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Titanic, la légende continue

(1ère publication de cette chronique : 2019)
Titanic, la légende continue

Titre original : Titanic, la légende continue

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Camillo Teti

Année : 1999

Nationalité : Italie / Espagne / Corée du Nord

Durée : 1h10 plus ou moins

Genre : Le Disney de con

Acteurs principaux :Des doubleurs qui préfèrent garder l'anonymat.

Plissken
NOTE
2/ 5


Créée en 1985, la société italienne 'Mondo TV", appelée aussi "Mondo World",  a produit de nombreux films et séries d’animation pour enfants, aussi bien pour la télé que pour le marché de la vidéo.

Seulement, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entreprise ne faisait pas dans l’original. Elle louchait volontiers du côté des œuvres de Tonton Disney pour en produire ses propres versions… en vachement moins bien animé et en vachement moins bien raconté. Et en sous-traitant le tout aux célèbres studios "SEK" de Corée du Nord, dont les prix de main-d'oeuvre défient toute concurrence.

Ce n’est que dans les années 2000 que la boîte va se diversifier et arrêter de faire dans le mockbuster.


Alors, bon, je suis assez mauvaise langue. Premièrement, parce que Disney a adapté énormément d’oeuvres littéraires, et que rien n’empêche une société italienne d'en donner sa propre version (sans dire non plus qu’on a le droit de copier tous les designs et les histoires) et que Mondo TV a également adapté des œuvres que Disney n’a pas dans son catalogue : Zorro, Christophe Colomb, Jésus, Mère Thérésa et… le Titanic, ne figurent en effet pas dans le répertoire de nos amis outre-Atlantique.

C'est à ce dernier qu'on va s'intéresser ici. Titanic, la légende continue a en effet eu le privilège de sortir en France. L'occasion idéale pour présenter le merveilleux travail de nos amis transalpins à destination de nos chères têtes blondes.

Alors on va tout de suite évacuer la question de l'originalité, parce que c’est la première chose qui saute aux yeux quand on regarde quelques minutes du métrage. J’ai dit qu’on tenait là une œuvre qui n’avait rien à voir avec un Disney ? Que Mondo a eu le mérite de tout créer ou presque ?

Je ne vais même pas vous faire l’affront de vous dire que le film a commencé à entrer en production quelques jours après la sortie du Titanic de James Cameron. Vous vous rappelez cette histoire d’amour sur fond des luttes des classes, à bord de ce paquebot au destin tragique ? Et bien on a rigoureusement la même chose sauf que là, c’est le garçon qui fait partie de la haute société et la fille qui n’a pas un rond. Un véritable conte de fées qui rendrait jalouse Cendrillon.

AH BAH CENDRILLON JUSTEMENT ! PARLONS-EN !

Que Titanic, la légende continue soit un mockbuster animé du film de Cameron, soit. Mais le comble de la crapulerie, c'est qu'ils sont allés piquer moult personnages de Disney pour les mettre sur le rafiot. Et encore, je dis Disney mais les margoulins de Mondo ont braconné un peu partout en fait !


Angelica , l’héroïne, a quelques faux airs d’Anastasia.


Si l’intrigue s’inspire un peu du mythe de Cendrillon, certains personnages sont par contre complètement pompés.


Fievel n’est visiblement pas le seul à vouloir découvrir le Nouveau Monde.


Ce petit canidé a quant à lui le look de Lady, mais parle comme Clochard de La Belle et le Clochard.


Cette personne cruelle a un vrai look d’enfer.


D’ailleurs, ces deux personnages ont également leur place dans le métrage.


Oh et puis au point où on en est, autant caser les oies des Aristochats. Parce que… pourquoi pas ?


Pendant tout le métrage, on ne cesse de se moquer de ce chihuahua car il ressemble à une chauve-souris. Une référence à Batty, la chauve-souris de Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully ?


Je pense que là, la ressemblance est élémentaire !

Ouais… OK… là, j’extrapole peut-être un peu...


