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Entretien avec
Mel Novak

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Mel Novak Mel Novak est devenu pour nous une présence familière grâce à son travail pour la compagnie de production Cine Excel. Acteur sérieux et professionnel, il est pourtant une guest-star récurrente dans les séries Z les plus fauchées du continent américain. C'est en voulant en savoir plus sur lui que nous avons découvert un homme au parcours surprenant, comédien mais surtout homme de Dieu suractif et désintéressé, dont l'engagement au service du nanar n'est que le soutien de son activité au service des déshérités.

Cher Monsieur Novak, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions. Etant donné que nous en savons très peu sur vous, pourriez-vous nous donner quelques informations très basiques sur vous : où êtes-vous né, comment avez-vous choisi de devenir comédien, etc ?

Vous allez tout savoir... Mon vrai nom est Mi'lan Mrdjenovich ; je suis né à Wall, une petite ville de Pennsylvanie à 12 miles de Pittsburgh. Je suis allé au lycée de Wilmerding et j'ai vécu à Turtle Creek avant de m'établir en Californie. J'ai eu des opportunités de bourses en football américain et en basketball avec de grandes universités, mais j'ai finalement signé un contrat pour devenir jouer de baseball professionnel avec l'équipe des Pittsburgh Pirates, ce que j'avais toujours désiré. Ma carrière de joueur de baseball a été brisée par une grave blessure aux muscles de l'épaule droite, et une opération qui m'a laissé handicapé. Je suis resté infirme durant plusieurs années. A dix-neuf ans, j'étais éclopé et ma carrière était brisée. Durant cette même période, j'ai dû également subir des opérations à la gorge (j'ai eu dix opérations de 19 à 29 ans) et j'étais profondément désespéré. A ce moment crucial de ma vie, l'un de mes amis chrétiens, qui était conseiller, m'a expliqué que 93% des jeunes de mon âge, voyant leurs rêves s'écrouler et devant supporter un handicap en plus de cela, risquaient de succomber à l'alcool ou à la drogue pour supporter la douleur. J'ai choisi Dieu et, fort heureusement, je n'ai jamais cédé à l'alcool ni à la drogue.
Il m'a fallu sept ans pour retrouver l'usage de mon épaule, et j'ai passé des mois, voire des années très difficiles en rééducation dans des salles de gym. J'ai obtenu une semi-bourse dans une petite université liée à l'association sportive universitaire (National Association of Intercollegiate Athletics). Mais les université de la principale association (National Collegiate Athletic Association) m'étaient interdites car j'avais signé un contrat professionnel. J'ai fait partie de la première équipe en tant que joueur de champ extérieur et frappeur, et j'ai été troisième dans le classement en tant que receveur et frappeur. Mais le fait d'avoir été professionnel n'était pas apprécié par la fondation Carnegie et j'ai dû quitter la fac. J'ai alors emménagé en Californie, mais pas pour être acteur.

Je suis resté infirme durant plusieurs années

Comment êtes-vous devenu comédien ?

J'avais joué dans des pièces à l'école et j'avais interprété quelques rôles dans un petit théâtre, mais c'était pour rencontrer des filles. A Los Angeles, j'ai trouvé du boulot auprès d'une compagnie d'assurances, pour laquelle j'étais chargé d'évaluer les dommages corporels. Je voulais seulement rembourser tous mes frais médicaux et mes emprunts qui n'avaient pas été couverts par ma bourse. J'ai alors rencontré une fille qui m'a présenté à son cousin, qui était agent de mannequins. J'ai travaillé comme mannequin pendant plusieurs années, en faisant des défilés et des photos, tout en conservant mon boulot dans les assurances. L'agent m'a envoyé dans une école de comédiens où j'ai eu d'excellents professeurs. J'ai appris la psychologie et le travail avec les caméras.
J'ai obtenu mon premier grand rôle à la télévision dans un épisode de la série «Mannix », où je jouais un tueur à gages. On m'a vu dans « Baretta », « L'Homme de fer », « Mod Squad », etc. J'ai alors décroché mon premier rôle important au cinéma dans « La Ceinture noire », dans le rôle d'un tueur nommé « Blue Eyes ». Cela m'a donné l'occasion de rencontrer Robert Clouse, qui était un homme charmant et un réalisateur-scénariste de talent. Il disposait de nombreux cascadeurs et karatékas, mais il a fait passer mon combat avec Jim Kelly au ralenti. Il disait que ça paraissait vrai et naturel. Mon rôle a été rendu plus important car mon partenaire, «Tuna », avait du mal avec le dialogue. Quand le producteur et Mr Clouse m'ont fait venir au bout de deux jours de tournage, j'ai pensé qu'ils allaient me virer, mais ils m'ont dit «Non, non, nous voulons vous faire dire tout le dialogue de l'autre, en plus de celui que vous avez déjà...Vous pouvez le faire ? » J'ai dit « Oh, oui !!! »

