Freddysploitation

En 1984, Wes Craven écrit et réalise Les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm Street), sur la base d’un pitch diablement efficace : après avoir commis plusieurs meurtres d'enfants à Elm Street, l’infâme Freddy Krueger est attrapé et assassiné par les parents de ses jeunes victimes mais, revenu d'entre les morts, s'invite bientôt dans les cauchemars d'adolescents du coin pour continuer à tuer.

Sans être un énorme carton au box office, le film est un beau succès commercial : avec un modeste budget initial de 1.8 million de dollars, le film rapporte 25.5 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord et 57.1 millions de dollars dans le monde. Ce succès providentiel sauve d'ailleurs New Line Cinema de la banqueroute. Au fil des ans, Freddy va devenir la vache à lait du studio, les différents films de la franchise cumulant 472 millions de dollars de recettes mondiales – sans compter les nombreux produits dérivés – au point que New Line Cinema sera ironiquement surnommé « The House that Freddy Built » (« la maison que Freddy a construite »).
Car le croque-mitaine d'Elm Street marque les esprits. Le fait qu'il sévisse à travers les rêves de ses victimes le distingue de ses collègues boogeymen à la démarche robotique comme Mike Myers ou Jason Voorhees, et cette dimension onirique rend le film bien plus intéressant que les tombereaux de slashers interchangeables qui sortaient à l'époque. Alfred Hitchcock considérait qu’au cinéma « plus le méchant est méchant, plus le film est réussi » et le personnage de Freddy Krueger – avec son visage horriblement brûlé, son pull rayé informe, son chapeau et surtout son gant pourvu de lames de rasoir – devient instantanément une icône du cinéma d’horreur, et plus globalement de la pop culture. Au cours des années suivantes, le film va engendrer six suites, deux séries télé, un remake, le crossover Freddy contre Jason… et inspirer aussi pas mal de producteurs opportunistes.

Le jeu vidéo édité par Rare / LJN et sorti sur NES en 1990.
Le comic sorti chez Marvel en janvier 1989.

La freddymania bat son plein et le merchandising ne s'interdit rien : qui veut son yo-yo Freddy ?
Le spectre de la Freddysploitation est large : cela va des films « sous influence », très vaguement inspirés de Freddy, avec un scénario reprenant vite fait quelques éléments du film de Wes Craven, mais avec un titre, une affiche voire un slogan louchant parfois très fort du côté Griffes de la nuit. Et puis à l’autre bout du spectre, il y a les rip-offs cyniques pouvant aller jusqu’au plagiat intégral, presque plan par plan, musique incluse.
Dreamaniac (1986) de David DeCoteau
Dreamaniac et sa tagline qui assume crânement : « Il n’y a pas qu’à Elm Street qu’on fait des cauchemars » !
Les premiers films qui braconnent à des degrés divers sur les terres de Freddy Krueger déboulent à partir de 1986, comme ce Dreamaniac dans lequel un guitariste de heavy metal rêve d’une créature démoniaque. Il s’agit d’une succube avec laquelle le musicien va passer – sans vraiment en avoir conscience ? – un pacte, permettant à la créature de se matérialiser dans le monde réel et d’y commettre des meurtres, particulièrement sanglants cela va de soit. Produit en sous-main par Charles Band, Dreamaniac (1986) est le premier film non X réalisé par David DeCoteau (Creepozoids, 1313: Cougar Cult). C’est un film d’horreur à tout petit budget (60 000$ selon certaines sources), avec son lot de nudité masculine chère à DeCoteau, mais surtout un rythme qui invite à la sieste, une atmosphère onirique plus maladroite que déroutante, et un sens de la narration souvent confus sans qu’on sache vraiment si c’est voulu ou non. Au final, malgré sa réputation de « sous-Freddy », avec son titre et son accroche qui surfent crânement sur le succès du film de Craven (« Il n’y a pas qu’à Elm Street qu’on fait des cauchemars »), Dreamaniac n’a quand même pas grand chose à voir avec Les Griffes de la nuit.
Cauchemar / Satan's bed (1986) de H. Tjut Djalil
Si on accordera volontiers le bénéfice du doute à Dreamaniac, il n’y a en revanche aucune ambiguïté avec les ersatz produits en Indonésie. Le premier à débouler est Satan's Bed (en VO Ranjang Setan), sorti en 1986 et distribué chez nous en VHS sous le titre Cauchemar. Dans une vieille maison, des adolescents sont victimes de cauchemars dans lesquels un fantôme, horriblement défiguré et avec une main prolongée de lames acérées, les persécute. Bientôt, ils commencent à succomber sous les lames du monstre.
Le visuel de la VHS française, signé Laurent Melki.
Mis en scène par Tjut Djalil (à qui l’ont doit les sympathiques Mystics in Bali, Le Défi du Guerrier, Dangerous Seductress mais aussi le fendard Nasty Hunter alias Lady Terminator, copie carbone du Terminator de James Cameron), Cauchemar / Satan's Bed a été mis en chantier immédiatement après la sortie en salles du premier Freddy en Indonésie. Le réalisateur y va franco dans le plagiat et on retrouve, reprises telles quelles, de nombreuses séquences clefs du film de Craven. Citons la scène du bain où la main du croquemitaine sort de l’eau savonneuse entre les jambes de l’héroïne assoupie, disparaît quand quelqu’un vient toquer à la porte de la salle de bains, et reparaît ensuite. Egalement la séquence avec le duo d’amoureux dans la chambre où la fille (Tina chez Wes Craven, et qui devient ici Nina !) se met soudain à léviter et se fait trucider par une force invisible, ce qui amène son compagnon à être injustement soupçonné par la police.
La scène du bain dans Les Griffes de la nuit.
La scène du bain dans Cauchemar / Satan's bed.
On retrouve également la scène choc où Freddy, pour impressionner une de ses victimes, se tranche deux doigts d’un coup de lame, le coup des petites filles en robe blanche qui jouent à la corde à sauter, les marches d’escalier gluantes etc. etc. Comme dans Les Griffes de la nuit, le père de l’héroïne est impliqué dans l’enquête (non pas en tant que policier comme le personnage campé par John Saxon mais en tant qu’avocat), la mère de l’héroïne picole pour tenir, et les dialogues sont à l’avenant.