Au fur et à mesure que défilent ces personnages au look familier, avec leur air de déjà vu et surtout de "déjà vu en mieux", un puissant paradoxe commence à se dessiner : se pourrait-il que ce film ne plagiant pas directement un Disney soit finalement celui qui ait pioché le plus dedans ?


Certains personnages au design détonnant sont peut-être issus d’autres œuvres dont je n’ai pas la référence.


Mais bon, passons au voyage en lui-même avec cette capture de plan sur le bateau qui doit provenir d'un autre film (ou du jeu PC Titanic de 1996 ?), tant le style graphique de cette scène est très différent du look général du métrage.


Si vous êtes un érudit en nanarologie ou que, tout du moins, vous êtes un habitué de ces lieux, vous devez vous dire : « Bon, une société de production italienne qui plagie à tout va ? La belle affaire, avec Bruno Mattei on en a vu d’autres, il s’agirait de faire mieux que ça pour nous impressionner. ». Ne vous inquiétez pas, Titanic, la légende continue ne fait pas que dans le plagiat : le mauvais goût et l’absence d’idées sont bien aussi au rendez-vous.

L’histoire, tout comme celle du blockbuster de Cameron, va se concentrer sur les passagers et leurs déboires avant le naufrage. Et tout comme chez Cameron, le film est en fait un long flashback. Un personnage (une souris en l'occurrence), ayant été sur le paquebot, va nous narrer les péripéties de ce voyage. Si bien que Titanic, la légende continue commence… par le naufrage en lui-même.

Et là, j’attire votre attention qu'il s'agit d'un film pour enfants.

Nous avons donc droit à une scène à l’intensité dramatique poussée à son paroxysme. Le navire est brisé en deux. Une poignée de survivants, la mine complètement déconfite, sont sur des canots et nous entendons des « A l’aide ! Sauvez-moi ! Je vais mourir » sur une musique qui, à elle seule, pourrait foutre le seum à un marmot. C’est une scène horrible qui irait très bien dans une interprétation réaliste de ce fait historique. Mais… mais… J’AI ACHETÉ CE DVD POUR LE REGARDER EN FAMILLE ! Et le fait de ne pas en avoir ne doit en rien atténuer mon désarroi !










Même pas 30 secondes de film qu’on nous spoile déjà la fin...


Parlons technique maintenant, voulez-vous ?

Bah c’est moche.

Quand j’ai regardé le film pour la première fois, dès les premières images, j’ai daté le bousin vers les années 80 voire début 90. C’est en voyant que l’intrigue reprenait grandement celle de Cameron et que l’héroïne ressemblait beaucoup à Anastasia (sorti en 1998) que je me suis dit que mon estimation devait être erronée. Et quand j’ai vu 1999, j’ai eu l’impression qu’un ascenseur me descendait dans le bide. Je ne suis pas persuadé que cette comparaison parle à tout le monde, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti.

J’ai grandi dans les années 80/90. J’ai maté du Récré A2, du Club Do, du Minikeum’s (sans Kev Adams dedans), du Disney Parade, du M6 Kids, et pour moi, tous les DA que j’ai vus à cette époque, de Draculito, mon Saigneur à Le Maître des Bots en passant par BCBG étaient tous mieux animés.




Pourquoi le dessin animé n’arrête pas de changer de style graphique ? Pourquoi il n’y a aucune cohérence au niveau du design des personnages ? Pourquoi il n’y a pas de cohérence entre le design d’un même personnage d’une scène à l’autre ? Pourquoi tous les employés du Titanic sont des petits gros ? Tant de questions sans réponses.


Nous avons des personnages qui effectuent des mouvements de marche mais restent en fait sur place, nous avons des effets supposément ralentis, pour donner une plus forte intensité dramatique à la scène, mais donnent à l'image un effet raté et hyper saccadé. Et puis… il y a le rap.

Pour donner un exemple de la piètre qualité de l’animation, vous avez peut-être entendu parler de ce film par le biais de cette scène qui a fait son petit buzz sur Internet dans la communauté des amateurs de films à la qualité douteuse.

Nous sommes sur le Titanic, donc en 1912, et autant dire que le rap n’était pas encore très répandu dans les rues de New York. Pourtant, les créateurs ne vont pas hésiter à faire rapper un chien façon Benny B chez Charlie et Lulu.




