Recherche...

Special Force

(1ère publication de cette chronique : 2025)
Special Force

Titre original : Raw Force

Titre(s) alternatif(s) : Kung Fu Cannibals, Forces Spéciales (Vidéo), Force sauvage (Québec)

Réalisateur(s) : Edward D. Murphy

Producteur(s) : Frank E. Johnson

Année : 1982

Nationalité : Etats-Unis / Philippines

Durée : 1h26

Genre : Très spécial

Acteurs principaux : Cameron Mitchell, Don Gordon Bell, Mike Cohen, Carla Reynolds, John Dresden, Vic Diaz, Rey Malonzo, Hope Holiday, Jillian Kesner, Geoffrey Binney, Jennifer Holmes

tof121
NOTE
4 / 5


L'affiche cinéma française (le film est sorti en 1982 aux Etats-Unis mais seulement le 18 juin 1986 dans l'Hexagone).

Pour l'édition VHS, Canal Vidéo rebaptise le film "Forces spéciales". Alors non, personne n’est décidé à tout détruire, cette scène ne correspond à rien, les gentils ne portent quasiment pas d’armes, mais il y a bien un hydravion dans le film… OK, elle est parfaite ton affiche, coco ! Ah mais je crois reconnaître ce baroudeur à droite...

...qui n'est autre que ce bon vieux Richard Harrison, vilainement copié-collé à partir de la jaquette d'Ultime Mission !

La magnifique jaquette de la VHS anglaise (qui reprend le visuel de l'affiche originale) et au dos de laquelle le résumé raconte l'intégralité du film.

« - Raymond, ça manque de femmes dévêtues, ton affiche !

- Tiens-moi ma bière, j’en ai pour une seconde »

 Il existe aussi des versions plutôt orientées « Prison pour femmes »...

...plutôt orientées « Kung Fu et Cannibales »...

...ou encore plutôt orientées « Rambo et karaté »… il en faut pour tous les goûts !

De deux choses l’une : ou bien Edward D. Murphy, le réalisateur et scénariste de Special Force (titre cinéma français) alias Forces spéciales (titre vidéo français) alias Raw Force (titre original) alias Kung Fu Cannibals (titre alternatif génialement absurde) éprouve des difficultés à renoncer (car choisir, n’est-ce pas renoncer ?), ou bien il souffre d’un sévère trouble dissociatif de l’identité et ils furent plusieurs, dans son crâne, à concevoir ce film.

Nous avons demandé à une IA sur Minitel (36 15 NanarGPT) de reconstituer la genèse probable de l’œuvre qui nous occupe. Voici le résultat :

Début des années 1980, dans un bureau anonyme. Autour d'une table de réunion, Edward D. Murphy est assis pour réfléchir à leur prochain projet.

Edward D. Murphy : C’est bien, les cannibales, ça fait frissonner, ça fait vendre… Ruggero Deodato a cartonné dans le monde entier avec Cannibal Holocaust. Il faudrait faire un film avec des cannibales !

Edward D. Murphy, du tac au tac : George Romero ou Lucio Fulci ont cartonné eux aussi, mais avec des films de morts-vivants. Il faudrait faire un film avec des des zombies, c’est cool les zombies ! 

Edward D. Murphy intervient à son tour : D’accord, mais c’est pas très sexy les zombies, tandis que les filles à poil, ça, ça draine les foules, souvenez-nous d'Emmanuelle... Il faudrait faire un film avec plein de filles à poil !

Exalté, Edward D. Murphy interrompt Edward D. Murphy : Mais l'action et les arts martiaux dans tout ça, hein ? C'est palpitant, c'est captivant, ça aussi ça cartonne au cinéma. Il faudrait un film avec plein de combats d'arts martiaux ! 