Le tournage du « Jeu de la mort » avait été interrompu par la mort tragique de Bruce Lee, puis repris plus tard sans lui. Comment avez-vous été amené à travailler sur cette production ? Quelle était l'ambiance sur le plateau ?

Après la fin du tournage de « La Ceinture noire », Robert Clouse est venu me voir et m'a dit qu'il avait un rôle pour moi dans « Le Jeu de la mort », qui devait se tourner à Hong Kong. (C'était après la mort de Bruce.) Il m'a expliqué qu'ils allaient terminer le film. C'était génial de travailler avec des comédiens comme Hugh O'Brien, Gig Young et Dean Jagger. Robert Clouse était un homme de parole. On m'a fait des dizaines de promesses qui n'ont pas été tenues, mais c'est comme ça à Hollywood. Clouse appréciait que je passe bien à l'écran et que je puisse faire moi-même les combats et les cascades. J'étais un sportif et j'ai pas mal frayé avec les cascadeurs, en apprenant leurs techniques. Je posais des questions et je pratiquais. Des experts en karaté comme Pat Johnson, Bob Wall, Sonny Barnes, Lou Cassassama, et Tadashi Yamashita m'ont apporté leur enseignement.
Clouse m'a embauché pour « New York ne répond plus », et j'ai exécuté ce qui était, selon le coordinateur des cascades, la seconde cascade la plus difficile du film. Mon combat à mort contre Yul Brynner, avec une torche enflammée et un couteau, se terminait par une cascade que je ne referais certainement pas aujourd'hui. Yul était génial sur le boulot et il était fabuleux dans ce qui a été un de ses derniers rôles. C'était vraiment une star, de même que Max Von Sydow. Mr Clouse m'a ensuite fait tenir un autre rôle de tueur dans « Force 5 ».

Mel contre la doublure de Bruce Lee.

Robert Clouse appréciait que je passe bien à l'écran et que je puisse faire moi-même les combats et les cascades.

Vous avez joué avec certains des plus célèbres acteurs du monde, comme Steve McQueen, Jim Kelly, Christopher Lee, et Chuck Norris. Quels souvenirs gardez-vous d'eux ? Que pourriez-vous nous dire sur «Tom Horn le hors-la-loi», «La Ceinture noire », « Dent pour dent » «Femmes en cage » avec Sybil Danning, ou «Exit to eden », de Garry Marshall, par exemple ?

Steve Mc Queen est la plus grande vedette avec laquelle j'ai travaillé. Quand il apparaissait à l'écran, c'était magique. Il ne se la racontait pas à propos d'Hollywood, il aimait les vrais gens. Des années avant que je ne joue dans « Tom Horn le hors-la-loi », j'ai fait une partie de tir aux plateaux avec un copain avocat à moi, et Steve était là, avec Steven Spielberg, Ken Hyman et John Milius. Il n'avait jamais pratiqué le tir au plateau et, en utilisant mon fusil, il les a tous eus dans le mille. Plus tard, Coppola a envoyé Milius pour lui proposer le rôle que Robert Duvall a finalement tenu dans « Apocalypse Now ». Deux semaines aux Philippines, payées 1 million de dollars, et il a refusé. Steve Mc Queen s'est souvenu de moi malgré les années. Je lui ai adressé au téléphone mon réconfort et mes prières de nombreuses fois alors qu'il souffrait de cet horrible cancer. Je l'aimais beaucoup.