Mais vous êtes fous ? Oh oui !


Bon, un anachronisme, aussi flagrant soit-il, pourrait encore passer. Si la scène est fun et bien réalisée, pourquoi pas ? Le film n’a pas non plus vocation à respecter à 100 % la réalité historique.

Mais… c’est moche et hyper mal foutu.

Et non seulement c’est moche, mais en plus ça sort de nulle part.

Quand cette scène survient, nous sommes déjà à un point assez avancé de l'histoire, et absolument rien dans ce qui a précédé ne laisse alors présager une incursion dans la comédie musicale. Cette chanson moche et anachronique surgit sans crier gare et nous laisse pantois.

Mais le pire, c’est qu’en termes d’animation, on est bien en-dessous du niveau zéro. Déjà, tout au long de ce clip, on ne cesse de changer de style graphique d’une image à l’autre. De même, le pauvre toutou a l’air d’être martyrisé tant on écartèle ses membres dans tous les sens.








C'est toi "Snoop Dog" ?


Mais tant que j’y suis, il va être utile de préciser un autre élément qui rend le film encore un peu plus nanar et qui a beaucoup d’effets sur cette scène.

Titanic, la légende continue est sorti en Italie dans sa version d'origine. Pour la version internationale, le montage a été retouché : des scènes ont été retirées et la chanson du chien qui rappe a été modifiée. Si bien que les paroles de la version internationale ne correspondent plus du tout aux mouvements esquissés par les protagonistes. Ainsi :


Lorsque Fritz fait ce mouvement en lançant un « YOU ! » dans la version originale.


On comprend que la souris réponde d’un geste signifiant « Moi ? ». Y a une certaine cohérence entre les paroles et les gestes.


Or cela ne marche absolument pas dans la version internationale (et donc la version française qui a eu le bon goût de ne pas doubler les paroles chantées). Faire les pas de la Macarena sur les notes de la Lambada… ça marche pas !

Et pour vous en convaincre, rien de mieux que cette vidéo qui compare les deux versions (aucun animal animé n’a été maltraité dans cette séquence, seuls les doubleurs ont été humiliés).

Titanic, la légende continue contient une autre scène où des animaux poussent la chansonnette. Une scène qui ne se gêne pas pour recycler des frames déjà utilisées dans le rap. Cette chanson est chantée par un groupe de souris débarquant du Chili. Une chanson à forte inspiration hispanique donc. C’est juste dommage que les paroles de cette chanson aient été confiées à un Michel Leeb en herbe.

Vous connaissez cet adage à la noix qui dit que pour parler espagnol, il suffit d’ajouter des O ou des OU dans votre phrase ? Et bien ici c'est un peu ça, avec une chanson qui pourrait s’àpeuprètraduire par :
« Si tou vas mal-o, t’as qu’à venir dans-o, et tou verras tou seras cool-o. ». Rien que le titre… c’est « Mucho Gusto », vous voyez que je ne vous mens pas.




Par contre, les scénaristes ont réussi à justifier qu’un groupe provenant d’Amérique Latine ait pris le bateau de Londres pour rejoindre New York. Rien à dire, là dessus y a un bel effort.










Dans les deux chansons, des animations ne cessent de tourner en boucle. Certaines animations apparaissent aussi bien dans l’une des chansons que dans l’autre.


Et mais au fait… Titanic, la légende continue, de quoi que ça cause ?

Et bien, de pas grand-chose. Ou de trop de choses, ça dépendra des points de vue.

Le film est très court. Il ne dure pas 70 minutes comme affiché sur la jaquette, et nous reviendrons sur ce point.

Il contient énormément de personnages. Il y a des humains et des animaux qui parlent. Ils ont tous leur petite histoire… mais pas assez de temps pour toutes les résoudre.

