mutronics avec Mark Hamill, en moins ennuyeux tout de même.


Tobin Bell dans le rôle du méchant, avant d'être celui de la saga Saw.


Les combats, à l'avenant, relèvent quelque peu du domaine de la redite pour Hark, si ce n'est qu'il se permet quelques écarts assez énormes pour être soulignés. Je pense en particulier au combat central, avec un catcheur-anguille et un catcheur-lézard, dans un zoo où tous les éléphants ont été libéré par Black Mask pour faire diversion, les adversaires se battant sur les dos des éléphants précités.


Et la prochaine fois c'est quoi ? On lâche des vachettes ?


Black Mask 2 montre les limites de Tsui Hark, de ce qu'il est capable de faire quand on lui met la pression : du gros Z dans ta face, suffisamment foutraque pour que ses investisseurs en viennent à ne sortir le film qu'ultra-confidentiellement, avec la honte des parents ayant accouché d'un bâtard monstrueux.


Même l'équipe technique semble circonspecte quant aux consignes du maître...

- Drexl -
Moyenne : 2.80 / 5
Drexl
NOTE
3.5/ 5
Rico
NOTE
3/ 5
Peter Wonkley
NOTE
3/ 5
Kobal
NOTE
3/ 5
Wallflowers
NOTE
1.5/ 5

Cote de rareté - 1/ Courant

Barème de notation

C'est sans souci que vous trouverez l'édition DVD "Gaumont Columbia Tristar Home Vidéo" dans tous vos points de vente habituels. Edition simple sans bonus, comme si la boîte de production avait eu honte. Il existe même une édition double DVD avec Time and Tide pour admirer le contraste entre ce que Tsui Hark peut faire de pire et de meilleur.


Nous ne saurions trop conseiller aux plus fétichistes d'essayer de se procurer la poupée "Black Mask", qui leur permettra à peu de frais de réaliser des aventures encore plus folles que celles de Tsui Hark...

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