Edward D. Murphy, silencieux jusqu’ici, ajoute sur un ton rêveur : Bof, peut-être, mais un  un film sans nazis, c’est comme des frites sans sel… 

Edward D. Murphy, qui jouait jusqu’ici avec l’auto-reverse de son Walkman : Le secret, c’est l’exotisme, c’est indiscutable ! Une île, des palmiers, la mer, les embruns… 

Edward D. Murphy prend à nouveau la parole : C’est vrai ! Mais n’oublions pas que, qui dit mer dit bateau, et qui dit bateau dit abordages, combats, massacres !


Une édition VHS de Finlande.

En son for intérieur, Edward D. Murphy mûrissait un scénario parfaitement équilibré : « Mmmh, je pense que je tiens le bon bout. Le tout maintenant c’est d'accommoder tous ces éléments de manière subtile, au sein d'un récit parfaitement cohérent… Donc, euh... Ce serait l’histoire de membres d’un club d’arts martiaux, en croisière en Asie, qui croiseraient la route d’une bande de méchants trafiquants qui troqueraient des jeunes femmes nues contre du jade auprès de moines cannibales… et… euh… en fait, ils seraient cannibales pour ressusciter d’anciennes gloires du kung-fu venues mourir sur leur île après avoir connu le déshonneur de la défaite ou de la fuite… et les vacanciers se feraient attaquer sur leur bateau de croisière… Oui, c’est pas mal, mais les nazis alors ? Eh bien, euh... On pourrait dire que le chef des méchants s’appellerait Speer, qu'il arborerait une petite moustache en timbre poste, et parlerait avec un accent allemand à couper au couteau… Ben voilà, on y est ! C’est parfait ! Même si tout bien réfléchi ça manque un peu de piranhas, cette histoire ! »

L’histoire n’a pas gardé trace de la manière dont Edward se débrouilla pour vendre son invraisemblable projet au producteur Frank E. Johnson (également directeur de la photographie). Tout ce qu’on sait, c’est qu’il trouva quand même le moyen d’ajouter des piranhas. Asiatiques, certes, mais des piranhas quand même [Note de Nanarland : si vous avez de grosses lacunes en zoologie, on rappelle que les piranhas sont des poissons d'eau douce vivant exclusivement dans les rivières d'Amérique du Sud].

Pour profiter de jolis décors naturels et de techniciens bon marché, Frank E. Johnson choisit de tourner aux Philippines, qu'il connaît bien pour y avoir déjà produit et photographié La machine à tuer (1976) avec Leslie Nielsen et The Last Reunion alias Ninja Nightmare (1980) avec Cameron Mitchell. Au casting de Special Force, on retrouve d'ailleurs Cameron Mitchell, dont le nom est bien mis en avant sur l'affiche originale bien qu'il tienne le rôle assez secondaire de capitaine du bateau de croisière. Seul nom un peu connu du public de l'époque, sa carrière fut longue comme le bras avec pas mal de westerns, de péplums, de films de vikings dans les années 1950 et 1960. Mais en 1982, tout cela n’est cependant plus qu’un lointain souvenir et, en pleine crise de has-beenisation aiguë, le comédien est désormais abonné aux séries B voire Z (Frankenstein Island, Supersonic Man, Train Express Pour l’Enfer, La Mission, Space Mutiny, Terror in Beverly Hills, Ultime combat...).

Au rang des anciennes gloires, mentionnons aussi la présence de Hope Holiday (qui a notamment tourné avec Henry Fonda, Jerry Lewis, ou encore Jack Lemmon), dans le rôle très dispensable de la propriétaire tyrannique du bateau de croisière. Le fait qu’elle ait été à l’époque la compagne du réalisateur Edward D. Murphy explique sans doute sa présence ici.

Hope Holiday et Cameron Mitchell : deux anciennes gloires venues ramer dans cette joyeuse galère.

Merveilleusement bis, le reste du casting est composé de figures que les habitués du cinéma philippin auront grand plaisir à retrouver (voir en fin de chronique l'addendum carnet mondain de John Nada, notre spécialiste du Gotha nanarlandais).

