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Le Roi Scorpion 3 : L'Œil des Dieux

(1ère publication de cette chronique : 2021)
Le Roi Scorpion 3 : L'Œil des Dieux

Titre original :The Scorpion King 3: Battle for Redemption

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Roel Reiné

Année : 2012

Nationalité : Etats-Unis

Durée : 1h45

Genre : La Braderie de Nil

Acteurs principaux :Ron Perlman, Billy Zane, Victor Webster, Dave Bautista, Temuera Morrisson, Selina Lo, Krystal Vee

Hermanniwy
NOTE
2/ 5

 

Oooh qu'il est fragile et précieux cet équilibre du mauvais film de franchise !

Que de pérégrinations pour trouver, telle Boucle d'Or, le point "ni trop bien ni trop mal" d'une franchise, celui où l'orchidée délicate du nanar consent à éclore !

Qu'il est exaltant de trouver le point d'appui parfait où appuyer trèèèès légèrement du doigt pour qu'une pentalogie se casse la tronche !

Généralement c'est quand on commence à rogner sur les effets spéciaux.

Oui, vous me pardonnerez de faire un peu dans le lyrique et d'enjoliver un tantinet, parce que c'est pas en disant de but en blanc "ce week-end j'ai regardé Le Roi Scorpion 3 et pour voir jusqu'où c'était regardable j'ai enchaîné sur le 4 et le 5" que je vais convaincre mon toubib de pas me mettre sous Seroplex.

Donc du coup petit retour. Comme vous le savez, la saga La Momie a enfanté un spin-off, Le Roi Scorpion, consacré au Roi-Scorpion Mathayus qui était l'antagoniste du Retour de la Momie. Le spin-off eut quatre suites, et l'ensemble se décompose.

Comme suit. Pardon. L'ensemble se décompose comme suit :

- Le Roi Scorpion : même réalisateur que la saga originale, on prend le lore du Retour de la Momie, Dwayne Johnson en héros musclé, 60 millions de dollars, et on fait un succès honnête dans le genre pas toujours très exigeant du film de roi barbare.

- Le Roi Scorpion 2Direct2DVD : Dwayne Johnson part repeindre ses volets, on prend un petit jeune avec une armure rigolote pour une origin story, et on  contacte le vieux routard Russel Mulcahy qui sortait de faire La Malédiction du Pharaon, un décalque de La Momie featuring Casper Van Dien en Indiana Jones totalement abusé.

Indiana qui ? Non, connais pas.

Globalement, disons que Le Roi Scorpion 2 se laisse regarder si on est pas regardant.

- Le Roi Scorpion 3 - Age of Nawak : le lore est parti aider Russel Mulcahy aider Dwayne Johnson à repeindre ses volets, et on commence furieusement à racler le fond pour trouver de quoi justifier une suite. Victor Webster reprend le rôle titre. Dans une tentative désespérée de rester dans la course, on donne du blé à quelques routards en déveine pour avoir au moins quelques noms à mettre sur l'affiche. En d'autres termes, on est pile au point nanar optimal où il reste encore de l'ambition (on pourrait dire de l'espoir) mais ni thunes, ni talent, ni base pour un scénario cohérent.

Et qui dit scénario pas cohérent dit immanquablement possibilité de ninjas.

- Le Roi Scorpion 4 - Sad Trombone : Victor Webster, qui habitait vraisemblablement dans un logement avec uniquement des persiennes et n'avait donc pas de volets à repeindre, reprend le rôle de Mathayus. Par contre on va économiser méchamment sur l'action, les décors, et toutes ces choses chères, et on va proposer une soupe chaude et une couverture à Lou Ferrigno, Rutger Hauer et Don "the Dragon" Wilson pour que Syfy achète le film. Vous aurez donc un groupe de 4 aventuriers partant arpenter les vertes plaines montagneuses de Norvania en faisant semblant de trouver ça épique. C'est long comme un dimanche de novembre à Vierzon. Un film salué par le Prix de l'Union Roumaine des Cinéastes de la meilleure action acrobatique [source : page Wikipédia du film], ce qui constitue une bien meilleure vanne que tout ce que j'aurais jamais pu trouver.

