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Breakdance Party


Breakdance Party

Titre original :Delivery Boys

Titre(s) alternatif(s) :Garçons de Course

Réalisateur(s) :Ken Handler

Année : 1984

Nationalité : Etats-Unis

Durée : 1h31

Genre : Coolos !

Acteurs principaux :Mario Van Peebles, Charlie “Rock” Jimenez, Joss Marcano, Nelson Vasquez

John Nada
NOTE
2/ 5



Regardez cette affiche. Contemplez-là. Ce titre, "Delivery Boys", a été fidèlement traduit en français par "Garçons de course", ce qui est louable car cela montre un vrai respect de l'oeuvre originale. Sauf que les histoires de bonshommes qui livrent des pizzas, il faut bien le dire, c'est quand même pas hyper vendeur. Même s'ils font des roues arrières sur leur vélo. Même s'ils sont coursés par un chien et un policier. Même en ajoutant des blondes à gros seins qui rient à gorge déployée sans trop savoir pourquoi (celle en jaune sort des égouts, manque de se faire écraser et semble trouver ça hilarant : pourquoi ?). Moi perso, je n'aurais jamais eu envie de regarder un film qui s'appelle "Garçons de course". Et c'est justement ce qu'a dû se dire l'éditeur Initial, qui s'est empressé de renommer ce film "Breakdance Party", avec un visuel autrement plus vendeur en ce qui me concerne.

Et là je dis oui, là j'achète. Dans la limite de 2€ la VHS que je me fixe quand j'entre dans un magasin Cash Converters, certes, mais j'achète. Et je dis bravo Initial pour avoir su titiller mes rétines et déclencher chez moi l'acte d'achat. Pour celles et ceux qui se demanderaient où cet opportuniste éditeur français est allé pêcher un titre alternatif pareil :


Ouah les copains j’viens d’voir un film complètement COOLOS !! Oui oui, complètement COOLOS !! Comment ça, tu comprends pas ce que ça veut dire « COOLOS » ?!? Mais enfin t’es complètement ringu’, tous les vrais jeunes y savent c’que ça veut dire « COOLOS », ça veut dire « super cool », quoi ! Tu dis ? Aujourd’hui il vaut mieux dire que c’est « trop bon » ou que c’est « d’la balle » ? Ah bon… Mince, ça m’apprendra aussi à mater que des teenage movies 80’s pendant une semaine. Tant pis, le nerd qui est en moi me supplie de ne pas grandir parce qu’il pressent bien que les années 90 seront hostiles, sans parler de la fin du monde qui aura lieu à l’aube de l’an 2000, si si. Mais en attendant que le chômage et le sida nous tombent sur la gueule, on peut continuer à s’éclater en toute insouciance parce que la vie dans les années 80 c’est COOLOS !



No Sleep Till Brooklyn


Wouaaah ! Trop coolos comme ambiance, les mecs !!


Oui bon, rassurez-vous je ne suis pas vraiment schizophrène, non, tout ça c’était juste pour vous resituer le contexte dans le cortex, un contexte très coolos donc puisque nous sommes en 1984 et que la Cannon du flamboyant duo Golan & Globus est en pleine exploitation du phénomène rap / breakdance, un truc qui marche fort auprès des jeunes (House Rap, Breaking Street 1 et Breaking Street 2 : Electric Boogaloo). Très coolos au niveau du tiroir-caisse, tout ça. Favorablement impressionnée par le flair du tandem israélite, la concurrence se dit qu’il serait peut-être temps de s’y mettre. D’où Breakdance Party. En s’attelant au scribouillage du scénario mais aussi des chansons (paroles & musique), le réalisateur Ken Handler s’est logiquement inspiré du processus artistique des executives de la Cannon, c’est-à-dire en choisissant de ménager ses neurones au maximum histoire de pouvoir en profiter pleinement pour les activités vraiment importantes (compter ses sous, tout ça). Du coup, pour coller au mieux à l’esprit du projet, je ménagerai aussi les miens en vous reproduisant texto le résumé de la jaquette, et ce par pur professionnalisme ne vous y trompez pas :


« Depuis qu'tu danses plus tu déconnes, frère »

Ambiance homo-érotique avec ce micro-haut qui aurait de quoi rendre jaloux Bruce Baron !


« De nos jours le métier de coursier n’est pas de tout repos. Et pour nos trois héros les mésaventures commencent lorsqu’ils décident de s’inscrire à un concours de danse. En effet un mystérieux homme oblige leur patron à les envoyer faire des livraisons dangereuses dans des endroits louches, pour les empêcher de gagner le concours. ENFIN PRET POUR LE CONCOURS IL DOIT GAGNER A TOUT PRIX. » [ah mais… je croyais qu’ils étaient trois, il faudrait savoir !]


Attention, scène de tension hyperréaliste :
Delivery Boy 1 : « Regardez-les, EUX ils jouent pas pour des PRUNES, vous savez ! »
Delivery Boy 2 : « Tu parles, une bande de charlots à la mords-moi-le-noeud... »
Le breaker incriminé s'avance, lui jette son couvre-chef (un vilain chapeau à la Joey Jeremia dans Les Années Collège) – « Tiens, mords ça en attendant, et ouvre tes yeux ! » – puis s'en va crânement effectuer quelques figures de breakdance. Y a pas à dire, la violence dans les ghettos fait froid dans le dos...