Mel et Steve McQueen.

Garry Marshall [le réalisateur de "Pretty Woman", NDLR] est l'un des hommes les plus gentils que l'on puisse espérer rencontrer. Il est doué pour tous les métiers du spectacle. Je me suis beaucoup amusé à travailler avec Dan Aykroyd, Rosie O'Donnell et Stuart Wilson. Garry nous a demandé, à Dan et moi, d'improviser une scène, et nous avons reçu une ovation.
Comme vous le savez, au cinéma, bien des scènes sont coupées au montage. Dans son film «Dear God », Garry m'a demandé de tenir le rôle d'une pasteur de rue (celui que je tiens dans la vie, dans les quartiers délabrés et les prisons) avec beaucoup de dialogue. Mon rôle a été presque intégralement coupé. Rendez-vous compte, Garry est un réalisateur/producteur de premier plan, et pourtant il a pris le temps de m'écrire une lettre pour me dire que j'avais été excellent, mais que le film avait dû être raccourci de 35 minutes. Il me disait qu'il était désolé mais qu'il ne pouvait rien y faire. C'est un sacré gars !
Sur « Dent pour dent », j'ai tenu un rôle dans la production et le financement du film. C'était sympa de travailler avec Steve Carver et Frank Capra Jr, mais je me suis fait arnaquer. Je ne m'étendrai pas là-dessus, mais disons que je ne suis pas fan de Chuck Norris ! Christopher Lee est un grand professionnel. Dans «Femmes en cage », j'ai beaucoup apprécié de travailler avec Sybil Danning. Nous avions des rôles principaux. Malheureusement, ç'a été mon dernier baiser à l'écran. Comme vous le savez, les méchants n'ont pas de scènes d'amour. Par contre, je suis mort 19 fois, de 13 façons différentes.

Mel encaisse du plomb dans "Capital Punishment".

Votre site www.giveforgod.com/novak et nos premiers échanges nous indiquent que vous êtes un homme profondément religieux, ordonné pasteur. Comment cette vocation vous est-elle venue ? A-t-elle eu une influence sur votre carrière d'acteur, et vice-versa ?

Dans mes rôles à l'écran, je joue des méchants, qui subissent à la fin leur juste châtiment, tel une justice divine. Mais je ne jouerais jamais de rôles où je devrais violer une femme, maltraiter un enfant, apparaître nu, embrasser un homme ou blasphémer le nom du Seigneur. Je ne le fais pas dans ma vie, et je ne le ferais pas davantage après avoir survécu à dix opérations de la gorge. Evidemment, cela peut limiter le choix de mes rôles, mais ma vraie vocation consiste en mon travail de prêtre auprès de l'humanité souffrante. Dans les quartiers pauvres de Los Angeles, vous trouverez des milliers de SDF, de drogués, d'alcooliques et de malades mentaux, 66% des gens souffrent du Sida, de l'hépatite ou de la tuberculose. Sept prostituées sur huit ont le Sida. Il y a de nombreux meurtres. Pâques 2006 marquera le 24ème anniversaire de mon ministère parmi ces gens. Je prêche des sermons à la chapelle pour les encourager et leur indiquer la voix de la croix du Calvaire (Jean 3 :16 ; Jean 1 :1-3). Ceci n'a rien à voir avec les identités religieuses, mais relève d'une relation personnelle avec Jésus-Christ. C'est un simple acte de foi, un passage du royaume des ténèbres à celui de la lumière. J'ai un grand nombre de témoignages de gens que j'ai arrachés aux griffes de l'enfer et qui ont été délivrés et guéris par Jésus Christ (Esaië 61 :1). On peut consulter certains de ces merveilleux témoignages sur mon site. Malheureusement, leur pourcentage est faible, mais je continue, grâce à Sa force. Je fais environ 22 prêches par mois. Le fait que je joue surtout des rôles de méchants a attiré vers mes sermons des milliers de prisonniers qui, normalement, ne vont pas à la chapelle. Je leur donne un arsenal de prières (environ 51000 à ce jour) qui vous prépare à la guerre contre le démon (Epitres aux Corinthiens 10 :3-5). Je laisse aussi un flyer avec ma profession de foi et des photos de films, qui attire de nombreuses personnes. Je dois signer un papier qui atteste que, si je suis pris en otage, aucune négociation ne sera faite. Dans les prisons, on m'appelle « mitraillette », car je base tout ce que je dis sur la parole de Dieu.