Angelica, une jeune fille pauvre, est venue sur le paquebot pour retrouver ses parents qui l’ont abandonnée avec pour seul indice un médaillon. Elle rencontrera William. Ils tomberont amoureux au premier regard… parce qu’on n’a pas le temps de développer une idylle. En fait, leurs regards ne se sont pas encore croisés qu’ils sont déjà tous deux prêts à se sacrifier pour l’autre.


Love at même pas first sight.


Et puis y a un détective qui enquête sur… on ne sait pas trop quoi. De toutes façons, ils ne trouveront rien. Par contre il perdra ses cheveux.

Y a une autre idylle, entre un vieil homme ayant perdu sa fortune et une dame également âgée qui voyage avec de faux bijoux pour se trouver un mari. Ils sont mignons tout plein eux, je les aime bien. Dommage que leur idylle n’ait pas été développée plus de 10 secondes.

Y a une bande mal intentionnée qui veut détrousser les voyageurs de leurs biens. Comme ils disent : « On a la bonne clé, mais pas le bon trou de serrure ». Là encore, dommage qu’ils n’aient pas eu le temps de nous expliquer ce que voulait dire cette phrase.

Y a un Français (qui s’appelle Gaston évidemment) qui veut se taper la chanteuse du paquebot.

Et y a des animaux qui dansent dans la cale. Et pour tout dire, le métrage se concentre pas mal sur eux… bien qu’ils ne fassent, ni disent grand-chose d’intéressant.

Ah, oui, si, au fait, y a aussi une histoire de bateau qui coule à la fin.










L'histoire part sur tellement d’intrigues que la plupart se résolvent en même pas deux répliques.


Bon, il faut tout de même que je revienne sur le naufrage du navire.

Oui, le naufrage a déjà été mis en scène en introduction du film de manière très dramatique. Nous avons à nouveau droit à ce naufrage… mais dans une version différente.

Déjà, la destruction du navire est montrée. Enfin… montrée… ils font ce qu’ils peuvent au niveau de l’animation, et nous livrent un montage psychédélique reprenant les mêmes images en boucle. L’eau traverse la coque, la coque se brise, William fait des trucs, l’eau traverse la coque sous la même animation, William fait autre chose, la coque se brise (même animation), une cheminée tombe, la coque se brise, l’eau traverse la coque, on met un gros plan sur un visage, la coque se brise, la même cheminée tombe, l’eau traverse la coque, la coque se brise, la même cheminée tombe à nouveau… c’est incompréhensible et ça fait mal aux yeux. Et pendant tout ce temps, la chanteuse chante, mais au lieu d’avoir un vain moment de bravoure similaire à ce que Cameron a tenté de faire dans sa version, cette chanson survient ici dans un WTF le plus total. On ne comprend pas ce qui la pousse à continuer à chanter et pourquoi elle arbore ce si radieux sourire, comme si elle était en train de faire un tabac devant un public de connaisseurs de Las Vegas.






Le naufrage du navire se résume quasiment à afficher ces images en boucle, en parsemant ça et là quelques visages ébaubis.


Et pendant ce temps-là… her song will go on and on...


Mais ce qui choque le plus et colle une sacrée gifle à l’adulte regardant cette version avec son bambin, c’est l’énorme décalage qu’il y a entre la dramaturgie des faits et l’atmosphère que les réalisateurs ont donnée à cette scène. On reprend bien les images de l’introduction… mais l’ambiance est toute autre, cette fois-ci, on met des blagues.

On entend toujours les gens crier à l’aide et prier pour qu’on leur sauve la vie, mais vu que c’est pour les enfants, on tente de dédramatiser l’événement en ajoutant des blagues pipi-caca. Un mélange extrêmement contradictoire qui laisse un vrai arrière-goût de nanardise en bouche.


C’est un dessin animé pour les gamins. Vous mettez trois grimaces, et vous verrez qu’ils n’entendront plus les appels au secours déchirants.


Ho ! Ho ! Il est bizarre son bain-marie à lui !






Une petite-fille s’assoit sur la main d’une vieille dame dans un canot de sauvetage… avouez que c’est un bon début de blague.


Vous savez c’est quoi le plus drôle ? (Une phrase qui… généralement… implique qu’elle sera suivie de quelque chose d’absolument pas drôle).