Nous voici à ce point de la chronique où il est temps d’aborder le scénario… et où nous butons sur un obstacle de taille… La chose est tellement foutraque qu’il est impossible de présenter quoi que ce soit de cohérent. Une des hypothèses est qu’Edward avait oublié de numéroter les pages de son scénario, les a mélangées et n’a jamais été fichu de les remettre dans l’ordre. Le film qui en résulte est un subtil mélange de scènes censées faire avancer l’intrigue (ou ce qui en tient lieu) et de péripéties destinées à gonfler le métrage ou à inclure des scènes racoleuses (filles à poil, assassinats à la hache, explosions de mannequins, stock-shots de piranhas (asiatiques), etc.) Ce qui force le respect dans tout ce fatras, c’est l’inventivité portnawaque : les méchants trafiquants raflent les jeunes filles dans un bordel (l’une d’elles s’enfuit par la fenêtre, seins nus, ça fera toujours un PN de plus), ils décident d’attaquer le bateau de croisière et de massacrer tout le monde pour empêcher ses passagers de débarquer sur l’île où ils mènent leur trafic, ils attaquent les gentils à l’arme de guerre dans un cimetière sans parvenir à égratigner personne, et surtout, des moines au rire sardonique battent des mains à l’idée soit de manger une jeune fille, soit de faire tuer des touristes par des zombies karatékas.


Les méchants trafiquants, dans le cimetière des kung fu warriors déchus. Armés jusqu'aux dents et bénéficiant d'un total effet de surprise, ils s’attaquent à autant de naufragés épuisés, armés eux d’un seul petit pistolet six coups, sans parvenir à en égratigner un seul, et repartent finalement la queue basse avec la moitié des effectifs en moins et sans aucune arme, c’est quand même très fort !


Nos fringuants héros, membres du Burbank Kung Fu Club.

Pourquoi ressusciter des maîtres d’arts martiaux morts ? Pourquoi manger du cuissot de jeune fille (« Zey barbecue, zem ! » dira le méchant nazi) donne-t-il le pouvoir de ressusciter les morts ? Pourquoi des combattants déshonorés viendraient-ils dans cette île, se suicider dans l’espoir d’être ressuscités par des moines cannibales, pour prendre une improbable revanche (explication authentique) ? Pourquoi trouve-t-on des prospectus touristiques invitant à visiter l’île, laquelle ne semble pas compter le moindre syndicat d’initiative ? Pourquoi monter à bord du navire pour massacrer tout le monde quand un trou dans la coque suffit ? La seule hypothèse un tant soit peu plausible est que les dieux voulaient que naisse un nanar particulièrement généreux et qu’Edward fut un simple instrument entre leurs mains.

 

« Sortez de vos sépulcres ! »

Les zombies champions de kung fu sont sortis de leur tombe. Affreux !

Bien entendu, nous sommes en présence d’un produit très « eighties ». Il regorge donc de plans nichons et de nus intégraux. Ça commence dès la 4ème minute du film et ça n’arrête pas. Ici aussi, Special Force fait preuve de beaucoup d'inventivité : plans nichons pendant les scènes de cannibalisme sur des jeunes femmes, plans nichons dans un bar à strip-tease, plans nichons à foison dans les cabines du bateau... Même cette pauvre Hope Holiday est mise à contribution à la fin du film, avec un décolleté plus que plongeant. Mention spéciale pour cette jeune femme qui s’apprêtait à pécher avec un homme marié et qui est surprise nue par un attaquant au casque orné d’une croix gammée… celui-ci la ligote, lui tapote les fesses, baisse son pantalon et révèle un magnifique caleçon à petits cœurs… avant de se faire interrompre. S’ensuit une longue scène de combat autour du lit, permettant une exposition maximale des rondeurs de la gourgandine.

Croix gammée et caleçon à coeurs, où l'art d'une tenue bien assortie.

L'art de masquer sa nudité, mais pas trop quand même.