Dans les prisons, on m'appelle «mitraillette», car je base tout ce que je dis sur la parole de Dieu.

Quel est exactement votre statut en tant que pasteur ? Vous semblez travailler bénévolement auprès des SDF, dans les prisons ou les asiles psychiatriques ; cela veut-il dire que vous ne vivez que de votre travail d'acteur, ou bien avez-vous d'autres activités cultuelles rémunérées ? Pourriez-vous nous en dire plus sur votre travail dans les hôpitaux psychiatriques et avec les SDF ?

Je suis ordonné pasteur mais je n'ai pas de paroisse. Ma paroisse, c'est la rue et les prisons. (J'ai prêché dans 12 états différents, ainsi qu'en Irlande et au Mexique). Voyez Mathieu 25 :34-40. Non, je ne reçois pas de salaire. J'édite une lettre d'informations mensuelle et certaines personnes ont suffisamment foi en ce que je fais pour m'apporter leur contribution. Mon association me doit encore 50 763 09 $ de 1993 à 2006. Quand je suis invité à parler dans les églises, je reçois une compensation et, généralement, quand je fais un voyage de deux semaines pour aller dans les prisons, je vais prêcher dans des églises pour couvrir mes frais. J'ai gagné beaucoup d'argent entre 1987 et 1991 et je l'ai bien investi, ce qui fait que tout va bien pour moi. J'améliore le tout en recevant de l'argent en salaire, et avec l'aide de Dieu, qui m'aide à couvrir mes besoins et pas mon avidité. (Epîtres aux Phillippiens 4 :19). La foi est quelque chose d'extraordinaire. C'est la confiance. (Nahum 1 :7 ; Psaume 91 :2). J'ai failli mourir quatre fois, et les deux dernières fois, j'ai dit : « Dieu, j'aurai confiance en Toi. » J'ai vécu des miracles étonnants que les médecins ne pouvaient expliquer, j'ai eu confiance et je n'ai pas douté. J'ai connu des douleurs atroces durant plus d'un tiers de ma vie, SAUF quand je prêchais un sermon. On voudrait me soumettre à des opérations en quatre endroits de mon corps, mais j'ai déjà connu 21 opérations chirurgicales dans ma vie. Je prie pour des miracles. Je peux vous dire une chose : la douleur vous permet de rester humble. Parfois, je vois des femmes et leurs enfants dans des foyers d'hébergement, ou des personnes mourir d'overdoses, et le «dur de Hollywood» pleure. Je reçois de nombreuses lettres de prisonniers qui me disent que sans moi et l'espoir que je leur ai apporté grâce au Christ, ils seraient morts. A la prison du Comté de Los Angeles (considérée officiellement comme la pire prison du pays), je suis les prisonniers qui désirent parler à un aumônier, et je fais des services trois fois par mois. En près de 24 ans, 57 000 personnes ont accepté Jésus Christ en leurs coeurs comme leur sauveur. (Jean 1 :9). Dieu les a amenés. (Jean 6 :44). Je suis affilié à l'Eglise de la Voie, une association dépendant de l'International Church of the Foursquare Gospel [Eglise Pentecôtiste américaine, NDLR].