- Le Roi Scorpion 5 - Ah mais y'en a 5 en fait  : Victor Webster, Mathayus en titre du 3 et du 4, a décidé d'aller acheter des volets pour les repeindre, nous laissant avec toute la qualité cinématographique d'un film souvenir de jeu de rôle médiéval fantastique pluvieux. C'est encore plus bancal que Donjons etDragons 3 - La Vache c'est une trilogie ? . Filmé avec des palmes, joué en pilote automatique, financé en tickets restaurant. Passez votre chemin.

Reprenons donc après avoir posé le contexte sur l'objet du jour.

L'intro avec voix grave, fond vert approximatif et regard caméra. Aaah, Syfy, ton style inimitable.

Le Roi Scorpion 3 est réalisé sans réelle patte (et dans un foutoir visuel et une scénographie assez déplorable pour un directeur photo de formation) par le Néerlandais Roel Reiné, également réalisateur de The Marine 2 avec Pas John Cena, de 12 Rounds 2 avec Aucun John Cena, de Death Race 2 avec Certainement pas Jason Statham et de Chasse à l'Homme 2 avec l'Absence de Jean-Claude Van Damme. Entre autres. Son expertise est visiblement fondée sur un entraînement intensif chez les maîtres de l'erzatz no jutsu.

Point scénario : nous suivons Mathayus qui, pour la 3ème fois de suite, a perdu son royaume et sa reine vu que c'est visiblement pas le cul le plus malin à s'être posé sur le trône. S'étant sans doute rendu compte que c'était compliqué de devoir se fader des négociations de droits de passage, des barèmes de taxes et des codes de loi, il nous arrive à nouveau comme simple barbare akkadien itinérant sans qu'aucune explication ne soit donnée.

Une pensée pour le législateur sage et éclairé qui aurait mené le royaume à un âge d'or de paix et de prospérité, mais qui s'est fait dégager par un barbare illettré venu faire le débile avant de tout perdre en trois ans.

Il va donc devoir accepter un CDD de chargé de mercenariat pour le compte de Horus (Ron Perlman), un roi vaguement perse. Il est accompagné d'un viking teutonique, Olaf. Le roi l'envoie chez un poto, le roi voisin Ramussan, indonésien. Le roi voisin voisin, Talus (Billy Zane) le petit frère d'Horus, lui a en effet ravi sa fille Silda. Fille qui est en fait une ninja de la jungle qui va lutter pour défaire Talus qui, lui, pourra compter sur le renfort des 3 esprits du Livre des Morts, soit un africain (Zulu Kondo), une seconde ninja magique (Tsukai) et Dave Bautista avec un casque à cornes (Argomaël).

Décortiquons un peu ce paragraphe. Comme nous l'ont enseigné des générations de profs de français, y'a plusieurs niveaux de lecture.

Autrement dit, c'est la Foir'Fouille.

Tout d'abord l'acting. Globalement il est sans relief sauf pour quelques performances qui, chacune dans son style, permettent de jauger la profondeur des trous dans quelques carrières.

Dave Bautista tente ce qu'il peut dans un rôle qui se résume à "greuh". On ne peut pas tous jouer MacBeth quand on porte un casque à cornes. C'est humain. Je voudrais vous y voir.

Le personnage s'appelle Argomael. Pensez-y quand l'aîné s'appelle Maël, la deuxième Gaëlle, la troisième Gwenaelle et que le quatrième s'annonce.

Ron Perlman s'excuse d'être là et livre en sous-texte un récit social accablant sur le fonctionnement du fisc américain. Le pauvre homme disparaît sous une perruque en poils de loutre et une couronne en carton. Faut bien vivre...