Le Freddy Krueger made in Jakarta, qui se distingue par son maquillage à la gouache et son jeu tout en subtilité.
Seule distinction : le croque-mitaine est le fantôme d’un méchant colon hollandais qui hante une maison. Et cette différence avec Les Griffes de la nuit n’est clairement pas une volonté d’être un minimum original, au contraire, car elle permet à ce filou de Tjut Djalil de pomper un autre film ! Après avoir bien exploité Freddy Krueger pendant environ une heure, Satan's Bed voit en effet l’arrivée d’un exorciste et bifurque alors dans la direction du Poltergeist (1982) de Tobe Hooper, autre succès récent du cinéma horrifico-fantastique. En gros, Satan's Bed, c’est donc Freddy Krueger dans la maison d’Amityville qui voit débarquer L’Exorciste et bascule dans Poltergeist. C’est fauché, c’est drôle (mention spéciale à la VF d’époque, et aussi à ce squelette en plastoc indigne d’un train fantôme de fête foraine, agité dans tous les sens et qui ferait pouffer un enfant en bas âge) mais ça reste généreux et divertissant.
Slumber Party Massacre II (1987) de Deborah Brock

Si Fête sanglante alias Slumber Party alias Slumber Party Massacre (1982) était déjà un slasher fun et décomplexé, sa séquelle pousse le curseur encore plus loin dans l’absurde azimuté. Une jeune étudiante (soeur de l’héroïne du premier opus) fait des cauchemars récurrents à propos d’un tueur, qu’elle attire malgré elle dans le monde réel où il va désormais pouvoir sévir. Réalisé par Deborah Brock et produit par Roger Corman, cette simili-suite mélange opportunément la recette du premier Slumber Party et celle des Griffes de la nuit. On retrouve ainsi le principe du slasher originel – un groupe de jeunes filles confrontées à un tueur psychotique armé d’un gros foret électrique – mais en y ajoutant la dimension fantastique « freddyesque » du tueur basculant du monde des rêves à la réalité. En revanche, la comparaison avec Freddy s’arrête là : si le tueur cabotine lui aussi comme si sa vie en dépendait, ricanant comme un dément et ponctuant volontiers ses meurtres de punchlines, son look diffère totalement et s’avère absolument unique : il est gominé, tout de cuir vêtu et armé d’une guitare prolongée d’une vrille électrique !

Virgil, la malédiction / Don't Panic (1987) de Rubén Galindo Jr.
« Oubliez Freddie et Jason, le nouveau cauchemar débarque en ville / Le vrai cauchemar ne fait que commencer ! »
Direction le Mexique avec Don't Panic, également sorti en France sous le titre Virgil, la malédiction. Un groupe de jeunes ne trouve rien de mieux à faire que de jouer avec une planche Ouija et invoquer un terrible démon nommé Virgil. Du jour au lendemain, notre héros nommé Michael se met à faire des cauchemars dans lesquels le démon en question, visage décharné, le harcèle en ricanant très fort et assassine ses amis. Le jour, Michael est également sujet à des visions très similaires à celles de Nancy / Heather Langenkamp dans Les Griffes de la nuit. Pas de doute : Michael est la victime d’un sous-Freddy.
Virgil n’a pas de griffes, mais clairement un look « à la Freddy ».
En classe, Michael voit ses amis morts de façon prémonitoire, un peu complètement comme dans Freddy.
Le méchant qui sort de la télé : une scène qui rappelle un des moments forts de Freddy 3...
...mais surtout de l'excellent Vidéodrome (983) de David Cronenberg.
Pour autant, Don't Panic / Virgil, la malédiction n’est pas aussi servile qu’il en a l’air. Le film de Rubén Galindo Jr. se regarde avec plaisir, notamment pour la qualité de ses effets spéciaux signés du spécialiste Screaming Mad George (également à l’oeuvre sur Freddy 3 et 4 !). Disons qu’il s’agit clairement d’un énième film « sous influence ». L’éditeur américain Vinegar Syndrome, qui a ressorti le film en blu-ray, présente d’ailleurs l’oeuvre comme « un hommage foutraque aux Griffes de la nuit » (« A bonkers tribute to Nightmare on Elm Street »).
Panics (Bad Dreams, 1988) de Andrew Fleming