J'ai prêché dans les prisons de 12 états différents, ainsi qu'en Irlande et au Mexique.

Les unités psychiatriques sont difficiles. Il y en a une dans presque toutes les prisons que je visite et le malin est à l'oeuvre dans ces endroits. J'ai été attaqué dans les quartiers difficiles par des personnes possédées du démon et seul le pouvoir « au nom de Jésus » m'a épargné des blessures (Epîtres aux Phillippiens 2 :9-11 ; Mathieu 18 :19) . Certaines des personnes que j'avais emmenées avec moi dans les quartiers n'ont pas voulu y revenir : ce n'est pas pour tout le monde. L'esprit humain est le terrain de jeu de Satan, mais la vie Chrétienne n'est pas un jeu, mais un combat (Épître aux Éphésiens 6 :10-17). Je suis parfois en désaccord avec certains chrétiens, en général des gens qui ne servent pas le Seigneur (Mathieu 20 :28 ).

Vous avez joué dans des films contenant de la violence et/ou des éléments fantastiques, comme les vampires ou la possession démoniaque. Vous jouez souvent des personnages maléfiques. Vos convictions religieuses influencent-elles votre choix de rôles ?

Ces rôles m'ont permis de découvrir des aspects que j'ignorais de l'engagement religieux. Dieu sait ce qu'Il fait. J'ai connu la douleur sous toutes ses formes, passant un tiers de ma vie dans la fournaise de l'affliction (Esaïe 48 :10), mais Dieu me préparait à assumer mon ministère. Oui, j'ai joué des tueurs, des assassins, des fous, des possédés et un vampire, mais je suis toujours puni à la fin. Je prends ma Bible avec moi sur le plateau et je ne compromets pas mon engagement auprès du Christ. De nombreuses fois, Dieu m'a permis d'aider quelqu'un en choisissant un rôle et, très franchement, l'opinion d'autrui ne m'intéresse pas. J'ai besoin de l'approbation de Dieu, pas de celle des hommes (Actes des Apôtres 5 :29). Pour «Le Glaive de la vengeance», ils ont vu tous les «méchants» de Hollywood avant de s'adresser à moi. Ils appréciaient mon travail dans des films et m'ont proposé le rôle. J'ai dit au producteur, Joseph Randazzo, que j'acceptais le rôle si mon dialogue était expurgé des blasphèmes et des jurons. Il m'a dit «Attendez, vous tuez sept personnes dans le film mais vous n'acceptez pas le rôle si je n'accède pas à votre requête ? » J'ai dit «Tout à fait. » Il a accepté et plus tard, il m'a demandé de prier pour sa mère. J'ai aidé l'habilleuse, qui faisait une dépression, à trouver Jésus. Et, un dimanche, alors que je faisais un sermon dans une église, j'ai vu seize acteurs et techniciens du film qui étaient venus m'écouter. J'étais bouleversé. Ils avaient su voir le vrai Mel, pas le méchant de cinéma.

Ces dernières années, vous avez travaillé en grande partie avec Cine Excel, dirigé par David Huey (alias David Hue). Comment avez-vous commencé votre collaboration avec eux et quel est votre rapport avec cette compagnie de production ?

En 2002, mon agent voulait que j'auditionne pour un film avec Michael Douglas. J'étais en route pour les quartiers et j'ai demandé comment était le rôle. Il m'a dit : « Deux répliques ». J'ai dit : « Je ne ferais pas deux répliques, même si feu ma grand-mère me le demandait ! » Il m'a dit « On n'est pas sur la même longueur d'onde ». L'Esprit Saint m'a conseillé de quitter l'agence, ce que j'ai fait le lendemain même. Durant les quatre années qui ont suivi, j'ai fait quatre rôles principaux pour David Huey de Cine Excel Entertainment. Quelques années plus tôt, David m'avait embauché pour un rôle secondaire dans « Capital Punishment ». Gary Daniels était agréable sur le travail, ainsi qu'un superbe combattant. David Carradine est un merveilleux acteur. J'avais apprécié de travailler avec eux, et David Huey m'avait dit qu'il pensait faire à nouveau appel à moi pour des personnages différents.