C’est qu’au niveau de intrigue, on arrive quasiment au terme. Je veux dire… ayé… le bateau coule, y a des survivants, on devrait donc bientôt être à la fin du film, non ? Bah en fait, là, avec tout ce que je vous ai raconté, on est à 40 minutes de film.

Mais vu que ça fait un peu court jeune homme, le film va utiliser de vils procédés pour allonger sa durée et ainsi pouvoir être estampillé « long-métrage ». Vous m’en voyez désolé, mais je vais être obligé de vous spoiler la fin comme un gros goret. Mais elle est tellement énorme que je ne puis m’en empêcher.

Déjà, l’intrigue en elle-même va avoir du mal à se clôturer.

Dans la panique, Angelica et William ont été séparés. Angelica va trouver refuge sur un canot de sauvetage. William, lui, va être emporté par les flots sous les regards impuissants d'autres naufragés tentant de le secourir (un film pour enfant qu’on vous dit).








Jack… euh pardon… William est emporté à jamais par les flots, non sans avoir au préalable sauvé la vie d’un gamin. C’est pas Joe ou Averell qui auraient fait ça !


Angelica ne cesse d’appeler William, ne sachant pas ce qu’il était advenu de son bien-aimé pour la vie qu’elle a rencontré y a 30 minutes… et comprenant petit à petit qu’elle ne le reverrait sans doute jamais. SAUF QUE C’EST PAS GRAVE !




Il s’en passe des choses dans le coeur de l’océan.


Parce que si elle perd un amant, elle gagne au moins une maman ! Rappelez-vous, Angelica était venue sur le rafiot avec un médaillon ! Et bah comme par hasard ! La personne assise à côté d’elle dans le canot de secours ! BAH C’EST SA MÈRE ! ELLE A RECONNU LE MÉDAILLON ! Elle est pas belle la vie ?






Je suppose que le : « Maman, pourquoi vous m’avez abandonnée ? » viendra plus tard.


AH MAIS ATTENDEZ ! C’EST PAS FINI !

Après ses émouvantes retrouvailles, on aperçoit un survivant qui vogue sur une caisse. Il a la même coiffure que William ! C’est sûrement lui !

Alors bon, même si on n’a pas secouru toutes les personnes perdues dans les eaux glaciales qui criaient à l’aide… là on parle de WILLIAM, merde ! Lui on le sauve ! Tant pis pour les autres !








Oh merde ! En fait, c’est pas lui.


Quelle déception de sauver la vie de quelqu’un dont on n’a rien à faire :(


Alors là, niveau émotion, Angelica, elle est pas mal. Je veux dire… elle vient de perdre son bien-aimé, elle retrouve sa mère juste derrière, elle retrouve son bien-aimé au milieu des flots, ah mais nan en fait c’est pas lui. Au niveau du cardio, on doit pas être loin d’un recor… mais… mais… ATTENDEZ, REGARDEZ LA-BAS ! UN AUTRE SURVIVANT COIFFÉ COMME WILLIAM !


Regardez là-bas ! Au milieu des cadavres et des gens en détresse ! Un autre rouquin ! Si on se dirige pas tout droit vers un happy end, je ne m’appelle plus Mamie Nova !




Cette frame a déjà été utilisée lors de la première tentative de sauvetage de William (voir plus haut). Sauf qu’on l’a inversée horizontalement pour faire mine que c’est pas pareil. Sauf que le moustachu à droite là, il n’est même pas sur ce canot de sauvetage.


Maintenant qu’on a sauvé le bon, on pourrait peut-être re-balancer l’autre à la mer ?


Voilà, en gros le film gagne du temps en nous balançant un nombre inédit de rebondissements. Sachez d’ailleurs que l’on apprend que la maman d’Angelica a adopté William et que c’est elle qui l’a élevé. Ce qui, soit dit en passant, signifie qu’Angelica et William sont en quelques sortes demi-frères et demi-sœurs. Mais bon ça, ça n’a pas l’air de les gêner outre mesure.


Je suppose que le : « Pourquoi vous m’avez abandonné pour élever un garçon ? » viendra plus tard.