En 1987 sort Freddy 3 : les Griffes du cauchemar (A Nightmare On Elm Street 3: Dream.Warriors), qui cartonne au box office et rapporte à lui seul presque autant de dollars que les deux premiers films de la franchise combinés. Ce troisième opus se situe dans un hôpital psychiatrique, où sont suivis plusieurs adolescents terrifiés par d’horribles cauchemars. Au sein de leur groupe de thérapie, l’héroïne Kristen Parker (interprétée par Patricia Arquette) va s’efforcer de combattre le tueur qui envahit leurs rêves.

Par une coïncidence absolument pas suspecte, Panics alias Bad Dreams (1988), sorti seulement quelques mois après Freddy 3, nous sert un scénario à base de grand méchant brûlé qui hante un hôpital psychiatrique, où est suivie une jeune femme en proie à d’étranges cauchemars. Elle rêve que l’homme horriblement brûlé tue certains de ses amis, membres de son groupe de thérapie, et – le croirez-vous ? – à son réveil, ils sont effectivement morts (d’autres sont poussés au suicide – comme dans Freddy 3 – ou tués de façon plus classique). Comme si ça ne suffisait pas, les producteurs sont allés jusqu’à confier le rôle de l’héroïne à Jennifer Rubin, qui jouait déjà un des membres du groupe d’ados dans Freddy 3 (on retrouve aussi dans un rôle de blouse blanche Charles Fleischer, qui jouait le Dr. King dans le premier Freddy). Et comme dans Freddy 3, l’héroïne se heurte à l’incrédulité de l’équipe médicale, à l’exception d’un gentil médecin qui va l’aider à combattre le sous-Freddy de service (dont le rôle a opportunément été confié à Richard Lynch, lui-même grand brûlé dans la vraie vie). Ça commence à faire beaucoup me direz-vous et pourtant, malgré toutes ces similitudes flagrantes, Panics / Bad Dreams parvient à s’éloigner juste assez de son modèle pour proposer autre chose qu’une copie sans âme. Un film sous très forte influence, mais ça s’arrête-là.
Dream Demon (1988) de Harley Cokeliss
Une jeune femme sur le point de se marier commence à faire des cauchemars peuplés de terrifiants démons. À son réveil, il s’avère que les démons sont bien réels et se mettent à commettre d’atroces meurtres. Semble t-il inédit en France, mais sorti au Québec sous le titre Descente aux Enfers, cette production anglaise s’est traînée la réputation de « British Freddy ». C’est aller un peu vite en besogne : certes, il y a quelques similitudes (l'héroïne rêve que des gens se font tuer et à son réveil ils sont portés disparus ; elle rêve d’un homme en flammes qui pourchasse une petite fille en robe blanche) mais le film évoque tout autant Hellraiser, et parvient surtout à exister par lui-même.
Night Wars (1988) de David A. Prior
En 1988, alors que la franchise Freddy bat son plein avec déjà un quatrième opus, le producteur et réalisateur David A. Prior décide de verser lui aussi dans la Freddysploitation avec Night Wars, improbable crossover entre Retour vers l'enfer et Les Griffes de la nuit. Deux vétérans hantés dans leur sommeil par les tortures endurées dans un camp communiste se réveillent avec des blessures sur le corps. Ayant réussi à s'évader mais en abandonnant l'un des leurs, ils reçoivent dans leurs songes l'appel au secours de leur frère d'arme toujours porté disparu. Ils décident de retourner au Viêt-nam le délivrer... dans leur rêve, et vont se coucher armés jusqu'aux dents afin d'affronter leur ancien tortionnaire alais le pseudo Freddy Krueger de service.