Autre marque des années 1980, une homophobie parfaitement décomplexée. Quand le capitaine du bateau se fait attaquer dans les toilettes par les méchants, il s'exclame grassement : « J’ai cru que c’était un pédé, jusqu’à ce que je sente son couteau ! ». Aucune utilité dans le récit, juste la normalité de l’époque dans toute sa violence décomplexée.

Devinez de quand date ce film…

La générosité de Special Force se manifeste également par les innombrables morts qui émaillent le récit, allant du défonçage à la hache à la dévoration par des piranhas (asiatiques ! et lacustres !), en passant par la décapitation (de zombie), l’explosion (de mannequins) ou encore de multiples embrochages sauce ketchup… Certes, le film étant fauché, les scènes difficiles à tourner se déroulent souvent hors-champ, mais l’ensemble demeure fort réjouissant.

« Attention chérie, ça va couper »

Il faut aussi dire un mot des chorégraphies de combats, de qualité très inégales. On nous avait promis du kung-fu et on a, pour l’occasion, embauché un artiste martial philippin (Rey Malonzo, qui fait un boulot très correct) et quelques gros bras comme John Dresden, habitué des séries Z sévèrement burnées, qui font plutôt bonne figure… mais on comprend vite que les filles qui les accompagnent (et qui sont censées appartenir au même dojo que Dresden) n’ont pas été choisies pour leur aptitude aux arts martiaux. Il en va de même pour pas mal de méchants dont le talent martial est très approximatif. S’ensuit une alternance de combats foutraques, parfois convaincants, souvent très brouillons, avec un côté pagaille qui ajoute au charme bis de l’ensemble.

Une décapitation de samouraï zombie...

...admirez la qualité du sabre !

Quant au jeu des comédiens, si les personnages principaux jouent mal, sans plus, d’autres se donnent à fond. C’est le cas de Ralph Lombardi (un honnête père de famille dont c’est le seul crédit sur IMDB) qui incarne avec beaucoup de conviction Thomas Speer, un méchant nazi (il a une petite moustache et un accent allemand, ce sont des preuves irréfutables). La galerie des méchants est, de manière générale, assez savoureuse. Il faut insister sur la prestation tout en « mouhaha » et en mines réjouies des moines cannibales, ces grands plaisantins unis dans l'amour des grillades fraîches et des combats de zombies. Cabotinant à fond, ces derniers passent leur temps à rire en battant joyeusement des mains, tantôt à la perspective de manger une jeune fille, tantôt à l’idée de faire tuer des touristes par des zombies karatékas.

Ralph Lombardi et son accent teuton à couper au couteau dans le rôle de l'infâme Thomas Speer. Il s'agit hélas de son seul et unique rôle connu au cinéma.

L'ambiance est résolument primesautière et bon enfant sur l’île des moines cannibales. Sous sa cagoule, les plus érudits auront reconnu Vic Diaz, acteur philippin vu dans un nombre incalculable de films tournés dans l'archipel.

Nous serions injustes si nous ne rendions pas hommage au choix des costumes et au casting de tronches improbables, qui contribuent pleinement à rendre Special Force si chatoyant.

Le pantalon d’Averell Dalton, un plastron de footballer américain, des lunettes de ski : le digne costume d’un redoutable tueur !

Hinhinhin !

Mais revenons à nos piranhas ! Asiatiques, n’est-ce pas ? Et lacustres de surcroît ! Eh bien il en fallait, visiblement… et on en aura. Quelques stock-shots défilent, pendant qu’on nous explique que le lac au centre de l’île en est infesté. Ensuite, au cours d’une scène d’une absurdité parfaite [spoiler alert ON], le méchant Speer, qui s’enfuit à bord de son hydravion chargé de jade, est rejoint in extremis au décollage par un des gentils qu'il marave... d'un coup de bloc de jade, justement. Va-t-il précipiter notre héros groggy dans le lac grouillant de poissons tout en gueule pour qu'ils lui grignotent a glotte, histoire de s'en débarrasser une fois pour toutes et s’envoler tranquillement avec son butin ? Non ! Speer abandonne sa victime dans l’avion et… saute à l’eau… S’ensuit ce qui doit s’ensuivre : il se transforme en os de jambon dévoré par des stock-shots de piranhas [Note de Nanarland : provenant paraît-il du Piranhas de Joe Dante sorti en 1978]. Tout ceci est donc d'une logique parfaite. [spoiler alert OFF]

Et pas n'importe lesquels : des piranhas asiatiques !


