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Double Dragon

(1ère publication de cette chronique : 2004)
Double Dragon

Titre original : Double Dragon

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :James Yukich

Année : 1994

Nationalité : Etats-Unis

Durée : 1h29

Genre : Double Buse

Acteurs principaux :Michael Berryman, Robert Patrick, Alyssa Milano, Mark Dacascos, Scott Wolf, Julia Nickson, Kristina Malandro

Grégoire01
NOTE
2/ 5


1994 fut une grande année pour l’adaptation des jeux vidéo au cinéma. A cours d’idées neuves, les producteurs hollywoodiens s’abattirent tels des criquets pèlerins sur tous les hits sortis sur consoles de jeux comme « Super Mario Bros » ou « Street Fighter 2 ». Le résultat fut quasiment toujours d’une crasse médiocrité. Il aurait été dommage de ne pas chroniquer un des fleurons les plus patauds de cette vague, sorti juste après les aventures du plombier de chez Nintendo : « Double Dragon ».




Si « Super Mario » et son univers avaient l’excuse d’être très difficilement transposables dans un film live, le jeu « Double Dragon » n’aurait en revanche pas dû poser problème. Tous les joueurs vous le diront, ce jeu est un classique, même si le scénario est très mince : les deux frères Billy et Jimmy Lee vont sauver une fille prénommée Marion et nettoyer la ville par la même occasion. Postulat de départ on ne peut plus basique mais sans importance pour un jeu d’action, il en aurait pu après tout en être de même pour le film (il suffit de se pencher sur les productions hongkongaises des années 80 et 90 pour constater que bien des films d’action restent intéressants malgré un scénario faiblard) si le réalisateur n’était pas un cancre et si les scénaristes avaient été plus malins. Je dis ‘‘les’’ car ils étaient quatre (comme pour « Super Mario » tiens !) pour pondre cette frétillante daube.

Les frères Lee, qui respecteront leur code couleur tout au long du film.

Au début de l’histoire, nous avons droit à un résumé sur un médaillon magique séparé en deux, une partie ayant les pouvoirs psychiques, l’autre physiques, et à l’attaque d’un village de moines par des sortes de ninjas (notez que sur la cassette en V.F. que j’ai matée, ce passage a des dialogues en français mais sous-titrés anglais, ce qui traduit peut-être la motivation des traducteurs). Les méchants s’emparent donc de la première moitié du médaillon (celle au pouvoir psychique).


Les vils ninjas.


Voyage à Néo Los Angeles (j’ai oublié de préciser que l’histoire se déroule en 2007 et que Los Angeles est devenue une île suite à un grand tremblement de terre) où l’on retrouve Kogo Shuko (Robert Patrick), qui prend possession de la première partie du médaillon et ordonne qu’on lui retrouve la seconde qui, vous vous en doutez, est en possession des frères Lee. L’action peut enfin commencer…

Vous l'avez la référence ?

Quoique non, en fait. Car ce qui caractérise « Double Dragon », c’est que pour une adaptation de « beat them all », les combats sont plutôt rares, Billy (Scott Wolf) et Jimmy (Mark Dacascos) passant une grande partie du film à fuir en hurlant. Cependant il y a quand même des combats et c’est là que l’on se rend compte qu’il y a deux écoles : celle de Mark Dacascos qui a fait des arts martiaux depuis son enfance (son père était professeur de karaté), qui a remporté plusieurs championnats et montre son art, et l’école de Scott Wolf qui n’y connaît rien et se bat en envoyant des ballons de basket sur ses adversaires ou en faisant tomber l’ennemi sur des billes.


Double nigaud.


Pour ce qui est des poursuites, elles sont sans rythme et ce même lorsqu’il s’agit de véhicules, qui semblent foncer au maximum à 40 km/h à travers des décors vus et revus.

Car effectivement pour le côté apocalyptique de la ville c’est du vu et revu : tout est crade et sombre (on en vient à se demander s’ils n’ont pas piqué certaines rues à « Super Mario ») et évidemment ce sont les gangs qui font la loi. Ces derniers sont d’ailleurs plus ridicules qu’effrayants, tant par leur jeu d’acteur que par leur costumes.


Ouah ! Trop effrayant le clown.


Les bikers du futur.


Plus rebelle comme fringues tu meurs.