Avec Night Wars, David A. Prior aborde pour la énième fois son thème de prédilection (la Guerre du Viêt-nam) mais avec un traitement nouveau, à défaut d’être complètement original. Le réalisateur d’Aerobic Killer, Ultime Combat et Mankillers livre ici un film étrange, fauché mais efficace, avec une approche pour le moins inédite du syndrome de stress post-traumatique.
Khooni Murdaa (1989) de Mohan Bhakri
Comme les Indonésiens, les Indiens ont produit des ersatz de Freddy qui vont très loin dans le plagiat. Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer le cinéma d’horreur made in Bollywood, qui s’est souvent contenté de recycler les bonnes idées piochées ailleurs (voir nos chroniques de Purana Mandir, Veerana ou Khooni Dracula). En 1989, le producteur et réalisateur Mohan Bhakri dégaine le premier au pays de la vache sacrée avec Khooni Murdaa.

L’histoire est celle d’un odieux harceleur, dragueur compulsif et assassin, tellement relou qu’il est brûlé vif par des étudiants (ça rigole pas trop en Inde), mais qui revient sous forme de démon hanter leurs cauchemars et les tuer les uns après les autres. A partir de là, on est en terrain ultra-familier. Avec le mépris tranquille du cancre qui n’a aucun scrupule à copier sur son voisin, Mohan Bhakri livre avec Khooni Murdaa rien moins qu’une photocopie des Griffes de la nuit, s’employant à reproduire à l’identique la plupart des temps forts du film de Craven.
On retrouve ainsi dans son Khooni Murdaa la scène avec le duo d’amoureux dans la chambre, où la fille se met soudain à léviter et se fait trucider au plafond par une force invisible, puis son compagnon qui se fait injustement arrêter par la police, et qu’on découvrira ensuite « suicidé » par Freddy dans sa cellule (avec l’idée reproduite à l’identique du drap qui s’anime, forme un noeud et vient s’enrouler autour du cou du jeune homme endormi). On retrouve également la scène du bain où la main du croque-mitaine sort de l’eau savonneuse entre les jambes de l’héroïne assoupie. On retrouve aussi une variante de la scène où la langue de Freddy sort du combiné du téléphone que décroche l’héroïne, sauf que dans Khooni Murdaa la langue devient un serpent. Globalement tout est à l’identique, mais en moins bien, c’est-à-dire avec moins de talent et d’argent : les effets spéciaux sont cheap au possible, et les plans souvent flous et mal éclairés.
La scène du bain dans Les Griffes de la nuit.
La scène du bain dans Khooni Murdaa.
La langue qui sort du téléphone dans Les Griffes de la nuit.
Le serpent qui sort du téléphone dans Khooni Murdaa.
Et puis tant qu’à faire, comme Khooni Murdaa est sorti en 1989, Mohan Bhakri pompe également des scènes de Freddy 3 : les Griffes du cauchemar (A Nightmare On Elm Street 3: Dream.Warriors), sorti en 1987. Notamment la séquence où Freddy, sous l’apparence d’une séduisante jeune femme, embrasse un malheureux à pleine bouche avant de lui mordre la langue et tirer dessus façon cartoon. Egalement cette séquence où la tête et les bras de Freddy sortent d’une télé, attrapent une victime et lui enfoncent la tête dans l’écran. Et aussi celle du jeune homme auquel un Freddy géant attrape les veines pour le manipuler comme un pantin et le défenestrer. Là encore, on est dans la contrefaçon bas de gamme et les effets spéciaux, très efficaces dans le film original de Chuck Russell, fonctionnent évidemment beaucoup moins bien dans cette copie indienne fauchée.
Le baiser fatal dans Freddy 3 : les Griffes du cauchemar (1987).

Le baiser fatal dans Khooni Murdaa (1989).
La scène de la télé dans Freddy 3 : les Griffes du cauchemar (1987).
La scène de la télé dans Khooni Murdaa (1989).

Le pantin humain dans Freddy 3 : les Griffes du cauchemar (1987).

Le pantin humain dans Khooni Murdaa (1989).
Seule distinction : le Freddy curry de Khooni Murdaa ne porte pas de chapeau et n’a pas de gant à lames de rasoir mais des griffes rétractables aux deux mains. Ah oui, et puis le film intègre les inévitables séquences chantées et dansées propres à tout film indien, ainsi que le tout aussi inévitable sideckick comique, dont l’extrême niveau de non-drôlerie s’avère pour tout dire plus terrifiant que le monstre.
Nuclear Mutant alias Revenge of the Radioactive Reporter (1990) de Craig Pryce

Difficile de ne pas penser à Freddy Krueger en voyant ce visuel croquignolet. Et pourtant, Nuclear Mutant alias Revenge of the Radioactive Reporter (1990) n’entretient quasiment aucun rapport avec le film de Wes Craven. Alors qu’il enquête sur une centrale nucléaire, un reporter un peu trop curieux est balancé dans une cuve de déchets radioactifs. Devenu un "mutant nucléaire", il entreprend de se venger de ses agresseurs. Produit par la Troma, le ton est résolument potache et dans la lignée des autres succès de la firme comme Toxic Avenger ou Atomic College. Quelques plans du film semblent tout de même sous forte influence, avec son protagoniste à chapeau mou, horriblement défiguré, traquant ses victimes en ricanant. Au final, on peut considérer que la jaquette verse dans la Freddysploitation, mais pas le film qu’elle illustre.