« Future War », produit par Cine Excel, où vous faites une très brève apparition dans un rôle de policier, a l'honneur douteux d'être le film le plus récent à avoir fait l'objet d'un démontage en règle par l'émission satirique Mystery Science Theater 3000. Qu'en pensez-vous ?

David Huey savait que j'étais mal à l'aise sur « Future War ». Il avait embauché un type des effets spéciaux pour réaliser le film, parce qu'il savait faire des faux dinosaures. Le réalisateur était complètement à la ramasse. Je devais tourner cinq jours, en accord avec David, car je devais partir pour un voyage de deux semaines pour prêcher, ayant déjà acheté mes billets d'avion. Le réalisateur faisait n'importe quoi et perdait du temps : j'ai appelé David qui était en Floride et je lui ai dit que ce gars était une calamité, et qu'il n'arriverait jamais à tourner mes scènes à temps. Il m'a dit «On fera comme ça t'arrange ». J'ai dit que je ne voulais pas être crédité sur ce film, car j'en avais honte. Bon, finalement, mon nom est resté au générique, et j'en ai toujours honte. C'est la seule et unique fois dans ma carrière où j'ai vraiment eu un conflit avec quelqu'un et, heureusement, Bill Clifford m'a arrêté en me disant «Mel, il n'en vaut pas la peine ». Ce film méritait de se retrouver sur Mystery Science Theater 3000.

Cine Excel vous crédite habituellement en tant que guest star, dans des films où vous ne faites que des apparitions (« Future War ») mais aussi dans d'autres où vous jouez des rôles de premier plan (« Vampire Assassin »). Y-a-t-il une raison particulière à cela ? Certains films, comme « SWAT : Warhead One » et « Power Elite », semblent avoir été tournés en même temps, sans doute pour des raisons écnonomiques. Comment ces conditions de tournage influent-elles sur votre travail ?

David m'a signé un contrat de plusieurs films qui respecte l'emploi du temps de mon ministère. Les rôles étaient très bons et j'étais crédité en haut de l'affiche. Pas beaucoup de dollars. En effet, c'étaient des films à petit budget, ce qui fait que j'en ai tourné deux au lieu de trois. Oui, nous avons bien tourné « SWAT : Warhead One » et « Power Elite » en même temps, avec Olivier Gruner et six autres comédiens. C'était assez habile de la part de David et il a économisé de l'argent. J'avais de nombreuses scènes avec Olivier et nous avons bien travaillé ensemble. Nous avions évoqué le fait de faire un autre film ensemble mais ça ne s'est pas fait. Je l'ai appelé deux fois (je n'appelle jamais trois fois) mais n'ai pas eu de retour. Ca se passe comme ça à Hollywood : il est difficile d'entretenir une amitié, un terme que je n'emploie pas à la légère.

Mel dans "giAnts"

En combien de temps un film de Cine Excel est-il tourné en moyenne ? Les films de la compagnie semblent assez difficiles à trouver, même sur Amazon.com. Savez-vous quels sont leurs canaux de distribution ?

Les tournages de David s'étalent généralement sur 4 à 5 semaines. Parfois, c'est assez difficile, car j'ai des tonnes de dialogue, mais je tâche d'assurer et je suis toujours à l'heure, bien préparé. Je pense que David Huey a beaucoup de talent et qu'il pourrait diriger un film à gros budget. Il fait des choses incroyables avec ses petits budgets. J'ai failli conclure un deal de 5 millions de $ pour un film et je lui aurais demandé de le réaliser. Il distribue ses films en les vendant dans des festivals et des marchés. Au moment où j'accorde cette interview, David est à Las Vegas pour assister à un festival de films.

Je pense que David Huey a beaucoup de talent et qu'il pourrait diriger un film à gros budget. Il fait des choses incroyables avec ses petits budgets.