Un bon gros rebondissement final, c’est déjà pas mal. Mais là, on en a 3 ou 4. De quoi on se plaint ?

Là, vous vous dites qu’avec tous ces rebondissements, on a dû bien avancer question timing. Bah en fait pas tant que ça, tout ça se passe en même pas 5 minutes. Mondo a donc encore du temps à gratter pour vendre ça comme un long-métrage. Hey oh, on va pas faire du Granny quand même. On mange pas de ce pain-là.

Alors, pour faire un nouveau bond dans le temps d’au moins 1 minute, on ajoute une scène « Que sont-ils devenus ? ». Tout cela prend la forme d’un gros Happy Ending à la sauce « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »… en omettant tout de même volontairement le fait que cette tragédie a fait dans les 1500 morts, et que de se remettre d’un tel traumatisme ne doit pas être aisé. Mais soit, c’est un film pour enfants.


Fievel rend une petite visite à Ratatouille.


Alors… oui… de manière complètement random, Sherlock Holmes va se transformer en Kojak.


Vu que les protagonistes du film finissent heureux, c’est un happy end ! On s’en fout des autres !


Voilà, cette fois c’est fini, avec une durée totale de… 55 MINUTES ? Merde les gars, va falloir qu’on gratte encore du temps, vous avez une idée ?

Et l’idée… ils l’ont eu. Pour atteindre pitoyablement la durée des 70 minutes, on va nous offrir un générique de fin... de plus de 12 minutes.

Je sais qu’on pourrait ne pas considérer le générique comme faisant partie intégrante du métrage en lui-même. Mais tout de même, ce procédé éhonté pour subtilement allonger la durée du film devait être évoqué. On va ré-entendre toutes les musiques du film (dont le rap), on va afficher le nom de la personne prêtant sa voix à côté d’une image du personnage pendant de longues secondes, on va clairsemer les personnes ayant participé à ce film dans tout le générique (si bien qu’on a un nom toutes les 2 minutes environ), on va remontrer des images du film,…


Avec un nom pareil, c’était sûr que la boîte allait couler.


L’avantage d’avoir un très grand nombre de personnages, c’est que de mettre le nom de l’interprète sur une image fixe pour chacun d’entre eux, ça peut durer très… très longtemps.


And the credits will go on… and ooOOooooOOooon !


Voici donc ce que Mondo TV a à nous offrir. L’entreprise a certes bâti sa mauvaise réputation autour des plagiats, et ce Titanic, la légende continue ne fait pas exception. Mais ce film nous prouve également que pour faire des animations, pour créer des histoires ou pour avoir de bonnes idées… bah… ils ne sont pas doués non plus.

Addendum à caractère informatif :

Vous devez penser que Mondo TV a dû être consciente de son erreur, que l'idée de faire un film pour enfant sur le thème du Titanic n'était pas la meilleure. Et bien en fait... The Legend Goes on n'était pas leur premier essai.

En 1999, les mêmes producteurs ont sorti The Legend of Titanic. Si le métrage a toujours une vocation internationale, il ne me semble pas l'avoir vu par chez nous. Cependant, s'y intéresser vaut le coup.


Le film a quelques similarités avec celui chroniqué ici. Tout d'abord, on garde une histoire d'amour à base de "Love at first sight" et une grande importance est accordée aux animaux parlant. D'ailleurs, là encore, c'est une souris qui nous raconte ce qui s'est passé sur le rafiot. Les plagiats sont moins présents... mais ont tout de même leur place. Si Disney est assez épargné, le film reste sous forte influence, avec un protagoniste nommé Don Juan et une référence marquée à l'univers de Jules Verne.

Mais là où cette mouture fait fort, c'est dans son synopsis. On nous promet la véritable histoire du naufrage. Et c'est bizarre, parce que c'est pas celle que tous les documentaires et livres d'Histoire racontent.