En DVD et Blu-ray, le film est disponible en version originale anglaise. Il existe visiblement une version sous-titrée en espagnol et une autre en allemand. Sur les internettes, se trouve une version sous-titrée en français dont nous n’avons pu déterminer si elle était officielle. Peut-être s’agit-il d’une traduction automatique au départ d’une autre langue, toujours est-il qu’on n’est pas déçus en constatant que « – Questions? – No, man! » est traduit par « - Questions ? - Pas d’homme » et « Let’s have another round » (dans un bar) par « Reprenons un autre tour ». Je n’ai par contre pas bien saisi le sens de « N’y touchez pas Harry, vous pourriez attraper la crudité rampante. » La bonne volonté est cependant évidente, comme ce combat des gentils contre les zombies kung fu masters sous-titré : « Hay! Hay y’a! », sans doute pour faciliter la compréhension de l’action en cours.

Nous offrant un spectacle total, Special Force se termine sur de belles explosions de mannequins.

Si la qualité VHS ne vous rebute pas, vous aurez peut-être la chance de tomber sur la version française. Celle-ci a le charme des traductions à la va-vite des années 1980. Ainsi, on nous apprend que l’île occupée par ces étranges moines a été découverte par le célèbre capitaine « James Cooken », et qu'il s'agit d'un ancien cimetière « d’origine vaudou » (culte d'Afrique de l'Ouest et de Haïti qui n’est nullement évoqué dans la version anglaise)… La question est de savoir si ce sont les populations pratiquant le vaudouisme, en provenance des Caraïbes, qui auraient acclimaté le piranha sur place après avoir été en pêcher dans les rivières d'Amérique du Sud. Vous aurez compris que la comparaison des deux versions nous a plongé dans des abîmes de perplexité !

Il semble qu'une suite était prévue, mais elle ne verra hélas jamais le jour.


En résumé, Special Force est un excellent nanar qui fleure bon les années 1980, le tube cathodique, le bandana et les sièges en skaï. Surtout, son scénario est totalement décomplexé et d’une folle générosité : les scènes se succèdent à un rythme enlevé, tout se mélange et se percute et, au final, on ne s’ennuie pas une seconde. C’est typiquement un film qui gagne à être visionné en groupe, pour se payer une bonne tranche de rire. Bref, une œuvre accessible, qui a tout ce qu’il faut, là où il faut, comme on disait en 1985. Ah, vous ai-je dit qu'il y avait aussi des piranhas (asiatiques) (et lacustres) ?


Carnet mondain de l'international nanarlandais, par John Nada 

Special Force propose un casting aux petits oignons de tous les fonds de bac à légumes du cinéma bis philippin et interlope. En premier lieu, Rey Malonzo, acteur et réalisateur qui s'est notamment illustré dans des films de bruceploitation comme Chaku Master (où il sévit sous le pseudo de Bruce Ly !), Games of Bruce, They Call Him Bruce Lee, Bruce liit ou Bruce Volcanic Kicks. A l'exportation, son nom de comédien s'occidentalise souvent en "Raymond Malonzo" ou "Raymond King" (ou "Rey King" comme c'est le cas ici), et quand il passe derrière la caméra il est crédité sous le pseudo de "Reginald King". Du fait des pratiques frauduleuses de Joseph Lai et Godfrey Ho et de leurs productions "2-en-1", il se retrouve parfois bien malgré lui dans des films de ninjas de chez IFD, comme The Ninja Squad ou Challenge the Ninja, qui recyclent des films philippins à tour de bras. La frontière entre cinéma et politique étant extrêmement poreuse aux Philippines, Rey Malonzo deviendra maire de Caloocan, 3ème plus grande ville du pays, de 1995 à 2004.