Le producteur sino-philippin K.Y.Lim a été associé à Cine Excel à une certaine époque : connaissez-vous cette personne et savez-vous s'il est toujours leur collaborateur ?

Non, je ne connais pas cette personne, bien qu'il soit crédité comme producteur exécutif sur « Capital Punishment ».

Cine Excel mise beaucoup sur les effets spéciaux, malgré un manque de moyens évident.

Oui, il y a de nombreux FX dans les films de David. Nous en avons terminé un en octobre 2005 (mon dernier film sur le contrat de quatre), intitulé « giAnts », avec de chouettes effets spéciaux, surtout les fourmis géantes. David l'a réalisé et s'occupe actuellement de la distribution. Il va le présenter à Cannes. J'ai dû jouer beaucoup de scènes face à un écran vert là où devait figurer une fourmi géante, et ça ne m'a jamais posé de problème. On se concentre et on fait son boulot.

Une question en particulier sur « SWAT : Warhead One ». Votre personnage semble étrangement bien informé sur tout ce qui se trame et passe son temps à expliquer le scénario à Olivier Gruner. Nous avons l'impression qu'une partie de votre dialogue a été écrit pour couvrir des trous du scénario. Est-ce aussi votre sentiment ?

Oui, il y a eu de la réécriture sur « SWAT : Warhead One », comme sur de nombreux autres films par ailleurs. Ma narration était en effet censée couvrir les trous du scénario. On fait de son mieux avec ce qu'on a.

Mel et Olivier Gruner dans "Swat : Warhead One".

Des commentaires sur « Vampire Assassin » et son réalisateur / acteur principal Ron Hall ?

Ron est vraiment quelqu'un de bien, et il a du talent, surtout comme scénariste. Il a de très bons projets et comme « Vampire Assassin » a fait plus de 2 millions de $ à la location chez Lion's Gate, il a des gens qui sont intéressés par la réalisation des scénarios qu'il a écrit. Ron est aussi quelqu'un de fidèle. Dans ses trois projets, il m'a prévu de très bons rôles. C'est lui qui m'a appelé pour me proposer le rôle dans « Vampire... », qui était son premier film comme réalisateur. J'avais travaillé avec lui sur plusieurs films où il était coordinateur des cascades et il faisait très bien son boulot. Un réalisateur débutant sur un film à TRES petit budget, ça peut donner un vrai désastre, mais j'ai accepté car c'est un homme passionné. Ron devait produire, faire le casting, réaliser, jouer, régler les combats, faire les combats, écrire et réécrire, trouver les lieux de tournage et faire le ménage après les repas de l'équipe. Je ne comprendrai jamais comment il a pu faire tout ça. Quand il a dû aller en Orient pour faire un autre film après le tournage, un monteur de New York a été embauché pour monter le film et il a coupé une grosse portion du début, qui aurait rendu plus clairs certains points du récit. Même si c'est miraculeux que Ron ait pu faire ce qu'il a fait, le film aurait pu être meilleur. Ron s'est juré de sortir sa propre copie et veut tourner une suite. Je pense qu'il ira loin un de ces jours et je suis ravi de lui avoir dit oui. Comme le film était co-produit par Cine Excel, ça faisait partie de mon contrat avec eux. Comme je m'occupe à temps complet de mon ministère, ces films m'aident à entretenir mon métier de comédien. J'ai refusé «Magma », parce que le réalisateur était comme celui de « Future War ». David l'a viré avant même le début du tournage.

Quels sont vos activités et vos projets actuels ?

Je viens de finir un film de football intitulé « Big guns » avec Barry Primus, un excellent acteur de New York qui a travaillé avec Mel Gibson et Paul Newman, et dirigé De Niro. J'attends un retour du producteur qui doit faire «Bring her Back Alive» en France. Je suis prévu sur le casting de trois autres films, qui attendent toujours leur financement. C'est comme ça, à Hollywood.

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous répondre, M. Novak !

Dieu vous bénisse.

- Interview menée par Nikita -