Monsieur Perlman... gnagna sommes restant dues... mmh... pénalités de retard... gnagnagna majoration de 10%... mmmm pourra procéder à saisie... Bon ok je vois.

Ok ben du coup ça tourne, que voulez vous que je vous dise !

Et Billy Zane... donne tout ce qu'il a et le reste. Débarqué sur le plateau avec exactement la moitié de son costume médiéval vampirique de Bloodrayne, il en rajoute dans la traîtrise onctueuse et la décadence forcenée que c'en est un régal. C'est toujours réjouissant de voir à quel point cet homme a décidé, accepté et proclamé à la face du monde qu'il n'en avait plus rien à foutre et qu'il se lèverait désormais chaque matin en surjouant pour un chèque, se coucherait en surjouant pour un chèque, ferait ses courses en surjouant pour un chèque et prendrait sa douche en surjouant pour un chèque.

Rien à battre sous la pluie.

No fucks given sous la tente.

On se prend un godet après la prise ? Ou pendant hein, moi vous savez je m'en bas l'os !

A noter également de belles performances de second plan.

Evacuons ensuite un point qui doit vous gratter le cerveau depuis un petit moment : normalement à la moitié du synopsis vous avez pris une carte et constaté qu'aucun de ces royaumes n'a rien à fiche là, et que pour ceux dont l'ethnie est vaguement définie, les noms des rois et les époques sont totalement à la ramasse. On a vu un cadre historique plus rigoureux dans les épisodes de Deadliest Warrior.

Petit aparté pour ceux qui ne connaissent pas Deadliest Warrior : tentez le coup. C'est une série pour chaîne du câble US de la vague des "nerds forgerons qui testent des armes et qui font les bourrins" dont le principe est juste magique : on prend deux archétypes guerriers et on décide au doigt mouillé de qui a le plus de chances de maraver l'autre si une faille spatio-temporelle impromptue devait les mettre en contact. On compare les armes et armures de chacun en faisant intervenir le grand maître du style chafuku à la lance crénelée ou en expliquant les qualités de l'armure de plates balinaise en ronce de noyer. On détruit des carcasses de cochons et des mannequins en gelée. On attribue des points totalement au pifomètre et on célèbre le vainqueur. Ainsi on a pu avoir droit à Jeanne d'Arc contre Guillaume le conquérant, Pirate somali contre Cartel de Medellin, Waffen-SS contre Viêt-cong, ou l'immortel et merveilleux IRA contre talibans en 5 vs 5, qui pour une raison totalement inconnue se déroule dans une casse auto. 3 saisons de bonheur et une déprogrammation aberrante, considérant qu'ils venaient d'attaquer le surnaturel avec vampires contre zombies, ce qui ouvrait un panel de possibilités d'une richesse infinie.

Le Roi Scorpion 3 se regarde en effet comme une partie d'Age of Empires sur un serveur instable, dans un délire géographique et temporel permanent. Que personne ne tente une excuse pusillanime genre "c'est de la fantasy" ou "c'est un mercenaire, il se balade", tant c'est au sein d'un même royaume ou d'une même armée et de manière totalement injustifiée que l'incohérence peut se déclarer. Les peuples sont un mix d'Asie, de Sud-Est asiatique, d'Europe, de gréco-romain, de mésopotamien, avec des technologies, des vêtements et des architectures allant de l'Antiquité au 17ème siècle sans aucun problème.

El famoso trébuchet antique.

A l'écran, cela donne un fourre-tout innommable qui imbibe 90% du film, mais devient particulièrement jouissif dans les nombreuses scènes de bataille, qui voient s'affronter des armées comprenant de l'infanterie légère, des hoplites, des chars, des éléphants statiques (faudrait pas blesser quelqu'un), des armes de siège, des ninjas, dans des formations dites du "gros tas de figurants qui cache mal la misère". Pour filmer cela, rien de mieux que des plans ultra cuts sous tous les angles pendant les scènes d'action, histoire de les rendre totalement illisibles et de transformer le tout en un formidable simulateur de mal de mer.