Night Killer (1990) de Claudio Fragasso et Bruno Mattei
Après les Etats-Unis, le Mexique, l’Inde et l’Indonésie, on poursuit notre tour du monde des sous-Freddy en Italie avec le corsé Night Killer (1990). Sur le papier, on est a priori loin d’Elm Street puisqu’il s’agit d’un thriller, avec un banal psychokiller masqué qui assassine des victimes selon un schéma très classique. Pas de rêves, ni d’éléments fantastiques donc. Sauf que…

Sauf que le psychokiller en question a un magnifique look de Freddy Krueger ultra-discount, avec un masque façon caramel mou passé au micro-ondes, et un joli gant prolongé de griffes en plastique tout droit sorti du rayon promo d'un supermarché un lendemain d’Halloween. Cerise sur le gâteau, le film est réalisé par ce tâcheron sublime de Claudio Fragasso, qui venait tout juste de marquer le cinéma mondial de son empreinte de géant avec Troll 2, œuvre majeure sanctifiée par son noble génie et qu’il abandonne à la postérité, comme Night Killer, sous le pseudo de Clyde Anderson, probablement par modestie. Night Killer marque aussi la dernière collaboration de Claudio Fragasso avec Bruno Mattei, crédité ici comme monteur (sous le pseudo de J.B. Matthews) mais qui aurait également tourné ou re-tourné quelques scènes à la demande du producteur Franco Gaudenzi. Cela expliquerait au moins en partie pourquoi le film est souvent bancal et maladroit.
Il semblerait que Fragasso voulait plutôt un thriller psychologique mais Gaudenzi, trouvant que le film n’était pas assez gore et vendeur, aurait demandé à Mattei des scènes de meurtres plus graphiques. Au final, ces scènes de meurtres avec le Freddy de Prisunic constituent de loin l’aspect le plus ridicule et le plus réjouissant de Night Killer.
Franco Gaudenzi étant un champion du marketing et de la margoulinerie (et les titres n’étant alors pas copyrightés de l’autre côté des Alpes), Night Killer est sorti en Italie sous le titre Non aprite quella porta 3 (littéralement « N'ouvrez pas cette porte 3 »), sachant que « Non aprite quella porta » est le titre italien de Massacre à la tronçonneuse et que – sans doute par un heureux hasard – le « vrai » Massacre à La Tronçonneuse 3 réalisé par Jeff Burr sortait justement cette année-là ! Pour tenter de se distinguer de son ersatz, le vrai Massacre à La Tronçonneuse 3 sortira sous le titre Non aprite quella porta – Parte 3, les deux titres se retrouvant côte à côte à l’affiche durant l’été 1990.
Dream Stalker (1991) de Christopher Mills
Une tagline qui mixe Freddy et Alien : « Dans vos rêves, personne ne vous entendra crier »
Sorti directement en vidéo, Dream Stalker alias Kinetic Nightmare (1991) démarre par une romance ultra-kitsch entre Brittney et Ricky. Elle est mannequin, lui est champion de motocross, ils s’aiment d’amour et roucoulent de bonheur mièvre jusqu’au jour où Ricky meurt dans un terrible accident de moto. Inconsolable, Brittney porte le deuil et des toubibs lui diagnostiquent au passage des pouvoirs télékynésiques. Au bout de trois ans à pleurer la perte de son beau motard à mulette, on lui conseille de passer à autre chose et refaire sa vie.
Un, deux, Ricky te coupera en deux !
C’est à partir de ce moment-là que Ricky, pas content qu’on l’oublie, revient la hanter dans ses rêves, utilisant la télékinésie de Brittney pour agir sur le monde réel. Passée toutes les scènes d’exposition, on se retrouve dès lors avec (prenez un stylo pour cocher la checklist de tout bon Freddy de Monoprix) un personnage mort défiguré (☑ check) qui revient hanter une jeune fille dans ses rêves (☑ check) dans lesquels il assassine ses proches en balançant des punchlines (☑ check) et à son réveil elle découvre que ses proches sont bel et bien morts (c’est bon, le diagnostic de sous-Freddy est validé). Tourné par un certain Christopher Mills, Dream Stalker est un tout petit budget tourné en vidéo, avec des effets spéciaux relativement soignés mais un son aux limites de l’audible, des comédiens non-professionnels qui jouent comme des patates, et un rythme lénifiant idéal pour lutter contre les insomnies.
Perjanjian Dimalam Keramat alias Pact with the Forces of Darkness (1991) de Sisworo Gautama Putra

Retour en Indonésie avec le très bis Perjanjian Dimalam Keramat (1991), dans lequel un businessman ultra-arriviste embauche des tueurs pour éliminer un concurrent qui lui fait de l’ombre. Le gang élimine impitoyablement le malheureux rival, ainsi que son épouse et leurs deux enfants mais tandis qu’elle expire, l’âme de la mère de famille est possédée par l’esprit démoniaque d’une sorte de cousin indonésien de Freddy Kruger (le film n’ayant pas de sous-titres, ce n’est pas très clair mais il semble qu’elle passe un pacte avec lui pour pouvoir se venger de ses assassins). Elle revient bientôt d’entre les morts sous la forme d’un fantôme vengeur, avec en prime (ta-daaa !) un magnifique gant en cuir équipé de lames acérées.