Parlons des acteurs, justement, et en particulier de Robert Patrick. Après Terminator 2, l’acteur a dû se sentir pousser des ailes et se lancer à corps perdu dans ce film. Or le T-1000 est ici méconnaissable : cheveux décolorés, barbichu, il campe un personnage ridicule et (comme si ça ne suffisait pas) offre un jeu de sourcil très intéressant pour nous autres nanardeurs.

 


No comment.


Mais les autres acteurs ne sont guère mieux lotis, victimes elles aussi de ce naufrage telle Alyssa Milano qui se retrouve enlaidie par une coupe de cheveux post-apocalyptique réduisant à néant sa crédibilité.


Comment détruire le sex-appeal d'Alyssa.


Les seconds rôles sont insignifiants par leur présence, sauf un : Bo Abobo. Déjà que son nom prête à rire, ce chef de bande (les Mohawk) va se retrouver victime des spécialistes en effets spéciaux du film qui vont l’affubler d’un des pires costumes qu’il m’ait été donné de voir (du genre verrue géante).




Abobo avant puis Abobo après (t'as le look caca, pour reprendre le forumeur Yatta-man).


Mais il n’est pas la seule victime. D’autres acteurs ont eu droit au même traitement de faveur.








Mieux que les ninjas classiques, les ninjas mutants et Michael Berryman (dans un minuscule rôle).


En matière d’effets spéciaux, il faut aussi souligner les magnifiques véhicules dont une voiture qui marche aux ordures et qui passe du 30 au 40 quand on y met de l’insecticide. Il y a aussi les formidables effets 3D qui ont bien vieilli (dans le sens nanar du terme).

Mais les scénaristes ont en plus démontré tous leurs talents d’écrivain en composant des dialogues et des situations qui essaient d’être drôles mais qui se révèlent au final consternants, pas franchement améliorés non plus par le passage à la VF. Extrait :

Voyou : C’est les frères Lee, dit les 2 ramos.
Abobo : …Ah j’ai pigé ! Les 2 ramo Lee.

A Gauche, Linda et son fouet, qui tout comme Abobo vu plus haut est un personnage du jeu vidéo.

D'ailleurs, les voici en train d'en vouloir à Billy Lee.

Autre extrait :

Voyou : livraison spéciale !
Un facteur tombe d’une citerne.
Jimmy : J’ai jamais vu la poste aussi rapide
Billy et Jimmy : Ah ah ah ah.

Kogo Shuko : tu es faible comme ton père !
Billy : et toi hideux comme ta mère !

Et n’oublions pas le clin d’œil pourri à l’exorciste (que vous trouverez vous-même) et les dialogues de situation.

Enfin mention spéciale à la bande sonore. Outre la musique ringarde, il y a un autre problème au niveau du choix des sons. Je ne sais pas ce qui passé par la tête de l’ingénieur du son mais toujours est t-il qu’il s’est amusé à mettre à un moment un bruit de crissement de pneu au moment où les héros s’arrêtent brusquement de courir. Et surtout à 59 min 33 secondes du film (lorsque l’on survole la base du commando rouge) on entend un rot ! Oui une éructation se fait entendre sans aucune raison. Je ne sais pas d’où il vient ni comment il est arrivé là mais toujours est t-il qu’il est bien présent sur ma cassette (reste à savoir si c’est dû à la VF).

Pour ceux qui voudraient savoir comment le film se termine, rassurez-vous : les frangins récupèrent les deux parties du médaillon (ils gagnent d’ailleurs de superbes habits), font arrêter Shuko et deviennent même amis avec Abobo.


Les garçons, ça ne valait peut-être pas la peine de récupérer le talisman si c'était pour se retrouver avec de tels costumes.


Devant la catastrophe que constitue cette vaine adaptation (tout simplement l'une des pires qui soit), il n’est pas étonnant que ce film ai mis trois ans à sortir en France (grâce au succès de « Mortal Kombat »). Le réalisateur retournera filmer des séries et des films destinés à la vidéo tout comme ses scénaristes, Robert Patrick essuiera des bas et quelques hauts, Scott Wolf finira dans les séries télé, Milano deviendra une sorcière célèbre, quant à Mark Dacascos, il s’illustrera deux ans plus tard dans une adaptation de dessin animé, mais bien mieux inspirée cette fois, « Crying Freeman ».