La mise en scène c'est une science, et c'est aussi un art.

Des casques coniques de mameluks sont portés avec des boucliers lourds, des capes d'inspiration romaine (amoureusement doublées de gros tissu laineux à motif de courtepointe) côtoient des peignoirs en soie, des bijoux en strass croisent des casques de centurions, et des armées composées de tout ce bastringue mélangé déambulent dans des camps de tentes d'un magnifique blanc de neige, ou dans des palais allant du balinais au proto-mycénien. On se bat sous la bannière de l'Angleterre médiévale contre (ou à côté) des drapeaux fleur-de-lysés ou même japonais.

Croix de Saint Georges supplément ninja

Aux aaaarmes citoyens !

Le Japon passe faire coucou.

Au passage, notons que pas mal de figurants n'ont que des drapeaux comme armes. Ils les agitent de gauche à droite au milieu de la cohue. Un art martial heureusement oublié de nos jours.

Les grands vainqueurs de cette tambouille restent cependant les morceaux de cuir malhabilement façonnés en armures, les morceaux de bois et les tuniques en lin, ainsi que Billy Zane dont les vêtements de cuir muy caliente ne sont raccord avec absolument rien.

Muy caliente, certes, mais en a-t-il pour autant quelque chose à carrer ? Non.

Et ça, c'est avant qu'on libère les 3 âmes damnées du Livre des Morts et que les guerriers magiques entrent en scène. Une "sorcière SM générique modèle 6" (Tsukai), un "africain générique musclé en pagne modèle 3" avec un gros marteau (Zulu Kondo), et... Dave Bautista avec un casque à cornes et les armes de Kratos (Agromael). Ecoutez, pourquoi pas. L'absence de crédibilité historique cède alors le pas à l'absence de crédibilité héroic fantasy. Qui s'en plaindrait ?

Les guerriers du grand Livre des Morts de Honte.

Le Roi Scorpion 3 présente un scénario dense et sans temps morts, parfaitement linéaire mais parfaitement bordélique, qui va cavalcader de bataille en salle du trône à vitesse grand V, ne laissant pas de répit au spectateur (et encore moins à l'équipe de tournage forcée de reconstituer des civilisations radicalement différentes avec l'énergie du désespoir). On enchaîne ainsi :

- Le sauvetage de Ramussan (Temuera Morrisson) à la demande de Horus (Ron Perlman).

- La récupération de sa fille Silda chez Talus (Billy Zane) et la Grande Bataille du N'importe Quoi.

- La découverte que Cobra, le leader des ninjas rebelles de la forêt, est en fait Silda (Krystal Vee), suivie du coup de la baston contre les ninjas.

- Le vol du livre des Morts et la libération des trois guerriers légendaires (d'où petit combat pour se chauffer).

- Combat des ninjas et de nos héros contre Zulu Kondo.

- Face off contre Talus.

- Combat de Silda contre Tsukai.

- Combat d'Olaf (vous l'aviez oublié, le viking teutonique, hein ?) contre Argomael.

- Défaite des méchants.

- Ce petit malin de Mathayus vole allègrement le royaume à Silda qui en était pourtant l'héritière légitime (mais elle l'aime bien alors ça va), et Ron Perlman se repointe pour bénir tout ça, ils vécurent heureux et paumèrent leur royaume avant même le début du film suivant.

Définitivement beaucoup trop de drapeaux dans cette armée... On remarquera que ce sont d'ailleurs techniquement les costumes des méchants qui sont réutilisés dans la scène finale, ce qui rebat les cartes dans la géopolitique du film.