Ce n’est pas juste un film sous influence mais un pur rip-off auquel on a droit ici. Le réalisateur, Sisworo Gautama Putra, est un véritable pilier du cinéma de genre indonésien, auquel on doit des titres aussi réjouissants que Le Guerrier alias Jaka Sembung (1981), Hungry Snake Woman (1986) ou encore La Revanche de Samson (1987).

C’est aussi un roublard qui braconne volontiers sur les terres de ses voisins quand elles s’avèrent fertiles et giboyeuses. C’est par exemple en lorgnant sur le succès des films italiens Le Dernier Monde cannibale (1977) et La Montagne du dieu cannibale (1978) qu’il met en chantier L’île de l’enfer cannibale alias Les Primitifs (1978), dans lequel il reproduit certaines scènes au plan près, son slasher Srigala (1981) est un décalque limpide de Vendredi 13, tandis que son film d'horreur gothique Satan's Slave (Pengabdi Setan, 1982) est fortement influencé par L'Exorciste et Evil Dead.

Dans ce Perjanjian Dimalam Keramat, toutes les scènes de meurtres et le final sont directement pompés sur Le Cauchemar de Freddy (A Nightmare on Elm Street 4: The Dream Master, 1988), les éléments un tant soit peu originaux se limitant à la présence d’une prêtresse musulmane adepte du kung-fu (plus proche des exorcistes chinois alors en vogue à Hong Kong pour le coup) et au fait que l’ersatz griffu de Freddy Krueger est incarnée par une femme, à laquelle prête ses traits la star locale Suzzanna, qui a joué les revenantes dans un nombre incalculable de films souvent hauts en couleurs.
Mahakaal – The Monster (1994) de Shyam & Tulsi Ramsay

Dans l’Inde de la période 1985-1995, dans le registre du cinéma d’horreur, Mohan Bhakri (responsable du Khooni Murdaa évoqué plus haut) est en compétition avec le clan Ramsay, une famille de cinéastes qui sont en quelque sorte leaders sur ce segment de marché. Les productions Ramsay proposent un cinéma populaire soigné, techniquement très au-dessus de leurs rivaux. Certes, les histoires sont souvent fortement influencées par les succès occidentaux, mais ils ont toujours l’intelligence de mélanger plusieurs concepts et d’éviter le plagiat servile façon bollycat. Jusqu’en 1993/1994 (la date varie selon les sources) et la sortie de ce qui reste leur dernier film d’horreur, Mahakaal alias The Monster, qui est ni plus ni moins un remake indien des Griffes de la nuit et de ses suites.
« This may not be Elm Street, but this film is still a nightmare! »
Le film s’ouvre ainsi sur un cauchemar que fait la jeune héroïne, Anita, que l’on découvre déambulant en nuisette dans un décor de sous-sol d’usine désaffectée parfaitement similaire à celui des Griffes de la nuit, avec les grosses chaînes métalliques qui se balancent doucement, l’éclairage bleu et rouge et même, tant qu’à faire, la musique de Charles Bernstein reprise telle quelle du film de Wes Craven. Sans surprise, Anita est attaquée par le Freddy curry de service, sans chapeau mou mais avec tout le reste de la panoplie : visage brûlé, main gantée de cuir prolongée de lames de rasoir et ricanements intempestifs. Elle se réveille, croit avoir rêvé mais se découvre une blessure. Tout le reste est à l’avenant : sa meilleure amie fait des cauchemars similaires, se fait trucider alors qu’elle est seule avec son boyfriend, qui est injustement arrêté, et suicidé par Freddy curry.

Parmi les séquences clefs piquées au film original, on retrouve à l’identique la scène où l’héroïne, épuisée, s’assoupit sur son bureau en plein cours, voit son amie ensanglantée dans un bodybag transparent qui l’appelle depuis le couloir, la suit, est attaquée par le croquemitaine, se brûle le bras en le combattant et se réveille en classe en hurlant à pleins poumons. On trouve aussi les apparitions spectrales de petite fille en robe blanche. Et le fait que l’héroïne découvre le gant de Freddy dans la maison de ses parents, son père policier ayant autrefois mis un terme aux agissements de Freddy, le background du personnage nous étant ainsi révélé.
Et comme dans Khooni Murdaa, on trouve des scènes directement piquées à d’autres opus de la franchise Freddy, notamment cette scène du Cauchemar de Freddy (A Nightmare on Elm Street 4: The Dream Master, 1988) où un jeune homme allongé sur un matelas à eau dans sa chambre relève le drap et découvre une accorte nymphette, qui va provoquer sa noyade.