Première réjouissance, on retrouve dans le rôle du « mystérieux homme » l’immarcescible Mario Van Peebles à l’inoxydable sourire éburnéen (ah non, zut ! quelle pédanterie boursouflée de suffisance… pardon j’ai honte, excusez-moi, il fallait bien entendu lire « le toujours très coolos Mario Van Peebles au sourire non moins coolos », ceux qui suivent auront rectifié d’eux-mêmes), confiné dans la peau d’un aigrefin notoire dénommé Spider. Un rôle de méchant pas beau assez ingrat. Deuxième réjouissance, ben euh… il faudra la chercher ailleurs puisque côté interprétation, le reste du casting se résume à une ribambelle de p'tits jeunes au charisme de gnous empaillés qu’on imagine recrutés sur le tas dans une MJC de Brooklyn.


Je veux le "m", le "a", le "r", le "i", le "o"… MARIO ! ! !

Que dis-tu ? Ce film me vaudra une fiche sur Nanarland ??

Mouahahahaha !!!

Graines de star (ain't no place to go but higher… mwahahahaha)


L’opportunisme de l’entreprise apparaît double : cibler d’une part les apprentis breakers, de plus en plus nombreux, d’autre part les « delivery boys » du titre original, les jeunes des pays anglo-saxons exerçant généralement une foule de petits boulots pour financer leurs études et leurs sorties du week-end (question de culture, les Latins se laissent eux plus volontiers assister par leurs parents ou l’Etat !). Les breakers assureront la partie musicale du film, les garçons de course la partie comédie, en mélangeant les deux on obtient… ben oui, une « comédie musicale », voyez c’est pas bien compliqué l’industrie ciné.


Les 80’s, les bandeaux, les bottines argentées, les tours du World Trade Center, tout ça…

« Tu bouges comme un Blanc, faut avoir le feeling ! »

« Hé, vise un peu ça !! »

Un breaker-livreur s'est travesti (gag)


Une scène au moins mérite d’être élevée sur le pavois : le jour J du grand concours de breakdance, un membre des Delivery Boys (s’agissait-il de Sir Fresh ? de Scandal ? de Fast Action ? J'avoue ne plus m'en souvenir...) s’en va discuter le bout de gras avec le Créateur dans une église de quartier. S’en suit ce dialogue étourdissant : « Dieu, écoute j'ai à te parler... plus j'y pense et plus j'le dois (...) avec le breaking je me sens sur une autre planète... Quand je me sens mal, je danse et je danse ! Et je suis tout à fait libre, tu comprends ? C'est dans les tripes ! Ce soir, il faut qu'on gagne (...) fais-nous gagner juste une fois, j't'en prie... tu sais, mes potes et moi... on est cools ! »


L’un explique à Dieu que le breakdance c’est sa drogue et que ses potes et lui mériteraient de gagner parce qu’ils sont coolos…

…tandis qu’un autre enchaîne une série de saltos dans la travée centrale de l’église. Une séquence très « Dieu m’a donné la fooiiiiiii » (Ophélaï™), histoire sans doute de favoriser l’identification des Latinos et des Ritals qui, comme tout amateur de stéréotypes le sait, sont des gens très pieux.


Malheureusement, après un départ en fanfare, Breakdance Party se tasse, se ratatine et se dessèche comme une petite vieille au soleil et, par un pénible phénomène de mimétisme, il en va de même de l’enthousiasme du spectateur. Celui-ci s’expose à des risques de cyclothymie aiguë au-delà de la première demi-heure, conséquence d’un taux de nanardise vaguement sinusoïdal selon qu’on soit en mode « musical » ou en mode « comédie ». On assiste alors, forcément déçu, à une alternance de séquences pêchues mais de plus en plus rares (breakdance, look et ambiance furieusement années 80, répliques d’un autre âge lancées par des doubleurs complètement à côté de la plaque… coolos !) et d’autres mornes et ennuyeuses comme la pluie (livraisons de pizzas tièdes, humour de plomb, remplissage éhonté… définitivement pas coolos). Ca démarrait bien pourtant… Allez, un point pour Menahem et un pour Yoram, comme ça pas de jaloux chez les muses.

Une affiche alternative, qui mise ouvertement sur le côté sexy-comédie lourdingue du film.


Ambiance guitare au coin du feu à la belle étoile

Oh la belle bleue !
[Notez que les membres de son posse ont l’air de s’en foutre royalement... (bon, c'est pas tout mais quand est-ce qu'on nous paye ?)]


The Brooklyn MJC All-Stars



- John Nada -
Moyenne : 2.58 / 5
John Nada
NOTE
2/ 5
Labroche
NOTE
3/ 5
Kobal
NOTE
2.75/ 5

Cote de rareté - 3/ Rare

Barème de notation

 

Un Blu-ray est sorti en 2019 chez "Scorpion Releasing". Une édition simple, avec VO uniquement, sans aucun sous-titres. En dehors de la bande-annonce, le seul vrai bonus proposé est une interview de près de 20 minutes avec le Directeur Photo du film, Larry Revene, qui revient sur sa collaboration avec le producteur Chuck Vincent, le réalisateur Ken Handler, certains problèmes rencontrés durant le tournage, et s'étonne surtout d'être sollicité pour parler de ce film plus de 30 ans après sa sortie. On le comprend. "Scorpion Releasing" a sorti en parallèle une édition DVD avec le même contenu.


Petit comparatif entre l'image du BR (master 2K) et notre antique VHS...

Un DVD anglais zone 2 était sorti dès 2005 chez "Avenue Entertainment". Il s'agissait là aussi d'une édition simple, avec VO uniquement, chapitrage et zéro bonus. Avantage : un prix modeste.

Pour la VF, il faudra mettre la main sur une des éditions VHS sorties chez nous, celle de Panorama Studios (en fait Initial) titrée Breakdance Party ou celles de New World Video ou de Lange titrées Garçons de Course (visuels ci-dessous).