Au passage, je n'ai même pas mis de photo de Mathayus et du viking. Donc voilà, l'un de ces hommes est un viking. Je vous mets au défi de deviner lequel.

Sérieusement y'a débat !

Un parcours bien dense et riche en bastons donc, qui laisse peu de temps de répit au spectateur, tout occupé qu'il est à remettre mentalement les morceaux en ordre. Vous gagnerez par ailleurs 30 nanarpoints si vous trouvez quoi que ce soit qui justifie le titre français et fasse référence au fameux œil des dieux. Le titre québécois (Le Roi Scorpion 3 - La délivrance) n'a pas plus de sens, à part peut-être s'il fait référence au départ du casting de Dave Bautista et Ron Perlman.

À noter aussi un seul et unique gag dans tout le film (à moins de compter l'intégralité des scènes de Billy Zane comme une gigantesque blague), qui adopte autrement un ton épique sans guère de relief.

Un truc assez balourd à base de "sauvez la princesse qui n'est même pas belle" et de tableau bizarre, qui sent la plaisanterie de tournage restée au montage.

Techniquement, nous avons déjà salué les efforts méritoires des accessoiristes pour habiller, loger et armer tout ce petit monde avec 150 mètres de lin beige, huit canapés Cuir Center d'occasion, et tout ce qu'on a pu trouver dans les décombres d'un opéra comique incendié. Il est par contre regrettable que le tout soit filmé comme un mauvais clip, avec une caméra incapable de se poser et un montage sous PCP.

Durant chaque dialogue, c'est une avalanche de zooms, de déplacements sur le côté (pas des travellings, hein, des glissements comme si le caméraman était en chaussons sur le parquet), de tressautements (vous aviez perdu tous les trépieds où quoi ?), de coupes sauvages.

Dans les scènes d'action, pareil sauf que c'est vous qui êtes sous l'avalanche. Outre des problèmes de chorégraphie (à un moment Mathayus met deux coups de boule à un petit éléphant, sans grand effet) et de mise en scène (la grande bataille se résume à des plans flous sur des combats approximatifs, et à laisser un grand cercle vide autour de Mathayus), le placement de la caméra et le montage sont totalement à la ramasse, accentuant encore le bazar ambiant en rendant l'action résolument illisible. La musique est inexistante, les dialogues oubliables... non vraiment, y a rien à sauver cinématographiquement.

Cette salle est officiellement nommée "Espace Billy Zane" tellement personne n'en a absolument rien eu à fiche de rien dans sa conception.

Au final, Le Roi Scorpion 3 reste un agréable petit nanar qui est absolument parfait pour démarrer une soirée en douceur, pour initier un ami ou pour torturer un rédacteur de Guerres et Histoire. Soyez chic par contre, n'invitez pas Ron Perlman, il n'aimerait pas ça du tout.

Vous pouvez inviter Billy Zane par contre. Ne soyez juste pas surpris s'il n'apporte même pas un sachet de cacahuètes, tant il est établi qu'il n'en a plus rien à foutre.

- Hermanniwy -
Moyenne : 2.33 / 5
Hermanniwy
NOTE
2/ 5
Barracuda
NOTE
2.5/ 5
Rico
NOTE
2.5/ 5

Cote de rareté - 1/ Courant

Barème de notation

Le DVD et le Blu-ray "Universal" se trouvent couramment, et nul doute que pas mal de solderies les proposent dans leur bac "à donner contre bons soins".

A noter que contrairement à ses petits frères ingrats, Le Roi Scorpion 4 et Le Roi Scorpion - Le Livre des Ames, cet opus a été jugé digne de figurer dans un coffret avec Le Roi Scorpion 1 et 2.

 

Un coffret des 5 films pour complétionnistes acharnés existe également, mais sera un peu plus difficile à trouver.

Dans l'une ou l'autre édition, les bonus semblent par contre être toujours enterrés à Karnak, sous une dalle de granit et 200 tonnes de sable.