La scène de la nymphette dans le matelas à eau dans Le Cauchemar de Freddy / Freddy 4 (1988).

La scène de la nymphette dans le matelas à eau dans Mahakaal – The Monster (1993-1994).
Comme plagiat indien de Freddy, Mahakaal se révèle donc bien plus soigné et réussi que Khooni Murdaa, mais tout aussi servile. Et au final, comme pour Khooni Murdaa, sa seule originalité par rapport à l’oeuvre copiée réside dans ses séquences chantées et dansées, et la présence d’un sidekick comique particulièrement toxique en la personne de Johnny Lever, qui tient plusieurs rôles (dont une parodie de la star Amitabh Bachchan dans le film de justicier Shahenshah).
Johnny Lever, alias « Mahakaal Jackson ».
Pour comprendre comment de tels outrages au copyright étaient possibles, il faut rappeler que ces films d’horreur occidentaux ne sortaient tout simplement pas en Inde, que ce soit en salles ou en vidéo. Pour tout dire, il n’y avait même pas de marché de la VHS, l’Inde étant alors un territoire trop pauvre pour y distribuer les films sur ce support. Pour voir Les Griffes de la Nuit, Evil Dead ou Massacre à la tronçonneuse, les petits producteurs locaux devaient acheter un magnétoscope en import et se faire envoyer ces films en cassette vidéo, généralement depuis la Grande-Bretagne via des proches de la diaspora indienne. Ils avaient ainsi tout loisir de visionner et décortiquer les succès de Sam Raimi, Wes Craven, John Carpenter et autres, pour y piquer parfois une idée, deux ou trois plans, voire reproduire le film entier. Au final, le public local, souvent jeune et pas très exigeant, n’avait même pas conscience de regarder des copies de films américains.

Il existe à vrai dire des tonnes de films plus ou moins contaminés par le virus Freddy. Parmi les (très) nombreux titres qu’on a parfois vu cités comme des « sous-Freddy » (mais qui pour le coup nous ont semblé trop éloignés pour les évoquer en détail ici), on peut citer Forces du Mal (Retribution, 1987), Pledge Night alias A Hazing in Hell (1988), Rêves sanglants (Deadly dreams, 1988), La Ligne du Diable (976-EVIL, 1988), Shocker (1989), Hellmaster (1992), Brainscan (1994), Terreur (The Fear, 1995), Sleep Stalker (1995) ou encore Wishmaster (1997).
Une petite vibe "pose à la Freddy" sur ce visuel de Circuit Breaker (Inhumanoid en VO), un thriller de science-fiction produit en 1996 par Roger Corman, où les occupants d’un vaisseau spatial se retrouvent piégés avec un androïde tueur.
Depuis la sortie du 7ème opus, Freddy sort de la nuit (Wes Craven's New Nightmare) en 1994, la vague des sous-Freddys s'est évidemment bien calmée. Mais en parallèle, c'est là que les références et les clins d'oeil au boogeyman ont commencé à se multiplier dans la pop culture.
Dans le film japonais Juskiss (1996) de Takashi Mitsuura, on voit un film dans le film, où sévit ce vampire freddyesque.
Dans la saison 7 des Simpsons (1995), l'épisode Horror Show VI propose un segment qui parodie Les Griffes de la nuit, avec Willie le jardinier dans le rôle de Freddy.
Les références à Freddy sont d'ailleurs récurrentes dans la série (comme on peut le voir sur cette page qui les référence).
Dans la série Rick And Morty, le personne de "Scary Terry" est lui aussi un clin d'oeil à Freddy Krueger.
Autre clin d'oeil dans la série Family Guy (saison 8, épisode 19 "The Splendid Source".
La Freddysploitation, ce sont aussi tous ces posters et jaquettes de films qui racolent au ras des pâquerettes en faisant référence à Freddy, que ce soit au niveau du visuel, du titre ou de l’accroche :
Le Fantôme de l'opéra (Phantom of the Opera, 1989), produit par Menahem Golan. La stratégie marketing mise tout sur la présence de Robert Englund, l’interprète de Freddy Krueger.
Les accroches de Milo (1998) racolent sans vergogne : au recto, « Souviens-toi... Jason et Freddy étaient aussi des enfants… » et au verso « Après Vendredi 13 et Les griffes de la nuit, Milo l'enfant tueur vous entraîne dans le cauchemar et l'effroi... »