Baron Vandertilt est le fier propriétaire d'une entreprise de chasse de baleine.
Le papa d'Elizabeth, qui tombera amoureuse de Don Juan, est plus ou moins propriétaire de toutes les mers sur Terre.
Le Baron souhaite épouser Elizabeth pour faire signer un document au papa qui lui donnera le droit de chasser la baleine dans toutes les mers du globe. Mais ça tombe à l'eau (comme le bateau plus tard).
Pour faire disparaître les preuves, il décide de faire couler le paquebot.

Là, c'est déjà très bête hein... mais attendez, c'est pas fini.

Il s'allie avec un gang de requins (le film du même nom n'était pas encore sorti).
Le chef de ces loubards de requins va voir le poulpe géant nommé Tentacule et lui dit que s'il veut faire partie de sa bande, il doit balancer un iceberg le plus fort possible.
Et cet idiot... c'est exactement ce qu'il va faire. Les requins ont tellement bien calculé leur coup qu'ils lui font faire ça juste quand le Titanic passe par là.


Conscient de sa bêtise, Tentacule tentera de réparer le bateau à mains nues (enfin... à tentacules nues quoi). En vain, le Titanic sombrera 20.000 lieues sous les mers.


Mais l'histoire ne s'arrête pas là...

Peut-être vous souvenez-vous que courant 2003, Cameron avait sorti un documentaire nommé Les Fantômes du Titanic, où le réalisateur revenait sur les lieux du naufrage avec des scientifiques. Avec des petits robots, ils avaient offert des images de lieux jusqu'alors inconnus du navire.

Et bah tiens... si James Cameron est parti à la recherche du Titanic, pourquoi les personnages de Mondo ne feraient pas pareil ?

Les producteurs vont surfer sur la vague du documentaire pour pondre un In Search of the Titanic


Ils font revenir les protagonistes du film de 1999 et les embarquent dans une aventure sous-marine... et quelle aventure !

Alors qu'Elizabeth, Don Juan, le chien et les souris étaient dans un bathysphère pour trouver l'épave, le chef des requins fait son retour et bouffe le câble. Nos héros vont se réveiller dans la cité d'Atlantide. S'en suivront des péripéties totalement rocambolesques à base de guerres aquatiques façon Aquaman, de fontaine de jouvence et de trafic de drogue des souris de l'Atlantide avec, là encore, quelques chansons complètement déjantées.

C'est un peu comme si les scénaristes avaient écrit un truc sur le mythe de l'Atlantide (mais bien à leur sauce quand même) et que comme James Cameron nous lâchait son petit docu, là... les producteurs avaient décidé d'insérer une intrigue, vite fait, autour de l'épave. Une véritable ode au nawak.


Ouais, y a tout ça dans le film... et même qu'à un moment, ils parlent du Titanic vite fait.


Si le film chroniqué plus haut a de sérieux arguments pour mériter le qualificatif de nanar, les autres opus de la "trilogie", et bien d'autres œuvres de chez Mondo TV à vrai dire, mériteraient eux aussi de figurer sur ce site. Qui sait, peut-être qu'un jour...

Ajoutons aussi que In Search for Titanic fait partie du catalogue Amazon Prime, comme beaucoup d'autres films d'animation au rabais. Eh oui, n'a pas le catalogue de Netflix qui veut (et... c'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour nous).

Image prise sur le compte @ChatonPEL sur Twitter. Regardez bien l'affiche de Snow White. Franchement... les Nains... ils ne la regardent pas de manière hyper flippante ?

- Plissken -

Cote de rareté - 2/ Trouvable

Barème de notation

Le film est sorti en DVD en France sous un mystérieux label, "Bonsaï DVD", et a été vendu sur des sites comme Cdiscount à prix « raisonnable » à l’époque.

Aujourd’hui, on trouve toujours quelques exemplaires sur le net à des prix très variables.

Amazon vend le DVD neuf à 50 euros. Mais vous pouvez trouver des annonces de produits d’occasion sur divers sites pour moins de 10 euros. Personnellement, je l’ai trouvé dans un Happy Cash pour 50 cents. Fouillez les bacs.

L'édition québecoise de chez "Equinox" (qui promet sur sa jaquette une fin heureuse pour tout le monde !) se trouve aussi souvent sur internet.