Punk is not dead.


Addendum (2023) :

Dans une interview donnée pour avclub.com où il revient sur une grande partie de sa carrière, Robert Patrick raconte ceci à propos du film :

That was a movie I did that, on paper, I thought could really work. It, uh, didn’t really work that well. [Laughs.] I bought into the premise; I was sold by a very good salesman by the name of Alan Schechter, who unfortunately has gone on to kill himself. Very tragic. Alan was a great guy. He sold me on that movie, and I did it and was paid very handsomely to do it. There’s some funny aspects to that character, and it was a fairly liberating experience to be funny and try to be menacing at the same time. I am proud of my performance. It’s a pretty extreme performance. Yeah, and I got to work with Scott Wolf, Mark Dacascos, and Alyssa Milano. We shot that in Cleveland, which is another city that I lived in in my past, so that was kind of neat. Alan was a great guy. It breaks my heart that he ended up taking his life, because he was a good dude.

(C'est un film que j'ai fait et sur le papier, je pensais qu'il pouvait vraiment fonctionner. Ça n’a pas vraiment fonctionné si bien que ça. [Rires.] J'ai adhéré à l'idée ; j'ai été convaincu par un très bon vendeur du nom d'Alan Schechter, qui s'est malheureusement suicidé depuis. C'est très tragique. Alan était un gars formidable. Il m'a vendu le film, je l'ai fait et j'ai été très bien payé pour le faire. Il y a des aspects amusants dans ce personnage, et c'était une expérience assez libératrice d'être drôle et à la fois d'essayer d'être menaçant. Je suis fier de ma performance. C’est une performance assez extrême. Ouais, et j'ai pu travailler avec Scott Wolf, Mark Dacascos et Alyssa Milano. Nous avons tourné à Cleveland, qui est une autre ville dans laquelle j'ai vécu par le passé, donc c'était plutôt sympa. Alan était un gars formidable. Cela me brise le cœur qu’il ait fini par se suicider, parce que c’était un bon mec.)

Et il revient même sur la coupe de cheveux de son personnage :

[Laughs.] You know, it wasn’t my idea. I’m just putting that out there. It was an idea that the director had. He asked me if I’d do it, and I said, “Okay.” I’m like, “I get it, we’re making a cartoon kind of game, it’s extreme, and it’s an archetype villain.” Within the reality of the movie, I guess it works. Shit, I’m willing to try. I try to be as brave as I can. Sometimes you have a misfire. So… I guess I’ll say it works for that character. It’s not my favorite look, but it worked for the character. I guess. I don’t know. Hey, look, at least I have hair! [Laughs.]

([Rires] Vous savez, ce n’était pas mon idée. Je le dis simplement. C’était une idée du réalisateur. Il m’a demandé si je pouvais le faire, et j’ai répondu : « D’accord. » Je me suis dit : « Je comprends, on tourne une sorte de dessin-animé, c’est excessif, et c’est l'archétype du méchant. » Dans l'univers du film, je suppose que c'est crédible. Merde, je suis prêt à essayer. J’essaie d’être aussi courageux que possible. Parfois, vous vous plantez. Alors… Je dirais que ça passe pour ce personnage. Ce n’est pas mon look préféré, mais ça a marché pour le personnage. Je suppose. Je ne sais pas. Regardez, au moins j’ai des cheveux ! [Rires])

L'interview est à découvrir en entier ici.

- Grégoire01 -
Moyenne : 1.75 / 5
Grégoire01
NOTE
2/ 5
MrKlaus
NOTE
0.5/ 5
Wallflowers
NOTE
2/ 5
Kobal
NOTE
2/ 5
Drexl
NOTE
2.5/ 5
Rico
NOTE
1.5/ 5

Cote de rareté - 2/ Trouvable

Barème de notation

Ayant fait l’objet d’une édition DVD en France chez "Metropolitan / Seven 7" avec un petit making of promo ou en Belgique chez "GM" sans bonus, le film se trouve très facilement dans les bacs et les Cash Express, il est même parfois vendu en duo avec un autre film.


Un blu-ray est sorti en Angleterre en 2015 chez 101 Films, qui propose le film au format HD, en VO avec sous-titres anglais.


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