Une belle arnaque à la jaquette : "Le Cauchemar de Freddy", c’est le titre de "A Nightmare on Elm Street 4", sorti en 1988. Sauf que cette édition VHS contient en réalité deux épisodes de "Freddy, le cauchemar de vos nuits" (Freddy's Nightmares), la série télé bas de gamme diffusée entre 1988 et 1990.
La Freddysploitation a également essaimé dans les univers de la littérature, de la bande dessinée et des jeux vidéo. En témoigne le roman Bloody Glove, écrit par un certain Robert Slasher (!), que son éditeur Faute de frappe présente comme « Un hommage à la fois trash et drôle au grand brûlé d'Elm Street et à la saga des Griffes de la nuit ». L'album de Ric Hochet Le masque de la terreur (1994), dans lequel un individu commet des meurtres en arborant le masque d'un célèbre croquemitaine de films d'horreur au visage brûlé nommé... Jimmy ! Ou le personnage de Choi Bounge, de la série de jeux de combat The King of Fighters conçue par l'éditeur japonais SNK. Bien connu des fans de bornes d’arcade et de NeoGeo, ce perso avait d’ailleurs à l’origine un look encore plus proche de Freddy, qui fut modifié à la dernière minute pour éviter des risques de poursuites judiciaires.

Jimmy, le cauchemar de vos nuits.
Choi Bounge (look d’origine)
Choi Bounge (look final)
A noter aussi le documentaire Scream, Queen! My Nightmare on Elm Street (2019), qui jette un regard rétrospectif sur le mal-aimé La Revanche de Freddy (1985) et la vie de son acteur principal, Mark Patton. Freddy 2 a longtemps été considéré comme l'opus le plus naze de la franchise, mais au fil des ans il a été ré-évalué par de nombreux fans pour la lecture homo-érotique qui peut en être faite, et qui lui valut d'être qualifié de « gayest horror film ever made ».

On termine, pour la blague, avec quelques parodies porno de Freddy Krueger. Quoi, du cul à Elm Street ? Eh ben oui, l’industrie du X s’est toujours fait un malin plaisir de parodier un peu tout et n’importe quoi, et le tueur au pull rayé n’y a pas échappé. En 1988, au plus fort de la Freddysploitation, on a ainsi vu débouler deux boulards aux titres hyper référentiels : Nightmare on Porn Street (1988) de Scotty Fox, et Wet Dream On Elm Street (1988) de Jim Travis. Un spécialiste tchèque qui traque les Freddy porno (!) et sévit sur sicmaggot.cz annonce fièrement en avoir répertorié pas moins de sept, dont « une version lesbienne, une version gay et une version avec des hommes noirs ».
Nightmare on Porn Street (1988) de Scotty Fox
Wet Dream On Elm Street (1988) de Jim Travis
Puis on a eu droit à Nightmare on Dyke Street (1992), autre production vidéo super cheap où il est question d'un couple de lesbiennes qui emménagent à Dyke Street et sont toutes les deux tourmentées par des cauchemars récurrents dans lesquels elles se font culbuter par des hommes, leur faisant découvrir les joies de l'hétérosexualité (oui, ça date de 1992...). Le responsable est un croque-mitaine défiguré à chapeau mou et pullover rayé, portant un gant dont chaque doigt est prolongé par un sex-toy et qui s'en donne à coeur joie avec nos héroïnes...


On aurait pu croire que la Freddysploitation classée X s'arrêterait là, mais en 2010, quand Warner Bros s’est mis en tête de faire un remake / reboot des Griffes de la nuit (Freddy : Les Griffes de la nuit / A Nightmare on Elm Street), des petits malins en ont profité pour produire une nouvelle parodie porno, nommée A Wet Dream on Elm Street (comme le film X de 1988 – j’ai dit que c’était des petits malins, pas des génies !).
A Wet Dream on Elm Street (2011) de Lee Roy Myers. Mais qu’a t-il donc au bout des doigts ?
Contrairement aux pornos opportunistes et cheapos des années 80, A Wet Dream on Elm Street parodie vraiment son modèle, tant au niveau de l’intrigue que des costumes. Dans le quartier d’Elm Street, des adolescents tombent dans le coma après une activité masturbatoire excessive pendant leur sommeil. Leur ancien professeur d'éducation sexuelle pense y voir la main de Freddy. Freddy était autrefois un VRP à succès qui vendait des sex toys depuis sa voiture, mais après qu'il ait escroqué les habitants d'Elm Street en pratiquant des prix abusifs, ces derniers l’ont pourchassé, armés de godemichés, et brûlé vif. Dévoré par les flammes, Freddy a juré de se venger. Avec un gant armé de griffes ? Non : en fondant sur ses doigts, les godemichés ont fusionné avec sa main, formant un gant « qui procure une surdose de plaisir ». Un concept qui rappelle Edward Penishands (1991), la parodie porno d’Edward aux mains d’argent !
Par rapport aux parodies X des années 80 qui ne s'étaient vraiment pas foulées, l’affiche et la tagline de cette version pastichent plutôt astucieusement le poster original des Griffes de la nuit..