Rey Malonzo (à gauche) en redoutable marin cuistot karatéka. Steven Seagal a sans doute vu Special Force avant de faire Piège en haute mer...

Parmi les accortes créatures chargées d'assurer le quota charme de Special Force, on retrouve les blondes Jillian Kesner (héroïne du film philippin Attaque à mains nues de Cirio H. Santiago, vue aussi dans le gloubiboulga horrifique Evil Town et dans Beverly Hills Vamp de Fred Olen Ray) et Carla Reynolds (vue dans les philippins Le Poing vengeur de Bruce et Bruce Lee's Dragons Fight Back).

Carla Reynolds et Jillian Kesner.

Les fans de notre Roman Photo tiré de Laser Force, l'Arme Absolue reconnaîtront sans doute Mike "Le Parrain" Cohen, qui campe ici un moine cannibale au jeu tout en modération.


Mike en moine cannibale particulièrement ravi (Hinhinhin !).

Ici, il mâchouille de la barbaque humaine en caoutchouc véritable, avec son sens si particulier de l'acting dramatique.

On retrouve également John Dresden qui, après quelques rôles aux Philippines (Mission Finale, Commando Massacre), finira quasiment figurant dans les tréfonds du Z américain (Commando Squad de Fred Olen Ray, Super nanas II et Le vampire de l'espace de Jim Wynorski). Et puis on retrouve enfin Don Gordon Bell, ancien US Marine vétéran de la Guerre du Viêt-nam reconverti acteur de complément dans le cinéma philippin, et qui tient ici pas moins de deux rôles : il joue d'abord un bad guy qui tente de découper Rey Malonzo à coups de sabre sur le navire, puis dans le cimetière, avant de chuter d'une falaise sous la forme d'un mannequin en mousse. Puis on le voit ensuite en samouraï zombie.

Don Gordon Bell, qui joue à la fois un des méchants trafiquants, arborant un joli tee-shirt noir flanqué du logo Superman...

...et un samouraï zombie aux ordres des moines cannibales, excités comme des gosses à Noël.

- tof121 -
Moyenne : 3.88 / 5
tof121
NOTE
4 / 5
Kobal
NOTE
4 / 5
John Nada
NOTE
3.5 / 5
Jack Tillman
NOTE
4 / 5

Cote de rareté - 5/ Pièce de Collection

Barème de notation

L'édition VHS de Canal Video (merci à Stebreizh pour son scan).


Special Force
est disponible en bluray chez plusieurs éditeurs à l'étranger (Vinegar Syndrome, 101 Films...), avec pas mal de bonus. On peut également le voir sur Prime Video dans certaines régions. Mais pour goûter à la VF d'époque, il va falloir ressortir vos magnétoscopes et traquer l'édition VHS de Canal Video sous le titre Forces Spéciales.

Blu-ray de Vinegar Syndrome.

Invasores de la tumba de jade.


Attention à ne pas confondre le film avec une myriade de titres similaires.

Force Spéciale avec Hulk Hogan

Forces Spéciales, un film français d'opération militaire chez les Talibans (qui mériterait peut-être un tour par chez nous).

Special Forces, alias Special Forces USA de chez Nu Image.

Special Force, une obscure édition VHS Imperial Home Video (alias Initial alias Prism) aux crédits évocateurs du film The Washington Affair, mais rien n'est moins sûr vu leur abus de flying jaquettes et l'absence de sortie officielle de ce film sur le territoire français. Seule manière d'en être certain : monter un financement participatif pour l'acheter sur ebay et assurer la fiabilité des informations de cette cote de rareté.